VOITURE
Posté le 01.05.2008 par ecoville
AP/Ronald Zak
Jour de smog à Vienne, dimanche 27 avril, alors que des milliers de coureurs traversent le Danube lors du marathon de Vienne.
L'Autriche s'éloigne à grands pas des objectifs de Kyoto, et cela pourrait lui coûter cher. Tirant la sonnette d'alarme, le ministre de l'environnement prépare une loi pour contraindre les régions (Länder) à assumer leur part d'obligations.
En un sens, un récent rapport - accablant - de la Cour des comptes tombe à pic : il livre au ministre de l'environnement, Joseph Pröll, des arguments pour faire pression sur les Länder. "La stratégie qui reposait sur la bonne volonté a montré ses limites : il faut identifier clairement les compétences", a déclaré M. Pröll au sortir du sommet gouvernemental sur le climat, le 17 avril. Un projet de loi définissant les objectifs à atteindre par secteur et pour chaque Land devrait être soumis au Parlement à l'automne pour entrer en vigueur fin 2008.
C'est que le compte à rebours a commencé. Durant la période 2008-2012, l'Autriche s'est engagée auprès de l'Union européenne à réduire de 13 % ses émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 1990. En 2006 (année du dernier bilan), l'Etat alpin a émis 91 millions de tonnes de gaz carbonique, soit 32 % de plus que ses objectifs.
Les Länder, compétents en matière de réglementation et de subventions dans le domaine de la construction, sont accusés d'inertie. Ils n'ont rien mis en oeuvre pour économiser l'énergie dans ce secteur. Or c'est ce poste qui permettrait à sept des quinze anciens membres de l'UE, dont la France, d'atteindre leurs objectifs.
Le plus grand "responsable" de l'écart par rapport aux objectifs est le trafic routier. Les émissions de ce secteur ont augmenté de 83 % par rapport à 1990, et représentent un quart du CO2 dégagé dans l'atmosphère. Voies de transit pour le transport routier européen, les vallées alpines autrichiennes pâtissent de leur situation géographique et du prix attractif des carburants dans le pays.
Dans le contexte inflationniste actuel, le ministre des transports, Werner Faymann, exclut pourtant une augmentation des taxes sur l'essence. Il souhaite relever les tarifs autoroutiers pour les transporteurs à 50 centimes le kilomètre, mais sa marge de manoeuvre est mince : toute hausse doit faire l'objet de négociations avec Bruxelles. Et son ambition d'amener particuliers et transitaires à délaisser la route pour le rail se heurte à la modestie de son budget.
Selon un rapport du ministère de l'environnement, l'Autriche se classe avant-dernier des quinze anciens membres de l'Union européenne en ce qui concerne l'atteinte des objectifs de réduction d'émissions de CO2. Peut-elle encore inverser la tendance ? La nouvelle loi, estime-t-on au sein du gouvernement, permettra de doubler les économies d'énergie d'ici à 2015.
Auparavant, l'Autriche devra compenser le dépassement des seuils d'émission pour la période 2008-2012 en achetant des certificats sur le marché international. Sur la base de 23 millions de tonnes d'excédent en 2006, le coût est évalué à 2 milliards d'euros, soit 0,7 % du PIB.
Laurence Monnot
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Posté le 24.04.2008 par ecoville
Karen Bleier AFP/Archives ¦ Puits de pétrole dans le Dakota du Nord, aux Etats-Unis, en mai 2007
Le prix du pétrole poursuit son envolée. En seulement trois jours, il a passé les seuils records de 117, 118 et 119 dollars le baril. Cette ascension vertigineuse, que les pays producteurs et consommateurs sont incapables d'arrêter à court terme, risque d'aggraver encore le ralentissement économique mondial.
Deux facteurs expliquent cette flambée des prix: une demande mondiale en constante augmentation alors que les stocks mondiaux sont plutôt bas; un environnement géopolitique instable dans la plupart des régions de production. Et le mouvement devrait s'accélérer. L'Agence internationale de l'énergie table sur une hausse de la demande mondiale à 116 millions de barils par jour en 2030, contre 87,6 cette année.
Mer profonde
Résultat, la course au pétrole «extrême» a commencé, avec des nouveaux gisements toujours plus difficiles d'accès et un brut toujours plus cher à raffiner. Mais l'opération est désormais rentable. Alors que le baril avoisine les 120 dollars, l'extraction de brut en mer profonde ou difficile à raffiner ne coûte que 40 dollars à 50 dollars le baril, selon Yves Matthieu, ingénieur de l'Institut français du pétrole.
L'offshore est ainsi amené à se développer, que ce soit dans le golfe du Mexique, au large du Gabon, du Nigeria, de l'Angola ou du Brésil. Autre potentiel d'hydrocarbures: le Venezuela, le Canada, mais aussi l'Arctique, l'Alaska, la Sibérie ou la mer Caspienne. Autant de destinations pétrolières «exotiques» qui demandent des investissements aussi lourds que polluants. Et, selon Yves Matthieu, la production de ce brut devrait tout au plus amortir la hausse de la demande.
Karen Bleier AFP/Archives ¦ Puits de pétrole dans le Dakota du Nord, aux Etats-Unis, en mai 2007
F. V.
20 Minutes, éditions du 24/04/2008 - 07h11
dernière mise à jour : 24/04/2008 - 07h59
Posté le 18.04.2008 par ecoville
crédit : Commission Européenne
La Commission européenne se félicite de l'adoption de la directive concernant la qualité de l'air ambiant et un air pur pour l'Europe. Cette directive s'inspire rigoureusement de la proposition de la Commission de septembre 2005 et témoigne de la ferme détermination de l'Union européenne à améliorer la qualité de l'air en fixant des normes contraignantes pour les particules fines PM2.5.
M. Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement, a déclaré à ce propos : «L'Union européenne a franchi aujourd'hui une étape décisive dans la lutte contre l'une des causes essentielles des problèmes en matière de santé et d'environnement. Les citoyens européens sont préoccupés par la pollution de l'air. La nouvelle directive sur la qualité de l'air est destinée à répondre à cette préoccupation en établissant des normes ambitieuses mais réalistes concernant la pollution due aux particules fines PM2.5 dans l'Union européenne».
Des normes pour réduire les concentrations de particules fines
La directive adoptée aujourd'hui fusionne quatre directives et une décision du Conseil en une unique directive sur la qualité de l’air. Elle fixe des normes et des dates butoir pour la réduction des concentrations de particules fines, qui, au même titre que les particules plus grosses connues sous le code PM10 et déjà réglementées, comptent parmi les polluants les plus dangereux pour la santé humaine.
En vertu de la directive, les États membres seront tenus de réduire, d’ici à 2020, l’exposition aux PM2.5 en zone urbaine de 20 % en moyenne par rapport aux chiffres de 2010. Elle leur impose de ramener les niveaux d'exposition au-dessous de 20 microgrammes/m3 d'ici 2015 dans ces zones. Sur l’ensemble de leur territoire, les États membres devront respecter le plafond de 25 microgrammes/m³ fixé pour les PM2.5. Cette valeur cible doit être atteinte en 2015 ou, dans la mesure du possible, dès 2010.
Une plus grande souplesse pour le respect des normes de qualité de l'air
La nouvelle directive établit de nouveaux objectifs en ce qui concerne les particules fines PM2.5 sans modifier les normes de qualité de l'air existantes. Elle accorde toutefois aux États membres une plus grande souplesse pour le respect de certaines de ces normes dans les secteurs où cela leur est difficile. Vingt-cinq des vingt-sept États membres de l’Union européenne éprouvent en effet des difficultés à respecter les plafonds applicables aux PM10, qui sont dépassés dans au moins une partie de leur territoire.
Les délais d’application des normes PM10 peuvent être reportés de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la directive (soit mi-2011), ou de cinq ans au maximum pour le dioxyde d'azote et le benzène (2010-2015), pourvu que la législation communautaire applicable, en matière par exemple de prévention de la pollution industrielle et de lutte contre cette pollution (IPPC) soit pleinement mise en œuvre et que toutes les mesures appropriées de lutte antipollution soient prises. La directive dresse une liste des mesures à envisager à cet égard.
Contexte
La nouvelle directive sur la qualité de l’air est l'une des mesures phares de la stratégie thématique en matière de pollution atmosphérique adoptée par la Commission en septembre 2005. Elle fixe, pour l’horizon 2020, des objectifs ambitieux, économiquement rationnels, en faveur de l’amélioration de la santé publique et de la qualité de l’environnement.
La directive sera publiée au Journal officiel de l'UE en mai 2008 parallèlement à une déclaration de la Commission concernant le stade d'élaboration et d'adoption d'autres mesures de lutte contre les émissions provenant de diverses sources.
Il existe déjà une législation communautaire en matière d'émissions d'échappement dues aux véhicules légers, mais en décembre 2007, la Commission a présenté une proposition législative visant à renforcer l'efficacité de la législation sur les émissions industrielles et une autre sur la limitation des émissions d'échappement provenant des moteurs de véhicules utilitaires lourds.
Au niveau international, l'Union européenne suit avec intérêt les progrès enregistrés par l'Organisation maritime internationale (OMI) dans la réduction de la teneur maximale en soufre des combustibles marins.
Posté le 17.04.2008 par ecoville
Ce nouveau logo va permettre aux particuliers de reconnaître les démolisseurs et les broyeurs agréés.
Chaque année en France, 1,5 million de véhicules deviennent hors d’usage (VHU). Cela représente entre 1,4 et 2 millions de tonnes de déchets dont une bonne partie est composée de pièces et de matériaux valorisables. Le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, avec le concours de l’ADEME, vient de lancer une campagne pour informer les détenteurs de VHU de leurs obligations et de faciliter l’identification des démolisseurs-broyeurs agréés.
Des déchets dangereux
S’ils ne sont pas correctement traités, les VHU peuvent en effet être dangereux pour l’environnement. Outre les pneus, les pare-chocs et la carrosserie, ces rebuts contiennent des déchets dangereux comme le plomb contenu dans les batteries, les huiles de vidange et autres qui peuvent polluer l’eau et le sol. Pour identifier les professionnels agréés, un nouveau logo a été mis en place. Les propriétaires de VHU qui abandonneraient leur véhicule dans la nature ou l’amèneraient dans une “casse” non agréée risquent une peine jusqu’à deux ans d’emprisonnement et jusqu’à 75 000 euros d’amende.
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* Un site pour tout savoir sur le recyclage des VHU : www.recyclermavoiture.fr
Nadia Loddo
Nadia Loddo
Metrofrance.com
Posté le 17.04.2008 par ecoville
DR)
La chute inattendue des stocks pétroliers aux Etats-Unis a donné une impulsion significative aux cours de l'or noir.
Depuis lundi, les cours du pétrole volent de record en record. Cette tendance s'est poursuivie et même accélérée mercredi, notamment après la publication d'une baisse surprise des stocks pétroliers de brut américain. Le baril de «light sweet crude» a ainsi dépassé la barre des 115 dollars, à 115,07 dollars. Par la suite, il s'est replié pour terminer la séance à 114,93 dollars. Dans son sillage, le baril de Brent a également touché de nouveaux sommets, à 112,79 dollars le baril.
A la surprise générale, les stocks hebdomadaires de brut aux Etats Unis sont ressortis en baisse durant la semaine terminée au 11 avril, de 2.3 millions de barils, portant ainsi le total des stocks à 313.7 millions de barils. Les analystes s'attendaient au contraire une progression de 1,8 million de barils.
Mardi, le baril de WTI avait clôturé au niveau jamais vu de 114.08 dollars, les courtiers ayant mal accueilli un rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) selon lequel la production russe a baissé cette année, pour la première fois en dix ans.
Posté le 17.04.2008 par ecoville
Photo : Vanderlei Almeida/AFP
Le président brésilien Lula brandit des échantillons de biocarburants lors d' une visite du centre de recherche de Petrobras, en octobre 2007 à Rio de Janeiro.
En position d'accusé pour sa production massive de biocarburants, le Brésil tente de convaincre que celle-ci n'est en rien responsable de la flambée des denrées alimentaires qui provoque troubles et émeutes dans les pays les plus pauvres.
Les accusations les plus vives sont venues du Rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, le Suisse Jean Ziegler, qui a accusé les biocarburants d'être "un crime contre l'Humanité". Ces déclarations fracassantes au journal français Libération ont été largement reprises par la presse brésilienne.
De manière plus diplomatique, le Premier ministre britannique Gordon Brown comme le directeur de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont demandé de mesurer l'impact des biocarburants sur les prix alimentaires.
Ces critiques sont relayées par des mouvements influents de paysans comme Via Campesina, qui a réclamé un "moratoire" sur les biocarburants, lors d'un Forum à Brasilia, qui s'est tenu en marge de la 30ème Conférence régionale de la FAO.
Cette réunion, qui sera officiellement ouverte mercredi par le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, rassemble jusqu'à vendredi trente-trois pays latino-américains.
Depuis lundi, les travaux préparatoires ont été dominés par la crise alimentaire mondiale dont "les conséquences seront terribles" dans les pays pauvres si les prix continuent à grimper, selon le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn.
La montée des critiques dans le monde contre l'extension des surfaces agricoles consacrées à la production des biocarburants est particulièrement sensible au Brésil, déjà sur la sellette pour la déforestation de l'Amazonie.
Les biocarburants, considérés jusqu'à maintenant comme une des meilleures alternatives à l'essence pour enrayer le réchauffement climatique, sont de plus en plus tenus pour responsables - au moins partiellement - de la flambée des denrées alimentaires de base.
Via Campesina, par exemple, affirme que la production de biocarburants détourne une partie des terres qui devraient être consacrées à des cultures vivrières.
Face aux critiques, le Brésil, qui s'enorgueillit d'être le second producteur mondial d'éthanol après les Etats-unis, fait front. Aujourd'hui, "les Chinois mangent, les Indiens mangent, le Brésiliens mangent", a lancé le président Lula, en voyage officiel aux Pays-Bas, en expliquant que le nombre croissant de bouches à nourrir était la cause principale de la hausse des prix.
Le directeur international de la très puissante compagnie pétrolière brésilienne Petrobras, Jorge Zelada, a aussi affirmé mardi à la presse que "la production de canne à sucre ne prend pas la place de la production alimentaire".
L'influente Association de l'industrie de la canne à sucre souligne de son côté que les champs de canne destinés à la production d'éthanol ne représentent qu'un peu plus de 1% des terres arables du pays et que leur extension ces dernières années n'a pas empêché le Brésil d'être devenu un des grands exportateurs de viande de boeuf, de poulet, de soja ou de jus d'orange.
Le Brésil est ainsi, avec l'Argentine, le principal gagnant de la hausse des produits agricoles, à la différence de la grande majorité des pays latino-américains.
Ceux-ci ont réaffirmé à Brasilia que leur priorité était de garantir la sécurité alimentaire. Mais, peut-être dans un souci de ne pas froisser leur grand voisin, ils ont affirmé, comme le représentant du Venezuela, qu'il fallait aussi "prendre en compte les besoins en matière d'énergie".
Par Aldo GAMBOABRASILIA (AFP)
© 2008 AFP
Posté le 15.04.2008 par ecoville
La compagnie publique Petrobras aurait mis la main sur un gisement de pétrole capable de satisfaire la consommation mondiale pendant un an.
Le gisement repéré par la compagnie publique Petrobras et ses partenaires, l'espagnol Repsol et le britannique BG Group au large de Sao Paolo, pourrait constituer la plus grande découverte du genre des trente dernières années. Carioca, comme ils l'ont baptisé, contiendrait 33 milliards de barils d'équivalent pétrole, de quoi satisfaire pendant un an la consommation mondiale au rythme de 2008 estimé par l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Le chiffre de 33 milliards de barils avancé par Lima est imprécis. Il peut s'agir de réserves récupérables ou du volume total. Dans certains cas, les réserves récupérables, peuvent ne représenter qu'un quart du total. A Tupi, le précédent gisement découvert par Petrobas, les réserves récupérables sont estimées entre cinq et huit milliards de brut léger, un pétrole de haute qualité. Lors de la découverte de Tupi, les géologues avaient avancé la théorie que le gisement pourrait avoir un voisin plus grand et riche en brut léger et gaz naturel. Si les estimations sont confirmées, le Brésil augmentera de 50 % ses réserves et entrera ainsi dans le cercle fermé des grands pays exportateurs, devant le Nigeria.
Le Brésil nouveau membre de l'Opep ?
Pour le Brésil, c'est une découverte majeure. Elle fait suite à celle, toute récente, d'un autre gisement nommé Tupi, intervenue en novembre dernier. Elle recèlerait des réserves cinq fois supérieures à cette dernière. Au niveau, mondial, le champ pétrolier pourrait constituer le troisième plus important en termes d'activité. Cependant, ces informations ont été délivrées par Haroldo Lima, le patron de l'agence brésilienne de pétrole. Petrobas a refusé de confirmer ces estimations, indiquant que le processus d'évaluation du potentiel du champ n'était pas terminé.
La bourse a en tout cas plébiscite la nouvelle : l'action de Repsol progressait de près de 10% à la Bourse de Madrid. La compagnie possède 25% du gisement. BG Group prenait pour sa part 5.56%.
Posté le 11.04.2008 par ecoville
AFP/Dick DUBROFF
Pour le climatologue américain James Hansen - ici, le 6 avril 2008 - la sensibilité de la planète au dioxyde de carbone est bien réelle.
Comment évaluer la limite à ne pas dépasser ? Pour éviter une "interférence humaine dangereuse" avec le système climatique, le seuil limite de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique est généralement fixé à 550 parties par million (ppm). C'est par exemple l'objectif - déjà ambitieux - que s'est fixé l'Union européenne (UE). Pour James Hansen, un des chercheurs les plus influents de la communauté des climatologues, ce seuil a été estimé avec trop, beaucoup trop, d'optimisme.
Dans des travaux non encore publiés mais dont une version de travail a été mise en ligne, lundi 7 avril, sur le serveur ArXiv, le directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS) et ses coauteurs évaluent le seuil de danger à 350 ppm environ. Or ce niveau a été atteint en 1990. Il se situe aujourd'hui à 385 ppm. Et il augmente à raison d'une à deux unités chaque année.
Le dépassement du seuil de 350 ppm n'est, bien sûr, pas immédiatement dangereux. Selon les auteurs, il l'est sur le long terme. "Si le CO2 est maintenu pendant une longue période à un niveau supérieur à cette limite, il y a un risque de se placer sur une trajectoire menant à un dérèglement climatique dangereux et irréversible", décrypte la climatologue Valérie Masson-Delmotte (Commissariat à l'énergie atomique, CEA), coauteur de ces travaux. "Il est possible de revenir à un taux de 350 ppm, assure M. Hansen. Il faut un moratoire sur les centrales à charbon puis supprimer progressivement tous les usages de la houille d'ici à 2020-2030. Il faut aussi revoir nos pratiques agricoles et forestières de façon à séquestrer du carbone."
Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont analysé les séries de données retraçant les grandes évolutions climatiques de la planète sur plus de 50 millions d'années. Pour déterminer un seuil limite, "nous avons examiné la vitesse de déplacement des isothermes, le retrait des glaciers - qui sont très importants pour l'alimentation en eau -, la vitesse d'élévation du niveau des mers, la déstabilisation des calottes glaciaires et la réaction des récifs coralliens", précise Valérie Masson-Delmotte.
Les chercheurs ont également recalculé la "sensibilité du climat" au gaz carbonique. Celle-ci se traduit par le réchauffement moyen que provoquerait un doublement du CO2 par rapport à son niveau préindustriel (entre 270 et 280 ppm). Les modèles utilisés par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) la situent autour de 3 °C. Mais ces calculs ne tiennent pas compte de ce que les climatologues appellent les "rétroactions lentes".
Comme, par exemple, la réduction progressive des calottes glaciaires. Lorsque l'effet de serre augmente, la température augmente : les calottes de glace se réduisent. La Terre perd donc progressivement une part de sa capacité à réfléchir le rayonnement solaire : elle absorbe plus d'énergie lumineuse. Les températures croissent donc plus vite, ce qui accélère la réduction des calottes glaciaires, etc.
"En tenant compte de ce type de rétroactions, la sensibilité climatique n'est plus de 3 °C, comme l'estiment les modèles utilisés par le GIEC : elle est de 6 °C, dit M. Hansen. Mais la question de savoir combien de temps ces rétroactions mettront pour entrer en action demeure ouverte." Pour voir ces "cercles vicieux" se mettre en place et emballer la machine climatique, faudra-t-il attendre la fin de ce siècle ? La fin du suivant ?
Les incertitudes des modèles sont importantes. Ainsi, de récentes analyses sédimentaires publiées par une équipe allemande ont montré qu'une calotte glaciaire antarctique importante (estimée à environ 60 % de la calotte actuelle) avait pu subsister, même brièvement, au cours du crétacé, une période très chaude où la température de l'océan tropical était de plus de 10 °C supérieure à la valeur actuelle.
James Hansen, 67 ans, est un habitué des controverses. Il est le premier scientifique à avoir attiré, en 1988, l'attention des médias et des politiques sur le climat. Très engagé, il a lancé en 2007 une campagne pour demander aux gouvernements allemand et britannique d'interrompre tout programme de construction de centrales à charbon.
Au-delà de ces questions, ses travaux ouvrent une question profonde sans rapport avec la science ou la politique : jusqu'où les hommes du XXIe siècle doivent-ils chercher à prévoir les conséquences de leurs actions ? Evoquer le futur de la planète bien après 2100, comme le font M. Hansen et ses coauteurs, c'est devoir imaginer ce que le climatologue Stephen Pacala appelle "les monstres derrière la porte".
Stéphane Foucart
Article paru dans l'édition du 11.04.08.
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Posté le 08.04.2008 par ecoville
IDE ¦ Infographie : le tracé de l'A65
Le chantier de l'A 65 entre Langon et Pau, prend du retard. Suspendus en Gironde et dans les Landes, où vivent des espèces protégées, les travaux ne devraient commencer ce mois-ci que dans le Béarn. La Commission nationale de protection de la nature (CNPN) a rendu un avis défavorable fin mars. Elle estime insuffisantes les mesures de protection de l'environnement proposées par A'liénor, société concessionnaire de l'autoroute, dans ces deux départements. L'entreprise attend à présent «l'avis motivé du ministère de l'Ecologie», pour décider des mesures à prendre.
Du côté des politiques, on s'impatiente. Le président PS de la région, Alain Rousset, a adressé hier un courrier au Premier ministre, cosigné par de nombreux élus. «Il y a urgence en terme d'aménagement du territoire et d'emplois, car le développement du centre de l'Aquitaine dépend de l'A 65», plaide Alain Rousset. «Faute d'autoroute, de nombreuses entreprises se tournent vers la côte basque ou vers Toulouse.»
Le président de région admet néanmoins l'importance de protéger la biodiversité, notamment par «la sanctuarisation de certaines zones, la relance de la ligne de chemin de fer Pau-Canfranc ou le franchissement des cours d'eau sensibles par des ponts.» Les associations écologistes, qui ont déposé des recours auprès du Conseil d'État, espèrent voir le projet annulé: «On nous fait de vagues promesses, mais tout ceci ne sera qu'un vaste gaspillage», estime Philippe Barbedienne, directeur de la Fédération régionale des associations de protection de la nature du Sud-Ouest.
IDE ¦ Infographie : le tracé de l'A65
Marion
20 Minutes, éditions du 08/04/2008 - 07h22
dernière mise à jour : 08/04/2008 - 08h41
Posté le 07.04.2008 par ecoville
SIPA ¦ Illustration: le verglas sur les routes.
Des chutes de neige exceptionnelles pour avril ont causé des carambolages et rendu la circulation difficile lundi matin dans de nombreux départements du nord, de l'est et l'ouest, et entraîné des coupures d'électricité, selon les centres régionaux routiers, EDF et Météo France.
«On a 15 centimètres de neige mesurés sur un axe entre Abbeville (Somme) et Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) qui passent à 30 centimètres sur les hauteurs du Boulonnais et de l'Artois, c'est exceptionnel pour la saison», a expliqué à l'AFP un porte-parole de Météo-France.
Toutes les localités de cette zone sont blanches. «Cela devrait fondre progressivement dans la journée avec les pluies prévues mais il y a des risques de verglas pour la nuit et pour mardi matin», a-t-il précisé.
>>> L'actu se construit avec vous. Vous êtes sur place? Envoyez vos photos et vos témoignages par MMS au 33320 ou par mail au 33320 @ 20minutes.fr
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Un carambolage impliquant une vingtaine de voitures et poids-lourds dû au verglas a fait deux blessés graves et quatre légers lundi dans la Manche selon les pompiers, alors que la neige a entraîné la chute d'un pylône d'EDF en Seine-Maritime, privant 80 communes de courant.
Le carambolage a eu lieu vers 07h10 sur la RN176, dans le sud de la Manche, nécessitant la fermeture de la route dans les deux sens, selon les gendarmes. Un précédent carambolage impliquant 12 véhicules dû à des pluies verglaçantes et de la grêle avait déjà fait 10 blessés légers dimanche sur l'A84 dans ce même département, selon pompiers et gendarmes.
10.000 personnes sans électricité
En Seine-Maritime, 10.000 personnes étaient par ailleurs privées d'électricité lundi matin après la chute dans la nuit d'un pylône près de Neufchâtel-en-Braye, à proximité de Dieppe, sous le poids de la neige, a-t-on appris auprès d'EDF.
Meteo France a placé en alerte Orange 16 départements du nord et de l'est en raison de la neige et du verglas. Dans le Pas-de-Calais, sur l'autoroute A16, un tronçon entre Isques et Boulogne-sur-Mer était impraticable dans les deux sens et des déviations ont été mises en place. Des poids-lourds étaient bloqués sur le côté de l'autoroute.
Deux accidents de poids lourds
Dans la Somme, sur l'autoroute A28, la circulation a été complètement coupée entre Abbeville et Rouen entre 4h15 et 6h15 après un accident de poids lourd, qui «s'est mis en porte-feuille», selon les Centres régionaux d'information et de coordination routières (CRICR) interrogé par l'AFP. Un accident similaire de poids-lourd sur l'A28, dans l'autre sens, s'est produit vers 6h30, rendant le trafic difficile.
Plusieurs routes départementales étaient également enneigées dans le secteur notamment de Péronne et Ham, de même que dans l'Oise. Dans l'Aube, trois accidents de poids lourds se sont produits sur l'A5, «certainement liés aux intempéries», selon le CRIRC.
SIPA ¦ Illustration: le verglas sur les routes.
Avec agence
20Minutes.fr, éditions du 06/04/2008 - 19h35
dernière mise à jour : 07/04/2008 - 12h59