POLITIQUE
Posté le 09.04.2008 par ecoville
Photo : M.Bernouin/Metro
Christian Estrosi en visite hier dans la grande serre du service des espaces verts, au milieu de la plaine du Var.
“Faire de Nice une éco-cité, la ville verte au bord de la Méditerranée”. Dans la grande serre du service des espaces verts, au milieu de la plaine du Var, Christian Estrosi réaffirme sa volonté de multiplier les poumons dans la ville. En tout, quatre projets phare et la création, dans les cinq prochaines années, de cinquante hectares de verdure.
Comme à Central Park
A l’instar de Manhattan, Christian Estrosi veut ainsi faire pousser un véritable “Central Park” à Nice. Non pas en centre-ville, mais dans la plaine du Var, sur trois hectares gagnés sur le site des Arboras.
Toujours à l’ouest de la capitale azuréenne, la colline d’Estienne d’Orves sera aménagée en parc, comme l’avait annoncé l’ancien maire. “Jacques Peyrat n’y a rien fait pendant trois ans ; dans les jours qui viennent, les forestiers sapeurs donneront un grand coup de nettoyage pour commencer l’aménagement”, a annoncé le maire.
Un téléphérique
Le maire entend également réaliser rapidement “un grand parc municipal” sur le domaine de l’Observatoire, où devrait également voir le jour une cité des sciences et de l’espace. “Tout cela pourra être relié au centre-ville par un téléphérique”, a-t-il confirmé. Les études devraient même être menées très prochainement.
Selon Christian Estrosi, le téléphérique pourrait être opérationnel d’ici à quatorze mois, pour un coût de l’ordre de cinq millions d’euros. Dans le quartier de l’Ariane, enfin, le parc du Tripode sera également réaménagé.
Michel Bernouin
Michel Bernouin
Metrofrance.com, à Nice
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Posté le 04.04.2008 par ecoville
Damien : Que pensez-vous de l'amendement sur l'encadrement des OGM qui a été adopté par l'Assemblée hier ? est-il suffisant ?
Noël Mamère : Cet amendement est le résultat d'une bagarre acharnée que nous avons menée contre une partie de la majorité, qui, à l'instar du Sénat, s'est appliquée à détourner l'esprit de la loi que souhaitait le gouvernement. Avec la complicité de la ministre, qui s'en est remise à la sagesse de l'Assemblée, nous avons pu nous engouffrer dans cette brèche qu'elle avait ouverte, à la suite de plusieurs amendements identiques que nous avions défendus, et nous avons donc réussi à ce que l'agriculture de qualité soit moins vulnérable.
Après deux échecs de vote électronique, nous avons remporté par un troisième vote à main levée, où quelques députés UMP ont voté avec nous, des députés qui sont de circonscriptions dans lesquelles il y a des productions à label.
Ce n'est qu'un emplâtre sur une jambe de bois, évidemment, mais c'était une victoire symbolique hier soir, qui a montré la fragilité de l'UMP sur cette question, et qui prouve que beaucoup de députés de la majorité votent avec leurs pieds, dans cette affaire. Et quand le gouvernement leur laisse la liberté de vote, alors, ils nous rejoignent. Donc nous allons passer la journée d'aujourd'hui et la nuit à nous battre pour ouvrir d'autres brèches.
lecteur : Qu'en est-il vraiment des impacts sur la santé de la consommation des produits OGM ?
Noël Mamère : Aujourd'hui, personne ne peut le dire. Parce qu'il n'y a pas le recul suffisant et qu'il n'y a pas non plus d'enquête épidémiologique sérieuse. En revanche, on sait ce qu'a entraîné en termes de santé publique l'amiante, par exemple, dont on nous disait avec les mêmes arguments qu'aujourd'hui qu'il n'était pas dangereux pour la santé. On connaît les effets dévastateurs des pesticides qui entraînent des cancers, des tumeurs du cerveau et toutes sortes de maladies. Pas simplement dans les pays pauvres, mais aussi en France dans les zones d'agriculture intensive.
La seule expérience qu'on connaît vraiment sur les conséquences des OGM, c'est celle qui a été menée sur une variété de Monsanto avec des rats, pendant quatre-vingt-dix jours. Ces rats ont montré des anomalies sur le foie et sur les reins, des anomalies également chez les femelles. Il a fallu aller devant les tribunaux pour que Monsanto lève le secret industriel et que l'on puisse obtenir le résultat de ces expériences. Ce qui en dit long sur ce qu'on nous cache.
Il faut donc demander des expertises indépendantes, et aujourd'hui, la loi que nous discutons ne propose pas d'autorité indépendante. La Haute Autorité a en effet été changée en Haut Conseil, qui n'émet plus que des avis. Et dans ces hauts conseils, la société civile a été mise de côté et n'émet plus que des recommandations.
La grande différence entre la chimie et les OGM, c'est que les cultures OGM entraînent des effet irréversibles, et que toucher aux gènes, c'est entraîner une instabilité que, comme son nom l'indique, on ne contrôle pas.
ben : Le rapport Attali préconise la levée du principe de précaution. Votre avis ?
Noël Mamère : Une belle connerie. En totale contradiction avec ce qu'écrivait Attali dans les années 1970. Attali appartient à cette famille de scientistes à tendance négationniste, qui remet en cause aussi bien l'effet de serre ou l'action de l'homme sur les changements climatiques que le principe de précaution.
Le principe de précaution, ce n'est pas la sanctuarisation du monde, ce n'est pas l'arrêt de toute recherche, c'est une manière de se protéger contre les dérives de la recherche, et surtout contre les dérives d'applications de la recherche qui seraient mises en œuvre sans en avoir étudié l'impact.
Et puis c'est surtout permettre de prendre le temps pour faire la part entre les risques et les bénéfices que peut apporter l'innovation scientifique.
Kleizour : Le Grenelle de l'environnement n'est-il pas de la poudre aux yeux, vu la position actuelle du gouvernement sur les OGM?
Noël Mamère : En son temps, j'avais dit que le Grenelle de l'environnement n'était que de l'enfumage. Je pense qu'en effet cette idée, qui était très généreuse et que la gauche aurait pu mener à bien si elle l'avait voulu, va se terminer en impasse, avec en plus le sentiment de trahison qui est aujourd'hui celui des organisations non gouvernementales et d'un certain nombre d'acteurs du Grenelle de l'environnement.
Puisque, en effet, le premier geste du gouvernement et de sa majorité après le Grenelle, c'est de tourner le dos à l'une des principales prescriptions du Grenelle, à savoir la possibilité de produire ou de consommer sans OGM qui, dans la loi, est devenue produire et consommer avec ou sans OGM. C'est légaliser deux libertés qui sont inconciliables, puisqu'il est avéré qu'il n'y a pas de coexistence possible entre des cultures OGM et des cultures conventionnelles ou biologiques.
Récemment, deux agriculteurs de la région de Niort, dans les Deux-Sèvres, ont porté plainte devant le tribunal administratif pour contamination de leurs champs de maïs bio par une parcelle de maïs transgénique située à 25 kilomètres de distance.
Plus loin de nous, de l'autre côté de l'Atlantique, on ne peut plus cultiver de colza conventionnel au Canada, puisque tous les sols ont été contaminés par les OGM. Et l'exemple le plus emblématique est celui du Mexique, là où est né le maïs : il y a aujourd'hui des variétés de maïs mexicain qui sont contaminés par le maïs américain de l'autre côté du Rio Grande.
Le frelon vert : Vous avez dit que les Verts se battraient "comme des chiens" contre le projet de loi sur les OGM. Etes-vous prêt à soutenir un mouvement d'initiative populaire qui aura pour fonction d'organiser le fauchage des champs d'OGM ?
Noël Mamère : Se battre comme des chiens, c'est ce que nous faisons depuis deux jours, et nous allons continuer. Il faudrait que le frelon vert sache que je suis faucheur volontaire, et que j'ai été lourdement condamné par les tribunaux : 3 mois de prison avec sursis et 100 000 euros de dommages et intérêts.
Que l'on lance uniquement un grand mouvement d'initiative populaire, bien sûr, mais cela n'a rien à voir avec une action de fauchage, qui doit être réfléchie, qui doit se mener de manière transparente, au grand jour et sans violence.
Cette question-là reste en suspens. J'ai déjà dit que j'ai mené cette action alors que je suis député. Je ne regrette pas du tout cette action, mais je n'ai pas l'intention de procéder à d'autres fauchages.
Je me réserve le droit de nouveaux fauchages ou d'autres actions en fonction des décisions politiques qui seront prises par le gouvernement et des discussions que j'aurai avec mes copains faucheurs volontaires.
Mais le fauchage n'est pas la seule action pour sensibiliser l'opinion. Il y a plein de formes à trouver, et si le frelon vert nous en suggérait, il serait le bienvenu.
matthieu37 : Comment jugez-vous l'attitude de M.Sarkozy au congrès de la FNSEA ?
Noël Mamère : Une fois encore, le président de la République a enfilé des perles, si je puis dire. Pour un homme qui s'inscrit dans la rupture, il ne fait que poursuivre une politique agricole dangereuse qui donne la priorité à l'agriculture productiviste, qui ne dit rien de sérieux sur la nécessaire réforme de la politique agricole commune, et qui est venu servir la soupe au syndicat agricole le plus conservateur qui existe au moment où, comme par hasard, on examine à l'Assemblée la loi sur les OGM.
Le président a sans doute voulu faire oublier aux ultras de la FNSEA la mise en œuvre de la clause de sauvegarde sur le Monsanto 810 contre l'avis de la FNSEA.
jpzera31 : Quel bilan tirez-vous jusqu'ici de l'action de Cécile Duflot à la tête du parti ?
flanby : Qu'est-ce qui cloche chez les Verts ?
Noël Mamère : C'est un vaste sujet ! Ce que l'on peut dire, c'est qu'aujourd'hui, les Verts gagnent des élus et perdent des adhérents. C'est un paradoxe qui montre bien notre incapacité à rassembler et à attirer vers nous des gens qui partagent nos idées.
Et la vraie menace qui pèse aujourd'hui sur les Verts, c'est de devenir un syndicat d'élus qui se contenterait de gérer son petit pécule électoral, comme le font d'autres formations telles que les Radicaux de gauche.
Or les idées des Verts ont aujourd'hui irrigué la société française. Il n'y avait pas une liste en France aux municipales qui n'ait inscrit dans son programme le développement durable, les économies d'énergie, les plans vélos et autres revendications des Verts. Et donc il faut que les Verts se mettent aujourd'hui en position de garder cette longueur d'avance, et surtout de faire avancer leurs idées dans la gauche, puisque la famille politique des Verts, c'est la gauche.
Nous en sommes la troisième composante, la plus moderne en ce qu'elle n'est pas marquée par la culture du productivisme et de la société industrielle. Et que sa problématique politique est fondée sur la critique de la croissance quantitative, du productivisme, et en même temps, elle est une héritière des non-violents et des désobéissants. Pour trouver des territoires de compromis avec nos partenaires de la gauche, on ne peut pas se contenter d'en rester les appendices.
De ce point de vue, la victoire de Dominique Voynet à Montreuil est une bonne nouvelle, puisqu'elle prouve que sur nos thèmes et sur notre problématique on peut gagner des villes de plus de cent mille habitants. Mais cela ne suffit pas. Il faut que les Verts précisent leur projet, soient au clair sur leurs alliances, et ne se contentent pas de réformes cosmétiques de leurs statuts pour pouvoir devenir un des moteurs de la gauche.
Lol : Êtes-vous candidat à la tête des Verts ?
Noël Mamère : Non. D'abord, les statuts l'interdisent. Je ne suis pas un homme d'appareil. Je n'ai pas non plus vocation au sacrifice. Pour avoir été élevé dans les écoles chrétiennes, j'ai trop longtemps médité sur le sort de saint Sébastien. Plus sérieusement, c'est très difficile de diriger un parti qui est ingouvernable.
Il faut pourtant à la tête des Verts des personnalités identifiables et qui puissent contribuer de manière forte au débat politique. Cécile Duflot a toutes ces qualités, comme d'autres, mais c'est très difficile de remplir toutes ces conditions dans un parti qui est très instable et qui est constitué de beaucoup de baronnies qui font absolument ce qu'elles veulent. Ce qui m'intéresse, moi, chez les Verts, ce sont les idées qu'ils portent, et c'est de continuer à les faire vivre en leur nom là où je suis.
Guillemin : L'écologie est-elle incompatible avec une philosophie de droite, et un rapprochement avec le centre, comme le proposait Daniel Cohn-Bendit ?
Noël Mamère : L'écologie est aux antipodes d'une logique conservatrice. L'écologie, c'est le partage, c'est la lutte contre les injustices sociales et environnementales, c'est le combat contre les discriminations, c'est considérer que l'environnement est un bien commun, c'est également la non-violence, c'est la défense de l'intérêt général et collectif contre la logique du profit à court terme. On pourrait décliner comme cela à l'envi les valeurs des Verts, qui sont de gauche, et pas de droite.
Ce n'est pas aux Verts de savoir s'ils vont se rapprocher du centre, c'est à celui-ci de savoir ce qu'il veut. Quand on regarde le centre en France aujourd'hui, c'est un centre à géométrie variable, si je puis dire. Il est de droite ou de gauche selon les opportunités locales. On ne peut pas construire une grande formation politique fondée sur l'opportunisme.
Moi, ce qui m'intéresse, c'est de continuer à essayer – je ne suis pas sûr que nous y parvenions – de faire évoluer la culture de nos partenaires de gauche. C'est la priorité.
matthieu37 : Quelles baronnies ?
Noël Mamère : Ce sont ces gens qui font et défont ce qu'ils veulent. Ils ressemblent en tous points, mais en plus petits parce qu'ils sont moins nombreux, aux grands barons locaux du PS.
Kleizour : Dominique Voynet a l'air de revendiquer le cumul des mandats. Elle invoque la représentativité des Verts au Sénat. Qu'en pensez-vous ?
Noël Mamère : Je partage son point de vue. Elle ne revendique pas le cumul des mandats, elle dit simplement, comme je le dis depuis que je suis député, que tant que les Verts seront sous-représentés, à tous les étages de la vie démocratique du pays, et en particulier au Parlement, tant qu'il n'y aura pas une introduction sérieuse de la proportionnelle dans le système électoral, nous serons contraints d'accepter qu'il y ait quelques cumulards chez les Verts. Il faut peut-être vous rappeler que sur deux mille élus à peu près que nous comptons aujourd'hui, nous ne sommes que deux en situation de cumul, maire et parlementaire.
Dans quelques semaines, nous allons aborder la réforme des institutions voulue par le président de la République. C'est là qu'il faut introduire la proportionnelle à l'allemande, qui est basée sur le système cinquante-cinquante : 50 % des députés élus à la proportionnelle, et 50 % selon le système majoritaire.
C'est ainsi qu'en 1997, quand les Verts allemands ont fait 7,5 % aux élections législatives, ils ont eu cinquante et un députés. Nous, en France, nous avons fait le même score et nous n'avons eu que sept députés. Le résultat, c'est que les Verts allemands ont eu une ministre chargée de l'agriculture et de la consommation, et qu'ils ont donné à l'Allemagne l'un de ses plus grands ministres des affaires étrangères de l'après-guerre, Joschka Fischer.
Kleizour : Vous aviez marié deux personnes du même sexe pour faire bouger les choses. Aujourd'hui qu'est-ce qui a changé ?
Noël Mamère : Oui, j'ai marié deux personnes de même sexe pour faire bouger les lignes. Je ne le regrette pas une seconde, même si j'ai été relevé de mes fonctions de maire pendant un mois par M. de Villepin et si j'ai reçu près de cinq mille lettres d'insulte. Sans compter les critiques peu amènes de mes "amis" politiques.
D'abord, ce mariage a permis une chose très importante : le débat. Pendant le mois qui a précédé ce mariage, il n'y a pas une famille française qui n'ait pas parlé de cette affaire. Donc je pense que nous avons contribué à faire reculer un petit peu l'homophobie.
En termes de résultats politiques, pour mieux refuser le mariage, le président de la République de l'époque et le premier ministre ont amélioré le PACS.
Et je pense que la France aujourd'hui, sur cette question, finit par être très isolée, puisque la très catholique Espagne accepte le mariage de personnes du même sexe, que cela existe déjà depuis plusieurs années aux Pays-Bas et en Belgique, et que nous apparaissons aujourd'hui comme des conservateurs sur ces sujets de société.
Donc je pense que dans quelques années, ce que j'ai fait à Bègles apparaîtra comme banal. C'est tout ce que je souhaite à ceux qui sont toujours discriminés pour leur orientation sexuelle. Et je ne force personne au mariage, mais je souhaite vivre dans un pays dans lequel deux hommes ou deux femmes vivant ensemble puissent dire : je ne veux pas me marier.
jo : Comment vous déplacez-vous dans Paris ?
Noël Mamère : Dans Paris, je me déplace principalement à bicyclette. Mais je n'ai pas attendu d'être chez les Verts pour le faire, c'était déjà le cas lorsque j'étais journaliste à la télévision.
Sinon, je prends le métro. Et quand je suis pressé et ne peux faire autrement, je prends un taxi ou la voiture que l'Assemblée nationale met à la disposition des députés lorsqu'ils le demandent. Mais là encore, attention, pas d'amalgame et pas de faux procès : on ne peut demander une voiture au Parlement que pour aller de l'Assemblée à un autre point. Nous n'avons donc ni chauffeur ni voiture.
Posté le 04.04.2008 par ecoville
Quoi de neuf pour sauver la planète?
Le Pharo, à Marseille, devient mercredi un carrefour des enjeux environnementaux
Dans le cadre de la Semaine nationale organisée sur l’environnement durable, Marseille accueille au Pharo, du 2 au 5 avril, le festival Sciences frontières. Pour les organisateurs, il s’agit de “quatre jours de réflexion et d’action pour inventer ‘l’Homo Durabilis’, l’homme de demain”.
Débats et associations
Comment devenir un “terrien modèle” et dessiner des futurs possibles ? De grands débats, avec des spécialistes de l’environnement, proposent au public une réflexion sur les principales thématiques de l’environnement : eau, climat, pétrole, espèces en péril, biodiversité, etc. Sur 2 000 m2, un “village” réunit les associations, les industriels et les institutions qui agissent et travaillent dans le domaine de l’environnement.
Chaque matin, une sélection de courts métrages est diffusée et l’espace librairie offre à la fois une sélection d’ouvrages et une rencontre avec les intervenants dans les conférences. L’accès au village est libre et gratuit (de 10 à 18 heures). Pour la quinzaine de débats, l’accès est gratuit mais une réservation préalable est conseillée.
Metrofrance.com
Metrofrance.com
Posté le 04.04.2008 par ecoville
Photo : X.T/Metro
L'une des quatre grues à flèche relevable culminera bientôt à 160 mètres de haut.
Les grues s’élèvent à la Part-Dieu. Initié en mars 2007, le chantier de la tour Oxygène commence sa grimpette verticale. Deux des quatre grues, installées à près de 80 mètres de haut, doivent s’élever à partir de septembre. La plus haute culminera à 160 mètres d’altitude. Une petite prouesse dans si peu d’espace. “Nous avons fait fabriquer trois des quatre grues spécialement pour cette opération, qui n’a jamais été pratiquée à Lyon”, explique Marc Dubiez, directeur général adjoint de Sogelym Steiner, promoteur.
Pour tenir la cadence – il faudra réaliser un nouvel étage en quatre jours–, ces grues à flèches relevables, utilisées à Dubaï et en Asie, présentent l’avantage de ne pas buter contre la structure du gros œuvre qui monte.
Des structures télescopiques
"Les grutiers ont reçu une formation spécifique, ils se connaissent bien, c’est mieux car ils vont devoir éviter de se gêner”, explique Stephan Paillette, directeur du chantier chez GFC. Deux mètres seulement vont séparer les deux flèches. Les quatre grues télescopiques se rétracteront le week-end pour ne pas gêner le chantier. GFC Construction a fait appel à l’expertise d’ingénieurs pour concevoir ces grues résistant à des vents de plus de 100 km/h .
La tour Oxygène doit être livrée en mars 2010. Elle culminera à 115 mètres (contre 165 pour le Crayon).
Xavier Thouvenot
Xavier Thouvenot
Metrofrance.com, à Lyon
Posté le 03.04.2008 par ecoville

A peine réélu, déjà rappelé à ses promesses. Le réseau écologiste Ecoforum profite de la semaine du développement durable pour interpeller le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin. « Nous lui lançons un appel pour un grand débat avec les associations écologistes de la ville », a expliqué Victor-Hugo Espinosa, président d'Ecoforum. Il souhaite mettre en garde contre « la stratégie de communication qui vise à donner un vernis écologique à des projets qui ne le sont pas », ce qu'il appelle « le greenwashing ». Exemple : la construction de l'éco-quartier sur la zone d'Euromed. « On nous promet des bureaux et des commerces qui vont imperméabiliser les sols à outrance. La mairie n'a pas de réelle prise de position. Construisons, mais écolo », a demandé Andrée Guiguet, présidente de Maison de l'écologie Provence. Sur ce sujet, comme sur la propreté, l'assainissement des eaux usées ou le parc national des Calanques, Victor-Hugo Espinosa espère des changements. « Le maire détient une courte majorité, cela doit l'obliger à dialoguer avec nous », espère-t-il.
Xavier Thierry - ©2008 20 minutes
20 Minutes, éditions du 03/04/2008 - 07h06
dernière mise à jour : 03/04/2008 - 07h06
Posté le 02.04.2008 par ecoville
Le soutien de l'ex-colistier de Bill Clinton est très recherché par les deux candidats démocrates, car il pourrait compter lors du vote des superdélégués fin août. Crédits photo : AFP
Le Prix Nobel de la paix veut influencer le débat politique sur l'écologie. Mais il refuse pour l'instant de peser sur le choix entre Hillary Clinton et Barack Obama.
Quel que soit le prochain président des États-Unis, Al Gore veut s'assurer que l'environnement sera au cœur de ses priorités. Le candidat malheureux à la présidentielle de 2000 a indirectement mis la pression sur les trois prétendants de 2008 à la Maison-Blanche en lançant lundi sa propre campagne, en marge de la course électorale, pour sensibiliser l'opinion et les élus sur la nécessité d'accélérer la réduction des gaz à effet de serre par voie législative.
L'objectif est ambitieux : 300 millions de dollars sur trois ans pour financer des spots télévisés et une large mobilisation par Internet autour de la lutte contre le réchauffement climatique.
Al Gore y est allé de sa poche en faisant don de ses royalties sur son livre et son film Une vérité qui dérange, ainsi que de sa part de la dotation du prix Nobel de la paix 2007 (la moitié) partagé avec le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (soit 750 000 dollars).
Un appel a été aussi lancé pour recruter une armée de bénévoles : dix millions de «fantassins» chargés de porter le message auprès de relais aussi divers que les Girls Scouts ou les syndicalistes de la métallurgie.
Prise de conscience
«Nous voulons que les gens rejoignent le mouvement», a expliqué Cathy Zoi, une ancienne de l'Administration Bill Clinton qui dirige l'«Alliance pour la protection du climat». Cette fondation a axé la campagne autour de l'engagement personnel symbolisé par le slogan «We» («Nous») comme dans le préambule de la Constitution («We, the People»). Les spots, présentés par des personnalités de droite comme de gauche, mettent l'accent sur l'action individuelle immédiate le premier message rappelle que sur les plages de Normandie en 1944, «nous n'avons attendu personne d'autre».
Mais Al Gore a précisé, dans une interview au Washington Post, que s'il est «important de changer les ampoules, il est bien plus important de changer les lois». L'ancien vice-président veut amplifier la prise de conscience collective suscitée par le succès de son film pour la transformer en force politique. Le défi est de taille : bien que le réchauffement soit un grave problème pour 70 % d'Américains, il figure en bas de liste de leurs 25 premières priorités.
Pour l'instant, les trois candidats à la présidence sont loin de l'objectif fixé par Gore : une réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre. Barack Obama et Hillary Clinton ont promis 80 %, le républicain John McCain seulement 60 %.
L'ex-colistier de Bill Clinton a choisi de rester au-dessus de la mêlée, bien que son parrainage soit activement recherché par les deux démocrates.
Popularité nouvelle
Le prestige d'Al Gore n'est pas un gage de succès dans la course aux suffrages, comme en témoigne le soutien improductif qu'il avait apporté à Howard Dean en 2004.
Sa popularité nouvelle pourrait influer sur le vote populaire dans les primaires, l'un des critères envisagés pour permettre aux quelque 795 superdélégués de trancher en faveur de Barack Obama ou d'Hillary Clinton.
Crédité de dix points d'avance par un récent sondage Gallup, Obama tient la corde en nombre de délégués attribués : 1 631 contre 1 501 à sa rivale, après le décompte tardif des caucus du Texas qu'il a finalement remportés. Mais avec 559 nouveaux délégués en jeu lors des dix dernières primaires, il est exclu qu'aucun des deux rassemble les 2 025 nécessaires.
Les superdélégués auront donc normalement le dernier mot. Celui d'Al Gore comptera, mais il faudra attendre le 3 juin, jour des dernières primaires, pour savoir dans quel sens.
Posté le 01.04.2008 par ecoville
Photo : F.Santrot/Metro
Les bords du Nil en Egypte.
Définition
Le « développement durable » (ou développement soutenable) est, selon la définition proposée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le Rapport Brundtland : « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »
Le développement durable repose sur 3 piliers : le développement économique, le progrès social pour une meilleure satisfaction des besoins de tous et la protection de l’environnement.
La révolution appelée par le président de la République lors de la clôture de la première phase du Grenelle de l’environnement serait-elle en cours ? Même si, retardé par le rendez-vous électoral des municipales de mars, le chantier de la première loi Grenelle a pris du retard, la société française ne s’est pas pour autant arrêtée dans sa démarche. En témoigne le nombre de manifestations organisées à l’occasion de la sixième Semaine du développement durable.
Un foisonnement d’initiatives
A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 7 avril, associations, écoles, entreprises et collectivités locales proposent plus de 2600 événements autour du thème de la consommation et de la production durables. Ce sont presque 1 000 actions de plus qu’en 2007. C’est la preuve, s’il en fallait une, que le changement ne peut pas attendre le temps des politiques mais qu’il faut que chacun prenne conscience de l’importance de son action personnelle. Depuis quand ce sont les gouvernements qui font les révolutions !
Un achat, un vote
On ne cessera pas de nous le répéter : à chaque choix de consommation que nous faisons, nous votons, c’est-à-dire que nous exprimions notre choix de société. Les produits que nous achetons ont en effet un impact inégal sur l’environnement. Nous pouvons choisir de consommer des produits locaux et de saison pour éviter le transport et encourager l’activité économique de notre région, nous pouvons préférer des produits affichant un label écologique pour leur mode de fabrication respectueux de la nature, nous pouvons refuser les produits suremballés ou en confection individuelle pour réduire nos déchets et surtout nous pouvons arrêter de gaspiller l’eau, l’énergie, le papier, pour préserver nos ressources.
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Si on est 62 millions à le faire, ce sera la révolution. Les producteurs auront de plus en plus intérêt à mettre en place des processus respectueux de l’environnement et à améliorer la qualité écologique des produits, ce qui serait un plus pour la planète, mais aussi pour notre propre santé.
Alors, faisons de cette semaine la semaine de la découverte et de l’essai. Nous ne pourrons pas métamorphoser notre façon de vivre du jour au lendemain, mais travaillons geste par geste à construire un avenir meilleur. Et surtout réapproprions-nous notre pouvoir d’achat.
Nadia Loddo
Nadia Loddo
Metrofrance.com
Posté le 01.04.2008 par ecoville
Photo : Nicolas Richoffer
Jean-Louis Borloo, , Ministre de lécologie, de lénergie, du Développement durable et de lAménagement du territoire
A quoi sert la semaine du développement durable ?
Le développement durable est le grand défi de ce siècle. Tout le monde commence à y être sensibilisé. Je suis frappé par l’augmentation des événements spontanés qui s’organisent autour de cette semaine : si l’on prend les initiatives des collectivités, des entreprises, des associations, ou des simples citoyens, cela représente une hausse de 100 % cette année ! La seule société viable est une société sobre en carbone. Dans leur vie quotidienne, les 62 millions de Français « votent » chaque jour en choisissant d’acheter tel ou tel autre produit durable. Tout le monde a envie de s’y mettre mais tout le monde se demande « comment je fais ». La semaine du développement durable est un moment d’information important pour répondre à cette interrogation.
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La première mesure concrète du Grenelle de l’environnement est le bonus-malus pour les voitures. Est-ce que ça marche ?
Oui, et au-delà de nos espérances. Les constructeurs pensaient que la mesure n’aurait déplacé que 5% du marché. En réalité, le résultat a été spectaculaire. Il y a eu une baisse de 45% des ventes des voitures émettant entre 160 et 250 grammes de CO2/km et une hausse de 31% de celles émettant moins de 110 grammes. Mais l’idée du bonus malus est bien plus qu’une mesure « voiture » (comme la « balladurette ») : c’est une mesure « prix ». L’idée du Grenelle est d’introduire petit à petit un prix écologique. On va commencer par 20 familles de produits. Pour chaque famille, les 30% de produits les plus polluants paieront pour donner un avantage compétitif aux 30% les plus respectueux de l’environnement.
Jusqu’à présent, on pensait que l’écologie, c’était un privilège de riche…
Justement, la semaine du développement durable est l’occasion de montrer qu’au contraire, le souci de l’écologie, c’est aussi le souci du porte-monnaie. Et là, on casse un véritable « mur » de préjugés. Par exemple, quand vous achetez une ampoule basse consommation, au départ, elle coûte plus cher qu’une ampoule à incandescence, mais en réalité, c’est comme si on vous remettait un chèque, car elle dure 100 fois plus longtemps et consomme 8 fois moins !
Vous avez signé une convention avec la grande distribution pour mettre en place un étiquetage carbone qui aide le consommateur à orienter son choix. Où est-ce qu’on en est ?
Les distributeurs sont en train de choisir 300 produits pour une mise en place de ce nouvel étiquetage dès cette année. Là encore, l’idée centrale, c’est d’établir le « vrai prix ». C'est-à-dire entre le prix marchand d’aujourd’hui, le prix apparent, et le « vrai » prix qui inclut une prime au respect de la nature. C’est une vraie révolution. Il y a eu le marxisme et le libéralisme, le prix dirigé et le prix de marché. Là, on invente une troisième voie, le vrai prix qui tient compte de l’impact d’un produit et de ses composants sur l’environnement.
Le problème du pouvoir d’achat ne va pas à l’encontre de l’idée de l’acceptation du vrai prix ?
Les voitures non seulement vont moins polluer, mais elles vont aussi consommer moins d’essence.
Non. Si vous savez qu’une fraise importée, achetée en décembre, est responsable de l’émission de 200 fois plus de gaz à effet de serre qu’une fraise achetée en saison, en juin, laquelle choisirez-vous ? Vous n’attaquez pas le pouvoir d’achat parce que, de toute façon, elles sont plus chères en décembre. Avec le succès du bonus écologique, les constructeurs automobiles vont produire des voitures aussi confortables et aussi grandes qu’auparavant pour ceux qui le veulent, mais émettant beaucoup moins de gaz à effet de serre. Est-ce que là on attaque le pouvoir d’achat ? Non. Les voitures non seulement vont moins polluer, mais elles vont aussi consommer moins d’essence.
La rigueur budgétaire qui se profile peut-elle freiner la mise en place des mesures concrètes du Grenelle ?
Ce n’est pas tellement une question budgétaire, sauf qu’on aimerait faire des campagnes de communication pour faire évoluer encore plus vite les mentalités. Quand nous créons le bonus-malus écologique, c’est une mesure neutre pour le budget de l’Etat et pour le contribuable français. Les chantiers de tramways ou de lignes ferroviaires au sens large, sont des investissements lourds à 15 ou à 20 ans, mais de toute façon le pays les aurait faits. Simplement, au lieu de mettre 50 ans, on accélère tout. L’argent existe, il faut juste le réorienter. Quand vous faites plus de tramway et de trains à grande vitesse, c’est moins d’argent pour les routes.
La « loi Grenelle » avance ?
Oui, mais attention, le Grenelle va engendrer des milliers d’actions! Nous essayons de mener de front l’élaboration de la loi qui sera soumise au Parlement et validera des principes essentiels, et les textes d’application concrète de ces principes.
Le droit opposable au logement implique une accélération de la construction de logements. Ce n’est pas contradictoire avec la volonté de promouvoir les normes HQE ?
Non, la question aurait été plus difficile il y a cinq ans, quand on construisait seulement 277 000 logements dont 38 000 logements sociaux par an. Aujourd’hui on en construit près de 450 000, dont 120 000 logements sociaux : la construction est relancée ! Pour les normes HQE, grâce au Grenelle Environnement, pendant les quatre mois de travail, l’ensemble des professionnels de la construction ont pu aussi apporter leur expertise. Par exemple, l’objectif d’habitation consommant 50 KWh par mètre carré semble tout à fait réalisable.
La discussion de la loi sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) à l’Assemblée nationale commence aujourd’hui. Beaucoup contestent le droit de cultiver avec ou sans OGM, car la coexistence des cultures serait impossible. Quel est votre avis ?
Ce principe est dans la directive européenne. Je rappelle qu’avant la loi, on faisait ce qu’on voulait, sans aucune responsabilité. La loi organise deux choses : la transparence et la responsabilité. On est dans un compromis républicain. Aujourd’hui, on a interdit la culture du maïs MON810 qui posait problème. Je remarque que la Roumanie vient de faire pareil sur la base des mêmes arguments scientifiques. L’idée fait son chemin.
Claude Allègre récidive, sur le changement climatique. Qu’est-ce-que cela vous inspire ?
Rien (rires). Il est un des premiers à avoir réfléchi sur les écosystèmes. Il m’a dédicacé son livre, « Ecologie des villes, écologie des champs » ; il a de vraies positions écologiques… mais en même temps, il se caricature lui-même…
Dans trois mois, la France va prendre la présidence de l’Union européenne. Quelles sont ses ambitions en matière d’écologie ?
La France doit avoir en tête que dans moins de 18 mois, la plus grande négociation internationale sur le changement climatique doit se finaliser à Copenhague, réunissant les gouvernements de 6 milliards d’individus. D’ici là, il y a une convention intermédiaire prévue fin 2008 à Poznań en Pologne. Il faut que l’Europe, tête de pont du « combat climatique » valide ses propres directives climat énergie ou qu’il y ait un accord politique sur les engagements à prendre : en matière de réductions des émissions de gaz à effet de serre, sur la répartition des efforts, sur le développement des énergies renouvelables, et sur le dispositif d’échange des quotas carbones. La présidence Française doit s’assurer qu’avant la fin de l’année, il y ait un consensus essentiel entre tous les Européens.
Le développement des biocarburants fait partie des objectifs promus par la Commission européenne, alors que de plus en plus d’études tirent la sonnette d’alarme sur le risque de concurrence entre besoins énergétiques et alimentaires…
Il y a encore peu de temps, on cherchait à savoir si les biocarburants étaient moins émetteurs de CO2 comparés à d’autres solutions énergétiques. Aujourd’hui, on se penche sur la question essentielle de leur impact sur l’utilisation des terres fertiles de la planète. Il y a de moins en moins de terres fertiles du fait de l’étalement urbain et du réchauffement climatique, alors qu’on va passer de 6 à 9 milliards d’habitants sur la planète. La vraie question, c’est de s’assurer du caractère soutenable du développement des biocarburants. Il faut déterminer les seuils à partir desquels ce développement devient excessif. Il faut aussi identifier les cultures possibles et celles qui présentent des inconvénients. C’est le travail que nous sommes sur le point de terminer.
Nadia Loddo et Caroline Brun
Metrofrance.com
Posté le 29.03.2008 par ecoville
Photo : frederick florin/AFP
Pas moins de trois membres du gouvernement se sont déplacés vendredi au Congrès de la plus grosse fédération écologiste de France pour tenter de calmer les inquiétudes sur la mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement, qui entre dans une phase cruciale cinq mois après l'annonce de cette révolution verte.
"Je ne crois pas que ce soit très fréquent qu'un ministre de l'Agriculture participe à votre congrès", a lancé Michel Barnier devant les membres de France nature environnement (FNE - 3.000 associations) réunis à Strasbourg.
"C'est très important que le ministre de l'Agriculture et celui de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, avec la secrétaire d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet, soient avec vous aujourd"hui", a-t-il déclaré. "L'affrontement un peu schématique entre agriculteurs et écologistes n'a pas vraiment de sens".
Nathalie Kosciusko-Morizet a rendu hommage à la FNE en soulignant que la force de cette organisation résidait dans "son ancrage dans les territoires": "Nous avons besoin d'organisations qui, quand elles parlent à Paris, parlent pour toutes les associations qui sont derrière", a-t-elle jugé.
La FNE, qui fête son 40e anniversaire, estime que le Grenelle de l'environnement a donné un "coup de fouet" aux mouvements associatifs. "Trois ministres, c'est une reconnaissance du mouvement", souligne Arnaud Gossement, son porte-parole.
Au-delà, le gouvernement a surtout besoin que les acteurs du Grenelle restent mobilisés alors que le processus entre dans une phase à hauts risques.
La loi sur les OGM, premier test législatif du Grenelle, doit être présentée début avril à l'Assemblée nationale tandis que la loi d'orientation sur le Grenelle devrait l'être avant l'été.
Les représentants des quatre collèges - collectivités territoriales, ONG, employeurs et syndicats - participant au Grenelle aux côtés de l'Etat, se sont inquiétés cette semaine d'une possible dilution, sous la pression des lobbies, des 268 mesures adoptées fin octobre (transports, isolation des bâtiments, construction, agriculture bio etc.).
Un participant à la réunion du Comité de suivi du Grenelle, jeudi soir au ministère de l'Ecologie, a évoqué un "climat de sinistrose".
"Il y a un risque que le processus puisse être entravé", a averti vendredi Nicolas Hulot devant la FNE, insistant cependant qu'à "ce stade, ça tient du miracle que le processus du Grenelle n'ait pas trébuché".
Il a appelé les députés à "la responsabilité": il ne s'agit pas de "voter les yeux fermés le Grenelle mais d'avoir un esprit constructif, de ne pas tuer l'espoir au moment crucial où la France va prendre la présidence de l'Union européenne", a-t-il expliqué.
"La légitimité du Grenelle passe par des mesures législatives", a fait valoir Nathalie Kosciusko-Morizet. Même si "c'est un peu inquiétant pour les participants au Grenelle de voir s'ouvrir à nouveau le débat", a-t-elle ajouté en souhaitant éviter des "procès d'intention aux députés et aux sénateurs".
Le Grenelle a déjà commencé de se traduire dans les faits, a rappelé Jean-Louis Borloo: "Si nous-mêmes nous ne défendons pas ce processus (du Grenelle), qui va le défendre?" a-t-il lancé à la salle.
Il a évoqué le bonus écologique pour les voitures émettant moins de 130 gr Co2/km - dont il assure qu'il a déjà suscité une hausse de 35% des ventes, ainsi qu'une baisse de 45% pour celles émettant plus de 160gr. Il a également cité l'accord avec la grande distribution, qui prévoit une hausse de 15% par an de la part du bio dans les rayons, ou le gel des cultures de maïs OGM MON810.
Par Emmanuel ANGLEYSSTRASBOURG (AFP)
© 2008 AFP
Posté le 29.03.2008 par ecoville
Photo : Soren Andersson/AFP
Des immeubles en construction à Växjö, le 18 mars 2008
La ville de Växjö sera "verte" ou ne sera pas. Telle est la devise de cette commune du Sud de la Suède qui s'est érigée au rang de modèle international de protection de l'environnement, et dont les objectifs pour l'avenir sont plus qu'ambitieux.
A l'heure où l'Union européenne (UE) prévoit de porter à 20% la part de sa consommation d'énergie provenant de sources renouvelables, Växjö, un trou de verdure entre forêts et lacs qui compte 80.000 habitants, peut se targuer d'avoir déjà atteint les 50%. Et 90% lorsqu'il s'agit du chauffage.
Les émissions de CO2 par habitant ont diminué de 30% entre 1993 et 2006.
"C'est beaucoup mais nous ne sommes pas satisfaits, nous voulons les diminuer encore", indique Henrik Johansson, spécialiste environnement à la mairie.
En effet, Växjö, qui a décidé en 1996 de réduire à néant sa consommation d'énergies fossiles (sans se fixer une date précise), veut diminuer de 50% ses émissions de CO2 d'ici à 2010 et de 70% d'ici à 2050. Des objectifs qui battent de loin ceux de l'UE qui vise -20% d'ici à 2020, par rapport à 1990.
Les efforts de Växjö ont été loués par la Commission européenne qui a décerné à la ville le prix Energie durable pour l'Europe, en 2007.
"Nous essayons d'influencer le comportement des gens, cela n'est pas facile, à vrai dire c'est assez difficile", poursuit M. Johansson. Mais cela marche. A coup de nouvelles pistes cyclables, de primes à l'achat de voitures "propres" et de parkings gratuits pour ces dernières ou encore de calendriers remplis de conseils pratiques pour protéger l'environnement.
Depuis l'obtention du prix de la Commission européenne, Växjö voit défiler les délégations étrangères, Chine en tête, qui viennent observer et s'inspirer de ce modèle.
Selon le maire, le conservateur Bo Frank, la ville doit son succès écologique à un engagement précoce pour l'environnement et à une tradition de consensus entre les hommes politiques de tous bords dans ce domaine.
Tout a démarré au début des années 1970, lorsque la commune entreprit de nettoyer ses lacs fortement pollués. "Aujourd'hui on peut s'y baigner, pêcher et en consommer les poissons", se réjouit M. Johansson.
Puis, en 1980, du fait du deuxième choc pétrolier, l'usine de chauffage urbain qui carburait jusqu'alors au pétrole, a introduit un combustible fabriqué à partir de bois, une matière première abondante dans les environs de Växjö qui pouvait assurer à la ville une indépendance énergétique.
Aujourd'hui, ce biocombustible compte pour 98,7% du carburant alimentant la centrale qui chauffe 50.000 des habitants de Växjö et dont le réseau ne cesse de s'étendre, explique Lars Ehrlén, responsable du département Energie de l'usine.
Pour ce qui est de convaincre les habitants de faire des efforts pour lutter contre le réchauffement de la planète, le maire croit "au bâton et à la carotte". Evoquant certaines mesures qui font grincer des dents, M. Frank résume: "Rien n'est jamais populaire au début mais on s'habitue à tout".
Ainsi, lorsque la commune a annoncé il y a environ six mois qu'elle ne tiendrait plus ses conférences que dans des cafés ou restaurants ayant obtenu un certificat écologique, Mats Pettersson, copropriétaire d'une chaîne de restaurants à Växjö, a fait grise mine.
"J'ai trouvé cela très embêtant au début (...) mais maintenant je trouve ça bien. Le problème (...) c'est qu'il était difficile de trouver des produits écologiques (...) Mais les fournisseurs ont désormais de plus en plus ce qu'il nous faut", remarque-t-il.
Face aux critiques, le maire reste philosophe et sûr de ses choix. "Nul n'est prophète en son pays", sourit cet écologiste de la première heure.
"Il est de la responsabilité de Växjö de montrer l'exemple", estime l'élu qui va au bureau à pied, possède une voiture écologique et éclaire sa maison avec des ampoules à basse consommation d'énergie.
Par Sophie MONGALVYVÄXJÖ (AFP)
© 2008 AFP