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ecoville
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outils pedagogique pour comprendre et participer au developpement durable.
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02.02.2007
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POLITIQUE

LOI ADOPTE !!!

Posté le 23.05.2008 par ecoville
Photo : Stephane de Sakutin/AFP

Le Parlement a accordé jeudi, par un ultime vote du Sénat, son feu vert définitif au projet de loi très controversé sur les OGM, qui transpose une directive européenne de 2001 et reconnaît "la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM" en France.

Déjà entériné mardi par les députés, le texte issu de la Commission mixte paritaire (Sénat/Assemblée) a été adopté par les sénateurs par 183 contre 42, le groupe PS ayant décidé de ne pas prendre part au scrutin.

Les sénateurs UMP, rejoints par une partie des élus centristes et des radicaux du RDSE ont voté pour, PCF et Verts ont voté contre ce texte qui a connu un parcours parlementaire mouvementé.

"Merci pour ce vote, merci à tous", a déclaré la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, visiblement soulagée de voir enfin s'achever l'éprouvant examen du projet de loi.

Ce vote "met un terme à dix années d'esquives et de non-dits", a affirmé le ministre d'Etat, Jean-Louis Borloo.

Issu du Grenelle de l'environnement, le texte vise à clarifier les conditions de mise en culture de plantes transgéniques et de leur coexistence avec les productions conventionnelles, dans le respect d'une directive de 2001, que la France aura attendu six ans pur transcrire en droit national.

Il compte parmi ses dispositions les règles en matière de "coexistence" des cultures, la création d'un Haut conseil des biotechnologies et l'institution d'un "délit de fauchage", passible de deux ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

Il a fallu un peu plus d'une heure jeudi pour parvenir au vote définitif du texte, au terme d'un débat serein, bien loin de l'ambiance survoltée mardi dans l'hémicycle du Palais-Bourbon.

A l'ouverture des travaux, une soixantaine de militants anti-OGM ont manifesté à proximité du Palais du Luxembourg.

Défendu par le gouvernement comme un texte "équilibré", "respectueux" des principes du Grenelle, il est perçu à gauche comme un "arrêt de mort" du Grenelle, puisqu'il reconnaît "la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM".

Le sujet divise jusqu'au sein même de la majorité et les bancs de droite étaient souvent dégarnis lors des navettes.

Peu de textes auront connu un parcours aussi chaotique que celui sur les OGM, parfois qualifié de "texte maudit". Crise gouvernementale autour des propos de Mme Kosciusko-Morizet, rejet surprise du texte, en deuxième lecture à l'Assemblée, après le vote d'une motion PCF, motion référendaire, vifs incidents de séance...

Si la page parlementaire se tourne jeudi, le débat est loin d'être clos. Les députés PS, PCF et Verts ont annoncé un recours, dès vendredi, auprès du Conseil constitutionnel pour faire censurer ce texte, tandis que le collectif anti-OGM promet la poursuite du "combat citoyen".

"Pour qu'une loi soit respectée, faut-il encore qu'elle soit respectable", a affirmé le leader altermondialiste José Bové, laissant entendre que "le délit de fauchage" ne suffirait pas pour empêcher de nouvelles "opérations commando".

De son côté, l'association Greenpeace a annoncé jeudi qu'elle restait "mobilisée" et attendait désormais des "décrets d'application le plus précautionneux possible" afin de "limiter les dégâts".

La Confédération paysanne, fer de lance de la lutte anti-OGM, a jugé que la loi définitivement adoptée jeudi par le Parlement était "non-conforme aux engagements du Grenelle" de l'Environnement, dénonçant de "graves lacunes de ce texte dont les paysans seront victimes".

"L'absence de définition claire du +sans OGM+ sera la source de contentieux multiples et les critères de responsabilités choisis ne garantissent aucunement une réparation véritablement à la hauteur des préjudices multiples auxquels sont et seront confrontés les producteurs et les transformations en aval", a expliqué la Confédération paysanne.


© 2008 AFP



--

BORLOO, BOIT L'EAU !!!

Posté le 19.05.2008 par ecoville
Photo : Nicolas Richoffer/Metro

Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire.

« L’eau c’est la vie. Donnez-nous votre avis ! », c’est le nom de la consultation du public sur l’eau que le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire vient de lancer. Du 19 mai au 15 octobre 2008, cette consultation permettra à un large public de participer à la reconquête de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques, selon le ministère. «L’eau est notre bien le plus précieux. Grâce à cette campagne, c’est ensemble, à 62 millions, que nous mènerons et que nous gagnerons la bataille de l’eau», a déclaré le ministre Jean-Louis Borloo.

En complément de la mise à disposition des documents de consultation dans les préfectures, aux sièges des agences de l’eau et sur leur site Internet, à partir du 19 mai, un questionnaire parviendra aux 28 millions de foyers français dans leurs boîtes aux lettres (hors départements d’Outre-mer, dont la consultation est décalée dans le temps). Pour que le lecteur puisse juger si les propositions sont suffisamment ambitieuses et les efforts à fournir acceptables, le document comporte une partie informative de nature nationale et régionale. Le public trouvera une information exhaustive dans le domaine de l’eau sur le site portail Internet www.eaufrance.fr et pourra télécharger le questionnaire de son bassin par insertion de son code postal.

L’ambition du Grenelle Environnement est de permettre à plus de 2/3 des masses d’eau d’atteindre le « bon état » en 2015 et plus de 90% en 2021. Pour la réalisation de cet objectif, l’utilisation des phosphates dans les lessives devrait être interdite d’ici 2012. En outre, des plans d’action seront définis pour assurer la protection des captages les plus menacés par les pollutions diffuses. Le parc des stations d’épuration sera modernisé afin qu’il ne provoque plus de déclassements de masse d’eau. De nouveaux systèmes de récupération des eaux pluviales et des eaux usées seront examinés. Des objectifs de réduction de la présence, dans les milieux aquatiques, de substances dangereuses, seront fixés. Enfin, l’effacement des obstacles les plus problématiques pour la migration des poissons sera mis à l’étude.

Metrofrance.com

Metrofrance.com

PAUVRE AMAZONIE !!!

Posté le 17.05.2008 par ecoville
Photo : Joedson Alves/AFP

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L'avenir de l'Amazonie brésilienne entre dans une zone d'ombre après la démission de la ministre de l'Environnement qui a quitté son poste affaiblie par une série de batailles perdues contre le lobby agro-industriel et des membres du propre gouvernement.

"Ma présence au sein du gouvernement n'apportait plus rien", a affirmé jeudi Mme Marina Silva, deux jours après avoir donné sa démission au président Luiz Inacio Lula da Silva qui l'avait nommée lors de son arrivée au pouvoir, en 2003.

Mme Silva, 50 ans, a quitté ses fonctions qualifiée "d'ange gardien de l'écologie" par Greenpeace mais aussi "d'ennemi du développement" par les grands producteurs agricoles.

Orignaire de l'Etat amazonien de l'Acre et ex récolteuse de latex, Mme Silva a tenté de freiner l'avancée de l'agrobusiness qui grignote chaque fois plus de forêt amazonienne. Elle a aussi soulevé la colère des entrepreneurs en raison de sa lenteur à céder des autorisations pour la construction de projets d'infrastructure qu'elle jugeait dangereux pour l'environnement et qui demandaient des études d'impact sur l'environnement.

L'Amazonie brésilienne est suivie à la loupe par la communauté internationale car elle est la plus grande forêt tropicale du monde. Elle renferme 25% des espèces végétales et animales de la planète.

Avec ses 7,9 millions de kilomètres carrés, elle couvre près de 60% du territoire brésilien.

La déforestation et les brûlis sont les principales sources d'émission de dioxyde de carbone (CO2) au Brésil et alimentent le réchauffement climatique.

Durant la gestion de Marina Silva, le Brésil a réduit de 60% les déboisements en Amazonie de 2005 à 2007. Cependant la coupe illégale des arbres a connu une recrudescence d'août à décembre dernier.

Mme Silva a mis sur le compte des grands producteurs agricoles, avides de produire plus face à la hausse des prix croissante des aliments selon elle, la déforestation. Le président Lula en revanche a estimé qu'il était "prématuré" d'accuser le secteur agro-industriel.

Nénamoins, le gouvernement a adopté des sanctions plus sévères contre quiconque ne respectait pas la législation environnementale.

Pour le vice-président du groupe écologiste Conservation internationale, José Maria Cardoso, la sortie de Mme Silva est "un désastre pour le gouvernement".

"Si le Brésil avait une crédibilité mondiale en matière d'environnement c'était grâce à elle", a-t-il dit.

Le président de la Fédération d'agriculture et élevage du Mato Grosso (centre-ouest), Rui Prado, a estimé quant à lui que la ministre "avait été une catastrophe pour le développement du Brésil".

"Elle a oublié que le principal de l'écologie c'est l'être humain. J'espère que le prochain ministre sera moins radical", a-t-il ajouté.

Lula a choisi l'actuel secrétaire à l'Environnement de l'Etat de Rio, l'écologiste Carlos Minc, pour succéder à Mme Silva.

Minc, 56 ans, a bonne réputation parmi les écologistes mais il a été critiqué récemment pour ne pas avoir été très scrupuleux lors de l'octroi d'autorisations pour la construction de travaux d'infrastructure à Rio.

"Minc a les moyens de faire face à la communauté internationale mais comment réagira-t-il aux pressions du gouvernement", s'interroge Marcelo Furtado, porte-parole de Greenpeace.


© 2008 AFP

LOI OGM !!!

Posté le 14.05.2008 par ecoville
Patrick Kovarik AFP/Archives ¦ L'Assemblée nationale le 8 avril 2008 à Paris


Les députés qui ont manqué à la majorité, mardi, lors du coup de théâtre du projet de loi OGM n’étaient pas (tous) aux abonnés volontairement absents ou à la buvette. Pendant que, dans l’hémicycle, le texte se faisait retoquer à une voix près, ils étaient une vingtaine (droite et gauche confondue) à plancher au deuxième sous-sol du Palais Bourbon dans le cadre de la mission d’information sur les questions mémorielles.

Signe qu’à l’UMP, on n’avait vraiment pas dû voir venir la sortie de route procédurale sur les OGM. Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, avait même laissé le perchoir à la socialiste Catherine Génisson, pour diriger en personne les auditions de cette mission, dont il est le rapporteur et l’initiateur. Au rythme d’une séance tous les quinze jours depuis le 2 avril, la quatrième est mal tombée… «On ne les programme jamais pendant les questions au gouvernement et on évite durant les réunions de groupe, explique-t-on à l’Assemblée. Mais elles peuvent très bien se passer alors qu’un projet de loi est débattu, sinon ce serait difficile de trouver un créneau.»

Peu après 16h30, Bernard Accoyer accueille donc Beate et Serge Klarsfeld et interroge: «A quoi doit servir le devoir de collectif de mémoire?» Alors que les députés de tous bords disent un à un leur respect pour l’œuvre de l'avocat, l’atmosphère est courtoise, voire consensuelle. Moins passionnée en tout cas que l’ambiance qui règne dans les couloirs de l’Assemblée et à l’extérieur, où les manifestants en provenance du grand pique-nique anti-OGM des Invalides se serrent derrière les barrières et les CRS.

Salle 6241, la tension monte d'un cran

Salle 6241, le président de l'Assemblée nationale organise donc les questions, raccompagne ses invités, puis accueille le second auditionné du jour, l’écrivain, éditeur et journaliste Denis Tillinac. Au cours de son intervention, la tension monte d’un cran dans la salle. Elle se lit aussi depuis un moment déjà sur le visage de Bernard Accoyer, qui reçoit et fait passer des messages papier par les huissiers de service. Rien à voir avec l’analyse de Tillinac. Dans l’hémicycle, sa remplaçante du jour a annoncé, triomphante, que la motion du député Chassaigne a été adoptée à 136 voix contre 135. Dans la salle des quatre colonnes, les députés socialistes passent de micros en caméras pour exprimer leur jubilation.

Au sous-sol, tandis que Christian Vanneste et Christiane Taubira s’alpaguent autour de l’amendement du premier sur «le rôle positif de la présence française outre-mer», Bernard Accoyer, mine sombre, quitte subitement la salle et laisse la fin de l’audition à la vice-présidente socialiste de la mission. En évoquant, après coup, le plat surprise du jour au menu OGM, Catherine Coutelle a le triomphe modeste. Si le texte avait été adopté à une voix, note-t-elle, les députés de l'opposition se seraient peut-être reprochés d’avoir privilégié les débats de la salle 6241…
Patrick Kovarik AFP/Archives ¦ L'Assemblée nationale le 8 avril 2008 à Paris



Arnaud Levy


20Minutes.fr, éditions du 14/05/2008 - 15h07

dernière mise à jour : 14/05/2008 - 15h49

PARI !!!

Posté le 12.05.2008 par ecoville
D.R.
Le réchauffement moyen de la planète devrait, dans les prochaines années, s'interrompre provisoirement sous l'effet de cycles naturels.

Lorsque les opinions sont irréconciliables, que les arguments s'épuisent et que chacun en vient à douter de la bonne foi de ses contradicteurs, il ne reste parfois qu'une seule solution pour sortir de la controverse : parier. Six climatologues - quatre Américains, un Allemand et un Britannique - ont lancé, jeudi 8 mai, un pari à plusieurs de leurs collègues de deux instituts de recherche allemands. Objet : la décennie à venir sera-t-elle plus ou moins chaude que celle écoulée ? Enjeu : 5 000 euros.

La controverse est récente. Le 1er mai, la revue Nature publiait des résultats étonnants. Selon des chercheurs de l'Institut Leibniz d'océanographie et de l'Institut Max-Planck de météorologie, respectivement basés à Kiel et à Hambourg, le réchauffement moyen de la planète va, dans les prochaines années, s'interrompre provisoirement sous l'effet de cycles naturels. Les décennies 2000-2010 et 2005-2015 devraient même, selon eux, être légèrement plus froides que 1994-2004. En particulier en Europe et en Amérique du Nord. "Nous ne disons pas que le changement climatique anthropique sera moins grave que prévu, précise Mojib Latif, coauteur de ces travaux. Nous disons qu'une oscillation naturelle du climat se superposera momentanément à la tendance au réchauffement."

M. Latif et ses coauteurs ont procédé à une analyse rétrospective des variations de la température de surface des océans. A partir de ces variations enregistrées sur les cinquante dernières années environ, ils ont déduit les oscillations naturelles de ces acteurs importants du climat que sont les courants marins. En projetant leurs résultats sur la décennie à venir, ils concluent à une atténuation du réchauffement au cours des prochaines années.

CLAUSE D'ANNULATION

Stefan Rahmstorf (université de Potsdam, Allemagne), Michael Mann (Penn State University, Pennsylvanie) et leurs quatre compères ne sont pas convaincus. "Si la température moyenne de 2000-2010 est vraiment inférieure ou égale à celle de 1994-2004, nous leur réglons la somme de 2 500 euros, écrivent-ils sur le blog collectif Realclimate. Si elle s'avère plus chaude, ils nous règlent 2 500 euros." Même chose pour la décennie 2005-2015. Une clause d'annulation est toutefois prévue si une météorite frappe la Terre ou si un volcan majeur vient à entrer en éruption - deux imprévus qui refroidiraient la basse atmosphère, momentanément mais notablement.

Mojib Latif et ses coauteurs relèveront-ils le pari ? Pour l'heure, ils ne souhaitent pas réagir et manifestent même une certaine irritation à cette entorse aux bonnes moeurs de la vie scientifique. Ce n'est pourtant pas la première du genre. En 1989, James Hansen, directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS), avait parié que l'une des trois années à venir serait plus chaude que 1988, qui venait de battre tous les records. Il n'avait pas eu à attendre longtemps. Début janvier 1991, Hugh Ellsaesser, du Lawrence Livermore National Laboratory, signait à M. Hansen un chèque de 100 dollars.
Stéphane Foucart

PROJET COMPLEXE !!!

Posté le 12.05.2008 par ecoville
La maquette de l'un des 32 casinos prévus sur le complexe de Gran Scala, dans le désert d'Aragon. Crédits photo : (DR)
Le projet de gigantesque complexe de loisirs prend du retard en raison d'un désaccord entre son promoteur et le gouvernement d'Aragon.

La cérémonie de la première pierre du plus grand complexe de loisirs européen n'aura pas lieu comme prévu en septembre. Situé dans le désert de l'Aragon entre Saragosse et Barcelone, Gran Scala (qui signifie «grande échelle» en espagnol) est calibré pour accueillir 25 millions de personnes par an.

Son seul véritable concurrent, Disneyland Paris, a mis quinze ans pour arriver à accueillir 15 millions de visiteurs, après 6 milliards d'euros d'investissements. Sauf que le parc de Mickey est bien réel, alors que Gran Scala est encore très virtuel. Pour l'instant, ce projet titanesque n'existe que dans ces images en trois dimensions présentées devant un parterre de 1 000 invités au palais du gouvernement d'Aragon en décembre. Le vice-président de la région autonome, José Angel Biel, s'était alors engagé à «poser la première pierre de Gran Scala au lendemain de la fermeture de l'exposition universelle de Saragosse à la mi-septembre». Il aura du mal à tenir sa promesse. Promoteur du projet, le consortium ILD (créé par les casinos français Tranchant, le constructeur australien de machines à sous Aristocrat, les assurances du Moyen-Orient UFA et le promoteur immobilier libanais Europtima) n'a toujours pas acheté les terrains sur lesquels doit s'élever Gran Scala.
Un prix acceptable
«L'acquisition des terrains est plus compliquée que prévu, explique au Figaro Sébastien Tranchant, l'un des trois directeurs généraux du consortium International Leisure Development (ILD). Nous sommes en phase de négociation finale avec les 80 propriétaires du site que nous avons retenu. Le projet devrait être retardé de deux à quatre mois, mais il n'est absolument pas remis en cause.» ILD a fini par trouver les 1 700 hectares sur les 2 000 dont il a besoin à un prix acceptable.



«Le prix du terrain oscille désormais entre 6 000 et 9 000 euros l'hectare, soit deux fois moins cher que lors de la présentation du premier site», ajoute Sébastien Tranchant. Désormais, c'est au gouvernement d'Aragon qu'ILD achète ces terrains. «Nous n'exproprierons pas les propriétaires des 300 hectares restants tant que les associés d'ILD n'auront pas réglé les 1 700 hectares dont ils ont obtenu la promesse de vente» , indique-t-on au gouvernement de l'Aragon, qui compte bien que le projet se concrétise.

De son côté, ILD veut être sûr d'être propriétaire de la totalité des 2 000 hectares convoités pour commencer à faire les premiers chèques. Ce qui suppose que le gouvernement engage les procédures d'expropriation.

Pour preuve de sa bonne foi, ILD met en avant une caution bancaire de 20 millions d'euros dont il va informer le gouvernement aragonais. Un premier grain de sable qui ne sera peut-être pas le seul dans un projet d'une telle ampleur.

La cérémonie de la première pierre du plus grand complexe de loisirs européen n'aura pas lieu comme prévu en septembre. Situé dans le désert de l'Aragon entre Saragosse et Barcelone, Gran Scala (qui signifie grande échelle en espagnol) est calibré pour accueillir 25 millions de personnes par an. Son seul véritable concurrent, Disneyland Paris, a mis 15 ans pour arriver à accueillir 15 millions de visiteurs après 6 milliards d'euros d'investissements. Sauf que le parc de Mickey est bien réel alors que Gran Scala est encore très virtuel. Pour l'instant ce projet titanesque n'existe que dans ces images en trois dimensions présentées devant un parterre de 1 000 invités au palais du gouvernement d'Aragon en décembre. Le vice-président de la région autonome, José Angel Biel, s'était alors engagé à «poser la première pierre de Gran Scala au lendemain de la fermeture de l'exposition universelle de Saragosse à la mi-septembre». Il aura du mal à tenir sa promesse. Promoteur du projet, le consortium ILD (créé par les casinos français Tranchant, le constructeur australien de machines à sous Aristocrat, les assurances du Moyen-Orient UFA, et le promoteur immobilier libanais Europtima) n'a toujours pas acheté les terrains sur lesquels doit s'élever Gran Scala.
Un prix acceptable
«L'acquisition des terrains est plus compliquée que prévu, explique au Figaro Sébastien Tranchant, l'un des trois directeurs généraux du consortium International Leisure Development (ILD). Nous sommes en phase de négociation finale avec les 80 propriétaires du site que nous avons retenu. Le projet devrait être retardé de deux à quatre mois mais il n'est absolument pas remis en cause.» ILD a fini par trouver les 1 700 hectares sur les 2 000 dont il a besoin à un prix acceptable. «Le prix du terrain oscille désormais entre 6000 et 9000 euros l'hectare, soit deux fois moins cher que lors de la présentation du premier site», ajoute Sébastien Tranchant. Désormais le gouvernement d'Aragon qu'ILD achète ces terrains. «Nous n'exproprierons pas les propriétaires de 300 hectares restants, tant que les associés d'ILD n'auront pas réglé les 1700 hectares dont ils ont obtenu la promesse de vente», indique-t-on au gouvernement de l'Aragon qui compte bien que le projet se concrétise. De son côté, ILD veut être sûr d'être propriétaire de la totalité des 2 000 hectares convoités pour commencer à faire les premiers chèques. Ce qui suppose le gouvernement engage les procédures d'expropriation. Pour preuve de sa bonne foi, ILD met en avant une caution bancaire de 20 millions d'euros dont il va informer le gouvernement aragonais. Un premier grain de sable qui ne sera peut-être pas le seul dans un projet d'une telle ampleur.

LA COUR DES GRANDS !!!

Posté le 03.05.2008 par ecoville
«Je n'ai sans doute pas dit les choses comme il le fallait, mais je l'ai dit », confie Nathalie Kosciusko-Morizet. Crédits photo : Le Figaro
Un mois après avoir créé la polémique, la secrétaire d'État à l'Écologie est l'invitée dimanche du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-LCI.

Depuis qu'elle est entrée dans la vie politique, Nathalie Kosciusko-Morizet agace son camp : défenseur du principe de précaution cher à Chirac, elle n'a pas que des amis parmi les députés UMP.

Nicolas Hulot, en revanche, l'adore. Le 9 avril dernier, la secrétaire d'État à l'Écologie a poussé plus loin la provocation à l'égard de son camp, en dénonçant, à propos de l'attitude de son mi­nistre de tutelle, Jean-Louis Borloo, et de Jean-François Copé, le ­pré­sident du groupe UMP, un «concours de lâcheté et d'iné­légance». Cette se­maine encore, Jean-Louis Borloo avoue, dans les colonnes de Paris Match, avoir été «blessé» par la sortie de sa secrétaire d'État.

«À un moment, je me suis sentie seule, à tort ou à raison. Je n'ai sans doute pas dit les choses comme il le fallait, mais je l'ai dit», confie-t-elle au Figaro. Malgré des excuses et des regrets, la jeune ministre de bientôt 35 ans assume, sur le fond, une position qui a toujours été la sienne sur les OGM, et qui a le mérite de la constance. Les sondages lui ont donné raison.

Seizième au palmarès des personnalités

Selon une enquête BVA pour l'Express, elle apparaît d'emblée en 16e position dans le palmarès des personnalités dont les Français souhaitent qu'elles aient davan­tage d'influence dans la vie politique française. Elle réussit même à faire jeu égal avec Xavier Bertrand, et à dépasser Brice Hortefeux. Elle est aussi la seule secrétaire d'État à apparaître dans le palmarès pas même la très médiatique Rama Yade. Avec sa blondeur altière, «l'Amazone» du gouvernement n'a pas la rondeur d'un Xavier Bertrand. Mais en décochant sa flèche, elle est entrée dans la cour des grands. Demain, elle sera l'invitée du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-LCI.

Elle est peut-être l'une des dernières à pouvoir ainsi afficher ses états d'âme. Nicolas Sarkozy l'a dit à plusieurs reprises à l'attention de tous les ministres et notamment des secrétaires d'État : la prochaine fois, c'est la porte. En attendant, élue maire de Longjumeau en mars, avec seulement 39 voix d'avance, et nommée secrétaire générale adjointe de l'UMP, la ­toute jeune secrétaire d'État a moins de temps pour s'in­vestir dans la vie de son ministère. Certains craignent déjà que ce cumul des responsabilités lui fasse perdre de vue l'une des missions centrales mais moins médiatique  de son secrétariat d'État : réussir la fusion du tout petit ministère de l'Environnement avec l'énorme ministère de l'Équipement.

SARKOZY BILAN !!!

Posté le 30.04.2008 par ecoville
Réunion du Grenelle de l'environnement
crédit : M. Klein © Service photographique de la Présidence de la République
Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy était élu Président de la République. Près d'un an après, la fédération France Nature Environnement, qui regroupe des associations françaises de protection de la nature et de l''environnement dresse un premier bilan environnemental.

L''histoire d'un paradoxe ! Nicolas Sarkozy n'a sans doute pas été élu pour son programme écologique et pourtant... Il a rapidement compris l'intérêt évident d'un verdissement de son image et de sa politique. Il ne suffit cependant pas de repeindre la société française en vert pour faire la révolution verte. Rarement un Président aura été autant en capacité de faire bouger les choses grâce à l''invention du Grenelle : sa responsabilité pour agir est d''autant plus grande.

Pour Sébastien Genest, président de France Nature Environnement : " En reconnaissant le rôle des associations, en lançant le Grenelle de
l''environnement, en prenant des engagements très forts, Nicolas Sarkozy a pris un risque : susciter un espoir immense ! Un échec serait absolument terrible. Pour l''heure, le Grenelle n'est pas mort et sa poursuite est la garantie que notre pays va dans le bon sens. Attention cependant : tous les écolosceptiques sont debout sur la pédale de frein et il ne faudrait pas les aider. "
Points positifs
- La désignation d''un Ministre d'Etat, n°2 du Gouvernement pour 'écologie.
- Le Grenelle de 'environnement
- La reconnaissance, au plus haut niveau et pour la première fois sous la Vème République de 'existence et du rôle des associations de protection de l'environnement.
- L'abandon du projet de mine d''or de la Montagne de Kaw en Guyane
- L''interdiction de la culture du maïs transgénique MON 810
- L'engagement par Jean-Louis Borloo de ne pas toucher à la loi littoral
- La création de la Fondation scientifique pour la biodiversité.
Points négatifs
- La défense sans relâche des intérêts commerciaux du nucléaire
- Une politique économique encore fondée sur une croissance quantitative
- Une fiscalité écologique encore hypothétique
- Le vote contre la directive sur la protection des sols à Bruxelles
- L'autorisation de la création d'un aéroport à Notre Dame des Landes prés de Nantes
- L''autorisation du pesticide Cruiser
- La remise en cause des quotas de pêche européens
- L'autorisation de la construction de 'autoroute Grand contournement Ouest de Strasbourg et la destruction du Grand hamster d''Alsace
- Le retard dans la transposition de la directive sur la responsabilité environnementale
- La lenteur de traitement de la catastrophe de la pollution du Rhône aux PCB
- L'absence de garantie sur 'annualisation de 'écopastille automobile
- L'absence de garantie de prise en compte de critères environnementaux pour la maison Boutin à 15 euros par jour

LE GRENELLE VA AVOIR UNE LOI !!!

Posté le 30.04.2008 par ecoville
Jean-Louis Borloo présente mercredi matin la loi d'orientation qui reprend les conclusions du «Grenelle de l'environnement». Crédits photo : DENIS/REA
Ses 47 articles doivent être examinés par les députés avant l'été.

Après de multiples aller-retour entre Bercy, Matignon, l'Élysée et le ministère de l'Écologie, les deux textes de loi baptisés «Grenelle un et deux» voient enfin le jour. Le premier texte est une loi d'orientation qui reprend les conclusions du «Grenelle de l'environnement» achevé en octobre dernier. 47 articles qui vont être présentés mercredi matin aux membres des cinq commissions ayant participé à la grand-messe de l'écologie. Ce texte doit, dans la foulée, être envoyé au Conseil économique et social.

Le deuxième projet de loi dit «Grenelle deux», actuellement soumis à la sagacité des magistrats du Conseil d'État, regroupe les mesures d'application. Les deux textes seront ensuite successivement présentés au Conseil des ministres, vraisemblablement fin mai et début juin.

Le «Grenelle un» consacre quatre articles au bâtiment, qui représente 23 % des émissions de gaz à effet de serre françaises et 42,5 % de la consommation d'énergie. L'ambition serait de réduire cette dernière de 38 % d'ici à 2020 et d'imposer dès 2010 une norme «basse consommation» moins de 50 kWh/m²/an aux nouveaux logements. Pour l'ancien, l'État espère «contribuer à une rénovation accélérée» grâce à des incitations financières, prêts à taux zéro et modifications du crédit d'impôt.

«Une approche pragmatique»

Dans les transports, c'est la fin proclamée du tout routier : extension du réseau TGV (2 000 km supplémentaires d'ici à 2020), développement des autoroutes ferroviaires et maritimes pour le fret et taxation des poids lourds sur le réseau non concédé (hors autoroutes), conformément au règlement communautaire, qui vise les camions de plus de 12 t en 2011 et supérieurs à 3,5 t en 2012.

La loi confirmera par ailleurs les engagements du «Grenelle» sur le retrait des pesticides «les plus dangereux», la réduction de leur usage et la part du bio dans l'agriculture (20 % des surfaces en 2020).

Le gouvernement défend «une approche pragmatique» : tout ne relève pas de la loi, explique-t-on, parfois un arrêté, un décret ou une circulaire suffiront.

Ce n'est pas encore la révolution écologique. Mais pour la fédération France nature environnement (FNE, 3 000 associations), associée à l'ensemble du processus «Grenelle», ce texte est globalement fidèle aux conclusions des tables rondes. «Adopté tel quel, il apporterait déjà des changements concrets pour la vie de chacun. Cependant, ce sont les deux assemblées qui vont décider de son sort dans les prochaines semaines», prévient FNE.

En mars, les différents partenaires du «Grenelle» s'inquiétaient d'un possible «enlisement» de la dynamique et des «pressions (qui) s'accumulaient».

Restera le plus dur : l'examen par les parlementaires. Si l'Assemblée nationale réussit à dégager un espace dans le calendrier très serré de la fin de session, la loi d'orientation pourra être débattue en première lecture. Mais nombreux sont ceux, notamment parmi les ONG, qui redoutent de passer sous les fourches caudines de députés peu enclin à se plier aux diktats écologiques, y compris dans les rangs de la majorité. «Je ne trahirai ni l'esprit ni la lettre du “Grenelle de l'environnement”», a déclaré Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée de jeudi. Une phrase à laquelle les hérauts du «Grenelle» entendent se référer autant que de besoin.

SECRETAIRE D'ETAT A L'ECOLOGIE !!!

Posté le 24.04.2008 par ecoville
AFP/STEPHANE DE SAKUTIN
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'écologie


Rahim : Comment va la secrétaire d'Etat en ce moment, après ses récentes altercations avec ses collègues du gouvernement ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Je vais bien. Merci beaucoup. D'abord, je vais bien parce que j'ai reçu énormément de mots de soutien, de lettres très chaleureuses, très réconfortantes. Et je vais bien parce qu'on a eu finalement, Jean-Louis Borloo et moi, sur ce texte, de bons arbitrages, et le texte tel qu'il sort du Sénat est intéressant.


richard.r : Êtes-vous satisfaite de la dernière version de la loi sur les OGM, telle qu'elle a été adoptée au Sénat ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : D'abord, sur les principes, ce texte est intéressant et assez fort, et je crois que le maintien de l'amendement Chassaigne est une bonne chose. Le Sénat a juste précisé cet amendement, et pas du tout dénaturé, comme l'ont dit certains.

Pour le reste, le texte, à mon avis, est bien, dans les limites très contraintes qui sont celles de la directive qu'il vise à transposer. Et là on tombe sur l'os, la directive, elle, est assez problématique.

Par exemple, sur les parcs nationaux et régionaux, le projet de loi en l'état est le plus protecteur possible compte tenu de la directive, mais certains peuvent trouver que la directive elle-même est insuffisante.

Au total, en l'état, je trouve le texte correct compte tenu des contraintes. Mais il nous faut surtout desserrer la contrainte, et pour ceci, utiliser la présidence française de l'Union eurpéenne. Nous avons commencé à le faire et à dire à la Commission européenne que le système d'évaluation des OGM n'était pas satisfaisant. 14 Etats membres européens nous suivent déjà.

vertdo : vous avez parlé de concours de lâcheté à bon escient. Pourquoi vous soumettre ensuite au diktat du premier ministre ? Votre poste de secrétaire d'état est-il plus important que vos convictions ? 78% des français vous ont soutenue, pourquoi lacher prise ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Je ne rabats rien de mes convictions, et le plus important pour moi est que le texte de loi soit correct. Pour le reste, depuis dix ans que je fais de la politique et que j'essaie d''écologiser" ma famille politique, j'ai observé avec une grande constance que c'est de l'intérieur qu'on faisait bouger les choses.

BOB43 : Bravo pour votre courage mais n'auriez pas dû démissionner quand on voit le vote final ?

Rahim : Avez-vous songé un moment à démissionner lors de la dernière crise ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Pour moi, ce qui était important, c'était que le texte de loi soit correct. Et le président de la République, sur ce sujet comme sur tous les sujets qu'on lui a soumis en matière d'environnement depuis le début du mandat, a arbitré en faveur de l'écologie. Donc pourquoi aurais-je démissionné ?

Le président de la République, depuis le début du mandat, a rendu six arbitrages sur des sujets majeurs concernant l'environnement, et à chaque fois en faveur de l'écologie : la création du grand ministère, le lancement du Grenelle de l'environnement, le bonus-malus sur les voitures, la clause de sauvegarde sur le maïs Monsanto 810, l'arrêt du projet de mine d'or en Guyane, et enfin le maintien de l'amendement Chassaigne.

Naaba : Quel sentiment vous anime face au lobbying exercé au Parlement en faveur des OGM ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Il y a toujours eu, et en particulier sur les questions d'écologie, l'expression forte de certains groupes d'intérêt au Parlement.

Franchement, sur les OGM, mon sentiment est que les lobbies s'étaient exprimés bien en amont, au niveau de l'Union européenne, lors de la rédaction de la directive. Et c'est d'ailleurs le problème auquel nous avons été confrontés, car, de toute façon, la directive nous laissait peu de marge de manœuvre.

Dominique Pommier : Lorsque vous n'étiez pas encore ministre, vous n'étiez pas favorable à la culture des OGM en plein champ. Avez-vous changé ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : C'est un peu plus complexe que cela. Lorsque j'étais députée, j'ai voté contre le rapport de mission parlementaire adopté conjointement par des députés de droite et de gauche, sur trois motifs :


1) je trouvais que ce document ne prenait pas assez en compte le principe de précaution ;

2) je trouvais que les propositions qui étaient faites sur la coexistence des cultures, et notamment sur les distances minimales de coexistence, étaient insuffisantes ;

3) je trouvais qu'on écartait un peu vite le problème de l'étiquetage des produits animaux issus de bétail ayant consommé des OGM, même si la question est en effet très difficile.

Autrement dit, je n'ai jamais eu d'opposition de principe aux OGM comme technologie. En revanche, il y a lieu d'être prudent et très exigeant sur chaque application, plein champ ou pas, et donc de regarder les choses OGM par OGM. C'est le sens de la clause de sauvegarde sur le maïs Monsanto 810.

Je rappelle quand même qu'on sort d'une situation dans laquelle il y avait 22 000 hectares d'OGM cultivés en France et peu d'encadrement juridique, pour une situation dans laquelle il n'y a plus d'OGM commercial cultivé en France, et bientôt un encadrement juridique clair.

Catherine : En dehors des sujets consensuels, comme l'amélioration de la performance énergétique des bâtiments, génératrice d'emplois et de croissance, ne pensez-vous pas que les sujets polémiques du Grenelle (pesticides, OGM, autoroutes…) resteront lettre morte ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Mais non. Je prends l'exemple des OGM. Ce que je viens de répondre sur la question précédente le démontre. Avec la clause de sauvegarde sur le Monsanto 810, on passe de 22 000 hectares cultivés à zéro. Et c'est la décision du président de la République dans la suite du Grenelle de l'environnement.

Il y a des sujets plus difficiles que d'autres dans le Grenelle de l'environnement, mais on essaie d'avancer sur tous. Et je fais remarquer à ce propos que quelques mois après le bonus-malus sur les voitures, avec toutes ses insuffisances, il apparaît quand même comme une première réussite, alors même qu'il y a quelques années, un ministre de l'environnement était tombé sur un projet similaire.


olivier : La technologie consistant à remplacer le pétrole par l'hydrogéne est fiable. Je ne comprends pas pourquoi la France continue bêtement, comme à son habitude à garder des vieux systèmes comme le pétrole ! C'est invraisemblable ! On va le payer très cher et cela dans peu de temps...

Nathalie Kosciusko-Morizet : L'économie d'hydrogène ouvre des perspectives intéressantes, mais techniquement, on ne peut pas dire que tout soit au point. J'ai eu l'occasion de conduire une voiture à hydrogène aux Etats-Unis. Elle coûtait quand même un million d'euros. On est loin du modèle de série !

leondevo : La qualité de l'air dépend pour beaucoup de la pollution émise par le trafic routier. Les différentes lois ou textes règlementaires pour protéger la qualité de l'air (Plan de Déplacements Urbain, Plan de Protection de l'Atmosphère, seuils réglementaires de indices de pollutions, ... ) ne sont pas respectés. L'agglomération lyonnaise, pourtant première au classement des villes françaises pour leurs transports en commun a dépassé plus de 40 fois le seuil de pollution. Comment contraindre les collectivités au respect du droit à un air propre ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Il y a des instruments nouveaux qui peuvent être proposés par l'Etat. Par exemple, dans les semaines qui viennent, nous proposerons au Parlement la création d'une écoredevance sur les camions, dont le produit pourra nous aider à financer les transports alternatifs.

Cela dit, au niveau d'une agglomération, l'essentiel doit être fait localement, et c'est à la fois question de volonté des élus, des partenaires et des habitants, et question d'urbanisme. Pour l'urbanisme, cette administration a désormais été rapprochée de l'écologie sous le signe du développement durable. Nous sommes même en train de regrouper dans une grande direction urbanisme, biodiversité et territoires, ce qui constitue une véritable révolution.

Nous travaillons dans les suites du Grenelle de l'environnement à de nouvelles dispositions, dont certaines contraignantes, pour un urbanisme plus respectueux de l'environnement, et notamment plus cohérent avec les défis des transports urbains. Par exemple : crée-t-on une nouvelle fiscalité sur la consommation d'espace pour inciter les gens à densifier leur habitat ?

Mais à vrai dire, cela ne marchera pas sans une très grande implication des collectivités territoriales. C'est la raison pour laquelle nous réfléchissons aussi, avec Jean-Louis Borloo, à une contractualisation, sous la forme de conventions Grenelle de l'environnement, avec les collectivités territoriales, et en particulier les régions.

Stéphane : L'Aquitaine est sous la menace d'un projet autoroutier en totale contradiction avec les engagements du Grenelle de l'environnement. Quel est votre avis sur l'A65 ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Le Grenelle de l'environnement a posé de nouveaux principes en matière d'autoroutes. Ces principes invitent à revisiter entièrement la carte des projets existants. Cela sera fait à l'occasion d'un comité interministériel d'aménagement du territoire.

Il n'y aucun tabou, et nous travaillons en particulier avec Jean-Louis Borloo sur les projets de grands contournements autoroutiers. Mais c'est vrai que dans l'attente de cette nouvelle carte révisée, nous devons encore fonctionner au coup par coup, et croyez bien que ce n'est pas simple.

Sur l'A65, elle pose des problèmes d'impacts environnementaux, et notamment de destruction d'espèces protégées. Ce problème a été soulevé par le Comité national de protection de la nature. Des demandes d'information complémentaires sont encore en cours, et un nouvel avis devra être rendu.

dod : Que pensez-vous des approches des pays scandinaves qui s'orientent vers la "dépendance zéro" au pétrole ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Ils ont raison. Nous devons nous désintoxiquer et désintoxiquer notre économie du carbone. C'est le premier objectif de la loi de Grenelle qui sera prochainement débattue à l'Assemblée. Cela passe par des évolutions profondes dans les transports, mais aussi dans l'habitat, qu'il s'agisse du neuf ou de l'ancien.

Cela passe aussi par des évolutions de notre mode de consommation. Nous proposons par exemple d'étendre le système de bonus-malus, qui marche bien pour les voitures, à d'autres gammes de produits. Et peut-être, à terme, de systématiser l'affichage d'un prix écologique qui intégrera notamment la dimension carbone.

Arthur : Nicolas Baverez expliquait hier qu'il fallait repenser l'agriculture dans une logique économique en raison du boom des matières premières : comment concilier cela avec les tendances actuelles plus écologiques/paysagistes ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : L'explosion du prix des matières premières remet en cause certains modes de fonctionnement des marchés mondialisés de matières premières agricoles. Par exemple, le fonctionnement actuel autorise la spéculation sur ces matières premières, ce qui est extrêmement problématique.

Il est intéressant de constater que des grandes institutions internationales qui ont beaucoup soutenu ce mouvement de mondialisation des marchés agricoles font maintenant marche arrière et déplorent la disparition, dans certains pays, des cultures vivrières.

Il se pourrait, et ce serait souhaitable, qu'on revienne à des choses plus raisonnables et à un meilleur équilibre, dans certains pays, entre cultures d'exportation et cultures vivrières. Par exemple, au Yémen, 75 % de la production sont destinés à l'exportation. Cela serait aussi probablement meilleur pour l'environnement, car les cultures vivrières sont moins consommatrices d'intrants et moins destructrices d'espace que les cultures intensives d'export.

fileasfogg : Peut-on avoir une idée de la politique française à moyen terme concernant les agrocarburants ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Oui. Il y a actuellement un débat en France, et d'ailleurs dans beaucoup de pays d'Europe, sur la politique en faveur des agrocarburants. C'est un débat ancien, car l'intérêt écologique des agrocarburants de première génération a toujours fait l'objet d'arguments contraires.


Mais ce débat est ravivé depuis l'été dernier, et plus encore avec les événements récents sur le cours des matières premières agricoles. Observons-nous un couplage du cours des matières premières agricoles et du cours des hydrocarbures ? Si c'est le cas, cela veut dire que nous sommes en train de mettre en concurrence la capacité de quelques centaines de millions d'habitants des pays du Nord à se déplacer avec la capacité de quelques milliards d'habitants des pays du Sud à se nourrir. Ce n'est plus seulement un problème d'environnement, c'est presque un problème moral.

C'est toute cette réflexion qui est actuellement en cours au niveau de l'Union européenne et qui nous inciterait, au ministère de l'écologie, à pencher pour un recentrage des soutiens sur les agrocarburants de deuxième génération, dont la concurrence avec l'alimentation est moins brutale.

marc_Linz_Autriche : La chute de la population d'abeilles est-elle un sujet de preoccupation pour vous ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Oui, bien sûr. Les abeilles sont les sentinelles de l'environnement. Rien n'est plus triste que ces régions des Etats-Unis dans lesquelles, à force de monocultures, il n'y a plus d'abeilles. Et il faut polliniser avec des avions.

Il y a un vrai débat scientifique qui n'est pas tranché sur les causes et leur part de responsabilité dans la mort des abeilles.

Ce qui est certain, c'est qu'il y a lieu d'être très vigilant, et compte tenu de l'ampleur du problème, de prendre en compte toutes les causes possibles.

Il y a lieu aussi de protéger la filière, car tout cela évidemment pose des problèmes économiques considérables aux apiculteurs. Je suis très heureuse que le Sénat prenne en compte l'apiculture dans la loi sur les OGM et ouvre la possibilité ainsi pour les apiculteurs d'indemnisation, comme pour tous les autres agriculteurs.

Nilou : Le Grenelle de l'environnement a mis en avant la volonté d'augmenter la consommation de produits issus l'agriculture biologique. Pour cela, il est nécessaire de développer les filières de productions bio, et surtout les filières de productions biologiques paysannes françaises. Qu'est-il prévu dans ce sens ? la production bio française souffre du manque d'aides depuis de nombreuses années, contrairement à d'autres pays européens.

Nathalie Kosciusko-Morizet : Oui, je partage à 100 % l'objectif. D'ailleurs le Grenelle de l'environnement se fixe une cible très ambitieuse, avec 20 % de surface agricole utile en bio en 2020. C'est indispensable, car le système actuel, avec un marché du bio très dynamique en France, et plus de la moitié des produits importés de l'étranger, et notamment d'Allemagne, en plus dans des camions pas forcément propres, ce système est absurde.

Pour développer la filière bio, il y a plusieurs outils. Bien sûr les soutiens financiers, et ceci est discuté avec le ministère de l'agriculture. Mais aussi les outils de pérennisation et de stabilisation du marché, car il y a un vrai problème de structuration de la filière.

C'est le sens de l'obligation qui est faite dans les suites du Grenelle aux cantines des administrations d'Etat d'intégrer une part de bio, obligation qui va être étendue.

Enfin, il y a aussi des opérations plus territoriales à mener. J'ai ainsi présidé récemment à la signature d'un accord entre le groupement des agriculteurs bio d'Ile-de-France et l'Agence de l'eau, qui permet d'organiser un soutien, y compris financier, de l'Agence de l'eau à l'agriculture bio autour des points de captage.

Autrement dit, l'Agence de l'eau investit dans la prévention en favorisant l'installation d'agriculteurs bio dans les espaces sensibles. Et c'est un bon investissement, puisque ce sera autant de moyens à mettre en moins dans la dépollution. Voilà un système intelligent.

gaëtan : Aujourd'hui, nos rivières, nos cours d'eau sont pollués par toutes sortes de pesticides (PCB,...), il existe un gros problème de santé publique, alors quand va t-on interdire l'usage des pesticides ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Les PCB ne sont pas des pesticides, mais ils sont en effet un polluant dangereux. Leur usage est interdit en France depuis vingt ans, le problème est qu'ils sont très stables et que ces molécules restent dans les sédiments des rivières. Nous avons affaire là à une pollution historique.

Concernant les pesticides eux-mêmes, ceux-là en revanche continuent à être utilisés, et dans des quantités trop importantes ! Au Grenelle de l'environnement, des engagements ont été pris, d'une part, pour sortir définitivement les produits contenant les 50 substances les plus dangereuses ; et, d'autre part, pour diminuer de 50 % le volume total de pesticides utilisés.

Une première liste de 36 produits a été interdite par le ministère de l'agriculture. Cela va se poursuivre, d'année en année.

Il y a aussi un autre problème, un problème émergent, dans la qualité de l'eau, ce sont les résidus de produits médicamenteux. Je dois dire que c'est un sujet vraiment nouveau dont on commence seulement à prendre la mesure. Des études sont en cours. Nous n'avons pas encore de solution. C'est un vrai souci, car certaines de ces molécules ne sont pas détruites par nos systèmes actuels de dépollution. Il s'agit notamment de produits anticancéreux et d'hormones (pilules contraceptives).

Naaba : Allez-vous supprimer les crédits d'impôts offerts aux personnes rénovant leur habitation et leur système de chauffage avec des pompes à chaleur ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Non. Nous voulons accélérer la rénovation thermique et la mise en œuvre d'énergies renouvelables domestiques. Avec des objectifs très ambitieux qui seront proposés dès la première loi Grenelle dans les semaines qui viennent.


En revanche, ce qui est vrai, c'est que sur ce sujet, comme par exemple sur celui de la gestion des déchets, nous serons très vigilants à ce que les soutiens aillent vraiment à des équipements écologiques, et qu'il ne s'agisse pas seulement de guichets de financement.

Il va y avoir des objectifs très ambitieux sur les constructions neuves, qui d'ici quelques années, devront être faites sur la norme BBC (bâtiments basse consommation). Et avant 2020, bâtiments à énergie positive.

Sur le logement existant, il y aura des outils mis en place pour aider au préfinancement de travaux qui, en général, sont rentables, mais dans un horizon de temps (entre cinq et sept ans) qui n'est pas forcément celui des propriétaires.

Très concrètement, on veut essayer de mettre en place des systèmes de préfinancement pour avancer la trésorerie pour des travaux d'amélioration énergétique pour lesquels le remboursement se fera sur les économies de charges.

phil : Quelles decisions allez-vous prendre en ce qui concerne la reintroduction de nouveaux ours cette année dans nos montagnes ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Je vais mettre en place d'ici un mois un groupe national "ours" avec tous les partenaires autour de la table. Cela a déjà été fait pour le loup et cela fonctionne très bien.

Pour le loup, nous évoluons progressivement vers une gestion véritablement partagée des différents programmes et des adaptations qui sont nécessaires. Je vise le même objectif pour l'ours.

Pour accompagner cette mise en place, j'ai organisé depuis plus de six mois des visites dans les pays du monde qui avaient des ours et qui avaient réussi à avoir une gestion pacifiée du problème. Visites ouvertes à tous les groupes intéressés, qu'ils soient a priori plutôt pro ou anti-ours. Il y avait des associations, des éleveurs, des élus.

J'espère poursuivre dans le groupe "ours" dans une ambiance plus sereine que l'été dernier. C'est à l'intérieur de ce groupe, au mois de septembre, que seront proposées et débattues nos positions sur la suite du programme ours. Pour des raisons de calendrier, toute nouvelle réintroduction doit être décidée avant Noël.

philou : La France prendra prochainement la présidence de l'UE, Quels sont les dossiers que votre secrétaire d'Etat entend faire progresser à cette occasion ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Nous avons un enjeu majeur qui s'appelle le "paquet climat énergie". Il s'agit d'un ensemble de quatre directives extrêmement importantes qui fondent une position et une politique communes de l'Europe pour la lutte contre le changement climatique et les suites du protocole de Kyoto. Le calendrier est très serré. Dans l'idéal, il faudrait que ce paquet, qui a été proposé par la Commission seulement en janvier 2008, soit adopté sous présidence française. C'est un vrai défi.

Nous avons aussi d'autres enjeux, sur les déchets, sur les sols pollués, ou sur les normes CO2 des voitures. Notre ambition, c'est de faire de la présidence française de l'Union européenne un moment vraiment fort et fondateur. Un nouveau souffle environnemental en Europe, notamment sur la lutte contre le changement climatique, qui mérite vraiment une politique commune.

Harmonie : Le chef de l'Etat va s'exprimer ce soir devant les Français. Qu'attendez-vous de lui, notamment sur les questions écologiques ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Le président de la République nous a toujours, depuis dix mois, donné raison sur les arbitrages en faveur de l'écologie. Plus il s'investit sur l'écologie, et plus c'est bon pour l'écologie.

Je souhaite donc qu'il en parle le plus possible, mais au-delà, je souhaite qu'il redonne aux Français ce désir d'accompagner le mouvement de réformes, qui est très nécessaire et pour lequel il a été élu.
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