POLITIQUE
Publié le 25/05/2007 à 12:00 par ecoville
Alain Juppé pourrait décréter un moratoire sur un maïs transgénique
metrofrance
Le ministre de l'Ecologie Alain Juppé, le 19 mai 2007 à Bordeaux Photo: Jean-Pierre Muller/AFP
Le ministre de l'Ecologie Alain Juppé pourrait décréter un moratoire sur le maïs OGM MON810 que l'Allemagne a récemment suspendu au titre de la protection de la nature et de l'environnement, indique-t-il dans une interview au Parisien publiée vendredi.
"L'Allemagne vient de suspendre l'autorisation du MON810. Dans ce cas précis il faut s'inspirer du cas allemand", a déclaré M. Juppé au quotidien à propos des organismes génétiquement modifiés.
"On vient de découvrir que la secrétion de la toxine qui est censée tuer l'insecte qui attaque le maïs se passe dans des conditions qui ne sont pas exactement celles qu'on attendait", explique le ministre.
En France, environ 30.000 hectares de cette variété sont cultivés, selon les déclarations de semenciers recoupées par les ONG.
Le MON810 vise à protéger les cultures de la pyrale du maïs, une sorte de papillon dont les larves se nourrissent de l'intérieur des tiges de la plante.
Pour Arnaud Apoteker, responsable des campagnes OGM de Greenpeace, l'annonce du ministre "est une excellente nouvelle à condition d'aller très vite car on est en pleine saison de semis".
"M. Juppé a indiqué qu'il ne voulait pas agir dans l'urgence, mais il faut maintenant empêcher les agriculteurs qui ne l'ont pas encore fait de semer et trouver rapidement un moyen d'indemniser les autres", ajoute-t-il.
"Le risque du MON810 est totalement indéterminé sur la chaîne alimentaire et sur les écosystèmes. Les études, totalement insuffisantes, de toxicité manquent absolument de pertinence", souligne M.Apoteker.
La justice allemande, saisie par un apiculteur de Bavière, a décidé fin avril de suspendre l'autorisation du MON810 en indiquant qu'il était "devenu clair que la toxine Bt peut atteindre des chaînons les plus élevés de la chaîne alimentaire".
"Il y a particulièrement danger à ce que la persistance et l'accumulation agissent à long terme et à grande échelle sur l'environnement et la nature", fait également valoir le tribunal administratif d'Augsburg.
Les ONG ont réclamé tout au long de la campagne présidentielle un moratoire sur les cultures OGM en plein champ, notamment sur cette variété MON810 de maïs produit par le géant américain de l'agro-alimentaire Monsanto.
Comme il l'a fait à plusieurs reprises depuis son entrée en fonction la semaine dernière, Alain Juppé répète dans son entretien au Parisien qu'il "ne faut pas bloquer la recherche (sur les OGM) notamment dans le domaine de la santé et de l'alimentation".
"C'est un sujet difficile qui sera évidemment inscrit à l'ordre du jour du Grenelle de l'environnement", réunissant chercheurs et ONG à l'automne prochain, assure-t-il.
PARIS (AFP)
© 2007 AFP
Publié le 25/05/2007 à 12:00 par ecoville
«Nous connaissons la responsabilité que portent les pays industrialisés» dans le réchauffement climatique, a déclaré Angela Merkel, hier. Le prochain sommet du G8, que l'Allemagne préside en juin, sera l'occasion de les assumer, selon la chancelière allemande. «Au niveau européen, un signal très important a été lancé» avec l'objectif d'une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à 1990. Mais «au niveau international, les intérêts sont clairement plus contradictoires qu'au sein de l'Union, comme l'ont montré le sommet UE-USA à la fin avril et le G8 environnement à Potsdam en mars», a-t-elle expliqué, s'interrogeant sur la volonté réelle des Etats-Unis à protéger le climat.
Publié le 25/05/2007 à 12:00 par ecoville
Le PE veut réduire son propre CO2
Le Parlement européen (PE) a indiqué mardi soir qu'il souhaitait donner l'exemple en matière de réduction des émissions de carbone (CO2), à l'issue d'une réunion qui s'est tenue à Strasbourg, où les députés sont en session. L'institution compte s'imposer à elle-même l'objectif fixé par l'Union européenne de réduire les émissions de CO2 de 20 % d'ici à 2020. Le plan d'action sera présenté le 18 juin. S'il ne remet pas en cause le siège du Parlement à Strasbourg, il envisage notamment de remplacer le parc des voitures de fonction par des véhicules hybrides et de multiplier les vidéoconférences pour limiter les déplacements. Le mois dernier, les Verts avaient estimé que les navettes des députés européens entre Bruxelles et Strasbourg entraînaient l'émission d'environ 20 000 tonnes de CO2 par an, soit l'équivalent de 13 000 allers-retours entre Londres et New York.
©2007 20 minutes
20 Minutes, éditions du 24/05/2007 - 07h54
Publié le 22/05/2007 à 12:00 par ecoville
Frémont rejoint Alain Juppé
La nomination sera bientôt officialisée. Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christian Frémont, va devenir le directeur de cabinet d'Alain Juppé, ministre d'Etat chargé de l'Ecologie, du développement et de l'aménagements durables. Avant de s'installer en Paca, l'ancien professeur de lettres, aujourd'hui âgé de 65 ans, avait occupé les fonctions de préfet du Finistère, du Pas-de-Calais et de la région Aquitaine.
©2007 20 minutes
20 Minutes, éditions du 22/05/2007 - 08h08
dernière mise à jour : 22/05/2007 - 08h08
Publié le 22/05/2007 à 12:00 par ecoville
« Elle est le reflet de la France »
Interview de Francis Lalanne, chanteur et candidat aux législatives pour le Mouvement écologiste indépendant (MEI) dans la 2e circonscription de Strasbourg (cantons sud de l'agglomération)
Est-ce la première fois que vous participez à des élections ?
Oui, c'est la première fois et je vous assure que cela fait bizarre. Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, c'est plus d'emmerdements qu'autre chose. Vous vous mettez en position de prendre des coups.
Pour quelles raisons avez-vous choisi l'Alsace pour le faire ?
L'Alsace est un pays qui a dû se battre pour être français. C'est pour moi une fierté de me présenter dans une région aussi exemplaire de civisme et de patriotisme et aussi organisée autour de la défense de l'environnement. Et puis, l'Alsace, c'est aussi ma première fiancée, une aveugle. Elle était strasbourgeoise, je pense à elle.
Comment percevez-vous la circonscription dans laquelle vous êtes candidat ?
C'est une circonscription très ouverte. Avec ses cités et ses quartiers pauvres qui cohabitent avec des quartiers plus traditionnels, bourgeois et intellectuels, elle est le reflet de la France.
Connaissez-vous les personnes que vous aurez face à vous ?
Je fais campagne pour le MEI plus que contre les autres, donc je ne les ai pas encore rencontrés. Je compte néanmoins le faire bientôt. Pour l'instant, j'ai Yann Wehrling (représentant des Verts) en ligne de mire. Il m'a déjà agressé verbalement en disant que j'étais indésirable et que je n'étais pas un vrai « vert ». Pour lui, un vrai « vert », c'est en réalité un « rose ».
Certaines personnes vous traitent de « parachuté ». Que leur répondez-vous ?
Leur argument serait pertinent si je me présentais pour devenir conseiller régional ou maire. Mais dans le cas des législatives, il ne l'est pas. Si je suis élu à l'Assemblée nationale, je serai appelé à débattre d'idées qui concernent l'ensemble de la France et non pas seulement la 2e circonscription strasbourgeoise. C'est donc un sentiment xénophobe de penser que je suis un « parachuté ». Dire cela de moi, c'est un peu comme si on demandait à Sarkozy : « pourquoi la France ? » après avoir fait croire aux gens qu'il n'était pas français. Je ne veux pas jouer au type né à Strasbourg mais simplement dire à ses habitants que ce qui est bon pour eux, l'est pour tous les Français.
Si vous êtes élu député, quelle sera votre première action ?
Je veillerai à ce que les promesses de faire de l'écologie une des priorités du gouvernement soient tenues et dans le bon sens. Si tel n'est pas le cas, je me battrai jusqu'au bout. Pour que j'arrête, il faudra me passer sur le corps.
©2007 20 minutes
20 Minutes, éditions du 21/05/2007 - 08h04
dernière mise à jour : 21/05/2007 - 11h36
Publié le 21/05/2007 à 12:00 par ecoville
Patrick Kovarik AFP ¦ Nicolas Sarkozy et son "super-ministre" de l'Ecologie, Alain Juppé, se sont entretenus pendant une heure trois-quarts avec les représentants de neuf organisations non gouvernementales pour préparer l'ordre du jour de ces états généraux inédits.
Franck Laval, de l’association «Ecologie sans frontière», était présent à la réunion à l’Elysée lundi matin. Il revient sur ce qui s’est dit et explique comment la révolution écologique aura lieu.
Quel est votre sentiment après la réunion de lundi matin ?
La rencontre s’est déroulée dans une ambiance très détendue, avec comme point positif l’envie des deux parties, militants écologistes et politiques, de proposer des solutions concrètes. Je tiens à souligner le caractère historique de cette réunion : c’est la première fois que nous sommes reçus par le plus haut dirigeant français.
Pas de crispations sur le nucléaire et les OGM, donc ?
Nous en sommes au stade de la prise de contact. Viendra celui des négociations. Sur le nucléaire, au lieu de dire non à tout et de couper court à tout dialogue, je pense qu’il vaut mieux insister sur le développement des énergies renouvelables. Leur augmentation entraînera une baisse de la production d’énergie par le nucléaire.
Que va-t-il se passer d’ici le «Grenelle de l’environnement», dont Alain Juppé affirme qu'il se tiendra avant la seconde quinzaine d'octobre ?
A priori, cette grande réunion devrait avoir lieu à la fin du mois de septembre. Les associations présentes sont réparties en atelier de travail, pour réfléchir à des solutions sur un thème précis et les proposer à Alain Juppé, le 14 juillet prochain. Par exemple, nous allons travailler sur les outils institutionnels à mettre en place pour s’assurer que les questions environnementales soient davantage évoquées. Notre priorité est de demander qu’un dialogue environnemental soit créé sur le modèle du dialogue social. En parallèle, nous travaillons avec la CFDT pour réfléchir à l’impact social de la lutte contre le réchauffement climatique.
Propos recueillis par Sandrine Cochard
20Minutes.fr, éditions du 21/05/2007 - 17h38
dernière mise à jour : 21/05/2007 - 17h43
Publié le 21/05/2007 à 12:00 par ecoville
La nomination d'Alain Juppé ?
Qu'il y ait, dans un gouvernement de droite, un numéro 2 chargé du développement durable, ex-ministre des Affaires étrangères et ex-Premier ministre, c'est un symbole positif ! Preuve que la mobilisation des 750 000 personnes qui ont signé le Pacte écologique et l'obstination à créer l'Alliance pour la planète ont été utiles. Mais il va falloir regarder ses attributions dans le détail. Il faut qu'il ait sous la main des outils de prospective et de planification : Centre d'analyse stratégique [ex-Commissariat au plan], Conseil économique et social... Qu'on intègre à l'Académie des sciences des chercheurs branchés sur les sciences de l'écologie. Et aussi qu'il ait un secrétariat d'Etat, si possible confié à Nathalie Kosciusko-Morizet, la femme politique qui, à droite, connaît le mieux ces sujets. Avec cet attelage, la stature et les réseaux alliés à la compétence, on fera peut-être du bon boulot.
Les ONG sont-elles prêtes à jouer le jeu ?
Toutes veulent aboutir et s'accordent sur la forme de ce Grenelle. Qu'il ne soit pas un état des lieux, mais une vraie négociation entre politiques, pêcheurs, agriculteurs, industriels, chercheurs, syndicats... On ne peut plus déconnecter cet enjeu des enjeux sociaux et économiques.
Les dossiers les plus chauds ?
Transports, énergie, logement, agriculture... Et fiscalité : il faut déplacer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique et environnementale. Pour encourager les bons comportements et susciter la créativité industrielle. Quant au nucléaire, il y a un moment où il faut avancer. Nous n'abordons pas des discussions, mais une vraie négociation.
L'écologie est à un tournant ?
Elle est sortie de l'ombre, devenue une réalité, un peu grâce à nous. Il y aura toujours besoin d'activistes. Mais il faut créer des passerelles de dialogue. Mon rôle, c'est celui-là: mettre en relation des gens qui ne se parlaient pas ou qui étaient dans l'affrontement. Le job a été fait, chacun doit prendre sa part de responsabilités. Mais je ne suis pas béat, la conversion n'est pas encore là. Raison de plus pour avoir une bonne architecture de départ. Les Verts ? Ce n'est pas sain que, dans le rapport de forces politique, ils soient si peu présents. J'espère qu'aux législatives ils ne seront pas laminés. Car c'est aux écologistes politiques de continuer le travail aux niveaux local et régional.
Pour les législatives, vous continuez la mobilisation ?
Oui, on a lancé un Pacte écologique législatif, envoyé à tous les candidats. Pour l'instant, on a reçu plus de 150 réponses. Quand on aura identifié les députés signataires du Pacte, on veut créer un vrai dialogue. Il faut être constructif. S'il n'y a pas, chez nos dirigeants, une volonté d'aboutir sur ces sujets, ce Grenelle de l'environnement ne servira à rien.
Publié le 20/05/2007 à 12:00 par ecoville
ONG et experts de l'environnement reçus lundi par Sarkozy et Juppé
Sarkozy et Juppé sur la photo de famille du nouveau gouvernement le 18 mai 2007 à l'Elysée à Paris
Sarkozy et Juppé sur la photo de famille du nouveau gouvernement le 18 mai 2007 à l'Elysée à Paris Photo: Stéphane de Sakutin/AFP
Le président Nicolas Sarkozy et son "super-ministre" de l'écologie Alain Juppé reçoivent lundi associations et experts du secteur à l'Elysée pour préparer le "Grenelle de l'environnement" promis pour la rentrée.
Il s'agit de "leur demander quels sont les grands sujets prioritaires sur lesquels nous allons travailler ensemble pour qu'à l'automne, lors du Grenelle de l'environnement, nous sortions une batterie de mesures concrètes", a souligné M. Juppé dans un entretien au journal du Dimanche.
"L'attente est forte dans l'opinion publique et la volonté est grande au sommet de l'Etat", résumait vendredi M. Juppé lors de sa prise de fonctions. L'ancien Premier ministre se retrouve numéro 2 du gouvernement, à la tête d'un grand ministère transversal aux compétences étendues -environnement mais aussi transports ou énergie-, poste que la plupart des candidats à la présidentielle s'étaient engagés à créer, après avoir été interpellés par Nicolas Hulot dans le cadre de son "pacte écologique".
L'animateur et défenseur de l'environnement a d'ailleurs estimé samedi que cette nomination constituait "un cap culturel, un saut". "C'est une opportunité. Que chacun la saisisse en n'étant pas naïf et en étant exigeant," a déclaré Nicolas Hulot.
Le fait que les rencontres se tiennent à l'Elysée doit souligner l'importance accordée au sujet par le nouveau chef de l'Etat, dont le programme présidentiel en matière d'impact sur l'environnement avait reçu la note de 8,5 sur 20 de la part d'Alliance pour la planète, une coalition d'associations écologistes. Note d'ailleurs contestée par son équipe de campagne.
Fin mars, M. Sarkozy avait rencontré les représentants d'une dizaine d'associations de défense de la nature en présence de Nicolas Hulot et leur avait proposé la convocation de ces états généraux de l'environnement dès le lendemain de son élection.
A 11H00, MM. Sarkozy et Juppé recevront les représentants de la Fondation Nicolas Hulot, le WWF, Greenpeace, les Amis de la Terre, la Ligue de protection des animaux, la Ligue ROC pour la préservation de la faune sauvage, le Réseau action climat, France nature environnement et Ecologie sans frontière.
La seconde réunion se tiendra à 14H30 "en présence de nombreux experts spécialistes d'écologie et de développement durable", selon l'Elysée. Au nombre de ses chantiers prioritaires, le président Sarkozy doit notamment aborder les questions de fiscalité environnementale et "rediscuter des OGM", avait indiqué cette semaine à l'AFP sa conseillère environnement, la député UMP de l'Essonne Nathalie Kosciusko-Morizet.
M. Sarkozy s'est déclaré pendant la campagne pour la poursuite de la recherche sur les organismes génétiquement modifiés.
Il entend également "faire basculer sur les pollutions une partie de la fiscalité qui pèse sur le travail", a expliqué Mme Kosciusko-Morizet, "afin de porter la fiscalité environnementale d'ici 2012 (fin du quinquennat) de 2,3% actuellement à 5% du PIB".
PARIS (AFP)
© 2007 AFP
Publié le 18/05/2007 à 12:00 par ecoville
AFP/JEAN-PIERRE MULLER
Juppé
Nicolas Sarkozy souhaitait signifier l'importance qu'il veut donner à l'environnement. Il a donc choisi l'ancien premier ministre Alain Juppé pour ce nouveau rôle de ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable, et l'a doté du titre de ministre d'Etat, le seul du gouvernement. C'est une première. Jusqu'ici, même si le poste a souvent été exposé médiatiquement, l'environnement n'a jamais été considéré que comme une position politiquement subalterne. Le périmètre du nouveau ministère, qui comprend aussi les transports, est considérablement élargi. Compte tenu des enjeux du réchauffement climatique, il aura aussi une importante dimension européenne et internationale.
Alain Juppé présente un profil très différent de ses prédécesseurs. Ancien ministre du budget (1986-1988), des affaires étrangères (1993-1995), ancien chef de gouvernement (1995-1997) et ex-patron du RPR et de l'UMP, il n'ignore rien des enjeux internationaux, du fonctionnement de l'Etat et des rapports de forces politiques.
Il revient aussi au gouvernement avec un objectif personnel. Marqué par son échec comme premier ministre de Jacques Chirac, humilié par sa condamnation, en décembre 2004, dans l'affaire des emplois de cadres du RPR rémunérés par la Ville de Paris, M. Juppé a entrepris depuis près de deux ans une sorte de réhabilitation politique personnelle. Ayant accompli une analyse assez lucide de ses erreurs comme chef de gouvernement, il s'est attelé aux dossiers écologiques lors de son séjour - son "exil", disaient ses proches - d'un an au Canada. C'est à Montréal qu'il a assisté, en décembre 2005, à la conférence sur les changements climatiques et pris de nombreux contacts avec les grandes ONG du secteur. Et c'est du Canada qu'il a observé avec intérêt la façon dont Al Gore, l'ancien candidat malheureux à la présidence des Etats-Unis, s'est reconstruit une image et un rôle politique en se faisant le défenseur de la planète. De retour en France, il a travaillé auprès de Jacques Chirac à la préparation de la Conférence internationale sur l'environnement, qui s'est tenue à Paris, les 2 et 3 février.
A son poste, M. Juppé devrait disposer de la confiance de Nicolas Sarkozy. Après avoir été l'un des plus fidèles chiraquiens, il a été l'un des plus ardents à plaider, en 2005, pour la nomination de M. Sarkozy à Matignon. Et c'est encore contre l'avis des chiraquiens qu'il s'est rallié à la candidature présidentielle de ce dernier. Il devrait également bénéficier d'une relative légitimité auprès des leaders de l'écologie en France - même si son passage à Matignon n'a pas laissé un bon souvenir. Alors que le nom de M. Juppé circulait, Nicolas Hulot soulignait, mercredi 16 mai : "J'ai toujours expliqué qu'à ce poste il faudrait quelqu'un qui a une solide expérience institutionnelle et un poids politique fort. Alain Juppé a ces qualités-là."
"GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT"
Le nouveau ministère, qui regroupe des administrations que tout a opposé jusqu'à présent, est taillé pour faire de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité. Il permettra au ministre de jouer sur les leviers de l'énergie et des transports - un secteur d'activité dont les émissions de gaz à effet de serre s'envolent. Dominique Bussereau sera à ses côtés secrétaire d'Etat aux transports.
De nombreux dossiers lourds et potentiellement conflictuels attendent M. Juppé : réforme de la fiscalité écologique et, en particulier, de la taxation du carbone, poursuite du projet de réacteur nucléaire EPR et augmentation de la part des renouvelables dans la production d'énergie, débat sur les OGM et lutte contre les pollutions d'origine agricole, poursuite du programme autoroutier.
Son premier rendez-vous est déjà fixé. Avec M. Sarkozy, M. Juppé devrait recevoir les principales associations de défense de l'environnement lundi 21 mai, afin de débattre de l'ordre du jour du "Grenelle de l'environnement" promis par le président. Ce rendez-vous d'un nouveau genre, prévu à la mi-septembre, doit rassembler le gouvernement, les associations, mais aussi les syndicats et les représentants du patronat. L'idée avait été lancée par M. Sarkozy fin mars, lors d'une rencontre avec les principales ONG françaises. "C'était sans doute une réaction aux réserves émises sur son programme", commente Arnaud Gossement, porte-parole de France-Nature-Environnement. En effet, si le projet de réforme de la fiscalité écologique est bien accueilli, la plupart des ONG reprochent au nouveau président son soutien à l'énergie nucléaire et un manque de propositions sur la protection de la biodiversité et de la qualité de l'eau, très menacées.
Les interrogations sont nombreuses sur les débouchés du rendez-vous de septembre. S'agira-t-il d'une simple conférence, où seront débattues les modalités d'application du programme du président élu ? "Il est évident que la réforme de la fiscalité environnementale y trouvera sa place, répond Mme Koscuisko-Morizet, chargée de l'écologie à l'UMP. Mais il y a beaucoup d'autres possibilités, beaucoup de choses nouvelles à discuter." "Le terme même de Grenelle suppose qu'il y ait de vraies négociations, des compromis, et des accords", affirme Franck Laval, président d'Ecologie sans frontière.
Raphaëlle Bacqué et Gaëlle Dupont
Publié le 18/05/2007 à 12:00 par ecoville
Il fait son grand retour au premier plan. Après trois ans de parenthèse politique, Alain Juppé redevient l’un des «meilleurs d’entre nous», selon l’expression de son mentor Jacques Chirac. Ancien Premier ministre de 1995 à 1997, le maire de Bordeaux avait dû lâcher en 2004 l’UMP, pour cause de condamnation judiciaire. Désormais, il est le n°2 du gouvernement, avec le titre honorifique de ministre d’Etat. Sous sa charge, le Développement durable, les Transports et l’Energie. Une ambition écologique nouvelle pour celui qui se rêve en «Al Gore français» et qui dit s’être penché sur les questions environnementales lors de son séjour au Québec.
Cette nomination sera donc l’occasion de vérifier si, comme il l’avait déclaré lors de son retour en politique il y a un an, assurant avoir «pris un certain rythme, un peu canadien, un peu québécois, plus calme, moins impatient». Il espère ainsi faire oublier son dernier passage au gouvernement quand, Premier ministre, il avait échoué à mener la réforme des retraites et s’était heurté à un fort mouvement de grêve.
S.A
20Minutes.fr, éditions du 18/05/2007 - 09h25
dernière mise à jour : 18/05/2007 - 09h58