POLITIQUE
Publié le 07/11/2007 à 12:00 par ecoville
La commission des finances du Sénat, a examiné le 31 octobre dernier le travail des rapporteurs spéciaux de la mission «Ecologie, développement et aménagement durables », créée dans le cadre du projet de loi de finances pour 2008. Un rapport mis en ligne aujourd'hui sur le site du sénat et dans lequel les auteurs s'inquiètent des "silences du Grenelle" de l'environnement.
Les rapporteurs spéciaux -Alain Lambert (UMP, Orne), Jean-Pierre Masseret (Soc, Moselle), Gérard Miquel (Soc, Lot), Yvon Collin (RDSE, Tarn-et-Garonne) et Fabienne Keller (UMP, Bas-Rhin),se sont félicités de la « priorité donnée aux enjeux écologiques par le projet de budget 2008 » et, en particulier, de « la volonté du ministre d’Etat d’amplifier l’action de rénovation et d’entretien des réseaux routier, ferroviaire ou fluvial », qu’ils ont jugée conforme à l’impératif de développement durable.
Ils se déclarent toutefois « préoccupés par l’absence de traduction financière et budgétaire des orientations proposées par le Grenelle de l’environnement ». Alors que le projet de budget du ministère a été élaboré avant que soient connues les annonces du Grenelle, l’amplification des reports modaux dans le domaine des transports, notamment sur le réseau ferroviaire, nécessite que soient précisées les modalités de leur financement.
A cet égard, ils ont constaté que la mise en œuvre d’une taxe sur le transport routier, dont le produit, disponible au mieux à compter de 2010, serait limité à 800 millions par an, ne suffirait pas à combler le déficit des ressources de l’agence de financement des infrastructures de France (AFITF), résultant de l’épuisement des recettes de privatisation des sociétés d’autoroutes.
Ils ont souhaité une remise à plat des relations financières entre l’Etat, les collectivités territoriales et les grands opérateurs ferroviaires, (Réseau ferré de France et la SNCF), afin que la dette historique des opérateurs ne constitue pas une contrainte insupportable, aux conséquences négatives sur le développement du transport ferré de voyageurs et du fret.
Les rapporteurs spéciaux se sont inquiétés également des ressources insuffisantes du fonds de prévention des risques naturels majeurs dit « fonds Barnier » et ont regretté que le renforcement des moyens consacrés au contrôle des installations classées ne soit pas à la hauteur des engagements pris au lendemain de la catastrophe de l'usine AZF, qui avait explosé en 2001 à Toulouse.
Publié le 07/11/2007 à 12:00 par ecoville
Le Washington Post l’a classé parmi les 100 penseurs les plus influents de la planète ; le quotidien indien The Telegraph l’a qualifié de gourou du mouvement écologique mondial. Il est moins connu qu’Al Gore et – chez nous – Nicolas Hulot, mais il les influence tous. L’agroéconomiste Lester R. Brown, de passage à Paris pour une conférence aujourd’hui à l’Unesco, consacre sa vie à étudier le problème majeur de son temps : l’environnement et l’effet de sa destruction sur la survie de notre civilisation.
Fondateur du Worldwatch Institute en 1974, et d’un think tank écolo de haut vol, le Earth Policy Institute en 2001, Lester Brown écume toute la planète depuis plus de trente ans pour convaincre économistes, dirigeants de tous les pays, technocrates… qu’il faut changer.
Pionnier du développement durable, ce sémillant et sérieux septuagénaire présentera ce soir le Plan B (1), son dernier ouvrage, ardemment défendu par son copain Nicolas Hulot.
La première partie fait état d’une planète en péril : ressources énergétiques amoindries, pression humaine sur les écosystèmes, pénurie d’eau menaçant l’agriculture, impact des tempêtes, de la montée des températures et du niveau des mers… De quoi sonner les lecteurs les plus avertis. Dans sa seconde partie, l’auteur propose de construire un autre futur via un programme d’actions chiffrées censé rectifier la «trajectoire d’effondrement» prise par nos sociétés. Il place l’éolien au cœur des stratégies énergétiques, écartant une industrie nucléaire inaccessible dès lors qu’elle intègre tous les coûts de recherche, de développement et de traitement des déchets. Il redéfinit une économie durable à la fiscalité redéployée, repense le rôle de la cité… le tout pour un coût modique :161 milliards de dollars (110 milliards d’euros) par an, le sixième du budget militaire mondial.
(1) publié chez Calmann-Lévy et Souffle court éditions, 400 pages.
Publié le 06/11/2007 à 12:00 par ecoville
AP
La ville de Perth, dans l'ouest de l'Australie, est devenue, il y a plusieurs mois, la première ville du continent à utiliser le dessalement comme source majeure d'approvisionnement en eau.
Après des mois de tergiversations, l'Etat d'Australie méridionale a récemment donné son accord à la construction d'une usine de dessalement d'eau de mer sur le golfe de Saint-Vincent. L'usine doit permettre d'assurer les besoins en eau de la ville d'Adélaïde, métropole de plus d'un million d'habitants. C'est un investissement primordial pour l'Australie méridionale, touchée, comme presque tout le pays, par plusieurs années consécutives de sécheresse qui ont abaissé régulièrement le niveau des réservoirs.
"Il a fallu trouver une façon d'assurer une alimentation en eau pérenne, qui ne soit pas dépendante de précipitations devenues trop variables", commente Ross Young, directeur exécutif de Water Services Australia, association regroupant les compagnies d'eau desservant quinze millions d'Australiens.
Depuis un an, tous les principaux centres urbains du pays - situés sur le littoral - s'orientent vers le dessalement d'eau de mer. Perth, dans l'ouest, est devenue, il y a plusieurs mois, la première ville du continent à utiliser le dessalement comme source majeure d'approvisionnement en eau. L'usine de Kwinana - dont l'exploitation est assurée par Degrémont, filiale de Suez Environnement - produit 140 000 m3 d'eau par jour par un procédé de filtration membranaire, et subvient à 17 % des besoins de la ville.
En juin, l'Etat du Victoria a, à son tour, annoncé la construction d'une usine de dessalement, la plus grande du pays, pour deux milliards d'euros. Les 150 milliards de litres d'eau produits chaque année alimenteront Melbourne, dont les réservoirs n'étaient plus remplis qu'à 28,5 % au mois de juin.
A Sydney, la construction d'une usine est sur le point de commencer, et le Queensland va investir 760 millions d'euros pour équiper la région de la Gold Coast.
Inconvénient majeur : le coût élevé de construction et de fonctionnement de ces équipements, voraces en électricité. Les consommateurs devront donc se faire à l'idée de payer leur eau plus cher et de limiter son utilisation. "Le prix de l'eau pourrait doubler en cinq ans", estime Ross Young.
Autre souci : le coût écologique du dessalement. Des écologistes s'inquiètent des émissions de gaz à effet de serre de ces usines. La plupart des Etats se sont cependant engagés à recourir aux énergies renouvelables. "Il y aura un impact environnemental, mais avec des sources limitées, nous n'avons pas le choix. Nous aurions même dû construire ces usines avant", estime le chercheur Chris Colby, de l'école d'ingénierie chimique de l'université d'Adélaïde.
En sus du dessalement, l'Australie développe également d'importants projets de recyclage de l'eau, essentiellement pour l'industrie et l'irrigation. Seize milliards d'euros seront investis ces prochaines années dans de nouvelles infrastructures de traitement de l'eau.
Marie-Morgane Le Moël
Publié le 05/11/2007 à 12:00 par ecoville
Le droit de l'eau a été développé à partir des exigences liées à l'usage ou des contraintes résultant de l'appropriation de l'eau ou des milieux , ces exigences apparaissent complexes et diversifiées.
En effet, les questions posées par l'eau, or bleu du XXIe siècle, relèvent à la fois de préoccupations quantitatives (risques d'inondations par des excès ou risques de sécheresse par pénurie) et qualitatives (en terme de milieu et en terme de potabilité), sachant que l'eau est quantitativement limitée et non renouvelable.
Ce droit de l'eau s'inscrit aujourd'hui à la fois dans un schéma international balbutiant, un cadre régional déterminant et une approche nationale en évolution.
Cet ouvrage s'adresse plus particulièrement aux étudiants en droit et dans des filières spécialisées sur la thématique.
Publié le 05/11/2007 à 12:00 par ecoville
crédit :© C. Magdelaine, notre-planete.info
Selon une étude OpinionWay, les agriculteurs ont largement pris conscience des enjeux environnementaux liés à leur activité tandis que les Français restent réticents à l'augmentation des prix agricoles en cas de modification des modes de production.
OpinionWay, spécialisé dans le marché des études, a interrogé 1125 agriculteurs, chefs d'exploitations, jugés représentatifs des 350 000 agriculteurs professionnels du 16 septembre au 08 octobre 2007. De plus, une étude parallèle a été réalisée auprès de 1057 Français majeurs jugés représentatifs. Cette étude réalisée pour le mensuel Agriculture & Nouvelles Technologies montre que la sensibilisation écologique gagne les esprits mais ne pousse pas forcément à l'action.
Les agriculteurs s'engagent dans un moindre impact de leurs activités sur l'environnement
Selon les résultats de l'étude d'OpinionWay, plus de 9 agriculteurs sur 10 affirment être attentifs à l'environnement, une prise de conscience qui a été progressive puisque la moitié avoue qu'elle n'était pas aussi sensible au moment de son installation. De plus, "trois quart des agriculteurs approuve le fait qu'une partie des aides communautaires soit conditionnée à un strict respect de règles environnementales" : une preuve d'engagement certain pour la filière.
Toutefois, seulement la moitié des agriculteurs sont prêts à engager plus de dépenses pour préserver l'environnement dans la gestion quotidienne de leur exploitation. Cependant, si le surcoût est réduit, près de 9 agriculteurs sur 10 se lanceraient...
Les agriculteurs sont donc conscients des enjeux environnementaux et de leurs responsabilités. Toutefois, les questions économiques, légitimes, peuvent freiner ou retarder leur implication.
Enfin, 84 % des agriculteurs se considèrent plutôt plus ou nettement plus attentifs sur les questions environnementales que le reste de la population jugée assez sévèrement puisque les agriculteurs considèrent qu'elle n'est pas forcément bien placée dans ses critiques régulières envers la profession.
Comment les agriculteurs voient-ils leur avenir ?
Selon l'étude d'OpinionWay, 98 % des agriculteurs pensent que leurs pratiques agricoles devront évoluer pour assurer leur avenir ! Près de 60 % ont foi dans le développement d'une agriculture raisonnée et durable, où ils seraient mieux formés "dans l'utilisation des produits chimiques et des ressources naturelles telles que l'eau." Seulement 8 % aspire à "faire de l'agriculture française une agriculture biologique, sans produits chimiques ni OGM", enfin 32 % souhaite "développer la recherche pour améliorer le respect environnemental des produits de traitement et des modes de production actuels." Si l'environnement est bien au coeur du futur de la profession, le manque d'intérêt pour l'agriculture biologique est regrettable, d'autant plus que l'agriculture raisonnée ne fournit aucune garantie environnementale sérieuse et autorise tous les produits phytosanitaires incompatibles avec la gestion durable des terres agricoles.
Toutefois, "pour une nette majorité des agriculteurs, il ne fait aucun doute que l'industrie agrochimique a d'ores et déjà engagé un travail de recherche pour améliorer l'impact environnemental de ses produits. Il sont onze fois plus nombreux à le penser que ceux qui jugent l'inverse (66%/6%)". En complément, 72% des agriculteurs affirment avoir réduit leur utilisation de produits chimiques (ce qui est confirmé par les statistiques officielles).
Selon les déclarations des enquêtés, leurs actions en faveur de l'environnement ne se borne pas aux pesticides mais couvrent également la préservation et l'entretien des paysages, la sauvegarde de la fertilité des sols et la préservation de la biodiversité pour une majorité d'entre eux. Cet engagement ne semble guère considéré par le reste de la population puisque plus de 80 % des agriculteurs pensent que leurs efforts ne sont pas ou mal connus et reconnus.
Enfin, les agriculteurs sont disposés à fournir des efforts supplémentaires pour l'environnement à condition qu'ils soient soutenus financièrement notamment via des prix de vente plus élevés (pour 62 % des interrogés) et qu'ils soient davantage reconnus par la population (pour 47 % d'entre eux). En effet, "produire en respectant l'environnement implique des coûts de production supérieurs (...) l'engagement environnemental ne sera durable qu'avec le soutien concret des consommateurs." selon l'étude d'OpinionWay.
Les Français placent le prix de l'alimentation devant la protection de la santé et de l'environnement
Selon un sondage précédent également réalisé par OpinionWay du 11 au 15 septembre 2007 sur un panel jugé représentatif, 9 Français sur dix "affirment que leur sensibilité à l'environnement influe sur leur mode de vie". Pourtant, dans les actes, "un Français sur deux avoue peu se soucier des origines et modes de production des produits alimentaires qu'il achète." Ceci est confirmé par le fait que plus d'un Français sur deux déclare ne pas respecter la saisonnalité dans l'achat de ses fruits et légumes. Les consommations irresponsables dans les restaurants collectifs, non étudiés dans cette étude, montrerait certainement des proportions approchantes.
Autre limite à l'engagement effectif des consommateurs, seulement "un Français sur quatre serait prêt à accepter plus de 10 % de hausse des prix alimentaires" en contrepartie de produits respectant davantage l'environnement. Or, selon les agriculteurs interrogés, il s'agit là d'un préalable incontournable...
Des Français "déconnectés du monde agricole"
Selon l'étude d'OpinionWay, "60% des Français se sentent aujourd'hui déconnectés du monde agricole, des modes de gestion et de production des exploitations". Leur connaissance de cette profession est majoritairement liée aux médias dont on connaît parfois les raccourcis...
Néanmoins, les Français ont une vision largement positive de leurs agriculteurs (courage, compétence, savoir-faire) et pensent que leur rémunération n'est pas à la hauteur de ces qualités. Cet élan de générosité ne doit pas cacher une réalité où le budget alloué à l'alimentation est passé de près de 30% en 1960 à environ 14% en 2005 (INSEE), au bénéfice du logement bien sûr, mais aussi des loisirs et du confort. Sur ce point, nous soulignerons l'écart important entre les statistiques et le vécu puisque selon l'étude d'OpinionWay, 80 % des Français pensent que les dépenses en produits alimentaires pèsent "assez lourd" ou "très lourd" sur l'ensemble des dépenses du foyer. De plus, le recours massif à la grande distribution et surtout aux magasins discount qui privilégient souvent des produits de mauvaise qualité à bas prix ne favorise aucunement le revenu des agriculteurs.
La majorité des Français ne soutiendrait pas une agriculture biologique et sans OGM
Toutefois, les Français sont confiants dans l'agriculture nationale et "estiment que le pays doit se donner les moyens de préserver son agriculture et son indépendance alimentaire." Et même si plus de la moitié des Français sondés ne font pas confiance aux agriculteurs en matière de protection de l'environnement, ils désignent majoritairement l'industrie et les transports comme les premiers responsables. Et "sept Français sur dix jugent que la situation environnementale s'améliore sur les exploitations contre deux sur dix qui pensent le contraire."
Pour l'avenir, les Français "optent majoritairement pour une agriculture raisonnée plus respectueuse de l'environnement" mais seulement un Français sur cinq serait prêt à "faire de l'agriculture française une agriculture biologique, sans produits chimiques ni OGM"... contrairement aux idées souvent véhiculées.
Au final, les Français placent le prix des denrées alimentaires au premier rang des priorités de l'agriculture, juste devant la qualité gustative et la santé, et nettement devant la préservation de l'environnement.
Publié le 05/11/2007 à 12:00 par ecoville
LE PRIX NOBEL DE LA DUPLICITÉ est attribué à…
L’HOMME OCCIDENTAL !
2000 ans de morale et de bonnes paroles doublées d’une incurable cécité écologique, d’une abjecte pensée calculatrice, des exécrables spécisme, racisme et sexisme, d’un pillage incommensurable des ressources pour un profit forcené, lui valent bien ce déshonneur.
Le poids des religions monothéistes dans notre coupable anthropocentrisme fut vraiment celui d’une enclume.
Quant à ce cher progrès qui n’aura permis que d’avancer pour mieux reculer, voilà qu’il signe un fracassant constat d’échec, conséquence d’une gouvernance planétaire erronée. Le reconnaître tardivement, c’est admettre que les peuples premiers que nous avons génocidés ou contraints à adopter notre voie sans issue étaient bien plus perspicaces que nous. Pathétique !
« L'homme Blanc possède une qualité qui lui a fait faire du chemin : l'irrespect. »
Henri Michaux
« Le capitalisme a le pouvoir de transformer en drogue, immédiatement et continuellement, le venin qui lui est lancé au visage, et de s'en délecter. »
Bertolt Brecht
« Il faut que tout change pour que tout redevienne comme avant. »
Talleyrand
Désormais au bord du gouffre, l’homme occidental signe et persiste dans la même schizophrénie, n’ayant comme réponse que des mensonges, des discours incantatoires et d’impérieux effets de manche. Et pour ce qui concerne les 551 602 km2 de terres françaises (à marée basse ?), il faut vraiment se montrer immensément naïf pour croire : 1) qu’ils comptent dans le jeu des interdépendances des 510 065 700 km2 planétaires ; et 2) qu’un mec qui a fêté son élection présidentielle au Fouquet’s avec ses amis les grands patrons du Cac 40, corps constitué de la haute finance, va tenir les vertueuses promesses du Pacte écologique et de sa nouvelle humilité économique ! (1)
La passivité devant le désastre n’a d’égal que la vie anormale des gens normaux.
2050, SAUVE QUI PEUT LA TERRE !
La pathétique histoire de notre humanité, d’Adam et Ève jusqu’à Bush et Ben Laden.
Un mémorandum de nos échecs et de nos faillites.
Un livre-enquête qui donne raison à ceux qui ont toujours eu tort…
Un texte infrarouge sur l’improbable avenir de notre humanité.
EN SAVOIR PLUS
Partout disponible, notamment chez Amazon.fr
(1) La plus démago des envolées mégalomanes du Grenelle est sans doute la promesse de rendre moins énergivore le parc immobilier français, chantier dont le budget admis est de l’ordre de 600 milliards d’euros (15 à 20 000 euros par foyer). Bouygues Immobilier promet déjà son label de haute performance énergétique… Pourtant en France, plus un million et demi de personnes vivent encore dans des logements sans douche et/ou sans WC ; chaque nuit d’hiver parisien compte 10 000 sans abri ; et simultanément au joli Grenelle, quelque 200 familles dont l’un des membres jouit d’un emploi occupaient (et occupent toujours) les trottoirs de Paris face à la Bourse…
Publié le 05/11/2007 à 12:00 par ecoville
Canards dans une ferme française
crédit :© C. Magdelaine, notre-planete.info
Le virus de l’influenza aviaire H5N1 pourrait, dans certaines parties de l’Europe, se fixer chez les poulets et les canards et oies domestiques, a mis en garde le 25 octobre l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Le virus pourrait être transmis aux volailles par des canards et des oies d’élevage en bonne santé qui joueraient ainsi un rôle plus important dans la persistance du virus que celui qu’on leur accordait par le passé. Aussi, la recherche de la présence du virus H5N1 dans les pays ayant de fortes populations de canards et d’oies domestiques devrait-elle être renforcée d’urgence.
Cette mise en garde de la FAO est consécutive à la détection, par des chercheurs allemands, du virus H5N1 dans des élevages de canetons.
Un nouveau chapitre
“Il semble qu’un nouveau chapitre dans l’évolution de l’influenza aviaire soit en train de s’ouvrir sans bruit en plein cœur de l’Europe”, a déclaré M. Joseph Domenech, vétérinaire en chef à la FAO. “S’il s’avère que le virus H5N1 peut persister dans des populations de canards et d’oies domestiques apparemment en bonne santé, les pays doivent de toute urgence réviser leurs programmes de surveillance et de suivi dans toutes les régions productrices de canards et d’oies.”
“L’Europe doit se préparer à affronter de nouvelles vagues de foyers d’influenza aviaire, très probablement de l’est vers l’ouest, si le virus réussit à se maintenir tout au long de l’année chez les oiseaux aquatiques d’élevage. Ce phénomène mettrait en lumière la nécessité d’une intensification de la surveillance et du suivi de la circulation du virus chez les canards et les oies domestiques”, a ajouté M. Domenech.
Canards et oies
Le lien entre canards et oies domestiques et poulets est considéré par de nombreux experts comme l’un des principaux facteurs de base de l’influenza aviaire hautement pathogène dans les pays où le virus s’est implanté.
“Nous sommes particulièrement préoccupés pour la région de la mer Noire qui a une forte concentration de poulets et de canards et d’oies domestiques”, a indiqué M. Jan Slingenbergh, fonctionnaire principal au service de santé animale de la FAO.
“Rien qu’en Ukraine, le nombre de canards d’élevage est estimé à 20 millions. En Roumanie, le delta du Danube abrite quatre millions de canards et quatre millions d’oies domestiques. Ces chiffres sont comparables aux densités de poulets et d’oiseaux aquatiques en Asie où le virus continue à circuler parmi les poulets et s’est trouvé une niche dans des pays où l’on compte des dizaines de millions de canards et d’oies d’élevage.”
Tout aussi important le fait que la région de la mer Noire voit affluer en hiver les oiseaux migrateurs en provenance de la Sibérie qui se dirigent également vers la Méditerranée ou d’autres régions. Tous les pays bordant la mer Noire ont connu des foyers d’influenza aviaire dans le passé, foyers favorisés par les systèmes d’élevage traditionnels trop perméables aux contacts entre volailles domestiques et oiseaux sauvages.
Le cas allemand
Le lien entre le virus H5N1 et les canards et oies d’élevage a récemment reçu confirmation en Allemagne.
Des chercheurs de l’Institut Friedrich Loeffler de Riems ont détecté le virus H5N1, fin août, chez des canetons morts dans une ferme. Une recherche plus attentive dans deux autres élevages de canards a révélé qu’en dépit de l’absence de signes cliniques et de mortalité, les animeaux ont été en contact avec le virus H5N1 car leur système immunitaire avait produit des anticorps en réponse à l’infection. Une recherche intensive a finalement permis de confirmer la présence de poches du virus H5N1 dans une des fermes.
Sur la base de son expérience en matière de lutte contre l’influenza aviaire dans le monde au cours des trois dernières années, la FAO considère qu’il convient de revoir les stratégies d’évaluation du risque, de surveillance et de recherche du virus, selon M. Domenech. Les pays ayant des populations importantes de canards et d’oies domestiques en Europe centrale et de l’Ouest ainsi que dans la région de la mer Noire devraient tirer les leçons du cas allemand et ne pas limiter la recherche du virus aux seuls poulets.
Nombre de pays européens ont déjà mis en place des mesures efficaces de surveillance et cette année, la Commission européenne a publié des directives très complètes. Cependant, certains pays nécessitent de toute urgence une surveillance et un suivi accrus mettant l’accent sur les canards et les oies domestiques qui devraient être considérés comme des populations particulièrement à risque.
“Il n’est pas impossible que la circulation du virus en Europe soit plus importante qu’on ne le pense actuellement”, a affirmé M. Slingenbergh. “Nous ne disons pas que le virus est largement répandu dans les pays européens. En fait, il est actuellement absent dans la plupart de ces pays. Mais l’existence de foyers non détectés dans des pays à populations d’oiseaux aquatiques importantes peut représenter un risque permanent.”
Après l’Asie et l’Afrique, l’Europe pourrait être le troisième continent où le virus H5N1 pourrait devenir endémique dans certaines zones, selon la FAO.
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Publié le 05/11/2007 à 12:00 par ecoville
Ce que donne à penser notre incapacité à une révolution verte autre que purement rhétorique
Le plus affligeant n'est pas de constater l'érosion de l’inestimable capital naturel que nous avions reçu en legs, mais d'en diagnostiquer le caractère imparable du processus écocidaire.
Les préjudices sont déjà palpables puisque la Terre n’est pas rechargeable et que les ressources se tarissent. L’essentiel des ressources terrestres nous a désormais été crédité. Il ne sera guère possible de vivre débiteur de la Terre et toute assurance-survie confine à l’utopie. Ce qui angoisse tout autant les éco- que les égoconscients, tous prochainement conviés à une existence qui tiendra plus du parcours du combattant que du nirvana.
Les plus optimistes, ou ceux qui ont tout intérêt à se montrer ainsi, prédisent que le pic pétrolier surviendrait vers 2030. D’autres avancent la date de 2010. C’est la croissance économique de l’Inde et de la Chine qui incite à avancer une date si proche. Ce pic pétrolier est une analogie à la règle du pic de Hubbert relatif à l’exploitation de toute ressource primaire. Il désigne le maximum de production prévisible, après quoi l’exploitation ne fera que décroître et les prix n’auront de cesse d’augmenter. Nos infrastructures et nos modes de vie ne sont nullement préparés pour l’après pic pétrolier, toutes les solutions alternatives restent anecdotiques. Il conviendrait, pour faire face, d’un si grand réajustement notre comportement qu’il est totalement utopique. La production agricole s’effondrera en raison de la pénurie d’engrais dépendant de la pétrochimie, les transports seront aux prises de coûts exorbitants, l’essentiel de nos modes de vie sera hypothéqué. Bien avant 2050 !
Inutile donc de montrer patte blanche, le mal est fait. Les actuelles gesticulations, quand elles ne sont pas pure mauvaise foi, ne concourent qu’à faire amende honorable en gérant un incontournable déclin.
Nous ne changerons plus notre morale de gouvernance, il est d’ailleurs bien tard. Le prêt à penser de nos religions monothéistes et nos mauvais choix de société ont eu raison de la Terre nourricière.
Continuons donc à baptiser le matin, et dans l’épectase la plus cocardière, un lancement d’Airbus chaque fois plus générateur de dommages collatéraux pour la biosphère (une tonne est la quantité de CO2 émise par chacun des passagers d’un aller-retour Paris-New York en Airbus 380), et à déclamer sur l’effet de serre dans un symposium faux-semblant du soir. Ce n’est ici qu’un simple et prosaïque exemple de la schizophrénie médiatisée devenue monnaie courante.
L’oligarchie se rie de nos inquiétudes et nos « camarades prospères » se croient malins, avec leurs signes extérieurs de confort et leurs quelques longueurs d’avances bancaires. Blindé par les sbires d’un service d’ordre de mieux en mieux récompensé, le pouvoir occidental se saignera encore de quelques compassions face aux foules d’évacués des contrées rendues exsangues et qui viendront naïvement frapper à la porte de notre Titanic. Pour toute réponse à leur désespoir (« Je préfère mourir en Europe que de vivre en Afrique », nous n’aurons d’autre alternative que de les refouler, avec quelques envolées diplomatiquement correctes. Ce seront bientôt les dernières, l’Occident re-sortira alors ses armes contre l’accostage clandestin des pirogues, mais cette fois, ce ne sera pas pour coloniser et christianiser.
Ce qui est pris n’est plus à prendre. Le mal est fait et tout pronostic d’avenir ne vise qu’à gérer les préjudices.
La langue de bois et l'omerta ne sont même plus de mises si l'on veut gagner du temps, quelques siècles au plus. Navrés, nous n'avons plus le luxe de ménager les susceptibilités.
Le mal est fait, sombre est l’avenir.
Auteur
Publié le 05/11/2007 à 12:00 par ecoville
Naviguez écolo sur la Toile
Une nouvelle barre d'outils, projet lauréat du prix TIC21 de l'innovation 2007, vous permet d'accéder en un clic à une info verte... et vérifiée
Anne-Sophie Novel, 27 ans, est à l'origine du projet de navigateur écolo.
Anne-Sophie Novel, 27 ans, est à l'origine du projet de navigateur écolo. Photo: DR
Le logo du site ecoloinfo.com
Le logo du site ecoloinfo.com
Et aussi
Les TIC au service de la planète
EcoloInfo: l’écologie et le DD en barre!
Vous aurez bientôt fini de galérer dans vos recherches écolos sur Internet ! La barre d’outils écoloinfo, un projet d’Anne-Sophie qui vient d’être récompensé par le prix TIC21 de l’innovation durable, permet désormais d’accéder en un clic à l’ensemble des informations de l’écologie et du développement durable sur la Toile. A 27 ans, Anne-Sophie, chercheuse en économie et développement, a souhaité ainsi « mettre à la disposition du plus grand nombre » sa connaissance du Net, acquise au fil des années par son travail de bénévole dans l’univers de l’environnement.
600 sites répertoriés
Que vous cherchiez des fournitures de bureau, des vêtements, une association, un blog ou un événement, cette barre d’outils, sans but commercial et totalement indépendant, fournit une liste de sites choisis par une équipe de bénévoles. Le contenu de chaque site référencié est vérifié, et l’équipe assure un travail de veille pour que les outils de la sélection soient le plus possible à jour. Aujourd’hui, environ 600 sites sont répertoriés.
Rien de plus simple que d’adopter ce nouveau réflexe écolo. Il vous suffit de vous connecter sur le site www.ecoloinfo.com et de télécharger la version adaptée à votre navigateur Internet. L’outil existe aujourd’hui pour Internet Explorer et Firefox, mais l’équipe travaille d’ores et déjà à une nouvelle version. Redémarrez ensuite votre navigateur, et la barre d’outils Ecolo-Info viendra se loger sous la barre d’adresse. Bonne découverte !
Nadia Loddo Nadia Loddo
Metrofrance.com
Publié le 03/11/2007 à 12:00 par ecoville
AFP/PATRICK KOVARIK
Les représentants des principales associations écologistes à leur sortie du palais de l'Elysée, lundi 21 mai.
L'intégralité du débat avec Jean-Stéphane Devisse, coordinateur du Grenelle de l'environnement pour le WWF France, vendredi 26 octobre, à 15 h .
Jean Scheffer : On a du mal à comprendre les conclusions de cette grand-messe ! Pour certains : effet d'annonce et peu de décisions contraignantes, pas de financement. Pour d'autres (comme Nicolas Hulot) : grande satisfaction alors que la taxe sur le carbone qui était son cheval de bataille est pour le moment repoussée... Qu'en pensez-vous ?
Jean-Stéphane Devisse : Pour l'Alliance pour la planète, compte tenu de la situation de départ, de la prise en compte de l'environnement dans notre pays, objectivement, le Grenelle constitue une avancée positive. Tout n'est pas sorti tout de suite et il reste de très nombreux arbitrages à faire sur les calendriers, les outils d'application, et les moyens. Le Grenelle ne se termine pas aujourd'hui réellement puisque ces éléments nous seront à nouveau exposés dans plusieurs semaines.
Sur les résultats, nous considérons qu'une majorité des points que nous avons défendus au Grenelle ont été actés ou validés par le gouvernement comme par la plupart des participants. C'est une surprise plutôt agréable pour nous, même si nous ne sommes pas naïfs. Par exemple, encore faut-il que les engagements de crédits suivent.
Synkaris : Y a-t-il eu des avancées concernant le parc nucléaire français et les sources d'approvisionnement alternatives en énergie ?
Jean-Stéphane Devisse : Nous savions très bien que le Grenelle ne permettrait pas d'avancée substantielle en matière nucléaire, mais pour nous la question qui se posait avant tout, c'était celle de parvenir à des engagements sur les consommations d'énergie. De ce point de vue, nous avons été entendus. Sur les énergies alternatives au pétrole et au nucléaire, nous prenons acte de la volonté de développer des renouvelables ou de lever les verrous au développement de ces énergies renouvelables.
Petit-taf : Le Grenelle témoigne d'une véritable volonté de mettre "à plat" les problèmes liés à l'environnement. Malgré cette évidente bonne volonté, voyez-vous des contradictions au sein du programme ?
Jean-Stéphane Devisse : Oui. Il y a encore des contradictions, et notre travail, c'est justement de continuer à les pointer du doigt. Entre le nucléaire et le renouvelable, oui, il faut choisir ! Entre le tout incinérateur et une gestion durable des déchets, il va falloir choisir. Entre les OGM et l'agriculture biologique, il va falloir choisir. Mais, au moins, au cours de ce Grenelle, et au lendemain de ce Grenelle, on n'oppose plus une fin de non-recevoir à nos arguments. Le Grenelle, de ce point de vue, ce n'est pas un blocage sur ces contradictions, mais le début de la reconnaissance d'un constat et d'une nécessité de trouver des vraies solutions.
Naaba : Les lobbies sont toujours puissants en France. Pensez-vous qu'ils pourront faire capoter les mesures décidées, la volonté politique est-elle suffisamment forte pour les contrer ?
Jean-Stéphane Devisse : Bien sûr, certains lobbies vont évidemment tenter de bloquer les avancées qui leur nuisent. Mais si je me mets à la place du négociateur principal, c'est-à-dire l'Etat, je suis obligé de laisser dire l'ensemble des parties prenantes avant d'annoncer les modalités précises d'application. Bien sûr, nous craignons un retour en force des lobbies, mais notre travail est de nous-mêmes agir comme les lobbies en pesant sur les services qui seront en charge d'appliquer les décisions, en leur rappelant constamment quelle a été la parole publique du président de la République et des ministres qui se sont exprimés dans le Grenelle.
Pascal Billery-Schneider : Avez-vous le sentiment que le président de la République, qui semblait très éloigné de ces questions, a pris la mesure des enjeux qui nous attendent ?
Jean-Stéphane Devisse : Je crois qu'il a pris la mesure de deux enjeux : le risque d'une déstabilisation géopolitique croissante liée aux crises écologiques, et que la prise en compte de l'environnement peut constituer un levier de croissance économique.
david : N'est-il pas étrange que chaque partie soit repartie "satisfaite" du Grenelle, alors que les choix énergiques en matière d'environnement doivent marquer une rupture brutale avec les comportements actuels (ce qui semble incompatible avec le consensus affiché) ?
Jean-Stéphane Devisse : Faut-il une rupture brutale ? Ou une inflexion vigoureuse ? Il me semble qu'un gouvernement, quel qu'il soit, craint par-dessus tout une rupture brutale qui pourrait lui mettre à dos de très nombreux acteurs. L'inflexion vigoureuse pour laquelle nous plaidons, c'est que chaque acteur soit convaincu qu'il n'a pas d'autre choix que d'articuler ses pratiques avec les limites environnementales de notre planète.
Certains sont dans la guerre de tranchées, mais la force de la réalité va les faire reculer. Dans six mois, dans un an, dans dix ans. Mais je ne connais aucune politique publique qui se soit traduite par une inflexion forte en quatre mois, la durée du Grenelle.
karel : En quoi une association composée de membres n'ayant pas été élus est-elle habilitée à parler en lieu et place de parlementaires ?
Jean-Stéphane Devisse : Ce qu'on nomme "la démocratie participative" ne se substitue pas à la représentation du peuple. Au cours du Grenelle, nous avons discuté de ce qui nous apparaît être les solutions que nous défendons. Les arbitrages ont été rendus par un gouvernement élu par le peuple et seront suivis par des lois votées par le Parlement. C'est cette juxtaposition entre système représentatif et système participatif qui trace le chemin d'une nouvelle gouvernance. Mais elle n'est encore qu'embryonnaire.
Naaba : La secrétaire d'Etat à l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a parlé de comités de suivi de l'avancée des projets ; les ONG feront-elles partie de ces comités ?
Jean-Stéphane Devisse : Certaines, probablement, à la mesure de leurs moyens ou de leurs compétences. D'autres considéreront probablement que l'application des décisions politiques revient au service de l'Etat. Mais au minimum, l'évaluation de ce Grenelle ne pourra se faire dans un an ou dans deux ans qu'avec l'ensemble des parties prenantes qui s'y sont retrouvées.
pieroufff : En ce qui concerne l'agriculture, le gel des OGM a-t-il été une concession faite en contrepartie de la validation d'une stratégie énergétique mettant en avant les agrocarburants ?
Jean-Stéphane Devisse : Non. Le gel des OGM est décidé dans l'attente d'une nouvelle loi dont nous ne connaissons rien. Faites-nous confiance pour ne pas baisser la garde sur ce sujet. Mais nous n'allons pas attaquer a priori des décisions que nous ne connaissons pas encore. Pour les agrocarburants, nous croyons avoir obtenu une première avancée : celle d'une nouvelle expertise qui inclura les questions écologiques et sociétales. Mais, là aussi, les intérêts sont puissants et l'intelligence de la négociation, c'est toujours de laisser une porte de sortie pour ceux qui ne sont pas d'accord.
b_gorz : Sur le problème des pesticides, la volonté affichée n'est-elle pas qu'un simple copier-coller de la directive-cadre européenne discutée cette semaine au Parlement européen ?
Jean-Stéphane Devisse : Probablement. Au moins comme ça, la France se met en mesure de rattraper son retard. Ce texte confirme l'ambition de diminuer de moitié l'utilisation des pesticides en Europe (d'ici quelques années). C'est déjà une première étape dont nous prenons acte, et nous attendons avec beaucoup d'attention les précisions qui accompagneront cet engagement du gouvernement.
le ragondin poilu : Le président Sarkozy ne va-t-il pas rejeter la faute sur l'Europe s'il n'arrive pas à atteindre ses objectifs ?
Jean-Stéphane Devisse : La plupart des décisions qui découlent du Grenelle engagent la compatibilité avec les textes et réglementations européens. Le point de vue de notre bureau à Bruxelles est qu'avec ce Grenelle la France rattrape son retard. Ce n'est pas suffisant. Mais de toute manière, la France est déjà si lourdement condamnée pour non-application du droit européen en matière environnementale qu'elle ne peut qu'avancer dans le bon sens. Exemple de secteur directement concerné par la réglementation européenne : l'agriculture, qui a d'énormes performances environnementales à accomplir. La directive nitrate n'est pas appliquée en Bretagne.
Mais par ailleurs, le droit européen est très largement insuffisant sur la question des OGM. Le président Sarkozy a annoncé qu'il voulait faire progresser cette question lors de la présidence française de l'Union européenne en 2008. Nous prenons acte.
Modérateur : Que pensez-vous de l'idée soumise jeudi au président de la Commission européenne par le président Sarkozy d'étudier la possibilité de taxer les produits venant de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto sur la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre ?
Jean-Stéphane Devisse : L'idée de taxer des produits importés de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto de lutte contre le changement climatique est à ranger dans les fausses bonnes solutions. En proposant cela, le président Sarkozy pense à la Chine en particulier ; mais la Chine a ratifié le protocole de Kyoto qui la dédouane de toute contrainte pour le moment. Finalement, le seul pays important qui pourrait être concerné par cette taxe serait les Etats-Unis, et je doute que M. Sarkozy veuille ouvrir un contentieux avec ce pays.
Amina de Chevreuse : Quand parlerez-vous de pollution électromagnétique moins timidement (antennes relais, portables, WIFI, WIMAX...) ? En Allemagne, les Verts alertent. Et en France, silence radio ?
Jean-Stéphane Devisse : Premièrement, nous ne sommes pas les Verts, et les moyens de nos organisations ne permettent pas toujours d'être présents sur tous les fronts. Nous sommes nous aussi obligés de nous fixer des priorités. Pour le WWF, celles-ci sont pour le moment très clairement orientées sur la préservation de la biodiversité, les contaminants toxiques et le changement climatique. Nous commençons à rassembler de l'information sur les questions électromagnétiques, mais nous n'avons aucun moyen disponible aujourd'hui pour aller au-delà.
vio : Estimez-vous que les mesures prises en matière de sauvegarde de la biodiversité sont suffisantes ? N'avez-vous pas l'impression que la sauvegarde de la biodiversité est un thème qui a tendance actuellement à passer au second plan par rapport au problème énergétique-climatique ?
Jean-Stéphane Devisse : Vous avez parfaitement raison. La biodiversité est toujours le parent pauvre, à croire que la nature n'a aucune valeur et ne nous rend aucun service. Notre travail à partir de maintenant va être d'intensifier notre pression pour qu'à la suite du Grenelle on se préoccupe davantage de nature. Mais vous savez, bien souvent, pour protéger la nature, il faut intervenir sur les activités humaines : par exemple, l'agriculture intensive ou bien les questions énergétiques.
La trame verte, pour nous, c'est tout simplement un instrument indispensable pour que la nature puisse évoluer face aux aléas du changement climatique en particulier. La trame verte, c'est la mise en relation des principaux espaces naturels européens, de Gibraltar au cap Nord et de l'Ecosse à la Pologne. La question reste si ce réseau sera efficacement protégé alors qu'on assiste constamment à un grignotage des espaces naturels au gré des aménagements humains. Sur ce sujet également, nous attendons des précisions.
Pascal Billery-Schneider : Si l'accord semble unanime en matière de rénovation thermique des bâtiments, pensez-vous que les citoyens ont compris l'intérêt majeur qu'il représente ?
Jean-Stéphane Devisse : Oui, je crois qu'ils ont compris l'intérêt d'isoler leur maison. Mais pour arriver au niveau de performance souhaité pour diminuer considérablement les factures du chauffage, il faudra beaucoup d'argent, et il est hors de question que cette charge pèse exclusivement sur nos concitoyens, en particulier ceux dont les revenus sont modestes. Les besoins financiers estimés sont d'environ 20 milliards d'euros par an pendant quarante ans ; c'est une somme considérable et il faudra beaucoup d'innovations et d'imagination pour trouver les sources de financement.
Mais toutefois, je tiens à rappeler que les cadeaux fiscaux attribués par ce gouvernement aux niches les plus aisées pèsent environ 15 milliards d'euros par an...
Naaba : Combien d'années devrons-nous patienter avant que le Grenelle de l'environnement aboutisse sur la réalisation totale de tous les projets qui y ont été décidés ?
Jean-Stéphane Devisse : Grenelle, c'est un tuyau dans lequel nous allons faire entrer beaucoup de choses ; maintenant, nous devons pousser pour qu'elles sortent dans le bon sens. Mais j'observe que ce Grenelle intervient six mois seulement après les élections présidentielles. Cela signifie pour moi qu'une majorité de ces décisions devront être mises en œuvre dans les quatre années et demie qui nous séparent des prochaines élections présidentielles. La politique environnementale de M. Sarkozy sera dorénavant évaluée régulièrement par nos organisations et il le sait.
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Cordialement,
Jacques-Olivier Barthes
Directeur de la Communication - WWF France
(Director of Communications)
Bois de Boulogne
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Ligne directe : 01 55 25 84 46
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