POLITIQUE
Publié le 13/12/2007 à 12:00 par ecoville
Beaucoup d'organisations écologistes dénoncent la responsabilité des pays riches à l'origine du réchauffement climatique, aujourd'hui redevables envers les pays pauvres.
Crédit : AFP
Publié le 11/12/2007 à 12:00 par ecoville
Al Gore (d) et Pachauri à Oslo, le 10 décembre 2007 Photo: Daniel Sannum Lauten/AFP
Le prix Nobel de la paix a été officiellement remis à l'Américain Al Gore et au Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) pour leurs actions contre le réchauffement climatique, lundi lors d'une cérémonie à l'Hôtel de ville d'Oslo.
Les Etats-Unis et la Chine, les deux plus importants émetteurs de CO2 au monde, doivent réduire leurs émissions sous peine de torpiller les efforts internationaux contre le changement climatique, a estimé Al Gore lundi, dans son discours d'acceptation du Nobel de la paix.
La réussite de la lutte contre le réchauffement "sera influencée de manière décisive par deux nations qui n'en font pas assez aujourd'hui: les Etats-Unis et la Chine", a déclaré l'ancien vice-président américain, qui partage le Nobel avec le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec).
"Il devrait être absolument clair que ce sont les deux principaux émetteurs de CO2, surtout mon propre pays, qui devront faire les gestes les plus audacieux sous peine d'être jugés par l'Histoire pour leur échec à agir", a ajouté M. Gore, dans un discours diffusé à la presse avant la cérémonie.
"Les deux pays devraient cesser d'utiliser le comportement de l'autre comme une excuse pour bloquer" les efforts internationaux de réduction de gaz à effet de serre (GES) --au premier rang desquels le dioxyde de carbone (CO2)--, à l'origine de la montée du thermomètre, a-t-il encore affirmé.
Seul pays occidental à encore rejeter le protocole de Kyoto, les Etats-Unis refusent tout objectif international contraignant de réduction des émissions, estimant que cela pèserait sur leur économie alors que les pays émergents ne sont pas liés par de telles obligations.
La Chine, elle, justifie son exonération d'engagements contraignants par la responsabilité historique des pays industrialisés dans le réchauffement climatique et son droit au développement.
Aucune avancée sur ce point ne semble se dégager de la réunion de Bali, où près de 190 délégations tentent actuellement de s'entendre sur une feuille de route de négociations en vue d'un accord visant à prolonger au-delà de 2012 les engagements de réduction des GES pris dans le cadre du protocole de Kyoto.
"La Terre a de la fièvre. Et cette fièvre augmente. Les experts nous ont dit que ce n'est pas un malaise passager qui passera tout seul", a affirmé aussi M. Gore.
Candidat malheureux à la Maison Blanche en 2000 face à l'actuel président George W. Bush, l'ancien responsable démocrate se consacre depuis à éveiller les consciences sur la menace climatique, avec notamment son documentaire "Une vérité qui dérange" primé aux Oscars.
"Sans que l'on s'en soit rendu compte, nous avons entamé une guerre contre la Terre elle-même" avec, comme seule perspective, "une destruction mutuelle assurée", a poursuivi M. Gore, en évoquant les villes et les îles menacées par l'élévation des océans due à la fonte des glaces ou encore les millions de réfugiés climatiques fuyant sécheresse et inondations.
Faute de réduire les réductions pour endiguer le réchauffement, l'Homme risque, selon lui, d'être confronté à "un été carbonique" permanent de la même manière qu'il s'était exposé à un "hiver nucléaire" lors de la course aux armements pendant la Guerre froide.
"Il est temps de faire la paix avec notre planète", a assuré M. Gore.
L'ancien vice-président américain et l'Indien Rajendra Pachauri, le président du Giec, ont reçu une médaille en or, le diplôme Nobel ainsi qu'un chèque de près de 1,1 million d'euros des mains du président du comité Nobel, Ole Mjoes.
"Le comité Nobel norvégien hausse rarement le ton. Notre style est d'ordinaire sobre", a affirmé M. Mjoes en remettant la prestigieuse récompense. "Mais cela fait longtemps que le comité n'a pas été préoccupé par des questions si fondamentales que cette année", a-t-il ajouté.
M. Gore et le Giec --un groupe de quelque 3.000 experts mandatés par l'ONU-- se partagent le Nobel pour avoir contribué à sensibiliser l'opinion mondiale sur les effets potentiellement dramatiques du réchauffement de la planète.
OSLO (AFP)
© 2007 AFP
Publié le 11/12/2007 à 12:00 par ecoville
Légende : (de gauche à droite) dégradation des sources d'eau - déclin de la production alimentaire - Point critique - Augmentation des désastres liés à inondations et tempêtes - Migrations liés aux changements climatiques
Photo: Conseil consultatif allemand sur le changement climatique
Le réchauffement climatique: une menace pour la paix
Un nouveau rapport conclut que si le problème du changement climatique n'est pas contrôlé, certaines parties du monde pourraient sombrer dans la violence, le conflit et la guerre
Le réchauffement climatique pourrait provoquer violence et conflits, voire une « guerre civile mondiale », si la température de la Terre devait dépasser les 2° C par rapport au niveau préindustriel de 1900, avertit le Programme des Nations Unies pour l’Environnement dans un rapport publié hier à Bali. Quelques heures plus tard, le prix Nobel de la paix a été officiellement remis à Al Gore et au Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) pour avoir contribué à sensibiliser l'opinion mondiale sur les effets potentiellement dramatiques du réchauffement de la planète. « Jusqu’à maintenant, les politiques de sécurité n’étaient pas liées à des considérations environnementales, explique Benno Pilardeaux, porte-parole du Conseil consultatif allemand sur le changement climatique, auteur du rapport. L’année 2007 représente un grand changement en ce sens», se réjouit-il.
Des migrations climatiques
Le lien étroit entre paix et état de la planète ne fait désormais pas de doute, comme le confirme ce rapport. Les pénuries d’eau, l’appauvrissement des sols et la diminution de la production agricole, les phénomènes climatiques extrêmes, comme les cyclones, risquent d’aggraver les tensions dans des endroits du globe déjà fragilisées par la pauvreté et l’instabilité politique, notamment dans le Sud. Les pays riches seraient eux-mêmes affectés par la pression des flux de migrants climatiques. Mais surtout, l’Occident risque d’être de plus en plus pointé du doigt par les pays victimes du dérèglement climatique pour sa responsabilité comme émetteur « historique » de CO2. Le message du rapport se veut positif. « Nous pouvons éviter ses scenarii si la communauté internationale s’engage à adopter une politique rigoureuse pour la protection du climat », conclut Benno Pilardeaux. C’est le signal qu’on attend de la Conférence de Bali sur les mesures à entreprendre après l’expiration du protocole de Kyoto en 2012.
Facteurs de conflit dans endroits critiques liés aux changements climatiques.Légende : (de gauche à droite) dégradation des sources d'eau - déclin de la production alimentaire - Point critique - Augmentation des désastres liés à inondations et tempêtes - Migrations liés aux changements climatiquesFacteurs de conflit dans endroits critiques liés aux changements climatiques.
Nadia Loddo Nadia Loddo
Metrofrance.com
Publié le 09/12/2007 à 12:00 par ecoville
Chung Dong-Young (g) candidat à la présidentielle, parmi les volontaires le 9 décembre 2007 en Corée du Sud Photo: Le jong-Seung/AFP
Publié le 07/12/2007 à 12:00 par ecoville
Principales conclusions du Grenelle de l'environnement Photo: Javier de Sierra/AFP
L'Alliance pour la planète (80 associations dont Greenpeace et le WWF) a suspendu sa participation au processus du Grenelle de l'environnement pour protester contre l'absence de concertation de la part du gouvernement, selon un communiqué publié jeudi.
"L'Alliance pour la planète suspend sa participation au Grenelle tant que le dialogue à cinq n'est pas rétabli", indique le collectif. Le dialogue "à cinq" devait assurer un suivi des mesures décidées par le Grenelle en associant les 5 collèges de ce vaste débat mené jusqu'à fin octobre: représentants de l'Etat, des collectivités locales, du patronat, des salariés et des associations de protection de l'environnement.
L'Alliance pour la planète est, côté écologistes, un des principaux participants au Grenelle de l'environnement aux côtés de la FNE (Fédération France Nature environnement, qui revendique 3.000 associations) et de la Fondation Nicolas Hulot.
"L'Alliance demande au ministre d'Etat Jean-Louis Borloo d'organiser en urgence une réunion du groupe de contact inter collèges et de stopper un processus opaque et unilatéral qui sape les résultats du Grenelle", indique le collectif.
"Déchets, forêts, publicité, éco-pastille, OGM ... les premières mesures de suivi et de mise en oeuvre du Grenelle conduisent à une remise en cause une à une des décisions prises il y a moins de 6 semaines", fait valoir Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace et porte-parole du collectif.
"L'Alliance demande au président de la République et au ministre d'Etat de remettre en marche la dynamique de travail collective et ainsi de restaurer la confiance", ajoute M. Jadot.
La publication jeudi matin d'un arrêté du ministre de l'Agriculture prononçant un gel "a minima" des cultures d'OGM jusqu'au 9 février a précipité la décision de l'Alliance. Pour cette dernière, il s'agit d'une "remise en cause par le gouvernement de la décision du Grenelle d'activer au niveau européen la clause de sauvegarde sur la culture du maïs MON810 (seul OGM cultivé en France)".
Selon la législation européenne, un Etat membre -c'est le cas de l'Autriche- peut appliquer une clause de sauvegarde contre un OGM en invoquant de nouvelles informations scientifiques et interdire sa culture, bien qu'il ait reçu le feu vert européen.
Le "gel" prononcé jeudi jusqu'au 9 février a une portée symbolique: les semis n'ont de toute façon pas lieu avant le printemps.
A l'issue du Grenelle de l'environnement, le président Nicolas Sarkozy avait fait siens les "doutes" concernant les OGM et souhaité, "dans le respect du principe de précaution (...) que la culture commerciale des OGM pesticides soit suspendue". M. Borloo s'était déclaré "prêt" à actionner la clause de sauvegarde au niveau européen.
PARIS (AFP)
© 2007 AFP
Publié le 06/12/2007 à 12:00 par ecoville
Le bonus-malus ne fait pas l'unanimité
Jean-Louis Borloo a présenté hier la première mesure concrète du Grenelle de l'environnement
Le financement
Selon le ministère, le bonus malus a été construit pour que les recettes du malus financent les dépenses du bonus et du superbonus. Il ne devrait donc entraîner aucun prélèvement supplémentaire sur les ménages ou les entreprises.
Le chiffre
Le bonus devrait concerner 30% des ventes de voitures neuves, selon le ministère, alors que le malus ne toucherait que le 25 % des ventes.
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Grenelle de l'environnement - Mesure 1 : rationaliser l’usage de l’automobile et réduire les émissions
Un site pour connaître les émissions de CO2 des voitures neuves
C’est l’une des mesures du Grenelle de l’environnement qui a fait le plus parler d’elle. Revoilà ce que l’on appelait l’éco-pastille. Le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo a présenté hier la première mesure concrète du Grenelle de l'environnement, le système de bonus-malus sur les véhicules neufs selon leur niveau de pollution. L'idée est d'inciter les acheteurs à privilégier les modèles qui polluent moins.
Un bonus écologique
Un bonus écologique sera ainsi versé à la première immatriculation pour l’achat d’un véhicule neuf émettant moins de 130 g CO²/km. Le bonus sera complété d’un « superbonus » lorsque l‘acquisition du véhicule s’accompagnera de la mise au rebut d’un véhicule ancien de plus de 15 ans. A l’inverse, les achats de véhicules neufs émettant plus de 160 g CO²/km entraîneront le paiement d’un malus.
Les associations insatisfaites
Pour jean Sivardière, président de la Fnaut (Fédération Nationale des Usagers des Transports) « le plafond de 130 g CO²/km fixé pour le bonus est trop haut. 120g auraient été corrects alors que 130g c’est ce que demandaient les constructeurs automobiles ». De la même façon, « la plage supérieure de 160g à partir de laquelle le malus est appliqué est trop élevée : un véhicule sur 4 seulement sera concerné », poursuit-il. La satisfaction n’est pas au rendez-vous du côté des associations de l’Alliance pour la planète, de France nature environnement et de la Fondation Nicolas Hulot non plus. « La mesure va dans le bon sens, mais elle est incomplète, selon Jean-Paul Besset de la Fondation Nicolas Hulot. La proposition retenue lors du Grenelle proposait que le système bonus-malus soit annuel pour que le signal-prix s’inscrive dans la durée.»
« C’est n’est pas bon signe », poursuit Jean Sivardière car cette décision a été prise sans concertation avec les personnes qui ont pris part aux négociations. « C’est une démarche contradictoire avec l’esprit de démocratie participative du Grenelle », s’inquiète-t-il. Les associations ont d’ores et déjà demandé une réunion des cinq collèges du Grenelle avec le gouvernement pour être informés sur la suite du processus. « Nous avons appris la mise en œuvre du bonus-malus ce matin, comme tout le monde», commentait hier Jean-Paul Besset.
Nadia Loddo Nadia Loddo
Metrofrance.com
Publié le 05/12/2007 à 12:00 par ecoville
La chancelière allemande Angela Merkel et le ministre de l'Environnement, Sigmar Gabriel, le 5 décembre 2007 à Berlin Photo: Axel Schmidt/DDP/AFP
Le gouvernement allemand a décidé mercredi d'une série de mesures de protection du climat des plus ambitieuses, montrant l'exemple aux Nations réunis à Bali pour une conférence décisive sur le climat.
"Nous voulons livrer des modèles, et, si nous le faisons maintenant, c'est pour envoyer un message à Bali et montrer que le gouvernement allemand, qui se pose comme précurseur, prend aussi les mesures appropriées", a dit le ministre de l'Economie Michael Glos lors d'une conférence de presse commune avec son collègue de l'Environnement Sigmar Gabriel.
A Bali, des représentants du monde entier sont réunis pour s'entendre sur une feuille de route de négociations en vue d'un accord international de réduction des gaz à effet de serre destiné à entrer en vigueur à expiration du protocole de Kyoto en 2012.
Mercredi matin, le conseil des ministres allemand a approuvé un programme comprenant 14 projets de loi et décrets, dans le but d'atteindre l'objectif qu'il s'est fixé de réduire de 40% les émissions de CO2 d'ici 2020 par rapport à 1990, contre 20 à 30% pour l'UE. Il a décidé de consacrer 2,6 milliards d'euros du budget 2008 à la protection du climat, soit une hausse de 200% par rapport à 2005.
Plusieurs associations d'écologistes ont salué un "premier pas" tout en dénonçant "l'insuffisance" des mesures, notamment dans les transports.
L'idée est d'agir du côté du producteur comme du consommateur, à la fois par la contrainte et par le soutien financier.
Au coeur du dispositif, les énergies renouvelables. Une loi va être révisée de manière à viser une part de 25 à 30% de la production d'électricité d'ici 2020, ce qui se traduira par une hausse des coûts pour les consommateurs. Ceux-ci vont être encouragés à y recourir pour se chauffer, via un programme de subventions de 500 millions d'euros par an dès 2009 pour le bâtiment ancien.
Concernant les énergies traditionnelles, le programme exige des centrales qu'elles adoptent un mode de fonctionnement plus propre, tandis qu'il prévoit de multiplier par deux l'utilisation du système de chaleur et d'énergie combinées (CEC), très efficace énergétiquement.
Autre volet important, les économies d'électricité, que l'Allemagne vise en subventionnant la rénovation de l'ancien et la construction du neuf selon des modes écologiques, ainsi qu'en favorisant les appareils et installations électriques peu gourmands.
Dans le transport, la taxe sur les véhicules sera établie en fonction du taux de carbone émis et les carburants devront comporter 10% de biocarburants d'ici 2020.
"C'est à l'échelle mondiale le seul programme qui prévoit de mettre en pratique de manière aussi concrète les objectifs fixés. Nous espérons que d'autres suivront", a affirmé M. Gabriel.
Cette ambition fait craindre aux milieux économiques allemands des coûts d'investissements dangereux pour leur compétitivité.
"L'Allemagne veut montrer qu'un pays développé peut concilier croissance et protection du climat," a rassuré Sigmar Gabriel.
L'Institut de recherche sur l'innovation Fraunhofer estime les coûts des investissements cumulés jusqu'en 2020 à 31 milliards d'euros, contre 36 milliards d'euros d'économies d'énergie réalisées.
Ces investissements permettront en outre de créer des emplois dans le bâtiment et de doubler leur nombre à 400.000 dans le secteur des énergies renouvelables qui de plus est un champion à l'exportation, ont relevé les ministres.
Par ailleurs, "nous devons vaincre notre dépendance de l'exportation d'une énergie de plus en plus chère", a-t-il ajouté.
L'Allemagne a déjà quasiment atteint son engagement de Kyoto avec 18,4% de réduction sur 21%. Mais, a averti M. Gabriel, "le plus difficile est à venir, chaque gramme de CO2 en moins coûtant de plus en plus cher.
Par Géraldine SCHWARZ BERLIN (AFP)
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Publié le 04/12/2007 à 12:00 par ecoville
Après la victoire des travaillistes aux élections législatives du 24 novembre, mettant fin à 11 ans de pouvoir des conservateurs, Kevin Rudd a prêté serment lundi 3 décembre en tant que 26e Premier ministre d'Australie. Photo: DR
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Bali, une feuille de route pour l’après Kyoto
C’est par une standing ovation que l’annonce de la ratification du protocole de Kyoto par l’Australie a été accueilli hier à Bali à la conférence sur le climat des Nations unies, qui a ouvert ses portes hier. Le tout nouveau Premier ministre australien, Kevin Rudd, a voulu marquer le début de son mandat par ce geste symbolique tout juste après sa prestation de serment. Après 11 ans de gouvernement conservateur dans le pays, Rudd doit en effet sa réélection à sa campagne marquée par la question du réchauffement climatique. Il s’est notamment engagé à réduire de 60% ses émissions de gaz à effets de serre (GES) par rapport à 2000 d’ici à 2050 et à tout mettre en œuvre pour atteindre les objectifs de Kyoto de réduction de 5% des GES entre 2008 et 2012. Le protocole de Kyoto est "l'accord qui va le plus loin sur la question de l'environnement et du développement durable", a assuré Rudd pour qui la ratification par l'Australie "est une avancée significative dans les efforts du pays pour combattre les effets du changement climatique".
Les Etats-Unis isolés
Les Etats-Unis restent les seuls parmi les pays industrialisés à ne pas avoir ratifié ce protocole. Leur absence représente un obstacle à la coopération internationale dans la lutte contre le réchauffement climatique et, surtout, porte atteinte à la crédibilité du système. Les Etats-Unis restent en effet les plus gros émetteurs au monde de CO2. On attend désormais les élections présidentielles américaines de 2008 pour voir si le successeur de George Bush saura répondre au défi climatique. Pas certain que la campagne présidentielle prenne exemple sur le précédent australien : en septembre, un sondage Washington Post-ABC News révélait que moins de 1% des Américains indiquaient le réchauffement planétaire comme étant leur problème numéro un en vue de la campagne électorale.
Nadia Loddo Nadia Loddo
Metrofrance.com
Publié le 04/12/2007 à 12:00 par ecoville
Une feuille de route pour l’après Kyoto
La conférence des Nations unies sur le changement climatique s'est ouverte à Bali, elle marque le début des négociations pour l'après Kyoto
Qu'est-ce Kyoto ?
Le protocole de Kyoto, adopté en 1997 par 175 pays, prévoit que 36 pays industrialisés réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5,2% en moyenne d'ici 2010, par rapport aux niveaux de 1990, de 8% pour l’Europe.
Pour faciliter la réalisation de ces engagements, il prévoit la possibilité de recourir à des mécanismes dits « de flexibilité » en complément des politiques mis en œuvre au plan national. Le mécanisme de développement propre (MDP) a été conçu pour favoriser un transfert de technologies « propres » des pays industrialisés aux pays en voie de développement. Réalisant des projets dans ces derniers, les premiers récupèrent des crédits d’émission. Un autre mécanisme de « flexibilité » est celui des permis négociables. Ainsi les entreprises qui polluent en dessous de leur quota d’émissions de gaz à effet de serre ont le droit de revendre ces permis sur un marché spécifique aux entreprises qui dépassent leurs quotas. Le marché de permis européen existe depuis 2005, lors de l’entrée en vigueur du protocole.
Le protocole de Kyoto arrive à expiration en 2012, mais son avenir est déjà à l’ordre du jour. A partir d’aujourd’hui, et jusqu’au 14 décembre, la 13e conférence des Nations unies sur le climat réunit 10 000 participants sur l’île indonésienne de Bali. Son objectif : établir une feuille de route pour des négociations, qui risquent d’être tendues, en visant un accord pour 2009. Les Etats-Unis restent hostiles à des réductions chiffrées et contraignantes tout comme la Chine et l’Inde qui revendiquent leur droit au développement économique. Au même temps, le Giec (Groupe intergouvernemental pour l’évolution du climat) préconise de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Cela implique une réduction de 80% dans les pays industrialisés, un objectif difficile à atteindre quand on sait que les Etats-Unis sont responsables de 22,3 % des rejets mondiaux de CO2 (chiffre 2003).
Déforestation et adaptation
Responsable de son côté de 20 à 25% des émissions de CO2, la déforestation sera au cœur de la conférence. En effet, l’Indonésie est le deuxième pays le plus touché par ce phénomène après le Brésil. Les participants étudieront ainsi les propositions avancées par les pays concernés pour réduire les émissions provenant du déboisement.
La vulnérabilité des pays du Sud aux catastrophes naturelles, dont le réchauffement climatique menace d’augmenter l’intensité, animera également les discussions. « L’adaptation des pays les plus exposés aux risques a été jusqu’ici reléguée au second rang », dénoncent les ONG du Réseau Action-climat France. Le fonds pour l’adaptation du protocole de Kyoto, entré en vigueur en février 2005, n’est par ailleurs toujours pas opérationnel et « les Nations unies estiment les besoins à couvrir à plusieurs dizaines de milliards d’euros alors qu’aujourd’hui, seules quelques centaines de millions d’euros sont disponibles », affirme Damien Demailly, chargé de programme climat au WWF-France.
L’action ne pourra pas attendre 2012. Mi-novembre, le Giec a estimé dans son dernier rapport d’évaluation du changement climatique que dès 2020, 75 à 250 millions d'Africains vont manquer d'eau et que les mégapoles d'Asie seront menacées par les inondations des rivières et de la hausse du niveau de la mer.
Nadia Loddo Nadia Loddo
Metrofrance.com
Publié le 28/11/2007 à 12:00 par ecoville
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, à Brasilia, le 26 novembre 2007 Photo: Evaristo Sa/AFP
La conférence de Bali sur le réchauffement climatique le mois prochain devra essentiellement discuter du prix que les pays riches devront payer pour la défense de l'environnement, a estimé mardi le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.
"Il est nécessaire que les pays riches sachent qu'à Bali nous allons discuter sérieusement du prix que les pays riches doivent payer pour que les pays plus pauvres puissent préserver leurs forêts", a déclaré Lula lors de la cérémonie de présentation du rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) sur la lutte contre le réchauffement climatique.
"Personne ne convaincra un pauvre, de quelque pays que ce soit, de ne pas couper un arbre s'il n'a pas en échange le droit au travail, à la nourriture. C'est la contrepartie à payer pour qui est responsable à 70% des émissions de gaz à effet serre", a dit le président brésilien.
Selon Lula, "85% de l'énergie électrique brésilienne est renouvelable et propre et 45% de toute l'énergie brésilienne est propre. C'est pourquoi nous n'avons pas de leçons à recevoir. Nous sommes disposés au dialogue, mais pas à accepter des mesures imposées", a-t-il dit.
Le président brésilien a suggéré la suppression des taxes sur les ventes d'éthanol et également une taxe sur les ventes de pétrole.
Selon le rapport du PNUD, la lutte contre le réchauffement global coûtera environ 1,6% du PIB mondial jusqu'en 2030 et ce montant devrait être pris en charge surtout par les pays riches. Selon Lula, ce rapport "peut désormais être une référence pour tous les pays".
La conférence de Bali, du 3 au 14 décembre, doit ouvrir les négociations en vue d'un nouvel accord international succédant au protocole de Kyoto, qui expire en 2012.
BRASILIA (AFP)
© 2007 AFP