POLITIQUE
Posté le 31.10.2007 par ecoville
L’étiquetage responsable
La tribune d'Elodie Jaussaud consultante chez BIO Intelligence Service
Grâce à un étiquetage qui apparaîtra dans les magasins courant 2008, une enseigne de la grande distribution (Casino) informe ses consommateurs sur l’impact environnemental de ses produits. Ainsi, les consommateurs pourront faire leurs achats en toute connaissance de cause : l’impact environnemental du produit sera un critère de choix au même titre que le prix ou les informations concernant la qualité nutritionnelle.
Cet étiquetage a été conçu dans une logique d’“analyse de cycle de vie”. Ces analyses permettent d’évaluer les impacts d’un produit sur l’environnement à toutes les étapes de sa vie – extraction des matières premières, fabrication, utilisation et déchet – une sorte de comptabilité environnementale du “berceau à la tombe”.
L’analyse est ciblée sur les impacts des transports, des emballages et des déchets d’emballage. Les consommateurs connaîtront prochainement le nombre de kilomètres parcourus par le produit et ses ingrédients depuis le champ jusqu’au magasin, la quantité de CO2 émise pour la fabrication de l’emballage, ainsi que la part de l’emballage qui est recyclable, en comparaison avec ce qui est recyclé actuellement. Un code couleur indiquera au consommateur quel est l’impact environnemental du produit : du vert pour les produits à l’impact le plus faible au rouge pour les produits ayant l’impact le plus élevé.
Ces indicateurs sont calculés à partir de données fournies par les fournisseurs qui fabriquent les produits et par leurs fournisseurs respectifs (poids de l’emballage, type de matériaux, chaîne logistique suivie par les ingrédients et le produit fini…). Pour traduire ces informations en impacts environnementaux, on utilise des bases de données d’analyse de cycle de vie. Ces bases de données permettent, par exemple, de savoir quelle quantité de CO2 est émise en moyenne pour la fabrication d’un kilogramme de film plastique, ou que le transport en bateau émet environ seize fois moins de CO2 que le transport en camion.
Bien sûr, pour que cet étiquetage soit représentatif de l’empreinte environnementale complète du produit, les impacts des étapes de fabrication et des étapes agricoles devront être pris en compte… Le travail à fournir pour collecter et traiter toutes ces données est colossal… à suivre !
Bio Intelligence Service est une entreprise de conseil environnemental.
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Posté le 28.10.2007 par ecoville
«Ça fait un peu mal.» Yann Wehrling, le porte-parole des Verts, le reconnaît: il a «pris en pleine poire» le fait d’entendre un président de droite «prononcer des choses en matière environnementale qu’on avait jamais entendues à gauche». Car le discours de Nicolas Sarkozy jeudi a été, selon lui, «fort et positif». «Sincères ou pas, ce sont des paroles d’un homme qui a compris.» Compris aussi comment couper l’herbe sous les pieds des écologistes à quelques mois des élections municipales?
«Non, répond à 20minutes.fr, Noël Mamère. Nicolas Sarkozy n’a rien fait d’autre que d’organiser ce qui se fait tous les jours dans certains pays comme le Danemark ou les Pays-Bas.» D’ailleurs, pour le député de Gironde, le Grenelle de l’environnement est avant tout «un catalogue de promesses» et les «sujets qui fâchent, comme les pesticides, ont été repoussés aux calanques grecques». Lui «ne se laissera pas berner comme beaucoup d’associations et d’ONG».
«Notre rôle est maintenant d’éveiller la sagacité politique des citoyens sur la mise en œuvre de ces promesses.» Les Verts n’ont donc pas été doublés par le président de la République, jure-t-il. La question même l’énerve: «Après nous avoir pris pendant vingt ans pour des gens catastrophistes, on nous prend maintenant pour des gens dépassés!» «Nous n’avons plus à nous battre effectivement pour nos idées puisqu’elles se sont imposées dans la société. La question désormais est de savoir comment les porter politiquement», analyse-t-il.
«Pas de politiques écologistes sans les écologistes»
Saine interrogation, poursuit Jean-Luc Benhamias, ancien directeur de campagne de Noël Mamère lors de la présidentielle de 2002, désormais inscrit au MoDem de François Bayrou. «Les Verts garderont une marge de manœuvre s’ils comprennent que, lorsque les choses avancent, il faut avancer avec», estime-t-il. Son conseil à ses anciens amis: aller encore plus loin dans les projets et ne pas faire d’opposition de principe car «il n’existera pas de politiques écologistes sans les écologistes». «On a besoin d’une Lepage, d’un Benhamias et de quelques Verts pour continuer à avancer», lance-t-il, optimiste sur son avenir.
Un avis que partage entièrement Corinne Lepage, dirigeante de Cap 21 et qui vient d’accepter une mission technique que lui a proposée le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo. Selon elle, le discours de Nicolas Sarkozy renouvelle la raison d’être de l’écologie politique. «Maintenant que la prise de conscience sur le réchauffement climatique est acquise, dit-elle, il faut travailler à des extensions du combat écologique, notamment sur la santé publique.»
«Les lobbies ne vont pas rester aux vestiaires»
Et puis, la mise en œuvre du Grenelle est, selon elle, loin d’être assurée. «Les lobbies ne vont pas rester aux vestiaires et la révolution culturelle dans les troupes UMP reste à faire.» «Il va donc falloir rester vigilant», conclut-elle.
«Lorsque la marée des députés UMP va vouloir défaire les mesures du Grenelle, vous allez voir à quoi ça sert d’avoir quatre Verts à l’Assemblée nationale», approuve Yann Wehrling. Qui reconnaît qu’il va désormais falloir s’ouvrir à l’ensemble des écologistes. «Je me vois très bien travailler main dans la main avec Nicolas Hulot et Corinne Lepage.» «L’écologie n’est plus à la marge mais va structurer le champ politique au même titre que le social et l’économique», prédit celui qui se met à rêver «d’un grand parti unifié autour des principes de la conférence de Rio».
«Lorsqu’une idée grandit, ceux qui la portent comme un fil directeur à leur engagement politique, prennent du poids», se réjouit-il. Un drôle de régime commence pour les Verts jusqu’aux municipales.
Patrick Kvarik AFP ¦ Alain Bougrain-Dubourg, Nicolas Hulot Sebastien Genest et Nadir Saifi lors du Grenelle de l'Environnement le 24 octobre 2007 à Paris
Alexandre Sulzer
Posté le 26.10.2007 par ecoville
Posté le 26.10.2007 par ecoville
Olivier Laban-Mattei AFP ¦ Barroso, Al Gore, Hulot, Borloo, Sarkozy et l'avocate kenyane Wangari Maathai le 25 novembre 2007 au Grenelle de l'environnement à Paris
Pour le citoyen, difficile de se retrouver dans la jungle des décisions qui ont été prises durant ces deux derniers jours lors du Grenelle de l’environnement. Compte tenu de l’ampleur des enjeux, qui concernent tous les domaines de notre vie quotidienne, on imaginera sans mal que la révolution verte annoncée ne se fera pas du jour au lendemain.
Parce qu’il s’agit d’une mécanique complexe, notamment sur le plan fiscal, et parce que nombre de décisions (notamment la taxe carbone) ne peuvent être prises sans concertation avec le reste de l’Europe.
Nombre de sujets continuent d’ailleurs à être étudiés et nous en saurons plus à la mi-décembre, quand les commissions créées auront avancé. Globalement, le consommateur devrait à terme avoir tout à gagner s’il privilégie les produits et services respectueux de l’environnement. L’Etat ne souhaite pas, en effet, amputer le pouvoir d’achat des consommateurs. Reste à savoir quelles décisions prendra le Parlement dans les mois à venir et comment seront financées ces transformations pharaoniques…
Quelles taxes ?
• Une taxe écologique (l’écopastille) probablement annuelle sur les véhicules neufs les plus polluants vise à financer une prime à la casse pour inciter à l’achat d’un véhicule propre. Mais on ne connaît pas encore vraiment ses modalités (montant, seuils de pollution ?).
• La création d’une contribution climat-énergie (= taxe carbone, sorte d’impôt sur les énergies fossiles comme le fuel, l’essence, le charbon, responsables du réchauffement climatique…) reste à l’étude (par exemple, 1 centime sur le litre de carburant). Elle serait compensée par un allègement des cotisations (des employeurs et des salariés) et ce dans le cadre d’une remise à plat de la fiscalité en France prévue au printemps prochain. L’objectif est de nous pousser à ne plus avoir recours à ces énergies émettrices de CO2 en augmentant leur prix progressivement.
• Une TVA à taux réduit sera créée sur tous les produits écologiques qui respectent le climat et la biodiversité.
• La possibilité de taxer les produits issus de pays ne respectant pas le protocole de Kyoto va être étudiée au niveau européen, dans les six mois.
• Pas de chance pour les routiers : ils devront dès 2010 payer une écoredevance kilométrique en dehors des autoroutes.
Alimentation
• OGM: la culture commerciale du maïs génétiquement modifié (le fameux Mon 810 de Monsanto, cultivé en France sur 20 000 ha) est suspendue en attendant une expertise plus poussée et une loi enfin claire sur cette question, prévue en janvier.
• Les cultures bio vont être multipliées par trois d’ici à 2012 et par 10 d’ici à 2020 (soit 20 % des surfaces cultivées au final) et la restauration collective devra proposer un repas bio par semaine.
Mais avec quels moyens ? On peut espérer que l’augmentation de la production s’accompagne d’une baisse des prix…
• L’agriculture conventionnelle devra avoir moins recours aux pesticides (moitié moins si possible dans les dix ans à venir), mais encore faut-il qu’elle trouve des alternatives à ces traitements sans plomber sa productivité…
Bâtiment
Du gros œuvre en perspective ! Environ 30 millions de logements anciens vont être rénovés (soit 400.000 par an) selon de nouvelles normes (interdiction du simple vitrage en 2010, meilleure isolation, mise en place de panneaux solaires…), avec priorité sur 800.000 logements sociaux, ce qui devrait créer au moins 100.000 emplois dans ce secteur.
L’objectif est ambitieux : en 2020 (voire 2012 pour le neuf en basse consommation), tous les bâtiments devront produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment (énergie positive) ou, du moins, ne pas en consommer (énergie passive). Ce qui revient à supprimer la facture énergétique du foyer !
Pour financer ces travaux, des crédits d’impôts et des prêts spéciaux sont envisagés (prêt à taux 0 vert ?), qui sont censés coûter moins cher aux propriétaires que les économies d’énergie réalisées au final.
Encore faut-il avoir les moyens d’investir au départ (on estime le coût par foyer de cette rénovation thermique entre 15.000 et 20.000 euros par foyer). Cela augmenterait de 1 % le prix à l’achat. Mais quid de la répercussion des gains sur les locataires ? Quant aux artisans, ils vont devoir être formés à ces nouvelles techniques. Il y a du boulot !
Transport
• Les grandes agglomérations de province vont être désengorgées par l’amélioration des transports publics et de leurs correspondances (1.500 km de lignes de tramway ou de bus protégées en plus sur dix ans).
• 2.000 lignes à grande vitesse en plus d’ici à 2020.
• Les vols intérieurs seront taxés s’il existe une alternative en TGV.
• Possibilité pour les villes de créer des péages urbains, de faire des couloirs dédiés au covoiturage, ou d’expérimenter ces processus.
• Moins de camions sur les routes avec le développement d’autoroutes ferroviaires, qui permettront de les mettre sur des trains et devraient diminuer leur trafic sur les routes de moitié d’ici à 2020.
Energie
• Tous les appareils seront dotés de l’étiquette énergie (réservée actuellement à l’électroménager).
• Les produits de la grande distribution afficheront leur «prix écologique» (qui intègre leur coût environnemental) à côté de leur prix réel. Pour l’heure, seule l’enseigne Casino a commencé ce fastidieux étiquetage, qui apparaîtra timidement l’an prochain.
• Interdiction des lampes à incandescence en 2010 au profit de lampes à basse consommation et LED.
Santé
Beaucoup de bonnes intentions. Moins de bruit d’ici 5 à 7 ans, moins de particules fines dans l’air (surtout issues du diesel), moins de produits toxiques dans notre air intérieur, meilleur suivi des maladies respiratoires, des cancers…, une meilleure information sur les nanoparticules présentes dans les lieux publics…
Gouvernance écologique
Une plus grande transparence en général dans les prises de décisions (avec la prise en compte de l’avis des ONG).
Olivier Laban-Mattei AFP ¦ Barroso, Al Gore, Hulot, Borloo, Sarkozy et l'avocate kenyane Wangari Maathai le 25 novembre 2007 au Grenelle de l'environnement à Paris
Catherine LEVESQUE
20Minutes.fr, éditions du 26/10/2007 - 17h39
dernière mise à jour : 26/10/2007 - 18h04
Posté le 25.10.2007 par ecoville
Jean-Louis Borloo
Ministre de l'Ecologie et du Développement durable.
Alors que les négociations finales s'engagent, comment voyez-vous l'issue de ce Grenelle de l'Environnement ?
Je tiens à saluer le travail de fond de tous les acteurs. Il faut déjà préparer le passage à l'acte qui suit cette échéance. Ma préoccupation, c'est de rattraper le retard de la France dans un certain nombre de domaines et, surtout, instaurer un système d'indicateurs et de suivi, indispensable pour une évaluation permanente des résultats.
Deux jours pour trancher des propositions élaborées en quatre mois, n'est-ce pas un peu court ? Cela donne aux ONG le sentiment que les dés sont jetés...
Non, les décisions ne sont pas prises en deux jours, les quatre mois de travail ont été très fructueux, regardez les conclusions. Les ONG ont pour rôle d'alerter et de rester vigilantes. Ce Grenelle, c'est bien au contraire le commencement de l'action !
Où allez-vous trouver l'argent pour financer les mesures ?
Il y a une erreur intellectuelle majeure sur l'idée que l'écologie coûte cher. C'est avant tout une question de méthode et d'organisation. Nous saurons impulser les moyens qu'il faut. En Italie par exemple, 48 % de la restauration collective est bio, car ils se sont organisés. Ça ne leur revient finalement pas plus cher aujourd'hui. Nous allons aider les filières agricoles bio à se développer pour parvenir à un objectif de 20 % en France.
Un projet d'incinérateur en forêt de Brocéliande, des projets autoroutiers en Alsace et à Bordeaux, de gros problèmes en Guyane française... Pensez-vous que les collectivités sont mûres pour mener leurs projets en concertation avec les citoyens ?
Les choses ont bien évolué en termes de concertation. Voyez par exemple les nombreuses réunions régionales autour des propositions du Grenelle, l'intérêt et la participation de très nombreux Français qui ont débattu. Il en ressort qu'il faut favoriser massivement le ferroviaire et les transports propres en offrant les infrastructures adéquates. Augmenter notre capacité routière et autoroutière n'est plus l'urgence. Le secteur du bâtiment absorbe 42 % de notre énergie... Voilà toute une série de sujets sur lesquels la concertation a fonctionné !
Comment le Grenelle peut-il être crédible alors que le gouvernement prône une croissance souvent incompatible avec les exigences écologiques du moment ?
Si je pense que le modèle de croissance mondial tel qu'il a été conduit jusqu'alors a « pillé la planète », nous travaillons aujourd'hui sur un modèle d'économie durable. Avec le Grenelle, la France cherche à démontrer que c'est réalisable. Si je prends l'exemple du découplage des biens et des services, c'est-à-dire vendre l'usage ou la location d'un bien plutôt que le bien lui-même (autopartage ou Vélib', ndlr), c'est une forme d'économie durable. Parmi les propositions, il y a le projet d'informer le consommateur du coût écologique des produits.
Comment le Grenelle peut-il traiter la question du nucléaire alors que le président Nicolas Sarkozy s'affiche comme son fervent promoteur ?
La vitesse des changements climatiques que nous constatons a changé le regard sur le nucléaire. Nos émissions de gaz à effet de serre sont les moins élevées d'Europe en raison de son utilisation. De même, les économies d'énergie proposées et notre détermination à développer les énergies renouvelables - jusqu'à 20 % d'ici à 2020 - entraîneront mécaniquement la baisse du nucléaire dans le bouquet énergétique français.
La France entend porter votre message écologique devant l'Europe lors de sa présidence en 2008. N'est-ce pas paradoxal alors qu'elle est à la traîne sur des points cruciaux ?
Tous les pays d'Europe suivent avec beaucoup d'intérêt les discussions françaises du Grenelle et nous sommes en avance sur certains points ! Par exemple, nous émettons en France 6,2 tonnes de CO2 par habitant, alors que la moyenne européenne est de 8,75 ! Certains membres proposent d'ailleurs que nous réfléchissions à un grand Grenelle européen.
Si un moratoire sur les OGM devait s'imposer, comme le souhaitent 85 % des Français, comment la France se positionnerait-elle sur le plan européen ?
Les OGM ont été traités jusqu'à présent comme un simple produit commercial dans les discussions de l'OMC. Il faut avant tout savoir de quels OGM on parle. Un consensus s'est dégagé avec tous les acteurs pour un texte de loi clair et une haute autorité indépendante pour sortir de l'hypocrisie sur ce sujet.
Vous n'avez pas droit à l'échec à l'issue de ce Grenelle ?
C'est un laboratoire pour la planète entière ! L'investissement de tous les acteurs et la qualité des propositions est une grande avancée. Nous engageons aujourd'hui l'étape opérationnelle, tous ensemble. Aucun pays ne s'est pour l'instant inscrit dans une politique ambitieuse de développement durable. C'est ce que nous faisons.
Propos recueillis par Catherine Levesque - ©2007 20 minutes
20 Minutes, éditions du 23/10/2007 - 23h25
dernière mise à jour : 23/10/2007 - 23h25
Posté le 25.10.2007 par ecoville
Patrick Kvarik AFP ¦ Alain Bougrain-Dubourg, Nicolas Hulot Sebastien Genest et Nadir Saifi lors du Grenelle de l'Environnement le 24 octobre 2007 à Paris
8h07: Jean-Michel Lemétayer, patron du principal syndicat agricole français, la FNSEA, a affirmé qu'il n'accepterait «pas n'importe quoi» concernant la réduction de l'usage des pesticides. Evoquant la réduction des phytosanitaires de 50% en dix ans, réclamée par les écologistes, il a jugé que «ça mettrait la production en péril s'il y a une maladie et qu'on ne peut plus lutter contre».
7h51: Après une première journée fructueuse, les négociations du Grenelle de l'environnement ont repris jeudi matin à Paris, au ministère de l'Ecologie. Au menu, deux dossiers sensibles, les OGM et la réduction des pesticides. Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier s'est joint aux débats.
Après la 4e et dernière table ronde en début d'après-midi, les conclusions du Grenelle seront examinées par le président Nicolas Sarkozy qui doit prononcer un discours à partir de 16h00. Le chef de l'Etat devra trancher sur la taxe carbone.
Patrick Kvarik AFP ¦ Alain Bougrain-Dubourg, Nicolas Hulot Sebastien Genest et Nadir Saifi lors du Grenelle de l'Environnement le 24 octobre 2007 à Paris
Avec AFP
20Minutes.fr, éditions du 25/10/2007 - 08h04
dernière mise à jour : 25/10/2007 - 08h11
Posté le 24.10.2007 par ecoville
Patrick Kovarik AFP/Archives ¦ Jean-Louis Borloo (g) et la secrétaire d'Etat chargée de l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, le 27 septembre 2007 à Paris
Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie et du Développement durable, répond à 20Minutes alors que les conclusions du Grenelle de l'environnement sont attendus ce mercredi...
Alors que les négociations finales s’engagent, comment voyez-vous l’issue de ce Grenelle de l’environnement ?
Je tiens à saluer le travail de fond de tous les acteurs. Il faut déjà préparer le passage à l’acte qui suit cette échéance. Ma préoccupation, c’est de rattraper le retard de la France dans un certain nombre de domaines et, surtout, d’instaurer un système d’indicateurs et de suivi, indispensable pour une évaluation permanente des résultats.
>> Toute la journée, suivez les avancées du Grenelle de l'environnement sur notre blog en cliquant ici
Deux jours pour trancher des propositions élaborées en quatre mois, n’est-ce pas un peu court ? Cela donne aux ONG le sentiment que les dés sont jetés…
Non, les décisions ne sont pas prises en deux jours, les quatre mois de travail ont été très fructueux, regardez les conclusions. Les ONG ont pour rôle d’alerter et de rester vigilantes. Ce Grenelle, c’est bien au contraire le commencement de l’action !
Où allez-vous trouver l’argent pour financer les mesures ?
Il y a une erreur intellectuelle majeure sur l’idée que l’écologie coûte cher. C’est avant tout une question de méthode et d’organisation. Nous saurons impulser les moyens qu’il faut. En Italie, par exemple, 48 % de la restauration collective est bio, car ils se sont organisés. Ça ne leur revient finalement pas plus cher aujourd’hui. Nous allons aider les filières agricoles bio à se développer pour parvenir à un objectif de 20 % en France.
Un projet d’incinérateur en forêt de Brocéliande, des projets autoroutiers en Alsace et à Bordeaux, de gros problèmes en Guyane française… Pensez-vous que les collectivités sont mûres pour mener leurs projets en concertation avec les citoyens ?
Les choses ont bien évolué en termes de concertation. Voyez, par exemple, les nombreuses réunions régionales autour des propositions du Grenelle, l’intérêt et la participation de très nombreux Français qui ont débattu. Il en ressort qu’il faut favoriser massivement le ferroviaire et les transports propres en offrant les infrastructures adéquates. Augmenter notre capacité routière et autoroutière n’est plus l’urgence. Le secteur du bâtiment absorbe 42 % de notre énergie… Voilà toute une série de sujets sur lesquels la concertation a fonctionné !
Comment le Grenelle peut-il être crédible alors que le gouvernement prône une croissance souvent incompatible avec les exigences écologiques du moment ?
Si je pense que le modèle de croissance mondial tel qu’il a été conduit jusqu’alors a « pillé la planète », nous travaillons aujourd’hui sur un modèle d’économie durable. Avec le Grenelle, la France cherche à démontrer que c’est réalisable. Si je prends l’exemple du découplage des biens et des services, c’est-à-dire vendre l’usage ou la location d’un bien plutôt que le bien lui-même [autopartage ou Vélib’, ndlr], c’est une forme d’économie durable. Parmi les propositions, il y a le projet d’informer le consommateur du coût écologique des produits.
Comment le Grenelle peut-il traiter la question du nucléaire alors que le président Nicolas Sarkozy s’affiche comme son fervent promoteur ?
La vitesse des changements climatiques que nous constatons a changé le regard sur le nucléaire. Nos émissions de gaz à effet de serre sont les moins élevées d’Europe en raison de son utilisation. De même, les économies d’énergie proposées et notre détermination à développer les énergies renouvelables - jusqu’à 20 % d’ici à 2020 - entraîneront mécaniquement la baisse du nucléaire dans le bouquet énergétique français.
La France entend porter un message écologique devant l’Europe lors de sa présidence en 2008. N’est-ce pas paradoxal alors qu’elle est à la traîne sur des points cruciaux ?
Tous les pays d’Europe suivent avec beaucoup d’intérêt les discussions françaises du Grenelle et nous sommes en avance sur certains points! Par exemple, nous émettons en France 6,2 tonnes de CO2 par habitant, alors que la moyenne européenne est de 8,75! Certains membres proposent d’ailleurs que nous réfléchissions à un grand Grenelle européen.
Si un moratoire sur les OGM devait s’imposer, comme le souhaitent 85 % des Français, comment la France se positionnerait-elle sur le plan européen?
Les OGM ont été traités jusqu’à présent comme un simple produit commercial dans les discussions de l’OMC. Il faut avant tout savoir de quels OGM on parle. Un consensus s’est dégagé avec tous les acteurs pour un texte de loi clair et une haute autorité indépendante pour sortir de l’hypocrisie sur ce sujet.
L’échec du Grenelle est-il envisageable?
C’est un laboratoire pour la planète entière ! L’investissement de tous les acteurs et la qualité des propositions est une grande avancée. Nous engageons aujourd’hui l’étape opérationnelle, tous ensemble. Aucun pays ne s’est pour l’instant inscrit dans une politique ambitieuse de développement durable. C’est ce que nous faisons.
Patrick Kovarik AFP/Archives ¦ Jean-Louis Borloo (g) et la secrétaire d'Etat chargée de l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, le 27 septembre 2007 à Paris
Recueilli par Catherine Levesque et Carole Chatelain
20Minutes.fr, éditions du 23/10/2007 - 23h02
dernière mise à jour : 23/10/2007 - 23h11
Posté le 23.10.2007 par ecoville
Combien de CO2 émet un Master en business and administration (MBA) ? L’école de commerce HEC s’est posée la question et a fait réaliser son bilan carbone. «Sur une année, ce sont 551 tonnes d’équivalent CO2 émis sur l’ensemble des postes », selon Thierry Fornas, ancien élève du master et président fondateur de EcoAct, l’entreprise qui a réalisé ce bilan.
Réduire son impact sur l’environnement
Déplacements des collaborateurs, utilisation des ordinateurs, gestion des déchets et consommation énergétique du bâtiment… tout a été passé au crible. HEC a ainsi reçu une série de préconisations pour réduire son impact sur l’environnement. Le poste le plus lord est celui des transports des collaborateurs et des participants au master. Pour les déplacements faits en France, préférer le train à l’avion permettrait de réduire considérablement les émissions des collaborateurs. « Un Paris-Grenoble en train divise par 71 les émissions de CO2 par rapport au même trajet en avion », explique Thierry Fornas. D’autres recommandations concernent le bâtiment. Dans l’immédiat, il faudrait basculer vers l’utilisation généralisée d’ampoules à basse consommation. Ensuite, des investissements plus lourds d’isolation et d’installation de panneaux solaires pourraient être envisagés.
Ces efforts devraient réduire de 30 à 40% les émissions du MBA.
Alors que faire pour les 60-70% qui restent ? HEC a choisi de compenser ses émissions de carbone, dites incompressibles, en finançant le programme « Planète Solidaire » d’EcoAct, un projet de reforestation de la forêt primaire de la Mata Atlantica au Brésil. L’objectif est double : réduire au maximum l’empreinte écologique du MBA et améliorer les conditions de vie des populations locales brésiliennes. Compenser une tonne de CO2 par ce biais coûte entre 14 et 20 euros. Pour son MBA, HEC a décidé de compenser la totalité des 551 tonnes de CO2 émis, histoire d’être totalement neutre en Carbone dès cette année. 11 020 euros c’est donc le prix maximum de cette opération. Un bon investissement fait par ceux qui forment les managers de demain.
Nadia Loddo Nadia Loddo
Metrofrance.com
Posté le 22.10.2007 par ecoville
Vous réfléchissez depuis des années au développement durable, à quoi ressemblerait pour vous une société qui se serait résolument tournée dans cette direction ?
Il est très difficile de dire ce qu'est une société durable. Il n'en existe nulle part. Mais on sait très bien qu'il faut aller vers le découplage entre la création de richesses et ce qui a toujours sous-tendu cet enrichissement, à savoir des flux croissants de matières et d'énergie. Cette équation n'est plus tenable sur le plan énergétique, à cause du réchauffement climatique. Et, on le sait moins, parce que ce qui se passe sur le climat n'est qu'un cas parmi l'explosion à partir de 1950 de tous les flux de matières exprimant l'impact des activités humaines sur la biosphère. L'échelle a complètement changé, qu'il s'agisse des conséquences en termes de déforestation, de désertification, de diminution des ressources halieutiques...
La conservation de la biodiversité doit donc être traitée avec autant d'attention que le réchauffement climatique ?
Oui. On a trop tendance à penser qu'il s'agit seulement de conserver un musée vivant des espèces aujourd'hui présentes sur la planète. Ce n'est pas du tout le problème. La biodiversité est la base des services vitaux que les écosystèmes nous rendent. En dépendent le niveau et la qualité des récoltes, l'ampleur du cheptel, la quantité de bois pour le chauffage, la qualité de l'air, de l'eau...
Alors que l'attention est surtout portée sur la protection de l'environnement, vous insistez sur la dimension sociale du développement durable, pourquoi ?
Il est indispensable de ne pas oublier cet aspect. Lorsque Adam Smith publiait La Richesse des nations en 1776, les inégalités entre grandes aires culturelles étaient inférieures à un rapport de 1 à 2. En 2000, ce rapport variait de 1 à 74. L'essentiel de cet écart s'est formé dans la seconde moitié du XXe siècle. Cette ampleur des inégalités interpelle d'autant plus que nous sommes entrés dans un monde de ressources finies et que va se poser de façon de plus en plus aiguë la question de l'accès à ces ressources. Or il est difficile d'envisager de demander aux citoyens de faire des efforts dans l'usage de ces ressources, si ces efforts ne sont pas également répartis. L'idéal social du développement durable doit être de permettre à chacun d'accéder à un niveau de vie correct. D'une certaine façon, c'est en contradiction avec son objectif environnemental, puisque permettre à des milliards de personnes de vivre correctement suppose d'accroître les niveaux de consommation. Voilà pourquoi il me paraît impossible de séparer les enjeux sociaux et environnementaux, ils doivent être menés de front.
Vous renvoyez dos à dos ceux qui estiment que la solution se trouve dans une révolution technologique et ceux qui au contraire ne voient pas d'issue hors de la décroissance.
Une pure et simple décroissance me paraît idiot, car d'abord tout n'a pas vocation à décroître et, d'autre part, une décroissance généralisée signifie une déprime généralisée avec des problèmes sociaux infinis. Prétendre que le progrès technologique peut nous sauver est tout autant une ânerie. Pour plusieurs raisons. N'oublions pas que le progrès technique est responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Car chaque avancée technologique génère un "effet rebond" : quand une technologie permet des gains de productivité et des économies de matières dans un domaine, elle libère une manne financière qui va se réinvestir dans un autre domaine et donc alimenter d'autres flux de matière. Au total, on n'aura rien gagné ou pas grand-chose. N'oublions pas non plus que souvent ces progrès réservent à moyen ou à long terme de mauvaises surprises pour l'environnement. Les effets des CFC (chlorofluocarbures) sur la couche d'ozone seront détectés dans les années 1970, alors que leur invention remonte aux années 1920 et leur fabrication à des quantités industrielles aux années 1950. Aujourd'hui, on découvre que les pneus génèrent des problèmes sur le plan éco-toxicologique.
Que proposez-vous alors ?
Il faut repenser nos façons de produire en ayant pour objectif le découplage. C'est ainsi que nous pouvons progresser vers une dématérialisation de nos économies, enrayer les flux de matières sans compromettre la réduction de la pauvreté et sans affaiblir nos facultés d'adaptation inséparables de l'innovation technologique.
Concrètement comment réalise-t-on ce découplage ?
Il existe deux stratégies possibles. La première réside dans le développement de l'écologie industrielle, encore appelée économie circulaire. Ce mode de production s'inspire du fonctionnement quasi cyclique des écosystèmes. L'application la plus connue est celle des écoparcs industriels dans lesquels les entreprises mutualisent l'utilisation de certains matériaux et où les déchets des uns peuvent servir de ressources aux autres. Le premier écoparc a été construit au début des années 1960 à Kalundborg au Danemark, sans dessein écologique à l'origine. Il en existe maintenant une cinquantaine dans le monde. Le gouvernement chinois vient ainsi de proposer un avant-projet de loi d'économie circulaire à l'échelle du pays. Le Japon est déjà bien engagé. Quatre projets sont en cours en France. Mais ce système suppose une certaine concentration industrielle. Les économies réalisées ne dépasseraient pas 30 % par rapport à un mode de production classique. C'est loin d'être suffisant.
La deuxième stratégie me paraît plus prometteuse : il s'agit de substituer à la vente d'un bien la vente de la fonction d'usage. C'est ce qu'on désigne par économie de fonctionnalité. En effet, tant que le chiffre d'affaires est corrélé à la vente d'un bien, il n'y a aucune incitation pour l'entrepreneur à réduire sa production physique. En revanche, s'il vend la fonction, son intérêt est que le support dure le plus longtemps possible, en y intégrant régulièrement des innovations technologiques.
Existe-t-il des expériences probantes ?
Dans le secteur des pneumatiques, Michelin s'est transformé en prestataire de services pour les transporteurs routiers. L'entreprise ne vend plus seulement des pneus, elle propose l'optimisation de l'état des pneumatiques, poste essentiel pour la consommation de carburant. Elle en assure donc la maintenance.
Ce système a rencontré un grand succès. Quelque 50 % des grandes flottes européennes de poids lourds l'utilisent avec Michelin ou un autre prestataire. La firme française a calculé que le fait de pouvoir recreuser et rechaper plusieurs fois un pneu usé multiplie la durée de vie de chacun par 2,5 et entraîne une réduction des déchets de 36 %. Dans l'électronique, la compagnie Xerox a mis en place un système de location exclusive de ses appareils avec un processus de récupération, de remise à niveau et de réutilisation des différents composants. Les éléments recyclés forment à eux seuls 90 % du poids de la machine louée.
Ce système ne peut-il s'appliquer qu'aux entreprises ?
Quelques initiatives ont été prises au niveau des individus, mais elles sont beaucoup plus complexes à mettre en oeuvre. Il existe ainsi le partage de voitures ou la vente de services énergétiques associant à la fourniture d'un chauffage un plan d'isolation et d'économie d'énergie. Et des expériences comme Vélib à Paris montrent que cela peut être une formidable réussite.
Le rapport que chaque individu entretient avec les objets, le besoin de posséder n'est-il pas un frein au développement de ce système ?
Certainement, mais il ne faut pas l'exagérer. La société de fonctionnalité que je défends au nom de l'environnement renvoie plus généralement à l'avènement de la société de l'accès décrite par l'économiste américain Jeremy Rifkin. C'est une tendance lourde de nos sociétés qui veut que l'on paie de plus en plus l'accès à un bien plutôt que le bien lui-même.
L'économie de fonctionnalité peut donc selon vous devenir un véritable levier vers une société durable ?
Sept pour cent des ressources utilisées pour obtenir des produits finis se retrouvent dans ces derniers, et 80 % de ces mêmes produits ne donnent lieu qu'à un seul usage : les marges de manoeuvre sont donc immenses. Tous les secteurs sont concernés : automobile, électronique, informatique, téléphonie mobile, électroménager... L'économie de fonctionnalité peut donc constituer un levier puissant pour conduire vers un monde d'objets supports beaucoup plus solides et intégrant un fort contenu d'innovation. Ce serait l'occasion aussi d'une cure de désintoxication pour se sevrer de modes de consommation dominés par la gadgétisation.
Croyez-vous vraiment qu'il soit possible d'engager cette mutation ?
Ce que je remarque, c'est qu'à chaque fois que je parle d'économie de fonctionnalité je suis écouté. Je n'ai eu aucune difficulté à faire passer cette idée dans le Grenelle de l'environnement même si, à ce stade, il n'est encore question que d'approfondir la réflexion sur le sujet.
Les industriels se disent qu'il y a peut-être une opportunité de maintenir de la recherche et développement sur le territoire, mais aussi de la production, car on ne fabrique pas de la même façon une machine destinée à durer vingt ans et non plus cinq. Ils y voient donc une réponse possible à la désindustrialisation. Dans une économie de production à très forte valeur ajoutée comme en Allemagne, la concurrence des pays à bas coût de main-d'oeuvre n'est plus un problème aussi vital.
Posté le 22.10.2007 par ecoville
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Initialement écartée des réunions régionales, Midi-Pyrénées, qui concentre beaucoup de problématiques environnementales, comme les cultures génétiquement modifiées, les ours, ou l'explosion de l'usine AZF, participe finalement aux débats préparatoires. La région s'est ajoutée au calendrier des 17 réunions régionales qui étaient prévues au départ jusqu'au 19 octobre. Mercredi et jeudi, une table ronde sera organisée pour déterminer un plan d'action de quinze à vingt mesures.
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20 Minutes, éditions du 22/10/2007 - 07h33
dernière mise à jour : 22/10/2007 - 07h48