POLITIQUE
Posté le 16.02.2008 par ecoville
Pour attirer les clients anglais, italiens, belges, américains, russes ou moyen-orientaux, les stations de sports d'hiver sont contraintes de dépenser des sommes très élevées. Bouchon/Le Figaro
Les stations de ski investissent pour séduire les étrangers.
Les responsables des stations de ski sont optimistes. « Quel que soit le domaine skiable, la fréquentation touristique est excellente, avec des taux de réservation pour les vacances de février et le mois de mars compris entre 70 % et 100 % suivant les endroits », assure Gilbert Blanc-Tailleur, président de l'Association nationale des maires de stations de montagne. Dans les Alpes, qui attirent 70 % des skieurs en France, la station de Combloux (Haute-Savoie) transforme l'essai du Nouvel An. « Les taux de réservation ont atteint 80 % pour la première semaine des congés d'hiver. La station affiche même presque complet du 16 au 23 févrie r, où il ne reste que des petites surfaces à louer » , souligne Laurent Anceney, directeur de l'office de tourisme. Dans les domaines skiables de moyenne altitude qui n'avaient pas eu de neige l'an dernier, les variations sont très fortes.
« Pour l'ensemble du domaine skiable français, nous dépassons actuellement la progression de 10 % de hausse de la fréquentation enregistrée pendant la saison record de 2005-2006 », résume Didier Arino, associé gérant du cabinet Protourisme. « Les perspectives de nos hébergeurs sont bonnes, confirme Éric Guilpart, directeur marketing de la Compagnie des Alpes, qui détient le tiers du marché français des remontées mécaniques. Elles font état de réservations en hausse de 7 %. Nous partons sur des progressions de chiffre d'affaires cumulées de plus de 14 % à périmètre comparable. »
Principale raison de ce succès, la météo. La neige est tombée en abondance sur les reliefs et les températures, froides la nuit, permettent de conserver un bon manteau neigeux malgré des journées très ensoleillées. « Les conditions de ski sont excellentes. La neige en quantité suffisante me permet cette année de déchausser au pied de l'appartement » , se réjouit Estelle, actuellement en séjour à La Plagne 1800. Cet environnement incite donc les vacanciers à opter pour la montagne, malgré des tarifs que de plus en plus de familles trouvent dissuasifs.
Selon le type d'hébergement choisi, à Combloux, une famille de quatre personnes peut se loger, louer du matériel et faire du ski pour un budget compris entre 1 500 euros et 2 500 euros pour une semaine. Mais en villages vacances, et surtout en haute saison, les prix explosent. Sur une longue période, les chiffres de fréquentation sont sans appel : la proportion de Français qui partent à la neige en hiver ne dépasse pas 8 %. Ils étaient 10 % il y a vingt ans. Autre constatation inquiétante pour les professionnels de l'or blanc, il y a de moins en moins de skieurs.
Toutes les stations se tournent donc vers la clientèle étrangère. Certaines en ont fait leur cible privilégiée. Ainsi Courchevel 1850. La station peut les attirer avec ses dix-sept hôtels 4 étoiles, dont dix « 4-étoiles luxe » (parmi lesquels le Cheval Blanc de Bernard Arnault ou Les Airelles, récemment racheté par l'homme de télévision Stéphane Courbit). Elle aura bientôt son 18e palace avec le Pashida, construit par le promoteur haut-savoyard MGM : 42 appartements de 3 à 5 pièces commercialisés à 24 000 euros le mètre carré, avec des services très haut de gamme (spa, piscine intérieure chauffée, conciergerie…). Dans ce lieu qui attire les gens riches et célèbres, la clientèle étrangère fait vivre la station et achète les programmes : les Russes, par exemple, représentent 45 % du chiffre d'affaires. « Il y a en France environ 1,8 million de skieurs étrangers chaque année pour 7 millions de skieurs français », remarque Didier Arino.
En dessous du 3-étoiles,point de salut
Pour attirer les clients anglais, italiens, belges, américains, russes ou moyen-orientaux, les stations sont contraintes d'investir des montants astronomiques. À Courchevel, le budget d'investissement de la commune, soit 85 millions d'euros, dépasse celui de Chambéry et d'Annecy réunis. Des sommes qui vont être utilisées pour améliorer les infrastructures de ski (télécabines, remontées mécaniques automatisées). « La Satel de la Cluzaz vient de dépenser 5 à 6 millions d'euros dans une remontée mixte, télésiège-télécabine », explique Laurent Reynaud, président du Syndicat national des téléphériques de France (SNTF) .
Mais aussi dans les activités d'après-ski (centres de détente et de remise en forme). Sans oublier la carte de l'hébergement . « Il y a trop d'investissements sur de l'immobilier sec de type appartement, alors que le marché a besoin que l'on crée des lits chauds, c'est-à-dire des hôtels et des villages de vacances offrant de nombreux services », remarque Didier Arino . Le 3-étoiles est devenu le standard. En dessous, point de salut ! « Le potentiel de progression est donc sur le haut de gamme pour lequel la France a beaucoup de retard », explique Jean-Paul Lainé, responsable du développement d'Intrawest France, qui vient d'achever tout un village inspiré de l'architecture traditionnelle des Alpes, aux Arcs 1950 . Sur le seul massif alpin, les experts estiment qu'il faudrait plus de 3 000 lits supplémentaires en hôtellerie 4 étoiles et 4 étoiles luxe, et pas moins de 5 000 lits de plus pour les villages de vacances haut de gamme .
Ces derniers, ainsi que les hôtels, ont une progression moyenne cette année de 20 % de leur chiffre d'affaires, à l'instar de Belhambra (ex-VVF), Vacanciel ou des résidences de tourisme avec services de Pierre et Vacances . Les communes qui auront anticipé dans tous ces domaines, seront les grandes gagnantes de demain.
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Posté le 15.02.2008 par ecoville
Andreas Solaro AFP/Archives ¦ Avion Alitalia à l'aéroport de Rome
Alerte générale chez les policiers suédois, qui redoutent une action de militants écologistes dans les aéroports du pays.
La menace et la raison de ces possibles actions ne sont pas clairement identifiées mais néanmoins prises très au sérieux par les forces de l’ordre. «Nous ne pouvons pas préciser quels aéroports sont concernés et quelles menaces pour des raisons de sécurité », a expliqué le porte-parole de la police criminelle.
L’agence suédoise TT a annoncé que la sécurité avait été renforcée dans les aéroports, une information pour l’heure non confirmée par la police. A 13 heures, aucune perturbation n’était à signaler.
Andreas Solaro AFP/Archives ¦ Avion Alitalia à l'aéroport de Rome
Avec agence
20Minutes.fr, éditions du 15/02/2008 - 15h31
dernière mise à jour : 15/02/2008 - 15h31
Posté le 14.02.2008 par ecoville
Jacques Demarthon AFP ¦ L'ancien conseiller spécial de François Mitterrand Jacques Attali quitte le 30 août 2007 l'Elysée à Paris
Jacques Attali égratigne le «Grenelle de l'environnement»
En privé, Jacques Attali n'a pas de mots assez durs à propos du «Grenelle de l'environnement ». «Toutes les bonnes idées ont été gâchées par la démagogie financière», estime le président de la commission pour la libération de la croissance française. «Cette démagogie, souligne-t-il, a conduit les participants à mettre de côté toute évaluation chiffrée des mesures, et à ne pas chercher à étudier leur faisabilité.» Résultat : «Lancer des idées en l'air sans savoir ce qu'elles vont coûter aux uns et aux autres est la meilleure manière de ne jamais les voir appliquer», estime-t-il.
Posté le 12.02.2008 par ecoville
Vue par satellite de la Terre en juillet 2007 Photo: ho/AFP/NASA/Archives
L'Année internationale de la Planète Terre (AIPT), destinée à souligner le rôle joué par les géosciences "pour une planète plus sûre, plus saine et plus pérenne", a été lancée mardi à Paris par le directeur général de l'Unesco, M. Koïchiro Matsuura.
"Nous ne pourrons réagir efficacement aux menaces (qui mettent en danger notre planète) sans les sciences de la Terre", a-t-il souligné, devant un millier de participants, en citant parmi les défis auxquels il faut actuellement faire face le réchauffement climatique, l'urbanisation, les catastrophes naturelles...
Organisée à l'initiative conjointe de l'Unesco et de l'Union internationale des sciences géologiques (IUGS), l'AIPT, soutenue par 191 pays, se déroule en fait sur trois ans (2007-2008-2009). Mais les Nations Unies ont proclamé 2008 année majeure de cette période, avec un programme consultable sur les sites www.anneeplaneteterre.com et www.yearofplanetearth.org.
Pour le président de l'IUGS, M. Zhang Hongren, il s'agit au cours de cette année "de sensibiliser l'opinion et les pouvoirs publics à l'importance des géosciences" pour gérer les ressources et "limiter les risques pour les habitants de la planète".
La France "a décidé de nommer cette Année internationale celle des +Géosciences au service de l'Humanité+", a annoncé pour sa part lors de la cérémonie d'ouverture le secrétaire d'Etat français chargé des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet.
L'Unesco appelle les scientifiques à travailler sur dix grands thèmes "particulièrement pertinents pour l'humanité" : la santé, le climat, les eaux souterraines, les océans, les sols, les profondeurs de la Terre, les mégalopoles, les risques naturels, les ressources naturelles et la vie.
Dans une "Déclaration de Paris" proclamée mardi, l'Unesco et l'IUGS pressent responsables, public, industries, fondations à profiter de cette année pour prendre en compte les sciences de la Terre dans leurs décisions, leurs initiatives ou leur manière de vivre.
Cette opération n'est pas destinée à mettre en oeuvre des "programmes nouveaux et originaux", mais plutôt "à sensibiliser le public, à mettre à la disposition du plus grand nombre les connaissances" sur ces matières, avait récemment précisé le président du Comité national français, Denis Vaslet, du Bureau français de recherches géologiques et minières (BRGM).
En France, plus de 200 projets (expositions, colloques ouverts au public, conférences...) ont déjà été labellisés "Année de la Terre", avec un effort particulier sur les animations scolaires et les excursions sur le terrain avec des géologues, des géographes...
PARIS (AFP)
© 2008 AFP
Posté le 07.02.2008 par ecoville
Paris, 15h34 : un conducteur de taxi déguisé provoque les forces de l'ordre sur l'autoroute A1, à la sortie de Paris. Crédit : AFP.
Posté le 06.02.2008 par ecoville
Jean-Pierre Muller AFP/Archives ¦ Un champ de maïs transgénique
Le ministre de l'Agriculture a annoncé ce mardi devant le Sénat que de nouvelles autorisations d'essais de cultures OGM en plein champ seront délivrées «dès 2008».
«Clause de sauvegarde» pour les cultures commerciales uniquement
«A cette fin, j'ai obtenu que par décret une commission d'évaluation des demandes d'autorisation d'essais en plein champ soit mise en place. Cette commission nous permettra d'autoriser dès 2008 des essais en champs dans des conditions sécurisées», a déclaré Michel Barnier en présentant le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés.
Ce projet de loi, dont le Sénat a commencé ce mardi l'examen, doit créer un Haut Conseil des biotechnologies, qui sera chargé de procéder à l'évaluation préalable du risque lié à ce type d'essais.
Quid, alors, de la «clause de sauvegarde», activée par la France à Bruxelles? En réalité, cette suspension ne concernait pas les essais à des fins de recherches mais seulement les cultures OGM en milieu ouvert, notamment celle de la seule culture commerciale concernée, le maïs MON810. Et ce jusqu'à ce que la commission européenne ait procédé à de nouvelles expertises. Les associations écologistes espéraient toutefois que les essais scientifiques ne seraient pas étendus.
Pour une «loi de protection»
Contactée par 20minutes.fr, l'association Les Amis de la Terre estime qu'«on observe un décalage de plus en plus important entre les déclarations de Jean-Louis Borloo et celles du ministre de l'Agriculture. Le premier avait garanti la mise en place d'une loi de protection, garantissant le droit de produire et de consommer sans OGM. Le second présente une loi qui inscrit en préambule le droit de produire et de consommer AVEC ou sans OGM». En contrepartie, les agriculteurs qui mettent en culture des OGM seraient tenus de souscrire une garantie financière afin de pouvoir réparer le préjudice économique éventuel en cas de contamination accidentelle. Une demande excessive, selon les agriculteurs, absurde selon les associations. «Une fois que la contamination a eu lieu, c'est trop tard», souligne Guy Kastler, représentant des Amis de la Terre au Grenelle de l'environnement.
«Il faut que les sénateurs prennent leurs reponsabilités. La résistance citoyenne a empêché le développement des OGM depuis dix ans, ce n'est pas une loi qui va les en empêcher», ajoute-t-il.
«Contraire à l'engagement du gouvernement»
Pour Lylian Le Goff, responsable de la mission biotechnologies de la fédération France nature environnement (FNE, 3000 associations), chargé du dossier OGM, «l'annonce de Michel Barnier n'est certainement pas conforme à l'engagement du gouvernement en faveur d'une recherche scientifique renforcée, transparente et pluraliste».
Les Verts, eux, ont jugé que les déclarations de Michel Barnier faisaient penser «quasiment à de l'escroquerie. Car suspendre les cultures en plein champ en hiver pour les reprendre au printemps, c'est à la fois se moquer du monde et ne pas tenir sa promesse», s'est insurgée la responsable.
«Que le ministre de l'agriculture cède aux lobbies par avance, avant même que le débat ait été mené au parlement, est pour les Verts à la fois totalement déprimant, absolument scandaleux et dramatiquement prévisible», a-t-elle poursuivi.
Le PS s'oppose au texte
Le PS a quant à lui affirmé qu'il «s'opposait» à ce texte qui ne garantit pas «la liberté de cultiver sans OGM». «Alors que le Grenelle de l'Environnement a révélé les grandes réticences des Français à admettre les cultures d'OGM, le gouvernement a choisi de céder aux pressions des grandes multinationales de biotechnologie», a-t-il poursuivi dans communiqué.
Jean-Pierre Muller AFP/Archives ¦ Un champ de maïs transgénique
C. F. avec agence
20Minutes.fr, éditions du 05/02/2008 - 18h55
dernière mise à jour : 05/02/2008 - 20h59
Posté le 05.02.2008 par ecoville
En plus des difficultés liées aux voies encombrées, le gouvernement doit faire face à une difficulté d'approvisionnement en charbon, électricité et pétrole.
Crédit : REUTERS
Posté le 04.02.2008 par ecoville
Vue d'artiste : projet d'île artificielle en forme de tulipe, telle qu'elle apparaîtrait sur une image satellite.
Si le réchauffement climatique prévu pour les prochaines décennies a bien lieu, les Pays-Bas seront triplement menacés. La montée des océans et la force accrue des tempêtes mettront à rude épreuve le système de barrages et de polders qui maintient au sec le territoire national, déjà en grande partie en dessous du niveau de la mer. En outre, la multiplication des périodes de fortes pluies en Europe provoquera des crues soudaines de la Meuse et du Rhin, qui traversent le pays. Enfin, les Pays-Bas sont de plus en plus bas : des provinces entières, dont le sous-sol est composé de tourbe, s'enfoncent inexorablement.
Plat pays
Plus de 16 millions d'habitants sur 41 528 km2, dont un quart situé en dessous du niveau des eaux, une côte battue par la mer du Nord à l'estuaire de trois fleuves (Rhin, Escaut, Meuse) : les Pays-Bas ne seraient rien sans leurs ponts et leurs digues.
BARRAGE ANTI-TEMPÊTE
Fleuron des travaux de génie hydraulique du plan Delta destiné à lutter contre l'assaut des eaux, le Maeslantkering, immense barrage anti-tempête situé dans le Nieuwe Waterweg, près de Rotterdam, a été inauguré en 1997. Le 9 novembre 2007, pour la première fois de son histoire, ses portes se sont refermées pour lutter contre la violence des intempéries.
[-] fermer
Comme ils ont su le faire dans le passé, les Néerlandais se mobilisent. Le puissant corps des ingénieurs en travaux publics reste fidèle à la grande tradition de lutte systématique contre l'invasion de l'eau : il affirme qu'il suffira de rehausser les digues, de renforcer les barrages et les écluses, de multiplier les stations de pompage et de remblayer les dunes côtières, voire de les recouvrir d'asphalte.
Face à cette école "classique", des équipes d'architectes, d'urbanistes, d'entrepreneurs et d'élus locaux tentent d'imaginer des solutions innovantes, en rupture avec la tradition : au lieu de mener une guerre sans fin contre l'eau, pourquoi ne pas réapprendre à vivre un peu en harmonie avec elle ?
Les partisans de l'approche "naturelle" viennent de remporter une première victoire, avec le lancement d'un grand projet national, qui consistera à élargir les lits de la Meuse et du Rhin en détruisant les digues pour les reconstruire plus loin, puis à raser les talus et les bâtiments risquant de faire goulot d'étranglement en cas de crue. Le projet prévoit aussi la création de "rivières vertes", zones à usages multiples qui, selon les périodes, seront tour à tour des prairies, des marécages ou des lacs.
Dans les villes, la mise en œuvre de ces nouveaux principes entraînera des bouleversements encore plus spectaculaires, y compris dans les mentalités. L'un des principaux lieux d'expérimentation sera la splendide cité historique de Dordrecht, construite sur une île fluviale, au confluent de quatre cours d'eau et proche d'un estuaire dans lequel la mer s'engouffre à marée haute. Depuis des années, la ville avait prévu de raser une friche industrielle proche du centre-ville pour créer un nouveau quartier d'habitations et d'activités. Pour tenir compte de la future montée des eaux, la municipalité et la commission des eaux (une instance puissante et respectée, élue au suffrage universel) ont modifié le plan initial et inventé un nouveau concept : le quartier amphibie, où l'eau pourra entrer et sortir sans trop perturber la vie des habitants.
Le pourtour du futur quartier sera surélevé grâce à un large talus en arc de cercle, sur lequel on construira des bâtiments classiques. En revanche, le centre sera creusé et transformé en zone inondable capable de stocker l'eau en cas de crue. La grande nouveauté est que cette zone basse sera aussi habitée. Pour cela, la municipalité a demandé à l'entreprise de BTP Dura Vermeer et au cabinet d'architectes britanniques Barker and Coutts de concevoir des maisons d'un genre nouveau. Certaines seront flottantes, construites sur des pontons en bois et en polystyrène enrobé de béton. D'autres seront "amphibies" : leurs pontons seront simplement posés sur le sol en période de basses eaux et se mettront à flotter quand viendront les crues. Pour qu'elles ne partent pas à la dérive, elles coulisseront autour d'un pilier central planté dans le sol. Il y aura aussi des maisons carrément "inondables" : le rez-de-chaussée sera construit et équipé en matériaux résistants à l'eau et toute l'électricité sera installée près du plafond. De même, les rues et les trottoirs du quartier seront en fait des pontons flottants articulés. Les espaces publics seront parfois des parcs et des esplanades, parfois des lacs et des petits ports de plaisance.
Chris Zevenbergen, l'un des responsables de la société Dura Vermeer, semble très sûr de lui : "Au début, on nous a pris pour des fous furieux, mais l'idée qu'un même lieu pouvait avoir plusieurs usages a été vite adoptée dans un petit pays surpeuplé comme le nôtre. Nous allons réapprendre aux architectes et aux ingénieurs hydrauliques à travailler ensemble. Nous ferons appel à des technologies éprouvées. Par exemple, nous savons déjà faire des pontons légers et solides, qui restent stables dans les vagues." Sa société a construit un lotissement pilote de cinquante maisons flottantes et amphibies, à Maasbommel. Reste à savoir si le grand public aura envie de s'installer dans ces quartiers aquatiques. Les premières études menées par des agents immobiliers sont très positives pour les maisons flottantes, mais le concept de maison inondable est plus difficile à vendre.
D'autres experts militent pour que les Pays-Bas se lancent dans une nouvelle ère de grands travaux, par exemple pour surélever certains polders avec du sable venu du fond de la mer du Nord - une opération impensable dans le passé, mais désormais réalisable grâce à la puissance des engins de terrassement et aux techniques de fertilisation des sols.
Adrian Geuze, célèbre architecte et urbaniste de Rotterdam, a conçu un projet encore plus ambitieux : la création, à une trentaine de kilomètres au large des côtes de la Flandre et de la Hollande, de cinq îles artificielles longues et étroites. La plus grande pourrait atteindre 100 km de long. "C'est moins cher et moins difficile qu'il n'y paraît, affirme M. Geuze. D'ailleurs, nos entreprises sont en train de construire les îles artificielles de Dubaï." La forme et la taille des îles seront calculées en tenant compte de milliers de facteurs naturels. Elles seront "dynamiques", c'est-à-dire que leur littoral évoluera sous l'influence des vents, des marées et des courants. Elles protégeront les régions côtières des tempêtes en brisant la force des vagues et permettront de stabiliser le littoral continental, en diminuant l'amplitude des marées et en limitant l'érosion. On pourra y faire pousser des forêts et des prairies, y installer des bases de loisirs et même un port industriel, pour soulager l'encombrement de Rotterdam. La vie pourra se développer, car les dunes artificielles retiendront les eaux de pluie et deviendront des nappes phréatiques.
Malgré ces projets futuristes, les Pays-Bas savent qu'ils doivent aussi se préparer au pire. En novembre 2008, le gouvernement organisera un exercice d'alerte d'envergure nationale, destiné à tester l'efficacité des services publics et d'urgence en cas d'inondation catastrophique.
Yves Eudes (Dordrecht, envoyé spécial)
Posté le 01.02.2008 par ecoville
Corinne Lepage, le 16 janvier 2008 à Paris Photo: Stephane de Sakutin/AFP/archives
Une mission confiée à Corinne Lepage dans la foulée du Grenelle de l'environnement formule 88 propositions pour restaurer la confiance de la société dans l'information environnementale, mise à mal par l'opacité sur des sujets sensibles comme OGM, pesticides et pollutions maritimes.
Il faut "restaurer la confiance des Français sur l'information environnementale et sur l'expertise parcequ'ils sont très dubitatifs sur tout cela", déclare à l'AFP l'ancienne ministre de l'environnement qui a remis vendredi son rapport au ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo.
Il s'agit tout d'abord de permettre à chaque citoyen de bénéficier d'un accès aux documents dans des conditions analogues à ce qui se fait en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis : "pour qu'il y ait de la confiance il faut qu'il y ait de la transparence", souligne-t-elle.
"On a vraiment besoin d'une information extrêmement indépendante du pouvoir politique sur toutes les données brutes", estime-t-elle, regrettant que l'Institut français de l'environnement (Ifen) ait perdu son autonomie en devenant un simple service du ministère de l'Ecologie.
Ce "devoir d'informer" impliquerait de "limiter le secret industriel" pour que toutes les études sur la santé et l'environnement soient obligatoirement communiquées au public.
Détenir une information ayant des incidences sur la santé et l'environnement et la cacher en toute connaissance du risque, serait sanctionné par un "délit de rétention d'informations".
A contrario, un statut de protection des "lanceurs d'alertes" serait créé pour les chercheurs qui communiqueraient leurs informations.
Le cas du chercheur Pierre Meneton traduit en justice cette semaine pour avoir dénoncé le poids des lobbies dans le domaine de la santé témoigne de la nécessité de cette protection juridique, souligne Corinne Lepage.
Le rapport propose également de créer une "Haute autorité de l'expertise", une instance indépendante qui assurerait une "expertise plurielle, pluridisciplinaire et contradictoire" pour éviter les conflits d'intérêt.
Et pour mieux cadrer les responsabilités des pollueurs, un "délit de délinquance écologique" serait introduit dans le code pénal, regroupant ce qui existe déjà dans le code de l'environnement et ce qui pourrait venir dans d'autres domaines, par exemple la pollution des sols ou la pollution de l'air qui ne constituent pas des infractions actuellement.
En outre, le champ de "la mise en danger délibéré d'autrui" serait étendu au "risque sanitaire et environnemental".
La mission propose d'instaurer "un régime de responsabilité des sociétés mères en cas de défaillance de leurs filiales", faisant écho aux propos du chef de l'Etat qui avait estimé lors du Grenelle qu'"il n'est pas admissible qu'une maison-mère ne soit pas tenue pour responsable des atteintes portées à l'environnement par ses filiales".
La directive européenne sur la responsabilité environnementale va être transcrite au printemps en droit français, a annoncé récemment la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, en prévenant que le gouvernement ne "s'interdirait pas d'aller plus loin, dans le sens du rapport Lepage".
La mission qui a été confiée en novembre à Corinne Lepage, présidente de Cap 21, partie prenante du Mouvement démocrate (MoDem) de François Bayrou, doit se poursuivre au printemps avec une nouvelle série de recommandations concernant la gouvernance écologique dans la perspective de la présidence française de l'Union européenne.
Par Emmanuel ANGLEYS PARIS (AFP)
© 2008 AFP
Posté le 30.01.2008 par ecoville
La distribution s'engage sur l'environnement. Mardi 29 janvier, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a signé, avec le ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables (Medad), une convention, élaborée dans le cadre du Grenelle de l'environnement, sur leurs engagements mutuels en matière de développement durable. En 2003 et en 2005, la FCD avait lancé deux programmes pour favoriser le commerce durable. Ils avaient notamment abouti à une baisse du tonnage des emballages ménagers de près de 10 % et à une réduction du nombre de sacs de caisse de 70 % depuis 2002.
"Nous réfléchissions au lancement d'un troisième programme, et on s'est dit que ce serait bien de s'engager avec le ministère. Les engagements que nous prenons aujourd'hui sont ambitieux, mais très réalistes", indique Jérôme Bédier, président de la FCD. Parmi les points les plus visibles et les plus marquants, supermarchés et hypermarchés promettent de doubler d'ici à trois ans le nombre de produits bénéficiant d'un éco-label.
Bernard Cressens, directeur des programmes WWF France, pour qui cet accord constitue un prolongement attendu du Grenelle, reste prudent : "Il faut que l'information demeure lisible pour les consommateurs, ce que la multiplication des labels ne favorise pas". Selon lui, "la labellisation ne doit surtout pas être une barrière infranchissable pour les petits producteurs. Sinon l'alimentation de qualité restera réservée à une minorité. Or, nous voulons au contraire qu'elle devienne accessible à l'ensemble des Français."
PLUS D'AGRICULTURE BIO
Autre engagement des distributeurs : augmenter d'au moins 15 % par an la part des produits issus de l'agriculture biologique dans le total de leurs ventes alimentaires. "Aujourd'hui, ils représentent entre 1 % et 1,5 % de nos ventes. Nous voulons imiter l'Allemagne, qui a un chiffre de 3,3 %", souligne M. Bédier. Mais pour que cet engagement ne reste pas à l'état de voeu pieu, il faudra que l'évolution de la production le permette. Aujourd'hui, la culture biologique ne représente que 1,8 % de la surface agricole en France. "L'implication plus forte de la grande distribution peut constituer un atout majeur pour sortir l'agriculture biologique de la position marginale qu'elle occupe aujourd'hui", estime toutefois M. Cressens.
La distribution s'engage aussi à réduire "au maximum" la production des déchets d'emballage, avec un objectif plancher de - 10 %. Enfin, elle va expérimenter dès 2008 l'affichage du bilan carbone - c'est-à-dire leur masse en CO2 correspondant à leur transport, leur production... - sur 300 produits de consommation courante à marques de distributeurs et à marques nationales. Jean-Louis Borloo souhaite faire de la France le premier pays du monde à pratiquer ce double affichage, avec un prix en euro et un prix écologique. En juillet 2007, Casino a annoncé son intention d'afficher une "étiquette carbone" sur 3 000 de ses produits en 2008.
Nathalie Brafman et Laurence Caramel