ENERGIE
Publié le 30/11/2007 à 12:00 par ecoville
Stéphane de Sakutin AFP/Archives ¦ Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo (C 1er plan) et des membres des neuf ONG associées à la préparation du Grenelle de l'environnement, le 25 juin 2007 à Paris
Et aussi
L'interview de Nicolas Vannier : "Grenelle : place aux jeunes"
Le site du projet "l'école agit"
Le Grenelle de l’environnement fait des petits. Jean Louis Borloo ministre de l’Ecologie, Xavier Ducros, ministre de l’Education nationale, et Nicolas Vannier, explorateur et écrivain, ont présenté le projet éducatif « l’école agit ». Ce projet, parrainé par Nicolas Vannier, a pour but d’inciter les jeunes collégiens et lycéens à réfléchir sur les enjeux de la planète. Pour ce faire, un appel à projets est lancé dans les établissements afin de lutter contre le changement climatique, de maîtriser la consommation d’énergie et de préserver la biodiversité, thèmes récurrents du Grenelle. Par ailleurs, les jeunes ont un désir naturel à vouloir batailler pour la planète : 91% des moins de 15 ans considèrent l’environnement comme faisant partie de leurs principales préoccupations. Ceci représente un excellent point de départ pour le Grenelle des écoles qui devra décerner au mois de mai 2008 un prix aux quinze établissements les plus inventifs sur leur projet lié au développement durable. « Tous les moyens seront mis à disposition pour permettre ce développement », assure Jean Louis Borloo.
Un site Internet pour les élèves
Un site sur le projet «l’école agit » a été mise en place à l’intention des élèves ayant pour objectif la découverte du Grenelle et sa prolongation, tout en assurant une démarche pédagogique accompagnée. Nicolas Vannier est confiant que « ces propositions vont nous conduire vers un changement de cap ».
De son côté, l’Etat va ouvrir la voie à une réflexion sur la révision des matières éducatives et les filières ouvrant aux métiers de l’agriculture, afin de s’adapter aux conclusions sorties du Grenelle. Xavier Ducros est enthousiaste de ce nouveau chantier : « je veux faire de l’école le quartier général du changement des mentalités », a-t-il affirmé.
Mariam Ndour Mariam Ndour
Publié le 29/11/2007 à 12:00 par ecoville
Patrick Kovarik AFP ¦ Le gouvernement lance le Grenelle de l'environnement au ministère de l'Ecologie le 24 octobre 2007
Un mois après les conclusions largement médiatisées du Grenelle de l’environnement, le mot magique refait apparition dans les colonnes. Le point sur ce qui bouge, ce qui piétine, ce qui déçoit.
• Aux gamins de plancher !
Jeudi matin, Nicolas Vanier, chargé par le ministre de l’Education, Xavier Darcos, de parrainer le « Grenelle à l’école », présentera cette opération à la presse en compagnie de Jean-Louis Borloo. Enfants et enseignants devront à leur tour gamberger sur les idées débattues lors du «Grenelle des grands», puis faire leurs propres propositions via un site Internet pour préserver l’environnement au niveau de la classe, du collège, de la commune, voire au-delà… En avril 2008, une quinzaine de propositions validées des spécialistes seront remises à Nicolas Sarkozy.
Du côté des associations, on soupçonne un peu le coup médiatique, tandis que l’atelier intergroupes promis sur l’éducation à l’issue du Grenelle n’a toujours pas vu le jour. «Nous disposons d’experts et d’un savoir-faire qui n’ont pas été sollicités pour ce “ Grenelle à l’école ”», déplore Roland Gérard, coprésident du Collectif français pour l’éducation à l’environnement vers un développement durable et codirecteur du Réseau Ecole et Nature. Les réflexions sur l’éducation, la formation, l’information et la sensibilisation impulsées par le Grenelle doivent avant tout déboucher sur une participation des citoyens. »
• Les associations bougonnent
Pas de dispositif global de suivi, des comités opérationnels mis en route sans que les différents collèges n’y soient associés, d’autres qui tardent à se créer… Le collectif d’associations «Alliance pour la planète» faisait mardi part de ses déceptions dans un communiqué. Eprouvées par la mobilisation dont elles ont dû faire preuve durant des mois de négociations, certaines associations avouent «avoir le cul entre deux chaises» entre les décisions actées et celles qui continuent à être prises sur le terrain. Ce flottement était prévisible…
• Le ministre claironne
Heureux hasard de calendrier, depuis le 1er novembre, les travaux de rénovation des bâtiments existants (isolation notamment) bénéficient de l’entrée en vigueur de la réglementation thermique. Avis aux propriétaires désireux de se lancer dans des travaux d’économies d’énergie !
Jean-Louis Borloo a pour sa part assuré à l’AFP que le décret créant la Haute Autorité sur les OGM et celui imposant aux cantines publiques l’introduction de 20 % d’aliments bio d’ici à 2010 seraient publiés avant Noël.
Les premiers textes législatifs, dont la loi sur les OGM ou les normes dans le bâtiment, devraient quant à eux être soumis au Parlement en décembre pour adoption avant le 9 février.
Les parlementaires vont se pencher très vite sur le projet de bonus-malus censé inciter les automobilistes à acquérir des véhicules moins polluants, ainsi que sur la taxe carbone.
La «Commission Lepage» est quant à elle d’ores à pied d’œuvre sur les enjeux d’euro-compatibilité du Grenelle, des questions de gouvernance et de la préparation de la présidence française de l’Union européenne.
• Gare aux lendemains qui déchantent
Seuls les comités de suivi sur les pesticides et le bâtiment existent pour l’instant.
La taxe sur les poids lourds ne s’appliquerait finalement qu’aux routes nationales, alors que le Grenelle l’envisageait sur l’ensemble du réseau routier, hors autoroutes.
On attend donc le premier bilan officiel, prévu pour le 15 décembre.
Patrick Kovarik AFP ¦ Le gouvernement lance le Grenelle de l'environnement au ministère de l'Ecologie le 24 octobre 2007
Catherine Levesque
20Minutes.fr, éditions du 28/11/2007 - 19h25
dernière mise à jour : 28/11/2007 - 19h27
Publié le 27/11/2007 à 12:00 par ecoville
Une Indienne traverse un lac asséché, le 6 juin 2003 près d'Hyderabad Photo: Indranil Mukherjee/AFP/archives
Publié le 27/11/2007 à 12:00 par ecoville
Une vérité qui dérange est le film qui communique le mieux les valeurs écologiques selon le site de référence EnvironmentalGraffiti.com Photo: DR/Relaxnews
Le site Internet britannique EnvironmentalGraffiti.com, troisième blog vert dans le monde avec 400.000 visiteurs uniques chaque mois, a dévoilé sa liste des cinq meilleurs longs métrages soutenant la cause écologique. Le documentaire américain Une vérité qui dérange de Davis Guggenheim avec Al Gore remporte sans surprise la Palme.
Site de référence de l'information dédiée à l'environnement, EnvironmentalGraffiti a consacré Une vérité qui dérange, qui retrace le combat d'Al Gore, prix Nobel de la paix 2007, envers l'émission de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique.
En deuxième position, le site britannique a placé Grizzly Man, un documentaire de Werner Herzog à propos de Timothy Treadwell qui a passé treize étés de sa vie à cotoyer les ours en Alaska. Son engagement à sceller son destin : il a trouvé la mort dévoré par un grizzly avec sa compagne en octobre 2003.
La fiction atteint les places trois à cinq du classement avec d'abord Star Trek IV : Retour sur Terre. Le long métrage voyait l'équipage de la série de science-fiction se rendre en 1986 pour sauver la Terre en y réintroduisant un couple de baleines à bosse.
Le long métrage d'animation Les Aventures de Zak et Crysta : dans la forêt tropicale de Fern Gully (1992) occupe la quatrième position. Destiné aux plus jeunes, il raconte comment des fées combattent la destruction d'une forêt tropicale.
Le classique du film d'anticipation Soleil vert (1973) de Richard Fleischer clôt le classement. Charlton Heston incarnait le héros de cette fable noire situé en 2022 dans un futur apocalyptique frappé notamment par une surpopulation mondiale et des températures en forte hausse.
Site : www.environmentalgraffiti.com
(Relaxnews)
© 2007 Relaxnews
Publié le 22/11/2007 à 12:00 par ecoville
Alexandre Michelin, directeur éditorial et des contenus de MSN, travaille sur le projet de la Chaîne verte
Alexandre Michelin. Photo: DR
Le site MSN.fr inaugure officiellement aujourd'hui la Chaîne Verte dédiée à l’environnement et à l’engagement des jeunes en matière de développement durable
Comment avez-vous décidé de créer la Chaîne verte ?
L’idée est venue lors du concert Live Earth en Juillet. Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un intérêt très fort des jeunes pour l’environnement. Nous avons pensé que c’était l’occasion de proposer à notre public un contenu autour de l’écologie au quotidien. Selon un sondage que nous avons mené avec l’Ifop, 89 % des jeunes de 15 à 30 ans considèrent que chacun est responsable de l’environnemental et 56% pensent qu’Internet les aide à mieux comprendre la façon dont ils peuvent contribuer à préserver la planète. C’est un signal fort.
Il existe aujourd’hui beaucoup de sites qui proposent du contenu écolo, en quoi pensez-vous vous distinguer ?
Il est vrai qu’on trouve beaucoup de contenus sur Internet, mais avec ses 18 millions de visiteurs uniques par mois, MSN se pose comme véritable média social et accessible. Nous avons créé un endroit où l’on peut voir de vidéos d’origines différentes : France 24, l’ADEME, 60 millions de consommateurs, WWF, National Geographic, Europe1.fr… Nous souhaitons également donner de la place aux jeunes qui s’impliquent. Nous sommes par exemple en lien avec le projet Shake your Planet proposé par deux étudiants ingénieurs qui voyagent autour du monde pour découvrir les solutions pour l’environnement qui marchent ailleurs. Avec Rue89, nous avons lancé le prix du reportage multimédia qui invite les jeunes à tourner une vidéo sur le thème de l’environnement pour que chacun offre sa vision sur la problématique. Ce sont des initiatives qui invitent à aller plus loin.
Vous proposez aussi des « gadgets » écolos à vous internautes…
Oui. Aujourd’hui, les jeunes sont fiers d’être impliqués dans la cause environmentale et ils ont envie de l’afficher. Ça peut être par un fond d’écran écolo, des signatures de mail qui invitent à ne pas imprimer le courrier ou des cartes qui rappellent les gestes à faire au quotidien pour la planète.
Nadia Loddo Nadia Loddo
Metrofrance.com
Publié le 21/11/2007 à 12:00 par ecoville
Wen Jiabao au sommet de l'Asean le 20 novembre 2007 Photo: Roslan Rahman/AFP
La Chine souhaite accroître la coopération avec les pays d'Asie pour combattre le réchauffement climatique et maintenir ses émissions de polluants au niveau de 2005, a déclaré mercredi le Premier ministre Wen Jiabao.
"Au cours des cinq prochaines années, la Chine est déterminée à réduire la consommation d'énergie de 20% (ndlr: par unité de produit intérieur brut) afin de faire baisser les émissions de carbone, et nous nous efforcerons de maintenir les émissions de carbone au niveau de 2005", a-t-il dit à des journalistes en marge de sommets asiatiques à Singapour.
"La Chine s'attaque avec sincérité à la question du changement climatique car c'est un problème auquel l'humanité est confrontée", a-t-il ajouté.
La Chine, régulièrement cible de critiques en raison de l'effervescence de son économie, doit ravir dès cette année la place du premier pollueur mondial aux Etats-Unis, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Le géant asiatique n'est pas soumis à une réduction contraignante de ses émissions de gaz à effet de serre au titre de Kyoto, contrairement aux pays développés signataires.
Entré en vigueur en 2005, le protocole de Kyoto - qui expire en 2012- prévoit une réduction des gaz à effet de serre, principaux responsables du réchauffement climatique. Mais les Etats-Unis, responsables d'un tiers des émissions, et la Chine, ont refusé de ratifier ce protocole.
SINGAPOUR (AFP)
© 2007 AFP
Publié le 19/11/2007 à 12:00 par ecoville
Comment se sont passées les négociations de la session plénière de Valence entre scientifiques et représentants des gouvernements ?
Je pense que cela s’est très bien passé : il y a eu beaucoup de discussions et cela prend toujours beaucoup de temps. Le texte proposé en début de semaine par les scientifiques n’a été modifié que dans la forme et ses conclusions ont été adoptées. Le rapport de synthèse a été même enrichi par plusieurs tableaux sur les tendances observées concernant le réchauffement climatique et tous ses impacts. Le texte est tout à fait à la hauteur des espoirs des scientifiques.
Y a-t-il des points sur lesquelles les gouvernements tendent à faire pression ?
Oui. Certains pays ont demandé qu'on fasse explicitement référence à certaines problématiques régionales. Par exemple, l’Espagne a souhaité qu'apparaisse la région Méditerranée pour parler des problèmes liés à la sêcheresse. C'est l'occasion pour eux de donner de la visibilité à un problème spécifique car les rapports du Giec bénéficient d'une importante médiatisation. Le rapport est en effet rédigé d’une façon très claire et accessible pour que tout le monde s’y retrouve.
Que faut-il retenir en priorité de ce rapport ?
Le réchauffement climatique est en route et nous devons le limiter à 2*C par rapport aux températures actuelles. Cela signifie diviser par deux nos émissions d’ici à 2050.
Cela est possible : il faut d’abord stabiliser les émissions d’ici à 2015 et puis faire en sorte qu’elles redescendent pour revenir aux valeurs actuels en 2030 pour ensuite les diviser per deux à l’échéance 2050. Deuxièmement, il est possible d’atteindre cet objectif sans nuire à l’économie. On parle d’un effet négatif de 0.1% sur le PIB, ce qui n'est pratiquement rien.
Le rapport propose dans le détail les solutions à adopter pour faire face au réchauffement climatique...
C’est toute la force du Giec de s'appuyer à la fois sur les analyses des scientifiques sur les causes et les conséquences du réchauffement de la planète et sur le travail des économistes qui peuvent évaluer le côut des interventions à mener. Les aspects socio-éconoñiques sont largement pris en compte. On ne tient pas à faire peur, mais à montrer comment on peut maitriser l'effet de serre sans pour autant affecter notre économie.
Le document offre une base très concrète pour les négociations pour l'après Kyoto de Bali en décembre...
Ce n’est pas aux scientifiques de décider des politiques à mener mais aux décideurs politiques. Le rapport du Giec leur offre un état des lieux et un diagnostic complet pour prendre ces décisions en toute connaissance de cause. Pour la petite histoire, nous n’étions pas surs de pouvoir terminer ce rapport avant Bali mais nous avons essayé justement d’y arriver pour leur fournir ce document de travail en temps outil.
Nadia Loddo Nadia Loddo
Metrofrance.com
Publié le 17/11/2007 à 12:00 par ecoville
AFP
Tamarasset, dans le Sahara algérien. Vue des formations montagneuses du Tassili des Ajjers.
Oubliez les réacteurs nucléaires en Lybie : l'avenir de l'énergie dans les pays du sud de la Méditerranée n'est pas l'atome, mais le soleil. Un groupe d'ingénieurs allemands en a convaincu le gouvernement de Berlin et des partenaires du pourtour de la mer. Leurs arguments progressent aussi à Bruxelles, où deux parlementaires européens, Rebecca Harms et Anders Wikjman, organisent un colloque le 28 novembre sur un des projets technologiques les plus ambitieux de l'époque.
LES PROMESSES DU SOLEIL
- Deux techniques permettent de produire de l'électricité à partir du soleil. La première, photovoltaïque, convertit directement la lumière en électricité. Elle est adaptée aux toits des maisons, mais non à une production importante. La seconde, thermique, utilise l'énergie solaire pour chauffer de l'eau. Elle permet de monter des centrales de bonne puissance (jusqu'à 100 MW), mais requiert une surface au sol importante (environ 2 hectares par MW).
- L'énergie solaire représente, actuellement, 0,04 % de la consommation mondiale d'électricité. Selon les promoteurs du projet TREC, près de 25 % de l'électricité européenne pourrait être fournie en 2050 par 19 000 km2 de Sahara : soit environ 1 millième de sa superficie globale.
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L'idée est forte et simple : l'énergie solaire illuminant le Sahara est très abondante. Si l'on pouvait en récupérer une fraction, celle-ci couvrirait une part notable des besoins en énergie des pays méditerranéens, mais aussi de l'Europe. Or les technologies solaires ont suffisamment progressé pour que cette perspective devienne réaliste.
Sur le papier, le raisonnement est imparable : "Les déserts chauds couvrent environ 36 millions de km2 sur les 149 millions de km2 de terres émergées de la planète, explique le physicien Gerhard Knies, inspirateur du projet TREC (Trans-Mediterranean Revewable Energy Cooperation). L'énergie solaire frappant chaque année 1 km2 de désert est en moyenne de 2,2 térawattheures (TWh), soit 80 millions de TWh par an. Cela représente une quantité d'énergie si considérable que 1 % de la surface des déserts suffirait pour produire l'électricité nécessaire à l'ensemble de l'humanité." Dès lors, il devrait être possible, en multipliant les centrales solaires dans le désert, d'alimenter les pays riverains. Voire les pays européens.
L'idée, dans l'air depuis longtemps, commence à se formaliser en 2002, lorsque Gerhard Knies, convaincu de la première heure, contacte la section allemande du Club de Rome. Une réunion d'experts a lieu début 2003 : le gouvernement, séduit, accepte de financer une étude approfondie. Celle-ci, menée par le Centre aéronautique et spatial allemand (DLR, l'équivalent du CNES français) et rédigée par l'ingénieur Franz Trieb, est publiée en 2005 et 2006. Elle conclut à la faisabilité du projet avec les technologies existantes.
Concrètement, quelles infrastructures cela impliquerait-il ? La production d'énergie serait assurée par des centrales thermiques à concentration, dans lesquelles des miroirs font converger la lumière du soleil. La chaleur de celle-ci peut échauffer de la vapeur (employée pour faire tourner des turbines), mais elle peut aussi être stockée dans des réservoirs de sels fondus qui la restituent pendant la nuit. L'énergie résiduelle de la production d'électricité pourrait également servir, par le procédé dit de cogénération, à dessaler l'eau de mer - une préoccupation importante pour les pays du sud de la Méditerranée. Les experts estiment par ailleurs que le transport de l'électricité vers les pays du Nord, malgré d'inévitables pertes en ligne, resterait avantageux, dans la mesure où l'irradiation est deux fois supérieure dans le désert à ce que l'on observe en Europe.
Le point-clé du projet, bien évidemment, reste sa rentabilité économique. D'après ses défenseurs, celle-ci serait au rendez-vous. "Aujourd'hui, une centrale solaire thermique produit l'électricité à un coût situé entre 0,14 et 0,18 euro par kilowattheure (kWh). Si une capacité de 5 000 mégawatts (MW) était installée dans le monde, le prix pourrait se situer entre 0,08 et 0,12 euro par kWh, et pour 100 GW, entre 0,04 et 0,06 euro par kWh", précise Franz Trieb.
"L'idée de TREC tient la route, renchérit Alain Ferrière, spécialiste de l'énergie solaire au CNRS. Elle table sur le fait que l'on a besoin de développer la technologie pour en faire baisser le coût." Pour l'instant, en effet, les centrales solaires se comptent sur les doigts de la main, en Espagne, aux Etats-Unis, ou en Allemagne. De plus, elles s'installent souvent sur des zones agricoles ou végétales, ce qui, d'un point de vue environnemental, n'est guère satisfaisant. La centrale de 40 MW de Brandis, en Allemagne, couvrira ainsi de panneaux solaires 110 hectares de bonne terre. Dans le désert, ce gaspillage d'espace est moins préoccupant. D'où l'intérêt croissant porté au concept de TREC par plusieurs compagnies d'électricité en Egypte et au Maroc. Et, plus encore, en Algérie.
Détenteur d'un des potentiels solaires les plus importants de tout le bassin méditerranéen, ce pays a annoncé, en juin, un plan de développement assorti d'un calendrier, qui devrait être mis en oeuvre par la compagnie NEAL (New Energy Algeria). Le 3 novembre, l'acte fondateur du projet a été effectué par le ministre de l'énergie Chakib Khalil, qui a posé la première pierre d'une installation hybride, comprenant une centrale à gaz de 150 MW et une centrale solaire de 30 MW, dans la zone gazière de Hassi R'mel (Sahara). Son ouverture est prévue pour 2010. Une première étape vers ce qui pourrait, une fois réduits les coûts de production, devenir à terme une installation majoritairement solaire.
Le 13 novembre, une autre étape a été franchie : le PDG de NEAL, Toufik Hasni, a annoncé le lancement du projet d'une connexion électrique de 3 000 km entre Adrar, en Algérie, et Aix-la-Chapelle, en Allemagne. "C'est le début du réseau entre l'Europe et le Maghreb. Il transportera de l'électricité qui, à terme, sera solaire à 80 %", affirme M. Hasni, interrogé par Le Monde. L'Europe s'étant fixé un objectif de 20 % d'électricité d'origine renouvelable d'ici à 2020, cette perspective pourrait intervenir à point nommé. Les financements de la connexion Adrar - Aix-la-Chapelle restent cependant à boucler. Comme restent à aborder les conséquences négatives que pourrait avoir sur le paysage la création d'un réseau à haute tension entre le Maghreb et l'Europe.
Côté positif, le recours au soleil pourrait en retour contribuer à résoudre certains problèmes lancinants des pays arabes. Un volet du projet TREC envisage ainsi une centrale solaire dans le désert du Sinaï pour alimenter la bande de Gaza, qui manque cruellement d'électricité. Un autre imagine d'installer au Yémen une centrale permettant de dessaler l'eau de mer : une urgence pour la capitale, Sanaa, qui sera confrontée à l'épuisement de ses réserves d'eau souterraine d'ici quinze ans.
Plus globalement, le développement de l'énergie solaire, soulignent ses promoteurs, pourrait servir la cause de la paix en devenant un substitut crédible à l'énergie nucléaire. Celle-ci, comme le montre le cas iranien, pouvant toujours favoriser un développement militaire.
Hervé Kempf
Publié le 17/11/2007 à 12:00 par ecoville
Des chercheurs ont mis en évidence le surprenant cercle vicieux enclenché après le passage de Katrina.
Les forêts figurent parmi nos meilleurs alliés contre le réchauffement climatique, grâce à la photosynthèse qui convertit le dioxyde de carbone nocif pour l’environnement en oxygène. Mais que se passe-t-il lorsque certaines sont intégralement rayées de la carte comme ce fut le cas en France lors de la tempête de 1999, ou plus récemment lors du passage de l’ouragan Katrina sur la Nouvelle-Orléans ?
Des chercheurs de la Nasa ont publié dans Science une étude sur ces cataclysmes, en prenant pour exemple Katrina. Grâce aux données des puissants satellites de l’agence spatiale américaine, ils ont pu calculer que la tempête avait abattu 320 millions d’arbres. Première conséquence : ce poumon vert cesse immédiatement de fonctionner, et c’est autant de CO2 qui n’est pas « recyclé ». Mais au-delà, le processus de décomposition de ces monceaux de bois mort produit un net rejet de CO2.
L’addition écologique est lourde, puisque selon ces calculs, les dégâts forestiers de Katrina ont provoqué un rejet de CO2 situé entre 60 et 100% de la capacité totale d’absorption des forêts américaines. « Il est surprenant de constater qu’un seul évènement extrême peut relâcher autant de carbone que nos forêts peuvent en stocker en un an », a déclaré la patronne du programme d’écologie terrestre de la Nasa.
Ces résultats sont d’autant plus inquiétants que le CO2 participe fortement à l’effet de serre à l’origine du réchauffement climatique. « Si, comme beaucoup le suspectent, un climat plus chaud augmente la fréquence des éventements extrêmes tels que Katrina », c’est au final un véritable cercle vicieux qui s’annonce, selon ces chercheurs.
L’étude de la Nasa apporte cependant une piste de réflexion à l’heure de la reconstruction de la Nouvelle Orléans : certains essences d’arbres sont restée debout quand d’autres se sont effondrées. Si la région veut disposer d’un poumon durable, elle serait bien inspirer de replanter les arbres les plus résistants pour éviter un nouveau « dégazage » en cas de cyclone.
Publié le 17/11/2007 à 12:00 par ecoville
Coucher du soleil sur l'Arctique Photo: Jeremy Harbeck/AFP/Nasa/archives
La montée du niveau des mers due au réchauffement climatique pourrait absorber jusqu'à 40% d'eau potable souterraine de plus que ce qu'on pensait jusqu'à présent, a expliqué vendredi à l'AFP un chercheur en hydrologie, auteur d'une étude à paraître.
La plupart des prédictions actuelles concernant le réchauffement de la planète se concentrent sur la quantité de terres qui seraient immergées par une hausse du niveau des mers.
Mais des chercheurs de l'université d'Etat de l'Ohio (nord des Etats-Unis) ont découvert que dans de nombreuses régions côtières, l'eau de mer risquait de s'infiltrer dans l'eau douce souterraine du plateau continental et la contaminer, même au-delà des côtes.
Selon eux, le degré de contamination dépend de la structure des côtes: les plages de sables permettent en effet plus facilement aux eaux souterraines de se mélanger que les falaises.
"La structure complexe du sol peut accroître le mélange entre eau salée et eau douce" au-delà même de la nouvelle ligne côtière dessinée par la montée des mers, a expliqué au cours d'un entretien téléphonique Motomu Ibaraki, professeur d'hydrologie, qui a mené cette étude pas encore publiée.
"Dans la plupart des études, on considère que si la ligne côtière recule de 100 mètres" sous l'effet de la montée des mers, "alors l'eau douce recule de 100 mètres. Eh bien notre étude montre que (ce recul) est supérieur", selon le chercheur, qui estime que la perte d'eau douce pourrait être jusqu'à 40% plus importante.
M. Ibaraki et l'un de ses étudiants ont créé une simulation informatique pour étudier comment les différentes structures de sol côtier pouvaient affecter le mélange souterrain entre eau douce et eau salée. La prochaine étape sera d'appliquer cette modélisation à des lieux géographiques réels, pour déterminer le risque de perte d'eau douce.
Le Groupe intergouvernemental sur le climat (Giec) de l'ONU prévoit une hausse moyenne du niveau des océans de 14 à 44 centimètres d'ici 2100 en raison du réchauffement climatique.
Etant donné qu'il faut relativement peu d'eau salée pour rendre l'eau potable impropre à la consommation, même une faible élévation du niveau des océans pourrait avoir un effet très important sur les ressources en eau douce, souligne M. Ibaraki.
"La quantité d'eau sur terre est constante, pourtant la quantité d'eau potable diminue", souligne-t-il.
"Seulement 2% de l'eau présente sur terre est potable, et la plus grande partie est emprisonnée dans les glaciers", et de plus "en raison de la demande croissante en eau, les nappes phréatiques diminuent", rappelle-t-il.
L'étude, qui doit être soumise au comité de lecture d'une revue scientifique, intervient à quelques semaines de l'ouverture de la conférence sur le climat de Bali, en Indonésie, du 3 au 14 décembre, qui doit ouvrir les négociations en vue d'un nouvel accord international succédant au protocole de Kyoto, qui expire en 2012.
CHICAGO (AFP)
© 2007 AFP