ENERGIE
Publié le 05/02/2008 à 12:00 par ecoville
Depuis une semaine, des centaines de milliers de voyageurs sont bloqués dans les gares, les aéroports et sur les routes.
Crédit : REUTERS
Publié le 01/02/2008 à 12:00 par ecoville
Rencontres solaires à Milagro
Dimtri et Matthieu ont franchi la frontière espagnole... une étendue de panneaux photovoltaïques les attend. Récit.
En route depuis la Rochelle, Milagro est notre première étape espagnole. Nous sortons enfin de notre cher pays. Ce n’est pas plus mal pour un projet de tour du monde !
Arrivés vers 21h dans ce village d’ouvriers, nous n’avons pas de rendez-vous pour le lendemain avec l’entreprise gérant le parc photovoltaïque. Il va falloir se débrouiller…
Seule solution, on débarque dans l’unique bar ouvert de la ville ! Coup de chance, Emilio chauffeur routier et pote de Tino le barman, nous dit avec un grand sourire en français « espagnolé » : « Yé connais lé director ! » Parfait, le rendez-vous est donné au lendemain matin à 9 heures au bar pour la visite guidée du champ solaire.
Petite nuit dans la voiture. On arrive les yeux fatigués à 9 heures pétantes.
Cinq minutes de voiture et on découvre derrière une colline d’oliviers d’immenses panneaux solaires à perte de vue. Complètement fou ! Un paysage unique, à la fois surprenant et merveilleux.
La visite commence par un petit tour en 4x4 avec deux des techniciens. On nous apprend que ce champ est bien sûr l’investissement de banques mais aussi celui des habitants des villages voisins. En tout 743 plaques sur les 889 au total leur appartiennent. Chaque plaque contenant 75 panneaux solaires. Notre ami Tino n’en a pas acheté, il a trouvé le pari trop risqué et trop coûteux : 60 000 € minimum.
70% d'électricité d'origine renouvelable
Le parc a vu le jour en octobre 2006 dans la région du Navarra. Véritable laboratoire des énergies renouvelables en Espagne, l’électricité de cette région est à 70% d’origine solaire ou éolienne ! Loin devant l’objectif des 20% du territoire espagnol.
Sur une superficie de 51 hectares, 9,5MW sont produits sur le seul site de Milagro par ces panneaux qui suivent l’inclinaison du soleil et qui sont appelés dans le jargon « trackers » photovoltaïques.
Lors de la visite, on observe les compteurs électriques qui indiquent la consommation et la production pour chacune des plaques : 15000 KW produits pour 15 KW consommés…
Tino, notre ami barman, nous dit avec des yeux tristes qu’Acciona, l’entreprise gérant le parc de Milagro, est en passe de construire un nouveau champ à l’entrée du village. Il préférait les oliviers à perte de vue… A force d’arguments nous arrivons à lui faire sortir un timide: « c’est vrai, c’est bien pour le pays et pour la nature aussi »
Publié le 29/01/2008 à 12:00 par ecoville
CO2 : le secteur aérien s’engage
Une convention a été signée hier au ministère de l'Ecologie.
Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a signé hier une convention avec l'ensemble des acteurs du transport aérien, à la suite des engagements pris lors du Grenelle de l'environnement. L'objectif européen, a rappelé le ministre, “est de réduire de 50% d'ici à 2020 les émissions de gaz carbonique par passager/km et de 50% le bruit perçu”. La convention, que Jean-Louis Borloo a qualifiée de “décision historique”, porte principalement sur trois volets.
• Moins de gaz polluants
La réduction des émissions de gaz à effet de serre passera par des investissements dans la modernisation des flottes. Jean-Cyril Spinetta, président d'Air France-KLM, a souligné qu'il consacrait 2 milliards d'euros par an au renouvellement de sa flotte pour réduire de 20% ses émissions de CO2 vers les DOM-TOM et 5% sur ses vols intérieurs d'ici à 2012.
• Des constructions écolos
Les aéroports s’engagent de leur côté à poursuivre leurs efforts en matière de performance environnementale. Cela implique notamment des nouvelles constructions selon les critères HQE (haute qualité environnementale) et le recours à des véhicules propres dans l’enceinte des aérogares.
• Des efforts sur le bruit
Les acteurs du transport aérien s’engagent à réduire de moitié le bruit perçu par les populations survolées en région parisienne. L’aide à l’insonorisation va ainsi être renforcée et des procédures d’atterrissage plus silencieuses seront progressivement mises en œuvre. Un comité de suivi s'assurera chaque année de l'avancement des engagements.
Nadia Loddo Nadia Loddo
Metrofrance.com
Publié le 27/01/2008 à 12:00 par ecoville
Manifestation pour protester contre l'importation de déchets radioactifs d'Allemagne en Russie, Saint Petersbourg, le 24 janvier 2008.
Crédit : A. DEMIANCHUK / REUTERS
Publié le 24/01/2008 à 12:00 par ecoville
La Commission européenne a présenté mercredi le «paquet de mesures le plus complet au monde» pour lutter contre le réchauffement climatique.
Pour l'instant, peu de détails précis sur le plan adopté, mais le président de la Commission José Manuel Barroso a rappelé qu'il s'agissait de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 par rapport à 1990, et de porter la part des renouvelables à 20% dans la consommation énergétique totale.
Pour la France, la part des énergies renouvelables dans sa consommation énergétique totale devra être de 23% en 2020, contre 10,3% aujourd'hui. C'est davantage que ce que voulait la France, qui avait souhaité un objectif de 20% en 2020, lors des discussions avec Bruxelles.
L'Allemagne, pour sa part, va devoir passer de 5,8% à 18%. Le Royaume-Uni de 1,3% à 15%.
La France et l'Allemagne devront également réduire leurs émissions de gaz à effet de serre provenant du transport, de l'habitat et de l'agriculture de 14% d'ici à 2020 par rapport au niveau de 2005.
Les industries les plus polluantes de l'Union européenne, à commencer par les producteurs d'électricité, devront à partir de 2013 payer leurs «permis de polluer» jusqu'ici gratuits, afin de contribuer à réduire les émissions de CO2.
Taxe à la frontière
Barroso a également confirmé que s'il n'y avait pas d'accord international, incluant les Etats-Unis et les pays émergents, pour réduire les émissions de CO2, l'Europe «agirait»: pour éviter une concurrence déloyale et les délocalisations, a ajouté Barroso, l'UE pourrait imposer une taxe sur les importations de produits provenant de pays pollueurs qui n'appliqueraient pas les critères européens.
L'idée de ce mécanisme de défense est soutenue par le commissaire à l'Indusrie, Günter Verheugen, mais est mal perçue par le commissaire au Commerce, Peter Mandelson, qui redoute des mesures de rétorsion des partenaires commerciaux de l'UE.
Le coût de ce paquet est estimé à «3 euros par semaine et par personne», a jugé. l y a un coût mais il est gérable", a assuré Barroso. Il a estimé qu'il serait de «moins de 0,5% du PIB d'ici 2020», «ce qui correspond à environ 3 euros par semaine et par personne» dans l'UE.
Le plan d'action de la Commission est soumis à l'approbation des députés et des Etats membres. Les négociations seront probablement difficiles.
20Minutes.fr, éditions du 23/01/2008 - 14h52
dernière mise à jour : 23/01/2008 - 14h52
Publié le 21/01/2008 à 12:00 par ecoville
Pénalisant, biaisé, injuste: les 27 contestent le calcul et le mode de partage des efforts proposés par Bruxelles pour réduire les gaz à effet de serre, conséquence pourtant logique de leur ambition d'être les champions de la lutte contre le changement climatique.
Le spectre des délocalisations agité par les industriels, furieux de devoir désormais payer pour polluer, a mis sous pression les dirigeants de l'Union.
"Nous savions dès le début que transformer l'Europe en une économie à faible émission de carbone ne serait pas une tâche aisée", a reconnu le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. "Mais le moment est venu d'être sérieux, cohérents et responsables face à nos engagements".
Les propositions de la Commission résultent de l'engagement pris en mars 2007 par les dirigeants de l'Union européenne à réduire en 2020 les émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à 1990.
Elles se déclinent en plusieurs volets et objectifs par pays: réduction des émissions de l'industrie, du transport, de l'habitat et de l'agriculture; augmentation de la part des énergies renouvelables et développement des biocarburants.
Le problème est qu'à la lecture des objections émises par les Etats membres, nombre de ses propositions devraient être retoquées.
Parmi les points controversés, la proposition de répartir l'effort sur la base d'objectifs nationaux fixés en fonction du PIB par habitant, ce qui revient à demander le plus d'efforts aux pays riches.
Le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, refuse le principe du PIB par habitant et demande de retenir "le niveau de départ des émissions par habitant", faible en France grâce au nucléaire.
La Commission refuse de considérer le nucléaire comme une énergie renouvelable, mais admet qu'il "peut contribuer aux objectifs" de réduction.
Les pays d'Europe centrale jugent l'effort à accomplir tout aussi colossal vu le rattrapage économique à réaliser.
Et l'Espagne ou l'Irlande, devenus plus riches depuis 10 ans, ne se sont pas préparés à l'effort qui leur est demandé.
La Commission propose 2005 comme année de référence pour les émissions de CO2 de l'industrie et pour les énergies renouvelables, appelées à contribuer à l'effort.
Ces énergies propres --éolienne, solaire, biomasse, géothermie-- devront représenter 20% de la consommation énergétique des Européens en 2020, contre 8,5% actuellement.
Différence entre les émissions en 2005 et les objectifs du protocole de Kyoto pour 15 pays de l'UE au 20 janvier 2008 Photo: Patrice Deré/AFP
De nombreux pays comme la France et la Belgique - qui devrait porter la part des énergies renouvelables de 2% à 13% - refusent tout objectif qui ne tienne pas compte de leur "potentiel".
Quant aux biocarburants, appelés à contribuer à 10% de la consommation pour les transports, ils sont l'objet de critiques croissantes et devront respecter des critères "très stricts" de production pour être retenus.
Plusieurs Etats membres dont la France, l'Allemagne, ou la Roumanie ont par ailleurs insisté sur les risques de délocalisations massives si les entreprises européennes doivent payer de plus en plus cher leurs droits à polluer.
La négociation s'annonce difficile. "Nous allons devoir travailler dur pour parvenir à faire adopter ce paquet fin 2008", a reconnu M. Barroso, qui défendra ces propositions mercredi devant les élus européens.
Cayetano Lopez, vice-directeur du Centre de recherche espagnol sur l'Energie, l'Environnement et la Technologie, ironise devant cette avalanche de critiques.
"Nous voulons lutter contre le changement climatique, mais sans renoncer aux grosses cylindrées et sans augmentation du prix des combustibles. Nous voulons augmenter la part des énergies renouvelables, mais sans hausse du prix de l'électricité et sans impact sur le paysage (...) Tous ces désirs sont incompatibles", a-t-il souligné dans une tribune du quotidien El Pais.
Par Christian SPILLMANN BRUXELLES (AFP)
© 2008 AFP
Publié le 15/01/2008 à 12:00 par ecoville
Lors de sa visite présidentielle, Nicolas Sarkozy a signé plus de 470 millions d'euros de contrats. D'autres pourraient suivre.
La branche Transmission et distribution d'Areva a signé le plus gros contrat de son histoire. Ces 470 millions d'euros seront versés par Kahramaa, la société de distribution d'eau et d'électricité qatarie. Areva lui fournira en échange des «sous-stations». Le groupe français s'est par ailleurs engagé à livrer un «système de pointe» permettant de contrôler le réseau électrique. Areva conforte donc sa position sur le marché des systèmes d'électricité dans cette région. L'entreprise dirigée par Anne Lauvergeon détiendrait 20% de ce marché dans la région.
La production d'électricité a aussi été envisagée avec EDF. Le Qatar et l'électricien français ont établi un «mémorandum d'entente pour engager des discussions». Elles devraient porter sur les énergies solaire, éolienne et aussi nucléaire. Ce mémorandum devrait également permettre à EDF et Qatar Petroleum International (QPI) d'étudier des «opportunités d'investissements dans la chaîne gazière», selon l'Elysée. EDF a précisé que des participations communes pourraient être prises dans des projets en Europe. GDF a signé un autre mémorandum d'entente sur la politique énergétique avec QPI.
La production d'électricité n'est qu'un pan de l'appel d'offre auquel Suez a répondu. L'autre part concerne un projet de dessalement d'eau. Une source proche du dossier a déclaré à l'AFP que Suez serait le «mieux disant», et «seul en lice» pour remporter ce contrat de 2,38 milliards d'euros. L'appel d'offres pour la construction de cette usine, dans le nord du Qatar, avait été lancé en juillet 2007. Son résultat doit être connu fin février.
D'autres contrats en gestation
Le gouvernement du Qatar et le gouvernement français ont par ailleurs passé un «accord cadre de coopération» en matière de tourisme. Nicolas Sarkozy était entouré de plusieurs ministres, dont celle de l'Economie Christine Lagarde et celui de la Défense Hervé Morin. Une quinzaine de chefs d'entreprises les ont accompagnés. Ces derniers repartent avec beaucoup de promesses, mais peu de contrats signés.
Des négociations ont été ouvertes en vue de prendre des commandes dans les transports terrestres, l'aviation civile, le bâtiment et les travaux publics, l'énergie, l'eau et l'électricité, la formation et l'armement. Si tous ces projets sont concrétisés, le voyage présidentiel pourrait rapporter 6.3 milliards d'euros de plus aux entreprises françaises.
Publié le 10/01/2008 à 12:00 par ecoville
Le Premier ministre Gordon Brown, lors d'une conférence de presse, à Londres, le 8 janvier 2008 Photo: Kirsty Wigglesworth/AFP
Le Royaume-Uni a autorisé jeudi la construction de nouvelles centrales nucléaires malgré l'opposition des groupes écologistes, un marché qui attise l'appétit de plusieurs groupes français, dans un pays où moins d'un cinquième de l'électricité vient du nucléaire contre près de 80% en France.
"Le gouvernement estime qu'il est dans l'intérêt général que de nouvelles centrales nucléaires jouent un rôle dans l'offre énergétique future du pays, au côté d'autres énergies à faibles émissions de CO2, et qu'il est dans l'intérêt général de permettre aux compagnies d'énergie d'investir dans de nouvelles centrales nucléaires", a annoncé le secrétaire d'Etat aux entreprises John Hutton.
Le nucléaire, qu'il a qualifié d'énergie "sûre, propre et abordable", aidera le Royaume-Uni à répondre "au double défi" d'assurer son approvisionnement futur en énergie, et de lutter contre le réchauffement climatique, a-t-il plaidé devant le Parlement.
Actuellement, environ 18% de l'électricité consommée en Grande-Bretagne est produite par une dizaine de centrales nucléaires qui datent des années 1960 et 1970 (contre 78% en France).
D'où la nécessité pour le gouvernement de Gordon Brown de préparer dès maintenant leur remplacement, alors que les ressources fossiles comme le pétrole et le gaz, en plus de leur caractère très polluant, se font de plus en plus chères, et qu'il semble illusoire de se reposer uniquement sur des énergies renouvelables encore trop coûteuses et insuffisamment avancées.
Le gouvernement, qui s'est engagé à relever fortement la part des énergies "vertes" comme l'éolien, ne prévoit pas cependant de fixer d'objectifs chiffrés de répartition de la future production énergétique du pays entre le nucléaire et les autres sources.
Les producteurs d'énergie devront financer la construction, l'exploitation et le démantèlement de ces nouvelles centrales nucléaires, et le premier nouveau réacteur devrait être assemblé "bien avant" 2020, a précisé M. Hutton.
Plusieurs groupes d'électricité et d'infrastructures énergétiques sont déjà sur les rangs, comme British Energy, qui opère les centrales actuelles, l'allemand EON, sans oublier les français Areva et EDF, qui ont proposé de construire en commun quatre à six réacteurs EPR.
Ce feu vert était largement attendu. Le gouvernement s'était déjà prononcé en faveur d'une relance de cette forme d'énergie controversée en 2006, à l'époque sous l'égide de l'ancien premier ministre Tony Blair, mais la justice avait invalidé la procédure de débat public préalable, l'obligeant à rouvrir une consultation.
Parallèlement, le ministère de l'Environnement a annoncé que le gouvernement proposerait dans un livre blanc publié au printemps l'enfouissement à long terme des déchets hautements radioactifs, cette solution ayant selon lui l'appui de la majorité des citoyens.
Le Premier ministre Gordon Brown, à la popularité mal en point et qui entend montrer par son choix en faveur du nucléaire qu'il est prêt à prendre "des décisions difficiles pour l'avenir du pays", s'est attiré un vent de critiques de la part des défenseurs de l'environnement, Greenpeace en tête.
L'ONG, qui a appelé le gouvernement à investir dans les énergies renouvelables et les économies d'énergie au lieu d'autoriser les entreprises à engloutir des milliards dans une technologie selon elle dépassée, s'est dite prête à lutter "à tous les niveaux" contre cette décision.
En revanche, le puissant syndicat Unite a défendu vigoureusement la relance du nucléaire, affirmant qu'elle permettrait de créer des emplois hautement qualifiés et bien payés, tout en réduisant la dépendance du pays vis-à-vis des hydrocarbures.
Par Frédéric POUCHOT LONDRES (AFP)
© 2008 AFP
Publié le 08/01/2008 à 12:00 par ecoville
¦ eolienne en champs
Les élections municipales approchent. Les 9 et 16 mars, les communes de France renouvelleront leurs conseils municipaux et désigneront leurs maires pour six ans. Dès aujourd’hui, et durant toute la campagne électorale, 20 Minutes vous propose de prendre part au «Palmarès des bonnes idées», mené en collaboration avec la radio RMC et l’institut de sondage LH2.
Le palmarès des bonnes idées
Le principe: collecter, sur ce forum dédié, auprès des internautes et des lecteurs de 20 Minutes, les bonnes idées déjà réalisées dans leurs villes. Chaque semaine nous aborderons un thème sélectionné parmi sept grands enjeux. Les 20 propositions les plus originales, sur un thème donné, seront ensuite soumises au filtre d’un sondage réalisé par LH2. Le résultat de cette consultation nous permettra d’établir un palmarès thématique que nous vous dévoilerons, semaine après semaine.
Les sept thèmes abordés: l’environnement, la solidarité, la sécurité, les transports, la famille, le sport et la culture.
Cette semaine: l’environnement. A vous de jouer! Donnez-nous, ci-dessous, les bonnes idées écologiques de votre ville...
¦ eolienne en champs
La rédaction
20Minutes.fr, éditions du 07/01/2008 - 18h08
dernière mise à jour : 07/01/2008 - 18h40
Publié le 06/01/2008 à 12:00 par ecoville
"Réparer la planète : La révolution de l'économie positive", de Maximilien Rouer et Anne Gouyon, Ed. JC Lattès , 16,15 euros.
LE SITE
becitizen.com
Avec un baril qui effleure les 100 dollars, la recherche d’une voie alternative au pétrole s’impose. Mais sortir du pétrole implique un changement radical de notre mode de produire, de consommer et des changements profonds dans nos habitudes au quotidien. Anne Gouyon, qui a co-écrit avec Maximilien Rouer "Réparer la planète, la révolution de l’économie positive", nous explique comment ce défi est une occasion pour changer en mieux.
Le pétrole à 100 dollars, est-ce une chance ?
Au niveau global, c’est clairement une chance car les entreprises vont être incitées à utiliser moins de pétrole et les politiques à mettre en place des mesures pour réduire la dépendance des carburants fossiles. C’est une chance pour l’économie et la planète, mais les gens risquent d’être fortement touchés, notamment les ménages les plus pauvres. Il faut que les gouvernements saisissent la balle au bond pour prévoir très vite des solutions pour le chauffage, l’isolation, les transports. On parle beaucoup de pouvoir d’achat : c’est l’occasion de faire quelque chose. Le baril à 100 dollars, on l’annonçait depuis un bon moment. Dans les cinq prochaines années, il pourrait atteindre les 200 voire 3000 dollars.
C'est là qu'entre en jeu l’économie positive ?
L’environnement et les ressources de la planète sont gravement dégradés aujourd’hui. Penser à l’avenir, n’est pas seulement une question de faire moins de mal, de ne pas avoir un impact négatif : il faut avoir un impact positif. C’est l’idée à la base de ce que nous appelons l’économie positive, une économie qui restaure et enrichisse le capital écologique de l’humanité tout en assurant une croissance économique et en créant des emplois.
Pouvez-vous citer un exemple des solutions à envisager ?
Concrètement, dans le secteur du bâtiment il est déjà possible de construire des maisons à énergie positive, ultra efficaces. Par l’isolation et en valorisant le flux du soleil dans l’orientation du bâtiment, une maison peut consommer 10 fois moins d’énergie. Les besoins restants sont remplis par les énergies renouvelables de façon à que la maison soit totalement autonome, et même, pendant certaines périodes de l’année, puisse produire plus d’énergie qu’il lui en faut et la revendre aux réseaux de distribution.
Et pour les bâtiments existants ?
Le Grenelle de l’environnement a lancé le projet d’un vaste programme de rénovation. Il est parfois cher d’intervenir sur le bâti existant, donc il faut orienter les efforts en priorité là où il y a un meilleur rapport entre l’argent investi et les économies d’énergie à venir. Ce grand chantier va lancer une dynamique de création d’emplois et d’innovation de la part des industriels, qui permettra de faire baisser les coûts. Investir dans les économies d’énergie permet aussi de récupérer du pouvoir d’achat. Il ne faut pas oublier que le prix du baril de pétrole augmente et que des 100$ d’aujourd’hui il pourra toucher les 200, voire 300$.
Un autre poste énergétivore est celui des transports. Comment faire sans pétrole ?
Avant de substituer de nouvelles énergies au pétrole, commençons par être plus efficaces. L’énergie moins chère est d’abord celle qu’on ne consomme pas. Aujourd’hui les constructeurs proposent des gros 4X4 à motorisation hybride : c'est prendre le problème à l'envers. Dans une voiture qui pèse entre 1 tonne et 1,5 tonne, sur 100 litres de pétrole consommés, 1 litre seulement sert à déplacer la personne, le reste est dissipé sous forme de chaleur, ou sert à déplacer la voiture elle-même. Rendre les voitures plus efficaces peut se faire par l’aérodynamique, par l’utilisation de matériaux moins lourds et par conséquent par l’utilisation de moteurs plus légers. Il existe déjà des exemples. Une PME allemande, Loremo, devrait commercialiser en 2009 un coupé de sport qui consomme entre 1,5 et 2,7 litres pour 100km, contre les 8 litres d’une Hyundai coupé.
Il existe aussi des solutions pour rouler sans pétrole…
Oui, mais il est important de penser d’abord à l’efficacité énergétique, car les solutions alternatives dépendent largement du soleil et donc des surfaces disponibles qui ne sont pas illimitées. Il est possible de faire rouler les voitures en utilisant des biocarburants de deuxième ou troisième génération, fabriqués à base de plantes cultivées sur des sols marginaux, qui ne rentrent pas en concurrence avec la production alimentaire. En France, on investit très peu dans ces technologies, alors qu’à l’étranger des projets prometteurs sont menés. La société britannique D1 Oils investit par exemple dans une plante, le Jatropha curcas, qui sert à la production de biodiesel. Cette plante peut être cultivée dans des zones désertifiées permettant de valoriser et reverdir des territoires considérés hier improductifs. Cela intéresse beaucoup de pays africains, mais aussi l'Inde, l'Indonésie, le Mexique… Un autre exemple est la voiture à air comprimé de Guy Nègre. Fort de son expérience dans la F1, où le système de démarrage des voitures fonctionne à l’air comprimé, il a conçu une voiture qui roule avec ce même procédé, qui permet de stocker de l'énergie plus efficacement qu'une batterie. Si l'énergie provient de sources renouvelables, cela permet de concevoir des véhicules "propres". Ce procédé faisait rire tout le monde et les constructeurs européens ont refusé le projet. Guy Nègre a fini par signer un contrat de licence avec Tata, le leader indien de l’automobile !
Pourra-t-on, un jour, se passer totalement de pétrole ?
Il y a 100 ans, on vivait sans pétrole ! Concrètement, il faut que nous utilisions cette ressource de manière optimale. Le pétrole a des multiples usages au-delà de sa capacité à produire de l’énergie par combustion : dans la chimie et pour fabriquer du plastique, par exemple. On gardera le pétrole pour ces utilisations plus nobles et, un jour, on dira que c’était stupide de le brûler.
Que changera dans notre façon de vivre ?
Nous avons le choix de changer pour un mode de vie plus agréable. Je pense que personne ne regrettera la pollution causée par les voitures dans les centre-villes. Elles seront remplacées par des transports propres, silencieux et on pourra rouler à vélo sans avoir une peur bleue de se faire renverser. Notre rapport à l’énergie et au territoire va changer. Nous nous déplacerons et nous communiquerons de façon différente. Au lieu de passer deux heures par jour dans des embouteillages coincés dans une boîte en acier et exposés à la pollution, des solutions pour travailler à distance seront mises en place, regroupant des gens du même immeuble ou du même quartier dans un même bureau. IBM expérimente déjà de telles solutions, qui permettent de limiter le temps passé dans les transports pour ses salariés. Les usines se tourneront les ressources locales - déchets, biomasse, soleil, vent – pour s’approvisionner en énergie et en matières premières.
BeCitizen propose des solutions aux entreprises. Dans votre travail, percevez-vous une volonté de changement de la part des décideurs ?
Ce qui est sur est que les entreprises comprennent très bien qu’il faut chercher des solutions pour réduire leurs dépenses énergétiques. La hausse du prix du pétrole et des matières premières en général est très préoccupante pour leur marge. Une entreprise doit survivre dans un monde compétitif et son souci est de passer la fin de l’année. C’est le directeur financier que nous allons voir, pas seulement le directeur développement durable ! Il n’y a pas d’autre solution si on ne veut pas tomber dans une crise économique pire que celle de 1930, lorsque les gens se jetaient des fenêtres…
Comment être confiants dans l’avenir ?
Je pense qu’il faut revenir à un certain enthousiasme, ce qui est souvent perçu comme naïveté en France. Aux Etats-Unis, en Chine et en Inde, on retrouve ce sentiment, ils vont très vite. La Californie est en train de se redéfinir fortement autour des énergies renouvelables. En Chine, on construit près de Shanghai une première éco-ville de 500 000 habitants. C’est un test, un test à l’échelle chinoise… En France, on est plus occupés à trouver des obstacles. Par exemple, lorsqu’on parle de biocarburants à base d’algues, en France on dit « ce n’est pas possible », alors que des sociétés aux Etats-Unis et en Australie investissent dans cette technique. Ils auront peut-être tort, mais ils essayent. Changer n’est pas facile, je pense que les Français commenceront à être plus optimistes lorsqu’ils verront des réalisations concrètes. C’est ce qu’on espère voir avec la mise en place des mesures du Grenelle de l’environnement.