ENERGIE
Publié le 20/02/2008 à 12:00 par ecoville
CDC biodiversité a été créée pour accompagner le entreprises, les collectivités, les maîtres d'ouvrage et les pouvoirs publics, dans leurs actions, volontaires ou réglementaires en faveur de la biodiversité. Photo: DR
Le site
CDC biodiversité sur le Web
Protéger la biodiversité par la compensation des impacts négatifs des infrastructures (logements, autoroutes, voies ferrées), c’est la mission dont la Caisse des dépôts se charge avec la création d’une nouvelle filière CDC biodiversité, le premier opérateur financier de la biodiversité en France. Dotée d’un capital de départ de 15 milliards d’euros, CDC biodiversité sera financée par les entreprises et les collectivités sur la base du coût nécessaire à contrebalancer l’impact de leurs projets sur l’environnement. "L'idée n'est pas de brider la croissance économique, d'entraver le développement d'infrastructures ou de logement, mais de donner un cadre structuré d'action à la protection de la nature", explique Augustin de Romanet, le président de la Caisse . L’objectif de cette initiative étant de garantir qu’il n’y ait pas de perte nette de biodiversité lors de nouvelles constructions.
Un exemple : l’extension de l’autoroute A63 à la zone de Bayonne. La réalisation de ce projet implique la mise en œuvre d’actions sur le terrain pour protéger les habitats humides et leurs habitants, notamment la loutre et le vison d’Europe. Cela passe par l’acquisition de terrains propices à la reproduction du vison, par exemple, ainsi que par un travail de sensibilisation sur le terrain pour la protection des berges. Le coût de cette opération de compensation est de 2 millions d’euros pour une gestion pendant 30 ans des espaces restaurés. Deuxième objectif de la CDC biodiversité : la prise en charge intégrale des impacts par ceux qui portent atteinte à la nature… et pas par la société dans son ensemble.
Une loi mal appliquée
Le principe de la compensation n’est pas nouveau. Depuis 1976, la Loi sur la protection de la nature impose en effet de compenser lorsqu’il n’est pas possible d’éviter ou de réduire l’impact sur la biodiversité d’une infrastructure. Toutefois, «la compensation n’a jamais été appliquée, faute de règles précises », regrette Sébastien Genest, président de France Nature Environnement (fédération de plus de 3000 associations de terrain). Ce sont ainsi des milliards qui auraient dû assurer la protection de l’environnement pendant trente ans qui n’ont jamais été déboursés !
Aujourd’hui, l’inspection générale de l’environnement estime à environ 700 millions d’euros les besoins pour la sauvegarde et la restauration de la biodiversité. « Soixante mille hectares d’espaces naturels sont détruits chaque année », rappelle Laurent Piermont, président de CDC biodiversité. C’est donc en prévision « un marché compensation globale de 500 millions d’euros » qu’attend le nouveau-né de la Caisse des dépôts, selon lui.
La biodiversité : un capital pour l'avenir
Le jeu vaut bien la chandelle, car lorsqu’on parle de préservation de la nature, on parle d’assurer notre propre avenir. La nature nous nourrit, elle apporte du bois, de l’eau, des ressources pour la fabrication de médicaments (70% des médicaments anticancéreux sont d’origine végétale, par exemple), des fibres pour fabriquer nos vêtements… la valeur financière des services rendus par la nature a été estimée à 33 000 milliards de dollars par an, ou l’équivalent d’une à deux fois le produit mondial brut. Pour le professeur Jean-Claude Lefeuvre, président de l’institut français de la biodiversité et membre du comité scientifique de CDC biodiversité, on est aujourd’hui face à une crise : d’ici à 2060, jusqu’à 60% des espèces pourraient disparaître de notre globe. "Le XXI siècle devra être le siècle de la restauration", affirme-t-il. "On ne compense jamais un espace naturel disparu. Mais on peut s'en rapprocher au maximum et recréer parfois un milieu rare", assure le professeur.
« Aujourd’hui la dynamique peut s’enclencher si l’Etat se lance dans ce dispositif », affirme Sébastien Genest. « Toutes les décisions publiques devront être arbitrées en intégrant leur coût pour la biodiversité », avait déclaré Nicolas Sarkozy à l’issue du Grenelle de l’environnement. En attendant la loi de mise en œuvre du Grenelle au printemps, l’initiative de la Caisse des dépôts facilite la mise en place de ces pratiques.
Nadia Loddo Nadia Loddo
Metrofrance.com
Publié le 15/02/2008 à 12:00 par ecoville
Photo de la tour Eiffel et de la grande roue des Tuileries prise le 31 octobre 2007 Photo: Patrick Kovarik/AFP
La Tour Eiffel cessera symboliquement d'être illuminée vendredi de 19H00 (18H00 GMT) à 19H05, de même qu'une série d'autre monuments européens, dans le cadre d'une initiative destinée à encourager les économies d'énergie, a annoncé la mairie de Paris dans un communiqué.
Outre la Tour Eiffel, des monuments comme l'Hôtel de ville, le Petit Palais ou la Fontaine Saint Michel s'éteindront également, pour le troisième anniversaire de l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre.
L'initiative concerne plusieurs capitales et villes européennes, qui veulent lancer "un signal fort" sur les problèmes de dérèglement climatique et d'économies d'énergie.
Le Colisée à Rome ou le château d'Edimbourg, ainsi que le Parlement européen de Bruxelles par exemple éteindront leurs lumières à cette occasion.
PARIS (AFP)
© 2008 AFP
Publié le 15/02/2008 à 12:00 par ecoville
Une partie du parc d'éoliennes de la Haute-Lys situé sur le commune de Renty (Pas de Calais) en décembre 2007 Photo: Denis Charlet/AFP/Archives
Le plus grand parc éolien en France, avec 70 éoliennes représentant une puissance cumulée de 140 mégawatts, devait être inauguré samedi dans le Pas-de-Calais, a annoncé vendredi la société Ostwind International, maître d'oeuvre du projet, dans un communiqué.
Ces éoliennes, installées sur 16 sites différents dans le canton de Fruges, au centre du département, permettront d'approvisionner en électricité quelque 150.000 foyers, selon la branche basée à Strasbourg du groupe allemand Ostwind.
Les élus régionaux sont invités à cette occasion à participer à un "forum des énergies renouvelables" pendant le week-end. Et samedi matin, des écoliers devaient lâcher un millier de ballons bleus.
"Notre pays est riche en vent. Et avec ce projet, nous allons pouvoir mettre en oeuvre nos ambitions", a souligné le maire de Fruges, Jean-Jacques Hilmoine.
L'installation du parc éolien a permis de créer "plusieurs emplois" dans la zone (réalisation, services, gestion technique des installation), souligne le communiqué qui assure que le projet sera rentable "en termes de recettes fiscales et de fermage".
FRUGES (Pas-de-Calais) (AFP)
© 2008 AFP
Publié le 12/02/2008 à 12:00 par ecoville
Vue prise le 19 décembre 2007 d'une partie du parc d'éoliennes de la Haute-Lys situé sur le commune de Renty (Pas de Calais) Photo: Denis Charlet/AFP
La filière éolienne française, qui a atteint 2.455 MW en 2007 - près de 900 MW supplémentaires en un an - se classe désormais au troisième rang européen derrière l'Allemagne et l'Espagne, selon le bilan du Syndicat des énergies renouvelables (SER).
"Sa puissance permet d'alimenter l'équivalent de deux millions de foyers en électricité", précise le SER.
L'éolien, qui reste encore embryonnaire - 3% de la part des renouvelables, qui elles-mêmes représentent 10,3% de la consommation finale d'énergie en France - emploie actuellement près de 5.000 personnes.
L'objectif fixé par le Grenelle de l'environnement est de porter la part des renouvelables à 20 M de tonnes équivalent pétrole (tep) en 2020, soit 4 M de tep pour l'éolien, précise lundi André Antolini, président du SER. Ce qui représentera alors 60.000 emplois.
"Parvenir à l'objectif du Grenelle sera difficile et on aura besoin de toutes les filières, notamment de celles qui sont les plus mûres du point de vue de leur développement et de leur technologie et les plus compétitives: clairement, l'éolien en fait partie", insiste M. Antolini, joint par l'AFP.
"Nous sommes en mesure de développer l'équivalent de la production nécessaire. Sans pour autant couvrir la France d'éoliennes", assure-t-il.
L'énergie éolienne comptera alors pour 25.000 MW (dont 21.000 terrestres et 4.000 off shore), soit 9 à 10% de la fourniture d'électricité, selon les estimations du SER. Ce qui nécessitera 6.000 à 8.000 mâts, contre 2.000 aujourd'hui.
S'agissant du coût de l'éolien, jugé excessif par ses détracteurs, "le parc éolien représentera 50 centimes d'euros par foyer en 2008", remarque M. Antolini, citant le rapport de la Commission de régulation de l'énergie paru en janvier.
Au plan mondial, la capacité totale de l'éolien représente plus de 94.000 MW de puissance installée en 2007, en hausse de 31% en un an essentiellement grâce aux efforts des Etats-Unis, de l'Espagne et de la Chine. Soit un marché de 25 milliards d'euros en 2007, selon le Global Wind energy council (lobby de l'éolien basé à Bruxelles).
En capacité installée à ce jour, l'Allemagne reste en tête (22,3 GW) devant les Etats-Unis (16,8 GW), l'Espagne (15,1 GW - dont 3,5 GW supplémentaires en un an), l'Inde (8 GW) et la Chine (6,1 GW).
PARIS (AFP)
© 2008 AFP
Publié le 09/02/2008 à 12:00 par ecoville
(Christophe Lepetit/ Le Figaro Magazine)
La France se couvre d'éoliennes. Des associations, des scientifiques, des écologistes s'interrogent. «Le Figaro Magazine» apporte de nouvelles pièces au dossier.
Retrouvez la carte de France des éoliennes dans le Figaro Magazine
Pourquoi se construit-il tant d’éoliennes ?
On comptait, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), 1 500 éoliennes pour une puissance de 2 700 mégawatts (MW) fin 2007, réparties dans 341 parcs éoliens en métropole ; 130 nouveaux parcs, représentant 450 éoliennes, ont été installés courant 2007. Les éoliennes devraient être 3 500 en 2010, pour une puissance de 7 300 MW, et plus de 8 000 en 2020 (dont 850 en mer) pour une puissance de 25 000 MW.
Selon ses partisans, le recours à l’éolien permet de diversifier nos ressources énergétiques, objectif louable avec la hausse du prix du pétrole et le fait que les combustibles traditionnels – gaz, pétrole, charbon – sont épuisables et polluants. L’éolien va dans le sens des accords de Kyoto, ratifiés par la France et l’Union européenne, qui prévoient une réduction de 8 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2008-2012 afin de lutter contre le réchauffement climatique. Les éoliennes sont enfin le fer de lance des énergies propres pour atteindre une production de 21% d’électricité d’origine renouvelable à l’horizon 2010, objectif fixé par la loi d’orientation sur l’énergie du 13 juillet 2005. «Seul l’éolien peut nous permettre de parvenir à cet objectif, affirme Michel Lenthéric, chargé de mission à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). L’énergie hydraulique a atteint ses limites. Et les coûts de production de l’éolien sont moins élevés que ceux des panneaux photovoltaïques.»
Mais pour les nombreuses associations opposées aux éoliennes, dont la Fédération environnement durable ou Vent de colère sont les plus en pointe, elles sont une imposture écologique. Ces associations font valoir que la France est le pays d’Europe dont la production d’électricité provoque le moins de rejet de CO2 par habitant. Notre électricité provient pour 76,85 % de l’énergie nucléaire, qui pose certes le problème de la gestion des déchets, de l’approvisionnement à terme en uranium, mais n’émet aucun gaz à effet de serre. Elle provient aussi de l’énergie hydraulique, ressource propre et renouvelable à hauteur de 11,6 %. La part de l’énergie thermique (gaz, charbon, pétrole) monte à 10 % et celle de l’éolien à 0,73 %. « Nous n’avons pas besoin de l’éolien, soutient Christian Gerondeau (lire notre interview page 53) parce que les énergies nucléaire et hydraulique répondent à nos besoins. Pour preuve, nous exportons 10 % de notre production d’électricité. Lors des périodes de grand froid, où la demande d’électricité est supérieure, nous faisons appel aux centrales thermiques, qui émettent des gaz à effet de serre. L’utilité d’une éolienne serait de s’y substituer à ces occasions. Or les périodes de grand froid sont des périodes anticycloniques où il arrive que le vent soit absent sur la totalité de notre territoire. » Météo France confirme et nuance à la fois : lors de ces épisodes anticycloniques, le vent peut souffler dans certaines régions, notamment le Sud. Là où il fait le moins froid !
Participent-elles à la diminution du CO2?
Selon les chiffres avancés par France Energie éolienne, 25 % de l’électricité produite par ces ailes aériennes permettrait une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Le Réseau action climat, qui regroupe plusieurs ONG, a calculé de son côté que 5% des émissions de CO2 seraient évitées grâce à l’éolien. «Pure propagande », rétorquent les associations. « Dix mille éoliennes produisant 25 000 MW ne peut que réduire de 0,5 % les émissions françaises de CO2, soutient Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable. Pire encore, en développant les éoliennes, on multiplie le recours aux centrales thermiques. » Selon la Commission de régulation de l’énergie, l’éolien ne contribue que de façon marginale à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, simplement parce qu’il s’agit d’une production intermittente, qui ne peut être stockée et qui doit être relayée par d’autres sources d’énergie. « Les éoliennes ne tournent que de 20 à 25% du temps, car elles ne fonctionnent pas lorsque le vent est trop faible ou trop fort ! explique Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil. Nous sommes donc contraints de disposer en renfort de centrales thermiques ou hydrauliques, qui sont les seules à avoir une souplesse de mise en marche permettant de compenser instantanément les variations de la production éolienne. » L’Allemagne, pays leader de l’énergie éolienne et qui entend renoncer à l’énergie nucléaire, vient de donner son feu vert à la construction de plus d’une vingtaine de centrales thermiques à charbon. Retour fumeux vers le XIXe siècle ! Sans parler du Danemark, champion de l’éolien et l’un des plus fort émetteurs de CO2 par habitant. En France, plusieurs projets de centrales thermiques sont à l’étude : sur le port du Havre, à Beaucaire, dans le Gard, à Saint-Brieuc en Bretagne, à Bastelicaccia en Corse-du-Sud, à Lucenay-lès-Aix dans la Nièvre... L’envers du décor n’est pas si vert...
Combien coûte l’électricité produite par les éoliennes ?
L’arrêté ministériel du 10 juillet 2006 impose à EDF un tarif de rachat de l’électricité produite par les éoliennes de 8,2 centimes d’euro par kilowattheure (KWh), soit 82,8 euros par mégawattheure (MWh), et ce pendant dix ans. Le tarif varie ensuite de 8,2 à 2,8 centimes d’euro le kilowattheure les cinq années suivantes, en fonction des rendements. Plus ils sont faibles, plus le tarif de rachat est élevé. Autrement dit, moins elles produisent, plus elles rapportent ! Les promoteurs sont assurés d’un retour sur investissement même dans les sites les plus mal choisis. Cela ne peut que les inciter à implanter des parcs dans des sites peu venteux, mais aussi encourager certains d’entre eux à limiter leur production dans les sites venteux. Pendant ce temps, la note s’alourdit pour la collectivité. Car ces prix sont bien au-delà des prix du marché de l’électricité, qui fluctuent quotidiennement entre 4 et 5,5 centimes le kilowattheure (40 et 55 euros le mégawattheure). A titre de comparaison, le prix de revient d’un mégawattheure d’origine thermique varie entre 30 et 45 euros et celui d’un mégawattheure d’origine nucléaire descend à 26 euros, selon le Journal officiel du 27 juillet 2006 (lire infographie page 51).
Si ce tarif, supérieur au prix du marché, est une véritable aubaine pour les promoteurs, il pèse sur la facture d’électricité du consommateur. C’est lui qui paie les surcoûts liés aux obligations d’achat d’électricité des énergies renouvelables sous la forme d’une « contribution aux charges de service public d’électricité (CSPE) », mentionnée sur la note d’électricité et qui se monte à 0,53 euro TTC par kilowattheure. Plus EDF achètera d’électricité provenant de l’éolien, plus cette contribution augmentera.
Depuis le 13 juillet 2007, pour bénéficier du tarif de rachat d’EDF, les éoliennes doivent être construites sur une « zone de développement de l’éolien » (ZDE). Mais toutes les demandes de permis déposées avant cette date ont droit au tarif de rachat d’EDF quel que soit l’endroit où les éoliennes se trouvent. Il y a fort à parier que les dépôts de permis de construire remis avant la date fatidique se sont envolés. Leur nombre exact n’a pas encore été éventé...
A qui profite l’argent des éoliennes ?
D’abord, selon les différents vocables, à leurs promoteurs, développeurs, opérateurs. Avec un tarif de rachat d’électricité de 82 euros le mégawattheure, chaque éolienne de 2 MW garantit à son promoteur 360 000 euros de revenu annuel pour un temps de fonctionnement moyen annuel de 2 200 heures. Une opération rentable. Le coût de l’éolienne installée se situe, selon France Energie éolienne, entre 1 million et 1,3 million d’euros. Soit un amortissement entre trois et cinq ans maximum. Pas étonnant qu’elles aient le vent en poupe.
On comprend mieux dès lors le mistral de spéculations que fait souffler cette source d’énergie. Le vent vaut de l’or. C’est ainsi que le groupe Suez a acheté 50,1 % des parts de la Compagnie du vent, spécialisée dans la promotion d’éoliennes, pour un montant de 321 millions d’euros. Or, le chiffre d’affaires de la Compagnie du vent se limite à 11 millions d’euros. Mais elle serait « riche » de signatures d’élus pour des permis de construire permettant la production de 2 000 MW. « Ce qui valorise chaque mégawattheure à plus de 300 000 euros, poursuit Christian Gerondeau. Avec 6 à 10 éoliennes et une puissance de 12 à 30 MW, la valeur de chaque signature obtenue varie de plus de 3 millions d’euros à près de 10 millions. Le tout sans le moindre risque. » La manne profite aussi aux fabricants (essentiellement allemands, danois, espagnols). Les grands groupes ne s’y trompent pas et investissent en masse. Quelques exemples : Areva a acheté 51 % de la société Multibrid, un concepteur et fabricant d’éoliennes basé en Allemagne et spécialisé dans les turbines offshore de grande puissance, valorisant l’entreprise à 150 millions d’euros. De son côté, Alstom a pris le contrôle d’Ecotècnia, une entreprise espagnole qui fabrique et commercialise des éoliennes, pour un montant de 350 millions d’euros.
L’argent s’envole, avec quelques retombées – bien plus modestes – pour les propriétaires des terrains et pour les communes. Les premiers se voient attribuer un loyer de 1 000 à 2 500 euros par an et par éolienne. Les secondes perçoivent annuellement, par le biais de la taxe professionnelle, 500 à 700 euros par an et par mégawatt, après une période de déduction fiscale au bénéfice du développeur. On compte aussi quelques retombées pour l’emploi : 5 000 ont été créés, selon le Syndicat des énergies renouvelables, via les bureaux d’études, le travail d’installation et de maintenance des parcs. Mais rien pour les riverains, qui se plaignent d’une dépréciation de leur bien immobilier. Aucune étude n’ayant été effectuée, Notaires de France ne peut confirmer cette donnée. Un signe éloquent toutefois : le groupe d’assurances MMA propose un contrat « garantie revente » qui couvre la perte de valeur de revente des propriétés, notamment en cas d’implantation d’éoliennes à proximité...
Comment se monte un projet ?
Une petite brise suffit. Le grand reproche des associations, c’est le manque de transparence dans la création des sites éoliens. « Dans la majorité des cas, les projets sont montés à l’insu des habitants, affirme Jean-Louis Butré. Des promoteurs démarchent des agriculteurs et leur font signer des promesses de bail en faisant miroiter un revenu supplémentaire. Puis ils persuadent les élus avec deux arguments : la taxe professionnelle et l’action citoyenne pour lutter contre le réchauffement climatique. Dans les faits, on constate que nombre d’éoliennes sont situées sur un terrain appartenant aux élus des communes. »
Un diagnostic à peine nuancé par Jean-Yves Grandidier. « Nous essayons d’obtenir une délibération du conseil municipal pour une étude d’implantation, tout en s’assurant la disposition du foncier par la signature de promesses de bail. Les études coûtent cher. » Celles-ci sont à la charge du promoteur qui choisit le bureau d’études. Elles intègrent une enquête sur l’impact des éoliennes sur les oiseaux et une étude sur le bruit. De fortes nuisances ne rendent pas pour autant le projet caduc. Le promoteur peut modifier l’implantation des éoliennes ou proposer, dans son dossier, des mesures compensatoires : contrat d’agriculture durable, aides pour l’achat de friches, proposition d’équipements tels que des visualisateurs de ligne à haute tension pour les oiseaux... Du vent et des verroteries, selon les associations. L’étude d’impact est jointe à la demande de permis de construire déposée dans la commune, qui la transmet dans les quinze jours à la Direction départementale de l’équipement (DDE). Celle-ci examine la légalité du dossier, puis le communique à tous les services de l’Etat concernés (Diren, Drire, Direction de l’aviation civile, Service départemental de l’architecture et des paysages, etc.). Tous émettent un avis – favorable ou défavorable –, qui reste uniquement consultatif. Une majorité d’avis négatifs n’empêche pas l’obtention du permis ! Le dossier est ensuite transmis à la préfecture, qui lance une enquête publique. Puis le tribunal administratif nomme un commissaire-enquêteur, souvent un retraité de l’administration... des gendarmes, des douaniers... pas forcément spécialisés... L’enquêteur rencontre les élus des communes et organise des permanences à jours fixes. Théoriquement, toute personne qui le souhaite peut consulter le dossier et déposer son avis sur un registre. Elle doit faire vite, le vent presse, l’enquête ne dure qu’un mois. Puis le commissaire-enquêteur remet, avec avis, son rapport au préfet qui accorde ou non le permis de construire. Missionnaire de l’Etat, le préfet se trouve souvent en position délicate. Entre le marteau et l’enclume, sa décision est, selon le cas, contestée au tribunal administratif, soit par les associations, soit par le promoteur. Le recours n’arrête pas le processus, mais, dans la pratique, le projet peut être suspendu jusqu’au jugement. En 2004, 33 % des permis accordés ont fait l’objet d’un recours et 27 % en 2005.
Depuis juillet 2007, les ZDE sont initiées par les communes ou les communautés de communes. Elles définissent un périmètre apte à recevoir des éoliennes répondant à trois critères : un potentiel éolien (donc, théoriquement, du vent), une possibilité de raccordement au réseau et la prise en considération des paysages et des monuments. Pour Henri de Lepinet, président de l’Union Rempart, qui regroupe des associations de sauvegarde du patrimoine, « le risque aujourd’hui est de voir proliférer une profusion de ZDE sur l’ensemble du territoire de façon à multiplier les possibilités d’installer des éoliennes. » Peut-être n’a-t-il pas tort. Des éoliennes sur un seul village, et la manne que représente la taxe professionnelle bénéficie dans ce cas à toute la communauté de communes.
Les éoliennes détruisent-elles le paysage ?
Un sondage ELP/SER/France Energie éolienne réalisé en septembre 2007 montre que 90 % des Français sont favorables à leur développement. Pour beaucoup, les éoliennes ont bonne image et belle allure. Certains considèrent qu’elles participent à l’organisation du paysage, tout comme, en leurs temps, les aqueducs, les viaducs, les moulins à vent, les voies routières... Mais pour ceux qui sont au pied du pylône, elles sont d’abord des machines posées sur un socle de plus de 1 000 tonnes de béton, pouvant atteindre 150 mètres de haut, qui massacrent leur environnement proche, leur portent ombrage et font du bruit. A titre de comparaison, les plus grands pylônes électriques culminent à 48 mètres de hauteur. « Si une éolienne n’est pas inesthétique, sa multiplication devient catastrophique pour les paysages », affirme Paule Albrecht, présidente de la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France. Même discours tenu par Didier Wirth, président du Comité des parcs et jardins de France : « L’éolien n’a aucun intérêt, ni économique, ni énergétique, ni écologique. Alors, pourquoi sacrifier le patrimoine paysager de la France ? » L’Académie des beaux-arts apporte son soutien dans un livre blanc sur les éoliennes. Elle dénonce leurs dimensions excessives et leur manque d’harmonie avec le paysage. « D’autant que les parcs sont dispersés et que les promoteurs n’hésitent pas à les installer dans des zones protégées : parcs nationaux, régionaux, zones Natura 2000... ou à proximité de magnifiques monuments, constate Philippe Toussaint, président de Vieilles maisons françaises. On oublie que les éoliennes de 150 mètres de haut sont visibles à 10 kilomètres à la ronde. » Les exemples malheureux sont monnaie courante. C’est pourquoi la Réunion des associations nationales de sauvegarde du patrimoine bâti et paysager, surnommé le « G8 du patrimoine et de l’environnement », demande à ce qu’on applique aux éoliennes la réglementation des installations industrielles, que l’on impose une distance de 10 kilomètres par rapport aux sites classés et inscrits, en excluant toute éolienne des lieux protégés. Actuellement, en l’absence de cadre réglementaire, tous les débordements sont permis. Seule reste la concertation au moment de l’enquête publique et... la bonne volonté du promoteur. « S’il y a un impact, il est réversible, assure Jean-Yves Grandidier. Les contrats sont limités à quinze ans, et la durée de vie d’une éolienne est de vingt ans. La loi du 3 janvier 2003 impose aux constructeurs de parcs éoliens de déposer une caution bancaire pour garantir le démontage des installations. » Sauf qu’à ce jour, cette règle n’est que du vent. Aucun décret d’application n’est venu l’encadrer.
Sont-elles bruyantes et dangereuses ?
«Vivre près d’une éolienne, c’est subir le bruit d’une centrifugeuse », raconte Auguste Dupont, habitant de Sortosville dont le logement est situé à 320 mètres d’une éolienne. « Avec les vibrations des pales, poursuit-il, ma maison construite sur une dalle de ciment se fissure. » Le ronronnement du frottement des pales se mêle aux grincements provenant des engrenages de l’appareil. Le bruit n’est pas permanent, mais son intensité et sa portée varient en fonction de la vitesse et de l’orientation du vent, et de la topographie des lieux. « Des études sont réalisées par les opérateurs. Et la règlementation impose que le bruit ne dépasse pas 3 décibels la nuit et 5 décibels le jour, explique Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l’Ademe. Des progrès sont réalisés et les dernières générations d’éoliennes sont moins bruyantes. » Le problème est réel, au point que l’Académie de médecine a pris position. Elle recommande d’installer les éoliennes d’une puissance supérieure à 2,5 MW à plus de 1 500 mètres des habitations, en rappelant qu’à des intensités modérées, le bruit peut perturber le sommeil, entraîner des réactions de stress et se répercuter sur l’état général. Au-delà du bruit et des paysages, les parcs éoliens perturbent l’activité des radars et en particulier des radars météorologiques qui permettent de détecter les vitesses des vents et de prévoir des événements climatiques tels que les tempêtes, les tornades... Un comble ! Mais, comme dit le proverbe, qui sème le vent...
Sites à consuler :
www.thewindpower.net, www.environnementdurable.net,
www.ventdecolère.org, www.env.fr
Publié le 09/02/2008 à 12:00 par ecoville
AFP ¦ Le cycle des biocarburants
Considérés un temps comme une alternative «verte» à l’utilisation des carburants pétroliers, l’exploitation des agrocarburants (souvent appelés biocarburants) se révèle être encore plus polluante pour l’atmosphère. C’est ce que démontrent deux études américaines publiées par la revue Science .
L’espoir des agrocarburants
Qu’il s’agisse de bioéthanol produit à base de graines de blé et de maïs ou de biodiesel produit à base d’oléagineux (soja, colza), les carburants issus de l’agriculture ont deux avantages évidents : ils constituent une source d’énergie toujours renouvelable et apparemment neutre du point de vue des émissions de carbone. A priori, il suffit de replanter l’équivalent de ce que l’on a brûlé en carburant pour reconstituer les stocks et «refixer» par photosynthèse le CO2 ainsi libéré. Les agrocarburants ont ainsi été présentés comme un des moyens de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère.
Pollution verte
Deux nouvelles études montrent toutefois que le coût environnemental global de l’exploitation des agrocarburants n'est pas neutre. Pour produire des quantités suffisantes de graines et d’oléagineux, on doit abattre des forêts pour gagner de la terre, utiliser beaucoup d’engrais pour fertiliser les sols et brûler beaucoup de carburant pour récolter le tout. Des pratiques qui diminuent le rendement énergétique des agrocarburants et augmentent considérablement les émissions de GES dans l’atmosphère.
300 ans pour rembourser son carbone
Joseph Fargione et ses collègues de l’Université du Minnesota (Etats-Unis) ont ainsi étudié les effets à long terme de la conversion de terres non cultivables (forêts, savanes, marais, etc) en terres agricoles destinées à la production d’agrocarburants. Ils ont notamment calculé la « dette en carbone » résultant de l’abattage des arbres – qui ne pourront plus fixer le CO2 atmosphérique - et de la décomposition des racines laissées sur place. Or selon les chercheurs, cette dette en carbone est, selon les pays, 17 à 420 fois plus importante que la diminution annuelle des émissions de GES due à l’utilisation des agrocarburants.
Par exemple, la conversion de 10 000 m² de forêt amazonienne en champ de soja libérant 700 tonnes d’équivalent carbone, les gains en émissions dus à l’utilisation du biodiesel produit sur cette surface ne compenseront cette dette qu’au bout de 300 ans ! Pour la forêt indonésienne, évoquée dans le reportage ci-dessous, cette dette serait de 400 ans.
Des émissions doublées pendant 30 ans
Une autre étude, menée par Timothy Searchinger et ses collègues de l’Université Princeton (Etats-Unis), montre que même aux Etats-Unis, la généralisation des carburants agricoles risque d’aggraver l’accumulation des GES. A l’aide d’une modélisation, ils ont estimé les variations des émissions globales de CO2 dues à une conversion massive des prairies et des forêts en champs de maïs destinés à la production de bioéthanol. Ils ont alors constaté que l’utilisation de ce carburant doublera les GES sur 30 ans et continuera de les augmenter pendant 167 ans.
En attendant le jatropha
Les auteurs de ces études estiment donc que l’utilisation de la première génération des agrocarburants n’est en aucun cas une solution au problème de l’accumulation des GES responsables du réchauffement global. Ils recommandent plutôt le développement d’un nouveau type de biocarburant dérivé de nos déchets organiques ou de plantes moins gourmandes en terres, en eau et en engrais comme, par exemple, le jatropha.
AFP ¦ Le cycle des biocarburants
Yaroslav Pigenet
20Minutes.fr, éditions du 08/02/2008 - 13h16
dernière mise à jour : 08/02/2008 - 13h58
Publié le 07/02/2008 à 12:00 par ecoville
Émerveillement en Andalousie
De l’extrême Nord, à l’extrême Sud de la péninsule Ibérique, Dimitri et Matthieu continuent de suivre la route de l’énergie solaire. Découvrez la futuriste tour Solucar…
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En route depuis Madrid, les yeux un peu fatigués par les nuits passées dans la voiture, nous rejoignons Valeriano Ruiz, professeur de thermodynamique à l’école d’ingénieurs de Séville. D’une poignée de main franche il nous lance un « c’est parti, on y va !». On reprend la route. Direction le nord de Séville.
Disproportionnée, magnifique, irréelle, étrange. Après une trentaine de kilomètres, une tour blanche apparaît au loin sans qu’on ne sache encore bien ce qu’elle fait au beau milieu des champs d’oliviers ! Bienvenue à Solucar. Un nom idéal pour un projet complètement fou au premier coup d’oeil. De sa signification latine « lieu du soleil », l’Andalousie lui redonne tout son sens aujourd’hui.
Un jeu de miroirs
C’est ici qu’a grandi PS10, la première tour solaire appelée aussi champ d’héliostats à récepteur central… Un peu moins parlant ! Ce sont en fait 624 immenses miroirs (10x12m) qui réfléchissent les rayons du soleil en un seul point situé tout en haut d’une tour de béton à plus de 115m du sol. En haut de cette tour, de l’eau est portée à l’état de vapeur grâce à cet apport de chaleur de tous les rayons concentrés par les miroirs. Cette vapeur est amenée vers des turbines au sol qui produisent par leur mouvement de l’énergie et donc de l’électricité. 11 MW au total.
L’innovation ne vient pas du fait que la vapeur crée de l’énergie mais de la réflexion de la lumière par tous ces miroirs qui la concentrent en un seul point. Cette idée a parcouru un long chemin. Passant de la recherche pure au prototypage pour aboutir à ce fabuleux bijou d’ingéniosité fonctionnant à merveille. 30 ans ont été nécessaires aux espagnols pour développer cette technologie unique au monde. Une 2ème est en pleine construction juste à coté, PS20. 165mètres de haut, 2 fois plus de miroirs. Je vous laisse imaginer l’ampleur du chantier ! Elle devrait fonctionner en Août de cette année.
Un immense laboratoire
Notre ami Valeriano en est fier. Il en est l’un des précurseurs. Il était de la partie il y a 30 ans quand tout n’était que croquis sur une simple nappe de papier. Il savoure nos yeux qui pétillent d’émerveillement. Derrière ce projet, des sous, beaucoup de sous. Des investisseurs privés, Abengoa, entreprise espagnole gérant toute la mise en place, le développement et la gestion des 2 centrales, des banques bien sûr et le public avec la région andalouse, l’Espagne et l’Europe. Le retour sur investissement est prévu au bout de 13 ans. Un projet lourd, à long terme mais qui a convaincu tous les politiques. Solucar, le lieu du soleil contient maintenant ces 2 tours géantes ainsi que d’autres technologies moins visibles qui sont testées (Sterling, photovoltaïque à miroirs…). Un immense laboratoire qui produira près de 300MW en 2013.
S’ensuit un déjeuner de 3h ou Valeriano nous explique la politique énergétique de l’Espagne des 20 prochaines années. Les technologies qui montent, celles qui n’ont pas d’avenir… la rentabilité énergétique de chacune… On griffonne nos bloc notes sans arrêt. A Solucar, les plus grands de l’énergie solaire viennent observer de loin cette centrale solaire si particulière. Et nous, jeunes français tout juste diplômés, nous la visitons en détail avec un de ses créateurs et nous nous invitons en haut de la tour ! Le regard un peu étonné profitant de chaque seconde…
Publié le 06/02/2008 à 12:00 par ecoville
L'évêque de Londres Richard Chartres et le Prince Charles, le 23 octobre 2005, en la Cathédrale Saint Paul de Londres Photo: Carl de Souza/AFP/Pool/Archives
Deux des plus importants évêques de l'Eglise anglicane ont appelé mardi les Britanniques à profiter de la période du Carême pour limiter leur consommation de dioxyde de carbone, et pas seulement de chocolats et d'alcool.
L'évêque de Londres Richard Chartres et celui de Liverpool James Jones se sont associés à l'organisation humanitaire Tearfund pour inviter le public à prendre part à un "jeûne de carbone" pendant les 40 prochains jours.
Pendant le Carême, qui débute mercredi et se termine à Pâques, les chrétiens sont censés jeûner et prier. Ceux qui souhaitent participer aux efforts écologistes des deux évêques peuvent choisir leur propre manière de réduire leur consommation quotidienne de dioxyde de carbone.
"Par exemple, le premier jour, les gens peuvent retirer une ampoule électrique d'une lampe, chaque fois qu'ils voudront allumer la lumière et que ça ne marchera pas, ils se rappelleront pourquoi ils font ce jeûne - pour aider les pauvres du monde", a expliqué James Jones, vice-président de Tearfund.
"A la fin du jeûne, ils pourront la remplacer par une ampoule à basse consommation", a-t-il suggéré.
Le "jeûne de carbone" peut également consister à éviter d'utiliser des sacs plastique, à renoncer au lave-vaisselle pendant une journée, à isoler un chauffe-eau ou à faire la chasse aux courants d'air dans une maison, disent-ils.
Les évêques et Tearfund ont déclaré qu'ils avaient pris cette initiative pour contribuer à protéger les populations pauvres de certains pays, qui sont déjà victimes de changements climatiques.
LONDRES (AFP)
© 2008 AFP
Publié le 05/02/2008 à 12:00 par ecoville
Le promeneur qui parcourt, à l'aube, la réserve privée de Laohu Valley s'émerveille des beautés de la savane sud-africaine, des gnous et des springboks qui détalent à son approche. Dans un vaste enclos grillagé, le visiteur aura la chance d'apercevoir... quatre tigres, sans doute les seuls que l'on peut croiser en Afrique, en dehors des zoos et des cirques. La réserve appartient en effet à l'association Save China's Tigers, qui, à l'aide de fonds privés, cherche à réhabituer à la vie sauvage cette poignée de tigres de Chine méridionale, une sous-espèce presque éteinte.
L'association a été créée en 2000 par Li Quan, une Chinoise vivant à Londres, ancienne directrice de mode, qui se consacre désormais à sa passion pour les grands félins. "Depuis trente ans, les tigres de Chine ont souffert de la chasse, de l'extension des terres agricoles et de la pollution", explique-t-elle. Une trentaine de félins sauvages, tout au plus, subsisteraient en Chine.
Pourquoi avoir transféré ces animaux en Afrique du Sud ? "Le pays est vaste, la taille des antilopes qui y vivent correspond à celle des proies en Chine et on y trouve du personnel très compétent", répond Li Quan. Avec l'aide financière de son mari, banquier, elle a acquis, en 2002, un terrain de 330 km² auquel elle a donné le nom de Laohu, "vieux tigre" en mandarin. Quatre jeunes tigres, deux mâles et deux femelles, y ont été transportés en 2004 et en 2005. Pour s'adapter à la vie sauvage, les animaux, issus de plusieurs générations de tigres captifs, doivent réapprendre la chasse et... la reproduction.
Placés dans un enclos de 40 hectares en compagnie d'une quinzaine d'antilopes, les félins ont compris, les premières années, comment se nourrir des produits de leur chasse. Une fois cette étape franchie, ils ont été placés dans un petit enclos afin que l'on puisse observer leur comportement sexuel. Malgré la mort d'un adulte mâle en 2005, remplacé début 2007 par un nouveau pensionnaire issu du zoo de Suzhou, dans l'ouest de la Chine, Save China's Tigers a pu annoncer, en novembre 2007, la naissance d'un petit tigre. La génitrice serait de nouveau pleine.
Mme Li estime que cette nouvelle génération, au patrimoine génétique plus varié que la précédente, pourra être réintroduite en Chine dès qu'elle aura prouvé sa capacité à chasser. "Mais les autorités chinoises ne sont pas prêtes", déplore-t-elle. Cette réintroduction de fauves sauvages nécessiterait en effet une vaste réserve.
Le projet n'est en outre viable qu'avec un personnel formé et motivé, un élément qui fait pour l'instant défaut en Chine. Aussi l'association cherche-t-elle à y populariser son action. Le tigre est l'animal le plus populaire dans le pays, rappelle Mme Li. Lundi 21 janvier a été lancée, à Pékin, une campagne destinée à baptiser le petit né en novembre 2007.
La détermination de Save China's Tigers se heurte cependant au scepticisme de l'Union internationale pour la conservation de la nature, qui classe les tigres de Chine dans la catégorie des espèces "en danger critique d'extinction" et considère l'opération comme sans espoir.
Olivier Razemon
Publié le 05/02/2008 à 12:00 par ecoville
Le gouvernement chinois a mobilisé un million de militaires pour aider à déblayer les routes et réguler le flux de voyageurs.
Crédit : REUTERS