ENERGIE
Publié le 03/07/2008 à 12:00 par ecoville
Les cours du brut ont atteint de nouveaux records ce jeudi. Le Brent de la mer du Nord a franchi les 146 dollars le baril.
Le nouveau record de prix pour un baril de pétrole a été enregistré ce jeudi. Le baril de Brent de la Mer du Nord a dépassé les 146 dollars, en atteignant le niveau inédit des 146,34 dollars, contre 144,90 dollars, mercredi à New York.
La même tendance s'observe à New York, où est coté un pétrole moins lourd et moins soufré, donc plus facile à raffiner, que le pétrole brut coté à Londres. Traditionnellement plus cher que le pétrole londonien, le pétrole américain de type «light sweet crude» s'est échangé à un nouveau niveau record de 145,43 dollars, après 144,32 dollars mercredi soir.
Cette nouvelle flambée des cours s'explique par l'annonce d'une baisse des réserves aux Etats-Unis. Le niveau des stocks américains de pétrole brut, publié en début d'après-midi le 2 juillet, a chuté de 2 millions de barils en une semaine, selon le département de l'Energie. Ils sont désormais inférieurs de 15,3% à ceux de l'année dernière, à la même époque.
Les craintes sur l'approvisionnement en pétrole ont été renforcés par les tensions entre Israël et l'Iran. Lors d'un congrès du pétrole à Madrid, le ministre iranien du pétrole a indiqué que Téhéran a en effet annoncé que «l'Iran ne resterait pas impassible et réagirait férocement» a toute attaque contre son programme nucléaire. «Alors que la seule mention (d'une offensive potentielle, ndlr) rend le marché très volatile, pouvez-vous imaginer ce qui se passerait en cas d'une quelconque action... quel serait le résultat sur le marché du pétrole?», a-t-il demandé. Il a toutefois écarté la menace d'une interruption des livraisons de brut en cas d'offensive israélienne ou américaine.
Le mouvement de hausse des cours du pétrole, impulsé par la nervosité des marchés dans ce contexte, a été renforcé par la baisse du dollar. L'euro a atteint 1,589 dollar aujourd'hui. Les investisseurs hors zone dollar en profitent pour investir dans les matières premières, payables en dollars, afin de se protéger de l'inflation.
Publié le 03/07/2008 à 12:00 par ecoville
Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi la construction en France d'un deuxième réacteur nucléaire de troisième génération EPR, conçu par le groupe Areva, lors d'un déplacement au Creusot.
«J'annoncerai dans quelques instants la construction d'une deuxième centrale nucléaire EPR en France», a affirmé Nicolas Sarkozy devant des ouvriers de l'usine ArcelorMittal. Le chef de l'Etat, qui devait prononcer plus tard un discours consacré à la politique énergétique de la France, n'a pas précisé lors de son intervention le lieu de l'implantation de ce nouveau réacteur, ni sa date programée de mise en service.
Le 2e EPR justifié par la flambée des prix
Le président a justifié sa décision par la flambée des prix du pétrole et du gaz. «L'ère du pétrole bon marché, c'est fini. Le nucléaire est plus que jamais une industrie d'avenir et une énergie indispensable», a déclaré Nicolas Sarkozy, affirmant que «l'électricité qui sort d'un EPR est 30 à 50% moins chère que l'électricité qui sort d'une centrale à gaz ou au charbon.» «Nous voulons que l'énergie nucléaire soit une des réponses principales à la crise du pétrole que l'on connaît», avait déjà indiqué François Fillon le 12 juin dernier, lors d'un entretien accordé à France 2.
EDF s’est dit «prêt à s’engager dans ce projet.» L’entreprise a mis en avant ses «sites potentiels d’implantation et des compétences reconnues de ses équipes» et rappelé qu’il bénéficie de «l’expérience nécessaire après avoir engagé la construction de l’EPR de Flamanville.»
Une décision « aberrante » et « stupide » selon Greenpeace
Greenpeace a estimé que la construction d’un deuxième réacteur était «aberrante» et «stupide», et qu’elle constituait une «faute lourde» en matière de politique énergétique. Pour le directeur des campagnes de Greenpeace France, Yannick Jeannot, la décision «sonne en partie la mort du Grenelle de l’environnement.»
Les Jeunes Verts ont proposé, dans un communiqué, de construire le deuxième EPR «véritable bébé de Nicolas Sarkozy» à Neuilly, estimant qu’il serait «sans aucun doute chaleureusement accueilli par les habitants.»
Un autre réacteur à eau sous pression (European Pressurised water Reactor, EPR), fruit d'une technologie franco-allemande développée par les groupes Areva et Siemens, est actuellement construit en Finlande et devrait être mis en service en 2011, avec un an et demi de retard sur le calendrier initial.
Fin novembre, Areva a également vendu deux autres réacteurs EPR à la Chine pour un montant de 8 milliards d'euros avec le combustible, le plus gros contrat de l'histoire du nucléaire civil. Areva, Total et Suez ont également annoncé la signature d'un partenariat en vue d'en vendre deux autres aux Emirats arabes unis.
avec agence
20Minutes.fr, éditions du 03/07/2008 - 12h00
dernière mise à jour : 03/07/2008 - 15h19
Publié le 30/06/2008 à 12:00 par ecoville
Pierre Epstein et Sylvain Glaiman signent l'architecture de ces tours de 164 mètres de hauteur, certifiées HQE (Haute qualité environnementale).
La ville accueille un projet de 164 mètres de hauteur que dévoile en exclusivité «Le Figaro».
Levallois aussi aura ses tours jumelles. C'est un homme d'affaires saoudien, le cheikh Mohamed Bin Issa al-Jaber, qui dotera la ville, sur le front de Seine, de deux tours de 164 mètres de hauteur. Un projet de 125 000 m2 qui comprendra 82 000 m2 de bureaux, un hôtel de luxe de 400 chambres, 40 boutiques haut de gamme, un restaurant gastronomique, une piscine, un spa et six niveaux de parking souterrain. Les tours, qui seront certifiées HQE (Haute qualité environnementale), auront une base commune de deux étages (bars, restaurants, centre de conférence). L'architecture est signée Pierre Epstein et Sylvain Glaiman.
Le cheikh al-Jaber dont le conglomérat MBI International possède des hôtels (JJW Hotels) en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord investira à Levallois plus d'un milliard d'euros. «Ces tours permettront d'accroître les capacités d'accueil en bureaux de la ville, contribueront à son développement économique et profiteront, par le biais de ses services, à ses habitants», se réjouit l'homme d'affaires, qui possède une trentaine d'établissements en France dont les hôtels Balzac et La Trémoille à Paris. «De nombreuses entreprises, qui ne trouvaient plus de locaux où s'installer, étaient contraintes de partir à la Défense», ajoute Patrick Balkany, député maire de Levallois. Le projet remonte au début des années 2000. L'objectif du maire était de mettre un point final à la restructuration d'un ancien quartier industriel et de profiter de l'élan créé à Levallois par l'installation de grands groupes (Hachette Filipacchi Médias, BASF, Alstom, Cetelem, Givenchy…). L'acquisition des terrains et les délais d'obtention du permis de construire ont retardé l'opération.
Un parc de 1,5 hectare
Les deux tours seront érigées sur d'anciens terrains appartenant à Fiat. «Cela nous permettra de détruire des immeubles de bureaux datant des années 1960 et de créer à la place un grand parc de 1,5 hectare», s'enthousiasme Patrick Balkany, dont le projet a servi d'argument électoral à ses opposants. Près des tours, situées à deux pas de L'Oréal, un collège flambant neuf ouvrira ses portes à la rentrée.
L'annonce de ce projet, qui sera signé ce matin en grande pompe, en présence de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, alimente le débat sur l'opportunité de construire des tours à Paris et dans sa périphérie. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'y est dit favorable. Patrick Balkany reconnaît que les projets de tours de la Défense lui ont ouvert la voie. «Il y aura une demande de très beaux appartements en hauteur», prédit-il aussi. À condition de ne «pas exagérer la hauteur pour des habitations» . Il s'est rendu récemment à Dubaï pour s'en convaincre.
Publié le 28/06/2008 à 12:00 par ecoville
Le programme devrait créer 160 000 emplois en Grande-Bretagne, tout en réduisant de 7 % la dépendance énergétique du pays. Crédits photo : Jiri REZAC/REA
Gordon Brown a présenté hier un plan de plus de 120 milliards d'euros pour faire passer la part du renouvelable à 15 % de l'énergie totale en 2020.
Le premier Gordon Brown a présenté jeudi un ambitieux programme destiné à multiplier par dix l'importance des énergies renouvelables au Royaume-Uni par rapport au niveau de 2006. Cette «révolution verte» nécessitera des investissements à hauteur de 100 milliards de livres sterling (126 milliards d'euros) sur douze ans.
L'ampleur du plan exigera l'installation de 7 000 nouvelles éoliennes, dont 3 000 en mer, et envisage une immense usine marémotrice dans l'estuaire de la Severn, au sud du Pays de Galles, capable de fournir 5 % de l'électricité du Royaume-Uni. L'annonce est quelque peu une surprise, car Gordon Brown était connu pour ses réserves vis-à-vis des énergies renouvelables, et notamment sur l'éolien.
«L'augmentation de la part des énergies renouvelables jouera un rôle crucial dans le traitement du changement climatique et la réduction de notre dépendance au pétrole et au gaz», a affirmé John Hutton, ministre de l'Industrie. Les deux autres moyens d'actions déjà annoncés par le gouvernement britannique pour atteindre ces objectifs sont la relance du nucléaire et le développement d'une filière de centrales à charbon «propres».
Mesures fiscales
D'après John Hutton, cette initiative devrait permettre de créer 160 000 emplois en Grande-Bretagne, tout en réduisant de 7 % la dépendance énergétique du pays. Mais il reconnaît que le nombre d'éoliennes nécessaires pour atteindre les objectifs affichés représente « un défi majeur pour les entreprises britanniques ».
Londres s'est fixé l'objectif de porter à 15 % en 2020 la part de l'énergie totale (électricité, chauffage et transport) issue de sources renouvelables. Le niveau actuel est un peu inférieur à 5 %, mais progresse régulièrement grâce à l'installation de centrales éoliennes offshore. D'après le gouvernement, la part de l'énergie renouvelable n'était que de 1,5 % en 2006. L'énergie du vent a dépassé pour la première fois cette année la contribution de l'hydroélectricité.
L'idée d'installer 4 000 nouvelles éoliennes sur le territoire britannique a toutefois fait bondir les associations de protection du paysage, très attachées au caractère traditionnel de la campagne anglaise.
Pour ambitieuse qu'elle soit, la stratégie mise en avant par Gordon Brown n'est pour le moment qu'une feuille de route peu détaillée qui fait encore l'objet de consultations publiques. Alan Duncan, le porte-parole du Parti conservateur pour l'industrie, a d'ailleurs dénoncé cette nouvelle consultation qui entraîne « de nouveaux délais après une décennie d'hésitations » par le gouvernement travailliste.
Comme dans le cas du plan de relance du nucléaire annoncé en début d'année, le gouvernement n'envisage pas d'investissements publics massifs. Il compte laisser l'initiative aux entreprises privées, en les incitant à passer à des technologies non émettrices de CO2 grâce à une palette de mesures fiscales et réglementaires.
La principale mesure serait l'obligation pour les producteurs d'électricité d'utiliser entre 30 % et 35 % d'énergies renouvelables d'ici à 2020. Le gouvernement prévoit aussi des aides pour encourager l'installation de panneaux solaires, à la fois pour le chauffage et la production d'électricité, pour les particuliers et les entreprises.
Certaines associations de consommateurs craignent que le passage au renouvelable ne se traduise par une hausse des factures d'électricité. Le gouvernement explique qu'au contraire, avec un pétrole déjà à 140 dollars le baril, cela ne devrait entraîner qu'une hausse modérée d'ici à 2020.
Publié le 26/06/2008 à 12:00 par ecoville
Photo : DR
L'une des points d'extraction de vapeur du sol.
John Farison , l’ingénieur responsable des productions d’électricité du site de Mayacamas, 35 ans de métier, nous a fait un bref topo de la situation :
• Calpine, société chez qui bosse John, possède 19 des 22 sites du Geysers.
• Capacité totale de production: 725 MW (un peu plus de la moitié des centrales nucléaires dernières générations).
• 25% de l’énergie renouvelable de la Californie est produite par le Geysers.
• 40% de la production d’électricité de source géothermique des US est produite par le Geysers.
• 350 forages ont été fait dans la roche pour extraire la chaleur (ici sous forme de vapeur).
• Premier forage en 1954.
• 350 employés au total reparti sur 100km².
• La dernière usine a été construite il y a maintenant 10 ans.
• Un important programme de plusieurs millions de dollarsa été mis en place il y a peu de temps pour remettre au goût du jour les turbines, générateurs et conduits les plus anciens… Certains ont effectivement plus de 40 ans !
Bref des chiffres époustouflants…
A 3 heures au nord de San Francisco nous visitons notre première centrale de production d’électricité à partir de la géothermie (chaleur enfoui naturellement sous nos pieds…). “Site des Geysers du Mayacamas : plus grand site de production d’électricité à partir de géothermie au monde”, lit-on sur un panneau à l’entrée du site.
La géothermie, comment ça fonctionne ? Dans le cas du Geysers, ce qui est exploité c’est de la vapeur sèche. Contradictoire ? Non. Il s’agit d’une vapeur à la pression très importante. Cette vapeur est utilisée pour faire tourner une turbine qui va produire de l’électricité grâce à un générateur. Ensuite cette vapeur sera condensé et donc transformé en eau ou bien elle evapore. L’eau est ensuite réinjectée sous terre là où elle a été puisée sous forme de vapeur.
Seulement dans tout ce circuit il y a énormément de perte par évaporation, donc il faut un appoint d’eau pour remettre en sous sol ce qui a été prélevé. Dans le cas du Geysers, cette eau transportée par d’énormes pipelines, provient de la ville de Santa Rosa à quelques dizaines de kilomètres.
Malgré cela, le compte n’y est pas. La production d’électricité du Geysers extrait plus d’eau qu’il n’en réinsère dans la nappe. Pour être précis, en fait ils en réinjectent autant qu’il en consomment mais l’eau réinjectée ne redevient pas de la vapeur sèche assez rapidement.
C’est pourquoi sa durée de vie ne peut dépasser 90 ans au total. Dans 40 ans, le Geysers ne sera donc plus exploitable et exploité… Cette solution n’est donc pas entièrement renouvelable, mais permet de produire de l’électricité quasi propre (excepté quelques émissions infimes de souffre) pendant 90 ans.
Aujourd’hui avec le prix du baril de pétrole qui grimpe, leur production est largement compétitive de même qu’avec le charbon… Ça n’a pas toujours été le cas !
A noter que le plus gros projet pilote Européen se tient en ce moment à Soultz La Foret dans l’est de la France…
Shake your planet
Publié le 25/06/2008 à 12:00 par ecoville
Photo : unibail/morphosis
La tour Phare de la Défense, livrée en 2013.
» Pavillon de l’Arsenal, 21, boulevard Morland (IVe). Tél : 01 42 76 33 97. Entrée libre. Jusqu’au 19 octobre, de 10 h 30 à 18 h 30, du mardi au vendredi, et de 11 à 19 heures le dimanche. Conférence-débat sur le thème mercredi soir, à 18 h 30.
> Les interviews des architectes sont en ligne sur www.pavillon-arsenal.com.
A chaque époque sa religion. Celle qui guide les architectes aujourd’hui, c’est le développement durable. Le pavillon de l’Arsenal a choisi de regrouper dans son exposition “Architecture = durable”, trente maquettes de projets en cours de réalisation dans la Région, emblématiques de ce nouveau leitmotiv. “L’architecture a toujours eu recours à la technique pour se mettre au service d’un idéal, explique Jacques Ferrier, architecte et commissaire scientifique de l’exposition. Aujourd’hui, l’idéal, c’est l’écologie. Les architectes doivent répondre à cet impératif.”
Ces trente projets (quinze à Paris, livrés dans moins de cinq ans) répondent, chacun à sa manière, aux exigences environnementales : proximité des transports, ouverture au quartier, morphologie, matériaux recyclables adaptés au lieu et économies d’énergie.
Des formes variées
Durable ne veut pas dire similaire. On découvre ainsi la future Philharmonie de Paris (prévue pour 2012), un espace de 1 400 places conçu par Jean Nouvel à la Villette, dont le toit fusionnera avec le jardin et sera accessible aux promeneurs. Mais on trouve aussi la crèche d’Emmanuel Combarel et de Dominique Marrec, qui trônera, fin 2009, rue des Poissonniers (XVIIIe). Son toit végétalisé surplombera un jardin suspendu au-dessus d’une courette. Jacques Ferrier présente, lui, son propre projet à Issy-les-Moulineaux, une tour située sur les 60 000 mètres carrés de la ZAC Cœur de ville. Les bureaux actuels seront rapatriés dans la tour, laissant place à un jardin, à un cinéma et à un centre commercial. Outre les futurs logements de la porte Pouchet, l’hôtel trois étoiles de la porte des Lilas, on retrouve aussi le chantier de la halle Pajol (XVIIIe), dont la réhabilitation s’accompagnera, d’ici à 2012, de la création d’un jardin. Des réalisations qui ne feront pas baisser le prix de l’immobilier à Paris.
Vincent Michelon
Vincent Michelon
Metrofrance.com, à Paris
Publié le 17/06/2008 à 12:00 par ecoville
Photo : FB/Metro
Les hôteliers se sont réunis hier au Palais Stéphanie pour évoquer les problématiques liées au développement durable.
Phénomène de mode ou prise de conscience, le développement durable est partout. Et il arrive même dans les hôtels. De la simple sensibilisation aux labels, de plus en plus nombreux, les initiatives sont lancées, mais ils sont encore peu à les utiliser.
Réunis hier à Cannes, à l’occasion d'une nouvelle édition des Matins du développement durable, les professionnels cannois et azuréens de l’hôtellerie étaient présents pour évoquer ces questions. “Les Nordiques et les Anglo-Saxons recherchent vraiment ce genre de choses. Si nous ne pouvons pas les accueillir dans un cadre durable et de respect de l’environnement, nos clients iront à Barcelone ou à Prague, a prévenu Michel Chevillon, le président du syndicat des hôteliers cannois. Il faut qu'il y ait une vraie volonté au niveau de l'Etat, de réelles mesures incitatives, fiscales.” Et de rappeler que “le tourisme représente tout de même 7% du PIB de ce pays.”
“Le tourisme représente tout de même 7% du PIB de ce pays.”
Michel Chevillon, président du syndicat des hôteliers cannois
Le modèle monégasque
S’il est encore délicat de sauter le pas pour beaucoup, les solutions sont pourtant bien là. Egalement présents hier, les hôteliers de la principauté font figure de précurseurs en la matière. “Nous avons mis en place une charte environnementale avec vingt-trois actions qui concernent aussi bien la sensibilisation des clients que la formation des personnels.
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Un établissement a installé un système de récupération des eaux grises pour l'arrosage, ce qui permet une économie de 180 000 litres d’eau par an”, précise Dimitri de Andolenko, directeur des achats de la Société des bains de mer, qui gère plusieurs établissements à Monaco. “Cela passe aussi par de petites choses. Ce n’est pas priver un client que de lui rappeler la saisonnalité des produits”, a-t-il insisté. Un modèle monégasque ? En tout cas, un exemple à suivre qui a su séduire les hôteliers.
Fabien Binacchi
Fabien Binacchi
Metrofrance.com, à Cannes
Publié le 16/06/2008 à 12:00 par ecoville
Le site de Krechba, en Algérie.
Avec la demande croissante et les prix grimpants du pétrole et du gaz naturel, de plus en plus de pays se tournent à nouveau vers le charbon comme source d’énergie. Les réserves de ce combustible pourraient permettre de compenser la diminution de pétrole pour quelque centaine d’années. Une cinquantaine de centrales électriques à charbon pourraient voir le jour en Europe dans les prochaines années et ce nouvel « or noir » aliment d’ores et déjà la croissance économique en Chine et en Inde. Ce retour du charbon est cependant une très mauvaise nouvelle pour la planète à cause des émissions de gaz à effet de serre qu’il dégage… sauf si on arrivait à capter le CO2 pour le stocker sous terre en l’empêchant ainsi de s’échapper dans l’atmosphère.
Capter le carbone dans les fumées
Cette technologie (CSC) existe et fonctionne déjà sur des sites d’extraction de gaz naturel (voir ci-dessus). « C’est un cas facile, souligne Paul Broutin, chef de projet captage à l’Institut français du pétrole, car ils sont obligés de traiter ce gaz naturel pour le commercialiser et car la pression élevée du gaz permet de faire la séparation à moindre coût. » Or dans le cas des centrales à charbon, ou d’autres industries fortement émettrices, il est plus ardu de capter le CO2 des fumées à la sortie. « La technologie la plus mature consiste à récupérer les fumées de la centrale et de les faire transiter par des bains d’un solvant, appelé amine, permettant de séparer le CO2. Cette technologie est mature, mais chère, comme le démontre un projet pilote mené à Esbjerg, au Danemark », explique Didier Bonijoly, coordinateur projet de stockage de CO2 au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières).
D'autres pistes de recherche
Deux autres technologies retiennent l’attention des chercheurs. La première, l’oxycombustion, « consiste à remplacer l’air par l’oxygène dans le processus de combustion, ce qui permet d’avoir un flux composé en fin de processus à 90-95% de CO2 qu’on peut stocker directement » poursuit le chercheur du BRGM. Enfin, et à plus long terme, il serait envisageable de capturer le CO2 avant la combustion, ce qui permettrait au même temps de récupérer de l’hydrogène pour produire encore de l’électricité.
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Un développement à grande échelle pour 2030
Alors, le charbon propre, c’est pour quand ? « Le captage de CO2 n’est pas une solution d’avenir, mais une solution de transition », souligne Paul Broutin. En Europe, on prévoit d’installer de 12 à 20 centrales thermiques équipées pour capter le CO2 d’ici à 2015-2020 pour développer la technologie à grande échelle vers 2030. « On va en avoir besoin du charbon, poursuit le chercheur de l’IFP, car c’est la seule source importante pour produire de l’électricité avant le développement des énergies renouvelables, qu’on espère prendront le relais vers 2050. »
Le stockage de carbone inquiète
Les opposants du CSC ne croient pas dans ce scénario de nécessité. Pour l’ONG environnementaliste Greenpeace, par exemple, l’investissement dans les économies d’énergie et dans les énergies renouvelables permettrait de se passer du charbon et du nucléaire. Or, les investissements absorbés par le CSC sont autant de ressources en moins pour ces alternatives. « De plus, la technologie ne sera pas disponible avant 2030 alors qu’on inverser la courbe des émissions de CO2 avant 2015 et le stockage présente aujourd’hui des risques qu’il est impossible de garantir sur le long terme », explique , chargée de campagne climat pour Greenpeace-France.
Des risques environnementaux et sanitaires
Pierre Toulhouat, directeur scientifique de l’Ineris (Institut national de l'environnement industriel et des risques), confirme le manque de connaissance dans le domaine du stockage de CO2. « Le risque le plus étudié est la possibilité que le gaz carbonique ressorte des failles, ce qui pourrait un dommage pour la planète car le CO2 finirait dans l’atmosphère, mais aussi éventuellement pour l’homme si un accident devait survenir pendant le transport ou par une rupture de pipeline : 4% de CO2 dans l’air peut avoir des conséquences sanitaires importantes », souligne le scientifique. Plus à long terme, les propriétés chimiques du CO2 posent problème car des réaction chimiques peuvent entraîner une dissolution accélérée des métaux contenus dans le roches des gisements remplis de CO2. Des éléments polluants comme le plomb et l’aluminium pourraient ainsi se retrouver dans les eaux souterraines. Selon le scientifique, la recherche dans ce domaine resterait balbutiante.
Le rôle des industriels
Pour que le CSC se développe à grande échelle, il faudra dans tous les cas, que les industriels s’y mettent. Une directive de l’Union européenne est actuellement en cours de discussion pour éliminer les entraves légales, le CO2 étant considéré jusqu’à maintenant comme un déchet. « Pour inciter les industriels à s’y mettre, il faudra la carotte et le bâton, souligne Paul Broutin : la carotte, ce seront les aides proposées par l’UE, notamment le financement des études, le bâton, les taxes sur les émissions de CO2 ». Tout dépendra des quotas d’émission attribués aux entreprises dans le cadre de l’après-Kyoto en 2013. Moins les industries auront le droit de polluer, plus l’achat d’un « quota » de pollution sur le marché du CO2 coûtera cher. Le principe : ça marchera si capter et stocker revient moins cher que de polluer. Pourvu que les entreprises ne délocalisent pas.
Nadia Loddo
Nadia Loddo
Metrofrance.com
Publié le 13/06/2008 à 12:00 par ecoville
Photo : N.L/METRO
L'embouchure du puits de CO2 à Krechba, en Algérie.
A 1300 km d’Alger, en plein cœur du désert du Sahara, le site de Krechba attire responsables politiques et journalistes. Mais ce qu’ils viennent voir est… sous terre. In Salah Gas, projet conjoint de l'algérien Sonatrach, du britannique BP et du norvégien StatoilHydro, exploite dans la région 7 champs de gaz naturel, le premier projet de développement du Sahara centrale.
L’immense structure en acier et orange de la station d’extraction de gaz qui s’élève au milieu de la plaine de sable est, elle, bien visible. Pourtant l’attraction n’est pas là. La particularité de cette exploitation est que des pipelines la relient à un site de stockage de carbone qui permet d’éviter, chaque année, qu’un million de tonnes de CO2, l’un des gaz responsables du réchauffement climatique, ne soit renvoyé dans l’atmosphère. « C’est l’équivalent de ce que rejettent 200 000 voitures roulant 30 000 km par an », explique Daoud Abdelaziz, chef de champ. Le site devrait être exploité pour au moins vingt ans.
Trop de CO2 dans le gaz
La raison d’être de ce projet est d’abord commerciale. Le gaz naturel extrait par In Salah a une teneur en CO2 trop élevé pour être commercialisé (6% en moyenne, contre 0,3% maximum). Il est donc de toute façon nécessaire de le traiter au moyen d'un solvant chimique, l'amine, pour en extraire l’excès de CO2. C’est le système de captage le moins coûteux, ce qui permet de réaliser l’opération à 6 euros la tonne alors que la tonne de CO2 s'échange sur le marché européen à environ 30 euros.
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Ce procédé de captage est déjà utilisé à Sleipner, en Norvège, depuis 1996. Mais le projet algérien veut aller plus loin, notamment dans l’étude du stockage. Pour Mohamed Keddam, directeur général d'In Salah Gas, le site est un « laboratoire grandeur réelle ». Les deux réservoirs naturels souterrains (les aquifères), dans lesquels le CO2 est réinjecté sont surveillés en permanence avec des technologies 3D qui permettent de vérifier l’intégrité des puits et la stabilité chimique des éléments. Selon les ingénieurs du site, enfui à 190 mètres de profondeur, sous 900 mètres d’argile, il n’y a pas de raison que le CO2 ne reste emprisonné. "Nous souhaitons provoquer un effet d'entraînement en démontrant que le procédé est techniquement faisable, économiquement acceptable et géologiquement viable", explique Mohamed Keddam.
Nadia Loddo
Nadia Loddo
Metrofrance.com
Publié le 12/06/2008 à 12:00 par ecoville
BERLIN CORRESPONDANTES
"La sortie du nucléaire est totalement erronée." Ces mots prononcés, lundi 9 juin, par la chancelière allemande, Angela Merkel (CDU), en disent long sur le conflit qui couve dans le pays autour du nucléaire. Jusqu'à présent, la chef de gouvernement tenait un discours plus modéré sur ce terrain afin de ne pas mettre en péril le fragile équilibre au sein de la grande coalition. Dans l'incapacité de rapprocher leurs vues, les deux partis au pouvoir, CDU-CSU et SPD, avaient décidé en 2005 de maintenir le statu quo dans leur contrat de coalition, en continuant d'appliquer l'accord de sortie du nucléaire signé en 2000 sous un gouvernement SPD-Verts et qui prévoit une fermeture progressive des centrales au plus tard en 2021. Pour autant, les chrétiens-démocrates n'ont jamais cessé de plaider pour un allongement de la durée d'activité des centrales nucléaires, relayant par là la position des groupes énergétiques allemands et des milieux industriels.
A leurs yeux, c'est le seul moyen de concilier l'objectif de réduction des émissions de CO2 avec une sécurité énergétique et un prix de l'énergie relativement bas. D'ici à 2020, Berlin souhaite réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Les milieux industriels allemands redoutent, eux, la perte d'un savoir-faire technologique dans le domaine du nucléaire. "Nous exploitons en Allemagne des réacteurs de deuxième génération. La France va entamer les travaux pour l'EPR de troisième génération. Puis il y aura la quatrième génération, et nous risquons de rester en marge de ces technologies d'avenir", craint Wolfgang Heller, expert au BDI, la fédération des industriels allemands.
Le SPD parie pour sa part sur le développement des techniques de stockage de l'électricité produite par les énergies renouvelables, les économies d'énergie et la technologie CCS qui permet de stocker le carbone produit par les centrales de charbon. Le Bundestag a adopté récemment des mesures afin de porter la part des énergies renouvelables à 30 % de l'électricité produite d'ici à 2020. "Il faut du temps pour développer les techniques liées aux énergies renouvelables et améliorer les économies d'énergies", rappelle toutefois Claudia Kemfert, experte à l'Institut berlinois de recherches économiques (DIW).
Les pro-nucléaires agitent désormais la menace d'une pénurie d'électricité. D'après une récente étude de l'agence allemande de l'énergie (Dena), les besoins en électricité ne pourront plus être totalement couverts d'ici à 2020. Selon l'agence, il manquera à cette date l'équivalent de ce que produisent 15 grosses centrales, soit quelque 12 000 mégawatts.
Par ailleurs, le contexte actuel renforce les partisans de l'atome : l'Italie et le Royaume-Uni ont annoncé leur intention de réinvestir dans le nucléaire, et l'agence internationale de l'énergie (AIE) s'est prononcée en faveur de la construction de nouvelles centrales dans le monde. "Il n'y a pas d'autre thème en matière de politique énergétique, dans lequel nous soyons aussi isolés au niveau international que sur l'énergie nucléaire", souligne Katherina Reiche, vice-présidente du groupe parlementaire CDU-CSU.
Certaines voix au sein de la CDU-CSU n'hésitent plus à évoquer la construction de nouvelles centrales. Mais la ligne officielle reste l'allongement de leur durée de vie, car les chrétiens-démocrates ont conscience du caractère explosif d'une telle proposition. En Allemagne, la mouvance antinucléaire reste très importante.
Le SPD ne devrait quant à lui pas modifier sa position, même si certains de ses représentants, comme le ministre des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, sont favorables à un allongement de la durée d'activité des centrales.
Un nouveau gouvernement de grande coalition en 2009 ne devrait donc pas permettre de changer la donne sur le nucléaire. Quant à une coalition dite "de la Jamaïque" qui réunirait CDU-CSU, FDP et Verts, elle échouerait inévitablement sur ce point.
Cécile Calla et Marie de Vergès
Article paru dans l'édition du 12.06.08.