DECHET
Posté le 07.07.2008 par ecoville
Photo : Jacques Demarthon/AFP
Le réveil-matin du grand-père, la collection de minéraux de l'oncle Paul, le laboratoire d'apprenti-chimiste du cousin, méfiez-vous de ces vieux objets anodins qui dorment dans vos greniers: ils sont peut-être radioactifs, prévient une agence française spécialisée.
L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) s'apprête à lancer une campagne d'information dans toute la France afin d'aider les particuliers à identifier ces "objets radioactifs à usage familial", qui ne doivent pas être jetés à la poubelle ou abandonnés dans la nature.
Un guide pratique va être diffusé aux élus locaux, aux pompiers, aux exploitants de décharges municipales.
Depuis janvier 2008, l'Andra assure gratuitement la collecte et la prise en charge de ces objets.
En avril, les pompiers sont intervenus au domicile d'une habitante de Marcilly-sur-Tille (centre-est) qui avait acheté la veille dans une brocante une "fontaine à radium", un bel objet du début du siècle dernier ressemblant à une cafetière, raconte à l'AFP Marie-Claude Dupuis, directrice générale de l'Andra.
Intriguée par la mention "générateur à radium" figurant sur sa nouvelle acquisition, l'acheteuse avait voulu en savoir plus sur internet et avait alors alerté les pompiers.
L'existence de fontaines à radium, des appareils destinées à rendre l'eau radioactive, remonte à la fin du 19e siècle, quand la radioactivité, fraîchement découverte, était considérée comme bénéfique pour l'homme dans certains cas, à faible dose.
Bien que tout risque de contamination soit exclu, l'Andra s'était chargée d'enlever la fontaine à radium en vertu du principe de précaution, l'idée étant d'éviter systématiquement qu'un objet qui émet de la radioactivité se trouve dans le public.
Le radium a suscité un véritable engouement à partir des années 20, des produits de beauté "irradiants" étaient même proposés aux femmes et les médecins prescrivaient des pommades et des comprimés à base de radium.
Aujourd'hui, tout un bric-à-brac d'objets radioactifs est encore en circulation chez les particuliers, oubliés dans les greniers et les caves ou réapparaissant dans des brocantes.
Les vieux modèles de montres, réveils, boussoles, cadrans d'avions et autres systèmes de visée nocturne dotés d'aiguilles et de cadrans luminescents sont suspects: la luminescence était obtenue en ajoutant du radium, puis du tritium, à la peinture.
Au delà de ces objets courants, les minéraux détenus par des collectioneurs, des géologues, des écoles, peuvent être radioactifs. Attention à ceux qui présentent "de remarquables structures cristallographiques et de superbes couleurs", avertit l'Andra.
On peut aussi trouver de vieux bocaux de sels naturels radioactifs qui étaient utilisés dans les cours de chimie, pour les travaux pratiques, et par les particuliers qui s'étaient constitués de petits laboratoires à domicile.
Tous ces objets peuvent émettre des radiations plus ou moins intenses, "dans la plupart des cas, les conséquences sont faibles mais, dans le doute, il est préférable de les confier à un organisme spécialisé et de ne pas les toucher directement", indique l'Andra.
Les pires, selon cette agence, ce sont les "Orum", les objets au radium à usage médical - boîte à aiguilles radioactives, tube, gaine - conservés aujourd'hui comme curiosités ou objets de collection. On en trouve chez les particuliers quand il y a eu un médecin radiologue dans la famille.
© 2008 AFP
--
Posté le 03.07.2008 par ecoville
Photo : DR
Polaire en polyester (78% de polyester recyclé), recyclable grâce au programme de récupération des vêtements usagés.
A Ventura, petite ville du sud de la Californie, nous nous arrêtons pour un rendez-vous avec Yvon Chouinard, le fondateur de Patagonia. C’est dans son livre, "Let my people go surfing", que nous l'avons découvert il y a 2 ans. Depuis c’est une légende ! Yvon crée Patagonia en 1972 en lançant des pitons d’escalade démontables pour ne pas abîmer la roche pendant ses ascensions. Il importe ensuite des polos de rugby d’Angleterre, parfaitement adaptés à l’escalade car très résistants au frottement. C’est depuis une belle réussite comptant environ 1250 employés pour un chiffre d’affaire d’environ 250 millions de dollars.
Mais Patagonia c’est surtout une entreprise citoyenne et innovante dans tous les domaines : l’entreprise à n’utilise que du coton organique, réalise des vêtements issus à 100% de matériaux recyclés dont les premières polaires fabriquées à partir de bouteilles de plastiques recyclées.
Dans les magasins patagonia, la collecte de vieux vêtements techniques est mise en place pour qu'ils soient recylés. En 2012, toute la gamme Patagonia devrait être 100% recyclable. Un objectif ambitieux sur lequel ils nous avouent être en retard ! Aujourd’hui ils sont aux environs de 50%.
Au-delà des produits, les magasins Patagonia sont rénovés de manière à consommer moins d’énergie et l’électricité achetée par le siège en plus de celle produite par le parking recouvert de panneaux solaires est d’origine renouvelable. Pendant les crises et les moments difficiles que l’entreprise a traversés, le budget environnement et la qualité des produits n’ont jamais été réduits. C’est la raison d’être de Patagonia.
Environ 25 millions de dollars ont par ailleurs été versés à des organisations de protection de l’environnement depuis 1985. La philosophie qui se dégage de toutes ces initiatives est claire. Pour Yvon, l’entreprise est une expérience pour l’environnement. Elle doit sans cesse s’adapter à ce dernier pour lui faire toujours moins mal.
Shake your planet
Posté le 01.07.2008 par ecoville
AFP/MICHAEL URBAN
La ville de Ketzin, en Allemagne, est le premier site de stockage souterrain de CO2.
Le dioxyde de carbone peut-il être stocké durablement dans les profondeurs de la Terre ? C'est ce que veut vérifier l'Allemagne, qui inaugurait, lundi 30 juin, un projet d'enfouissement du CO2 émis par les industries polluantes. Une équipe internationale de scientifiques a choisi la petite bourgade de Ketzin, à une trentaine de kilomètres de Berlin, pour mener cette expérience pilote en Europe.
SUR LE MÊME SUJET
Zoom La lutte contre le réchauffement climatique divise les pays de l'UE
Forum Environnement
Edition abonnés Archive : L'Allemagne adopte le second volet de son plan énergie et climat
Sur le site d'un ancien réservoir de gaz naturel, un forage a été effectué jusqu'à une formation saline se trouvant à 800 mètres de profondeur. Pendant deux ans, 60 000 tonnes de CO2 au total y seront injectées. Le dioxyde de carbone provient d'une usine chimique des environs. Il sera acheminé sous forme liquide par camions-citernes avant d'être retransformé en gaz.
Trois canaux ont été creusés dans le sous-sol. Le premier est destiné à l'injection du dioxyde de carbone. Les deux autres sont équipés d'une batterie d'appareils de surveillance et de contrôle. Les scientifiques, coordonnés par le centre allemand de recherche de la terre GFZ, veulent mesurer l'incidence du CO2 sur la roche et étudier la pérennité d'un tel stockage. "Nous allons notamment observer si le dioxyde de carbone remonte à la surface, et si c'est le cas en quelle quantité et à quelle vitesse", explique Hilke Wuerdemann, chercheuse au GFZ. Les responsables du projet font remarquer qu'une épaisse couche d'argile recouvre le réservoir et devrait empêcher le gaz de s'échapper.
COÛT ÉLEVÉ
Le projet, baptisé CO2Sink, rassemble neuf pays, dont la France et un consortium d'industriels. L'essentiel de son financement, évalué à 35 millions d'euros, est assuré par l'Union européenne et l'Allemagne. A l'échelle mondiale, cette technologie destinée à lutter contre le réchauffement climatique n'en est qu'à ses balbutiements. Seules quelques installations existent déjà, comme la plate-forme gazière norvégienne Sleipner, en mer du Nord.
L'enfouissement géologique, tel qu'il sera pratiqué à Ketzin, est loin de recevoir le suffrage des organisations environnementales. Outre son coût élevé - plus de 40 euros la tonne -, les écologistes mettent en doute sa faisabilité à grande échelle. "Il est illusoire d'imaginer que l'on pourra un jour stocker tout le CO2 émis par les industriels", affirme la géologue Gabriela von Goerne, chez Greenpeace.
A titre d'exemple, la seule centrale au charbon de Vattenfall Europe, dans le Land de Brandebourg, où se trouve Ketzin, produit chaque année 12 millions de tonnes de CO2. "Et chaque sol a sa spécificité géologique : ce qui vaut à Ketzin n'est pas forcément applicable ailleurs", poursuit Gabriela von Goerne. Les responsables de CO2Sink n'hésitent d'ailleurs pas à parler d'une "solution transitoire" en attendant le développement de nouvelles technologies propres.
Marie de Vergès
Posté le 30.06.2008 par ecoville
Photo : Justin Sullivan/AFP/Getty Images/Archives
Des milliers de pompiers en Californie (ouest) ont continué pendant le week-end à livrer bataille aux flammes qui ont ravagé plus de 1.400 km2 dans le nord de l'Etat, concentrant en particulier leurs efforts dans la célèbre région touristique de Big Sur.
Plus de 1.200 structures étaient toujours menacées par les flammes dans cette zone escarpée et couverte de forêts en bord du Pacifique, à 200 km au sud de San Francisco, ont indiqué les pompiers, dont plus de 1.000 membres sont déployés sur place.
L'incendie a démarré le 21 juin, dû à des éclairs. Dimanche, le feu n'était maîtrisé qu'à 3% et la route côtière touristique reliant San Francisco à Los Angeles restait fermée à la circulation à la hauteur de cette région connue pour avoir abrité des écrivains, dont Jack Kerouac.
Près de 10 jours après un rare épisode orageux sec sur tout le nord de la Californie qui a provoqué un millier de départs de feux, quelque 1.440 km2 de forêts et de broussailles avaient brûlé dimanche, selon les chiffres du service californien de lutte contre les incendies (Calfire).
De même source, pas moins de 18.600 personnes, pompiers et militaires, contribuent à l'effort de lutte contre les flammes, épaulés par près de 1.400 camions-pompes venus de tout l'ouest des Etats-Unis et une centaine d'hélicoptères.
Aucune victime n'est à déplorer, mais 29 résidences, un commerce et 21 autres structures ont été détruites.
Samedi, le président George W. Bush avait déclaré l'état d'urgence en Californie au niveau fédéral, après une demande en ce sens du gouverneur Arnold Schwarzenegger la veille.
En situation de sécheresse pour la deuxième année consécutive, la Californie, de climat méditerranéen et semi-désertique, est fréquemment touchée par des incendies. En octobre 2007, quelque 2.100 km2 avaient brûlé dans le sud de l'Etat. Huit personnes avaient été tuées et 2.000 maisons détruites.
© 2008 AFP
Posté le 28.06.2008 par ecoville
Photo : Patrick Bernard/AFP
* Précédent
* Suivant
Avec 1,6 milliard de touristes prévus en 2020, la première industrie de la planète commence à se préoccuper de son impact sur la nature et les cultures locales: le concept d'un tourisme durable, respectueux de la nature et des hommes, fait timidement son chemin.
Parcourir la forêt tropicale du Costa Rica, séjourner dans des cases en pleine brousse au Sénégal, partager la vie des moines dans un temple bouddhiste en Chine... de plus de plus de touristes cherchent l'immersion totale, loin des foules.
Les géants de l'industrie touristique mondiale ont commencé à exploiter le filon du tourisme durable qui n'est plus l'apanage de militants "écolos" ou tiers-mondistes, et multiplient les campagnes de marketing "vertes".
"A présent, il y a 80% de communication et 20% de réalité dans ces discours, le but c'est d'inverser ces proportions dans dix ans", commente Jean Viard, sociologue spécialisé dans le tourisme.
Quant aux voyageurs, le tourisme durable "reste marginal, cela concerne environ 2% d'entre eux, mais il y a une forte progression", constate Pascal Aguillon, fondateur de l'Association française d'écotourisme.
"Au début, c'est un marché de niche comme dans l'automobile où la Toyota hybride est à la mode chez les bobos. Mais les élites favorisent l'émergence d'un marché qui sera ensuite petit à petit démocratisé", juge M. Viard.
Le secteur risque de "scier la branche sur laquelle il est assis" s'il ne limite pas les effets dévastateurs des voyages de masse sur la planète, ont prévenu les experts de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT).
"Le tourisme est la fois victime et responsable du réchauffement climatique, il contribue pour près de 5% à l'émission des gaz à effet de serre", estime son président, Francesco Frangialli.
Les neiges du Kilimandjaro auront fondu au plus tard en 2020 et des îles des Maldives seront englouties par les flots: le changement climatique menace directement le fonds de commerce du tourisme.
La croissance vertigineuse du secteur, qui ne comptait que 25 millions de touristes internationaux en 1950, pourrait conduire à une augmentation de 150% de ses émissions de gaz à effet de serre dans les 30 prochaines années, selon l'OMT.
A l'ère de l'explosion des compagnies low cost, près de la moitié des 898 millions de touristes qui ont sillonné la planète en 2007 ont opté pour l'avion, responsable de 40% des émissions de CO2 engendrées par le tourisme.
Précurseur de la démocratisation des voyages en France, Nouvelles Frontières redoute qu'"avec l'envolée des prix du pétrole, prendre l'avion redevienne un luxe", selon son PDG Jean-Marc Siano.
Epuisement des ressources naturelles, travail des enfants, prostitution, abandon des cultures traditionnelles: la démocratisation des voyages dans les pays du Nord a fait des ravages dans les pays du Sud.
Pour éviter une surfréquentation des sites touristiques, certains pays contingentent l'accès des visiteurs, comme le Pérou pour le chemin des Incas menant à Machu Picchu.
Faudra-t-il pour autant renoncer à voyager? "Le tourisme durable, ce n'est pas la réduction des voyages, qui serait une immense régression, mais c'est voyager autrement, à un rythme différent", estime Jean Viard.
Et le tourisme a aussi des retombées bénéfiques: il donne un coup de pouce aux économies locales en créant des emplois, met en valeur le patrimoine culturel et est souvent principale source de devises des pays en développement.
Toutefois, la manne touristique n'est pas redistribuée de manière équitable: selon les estimations des ONG, seulement un tiers des recettes annuelles (800 milliards de dollars) profite aux pays visités.
© 2008 AFP
Posté le 27.06.2008 par ecoville
John MacDougall AFP/Archives ¦ Un avion de la compagnie Lufthansa.
4,8 milliards d’euros par an, c’est le coût de la contribution que l’UE va imposer pour lutter contre le réchauffement climatique, selon les compagnies aériennes européennes. La mesure vise à imposer des quotas d’émissions de CO2 à toutes les compagnies à partir de 2012 et le paiement de 15% de ces droits de polluer dès 2013.
Cette somme «doit être comparée aux 3,7 milliards d’euros de bénéfices réalisés par nos compagnies en 2007, qui a été une très bonne année. Et l’horizon 2008 s’annonce très différent avec la flambée» des prix du kérosène, a annoncé Françoise Humbert, porte-parole de l’Association des compagnies aériennes européennes (AEA), qui en regroupe 33, dont KLM-Air France, British Airways et Lufthansa.
L’AEA considère l’obligation d’acheter 15% des droits à polluer comme «une taxe» et que les compagnies étrangères vont tout faire pour éviter l’Union européenne quand cela leur sera possible. «Les compagnies qui relient New York à Hong Kong transiteront par Dubaï plutôt que par Francfort, a averti Françoise Humbert, les aéroports européens risquent de souffrir.»
Quant à la répercussion de cette mesure sur les passagers, l’AEA dit ne pas encore être en mesure d’en chiffrer le coût.
Le transport aérien contribue à hauteur de 3% aux émissions de gaz à effet de serre.
John MacDougall AFP/Archives ¦ Un avion de la compagnie Lufthansa.
avec agence
20Minutes.fr, éditions du 27/06/2008 - 17h51
dernière mise à jour : 27/06/2008 - 17h51
Posté le 26.06.2008 par ecoville
LAFARGUE FREDERIC/GAMMA
La marée noire de l'"Erika", 25 décembre 1999.
A quelques jours de la présidence française de l'Union européenne, les députés ont à leur tour adopté, mercredi 25 juin, le projet de loi sur la responsabilité environnementale (LRE) qui introduit le principe du "pollueur-payeur" dans le droit français. Ce texte – qui a été très peu retouché par rapport à la version adoptée par le Sénat le 28 mai – est la transposition d'une directive de 2004 avec laquelle la France aurait dû se mettre en conformité au plus tard le 30 avril 2007.
SUR LE MÊME SUJET
Décryptage Le principe du pollueur-payeur s'appliquera en cas de marée noire
Edition abonnés Archive : Un rapport évalue l'impact de la pollution sur les dépenses de santé en France
Pour ne pas prêter le flanc aux critiques d'autres membres de l'Union, alors qu'il ambitionne de réunir le consensus européen sur la question climatique d'ici à décembre, le gouvernement a profité de cette fenêtre parlementaire pour faire passer d'autres textes d'adaptation au droit communautaire. Ils concernent notamment la qualité de l'air, le transfert des déchets ou le contrôle des activités humaines dans les zones Natura 2000.
Paris comble ainsi un peu son retard, même si Alain Gest (UMP), rapporteur du projet pour la commission des affaires économiques, a regretté "qu'une fois de plus, cette transposition du droit communautaire intervienne sous le coup d'une mise en demeure de la Commission européenne".
La loi sur la responsabilité environnementale consacre le préjudice écologique. Les entreprises seront tenues de réparer les dommages causés à la nature constatés dans les cas de pollution des sols, d'atteinte à la qualité des eaux ou à la survie des espèces et des habitats protégés. Le texte introduit également une obligation de prévention sur les exploitants dont les activités sont susceptibles de générer des pollutions graves. "Pour la première fois, le droit français reconnaît que la biodiversité a un prix, qu'elle rend des services à la collectivité", a souligné le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo.
AMENDES ALOURDIES POUR LES CAPITAINES DE NAVIRES
Le nouveau dispositif comporte cependant deux points faibles sur lesquels – alors que la directive lui en laissait la liberté – le gouvernement français n'a pas voulu s'engager. Il s'agit de la responsabilité des sociétés mères à l'égard de leurs filiales lorsque celles-ci sont insolvables et de l'obligation pour les exploitants de provisionner financièrement ces risques écologiques. Paris a préféré renvoyé le débat à l'échelon européen pour ne pas exposer les entreprises françaises à une possible distorsion de concurrence. Mais Jean-Louis Borloo a assuré que conformément aux engagements pris par Nicolas Sarkozy à l'issue du Grenelle de l'environnement, la France mettrait le sujet des sociétés mères sur la table des 27 dès le premier conseil des ministres de l'environnement européens des 3 et 4 juillet à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).
L'opposition qui a voté contre le projet de loi a vivement dénoncé la frilosité du gouvernement sur ces deux sujets. En revanche, c'est à l'unanimité que les députés, à l'initiative du rapporteur Alain Gest, ont décidé de multiplier par quinze les amendes encourues par les capitaines de navires responsables de rejets de produits polluants en mer.
Celles-ci pourront atteindre 15 millions d'euros dans le cas de "faute intentionnelle" et ne seront plus calculées sur la base de la valeur du bateau et des marchandises transportées. "Ce système était inadapté, selon M. Gest, puisque par définition les bateaux poubelles ne valent pas grand-chose et c'est parfois aussi le cas de leurs cargaisons, comme le fioul lourd de l'Erika."
Ces amendes sont les plus lourdes d'Europe. En "contrepartie", les capitaines de navires battant pavillon français qui jusqu'alors – compte tenu des conventions internationales – étaient les seuls à pouvoir être condamnés à des peines de prisons par la justice française, ne seront plus exposés à cette sanction lorsque la pollution sera provoquée par imprudence. Ils seront ainsi logés à la même enseigne que les capitaines de navires étrangers.
Laurence Caramel
Posté le 26.06.2008 par ecoville
Photo : DR/Relaxnews
Screlec, éco-organisme chargé de collecter et de traiter les piles usagées, souhaite améliorer le taux de traitement des piles en fin de vie. En plus d'installer des points de collecte dans les magasins, il souhaite en équiper les établissements scolaires. Pour ce faire, il a imaginé le "Pack Ecole". Objectif : faire des enfants les ambassadeurs du recyclage des piles.
La France figure au rang des mauvais élèves en matière de valorisation des déchets "piles". Seuls 3% des Français déposent leurs piles usagées dans les points collectes prévus à cet effet dans les magasins (sondage Ifop-Batribox). L'éco-organisme évalue pourtant à un milliard le nombre de piles et batteries à recycler en France. Un Français stockerait même près de 3 kilos de piles chez lui.
En Allemagne, aux Pays-Bas ou en Belgique, 45% des piles sont recyclées contre 30% en France. Un quart des piles et batteries récupérées dans ces pays le sont dans les écoles grâce aux dépôts des élèves. En France, cette démarche reste encore très marginale, étant souvent le fruit d'initiatives personnelles des membres du corps enseignant.
Pour faire de la France un pays aussi vertueux que ses voisins européens, Screlec propose aux écoles de venir installer des points de collecte. Adaptés à la taille et à la population de l'établissement, ces "mini-Batribox", nom de ces points, ont pour but de sensibiliser les plus jeunes au développement durable et augmenter le taux de piles usagées collectées.
Ces bornes de collecte sont livrées avec des supports de communication, du DVD d'information mais aussi un dépliant d'information.
Pour l'obtenir, les écoles peuvent le demander directement sur le site de Screlec.
Site : www.screlec.fr
© 2008 Relaxnews
Posté le 23.06.2008 par ecoville
AFP/OLIVIER LABAN-MATTEI
Le centre de stockage de déchets radioactifs FMA (faible et moyenne activité) de Soulaines en novembre 2005.
Plus de 3 000 maires d'une vingtaine de départements ont reçu, ces derniers jours, un dossier d'information adressé par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Celle-ci a été chargée, début juin, par le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, de lancer un appel à candidatures. Il s'agit d'identifier des municipalités volontaires pour accueillir un centre de stockage de déchets radioactifs de faible activité à vie longue (FAVL). Cette installation, dont l'ouverture est l'un des objectifs fixés par la loi de juin 2006 sur la gestion des déchets radioactifs, devrait être mise en service en 2019. "Plusieurs élus se sont manifestés", indique-t-on à l'Andra.
Chronologie
Juin 2008.
Lancement de l'appel à candidatures pour un stockage de déchets faiblement radioactifs à vie longue.
31 octobre.
Date limite de réponse pour les collectivités intéressées.
2009-2010.
Campagne d'investigation sur sites et concertation locale en lien avec la Commission nationale du débat public.
Fin 2010.
Délibération des communes pour confirmer leur candidature. Proposition d'un site d'implantation.
2011-2013.
Poursuite des études.
2013-2015.
Instruction de la demande d'autorisation de création du stockage.
2015-2019.
Construction.
La France dispose déjà de lieux de stockage pour ses déchets très faiblement radioactifs (Morvilliers, Aube) et de faible et moyenne activité à vie courte (Beaumont-Hague, Manche, et Soulaines, Aube). L'Andra prépare un stockage géologique des déchets de haute activité à vie longue - au-delà de trois cents ans - dans son laboratoire souterrain de Bure (Meuse). Les déchets FAVL représentent une situation intermédiaire : plus que l'intensité de leur radioactivité, c'est sa durée qui justifie un stockage spécifique.
La forme définitive de l'installation, qui devrait avoir une emprise en surface d'une centaine d'hectares, n'est pas encore validée. Mais elle devrait être souterraine, à une profondeur située entre 15 et 200 mètres, et creusée dans des formations géologiques censées garantir un confinement pendant des dizaines, voire des centaines de milliers d'années. L'Andra a présélectionné, avec l'aide du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), des zones de marnes et d'argiles qui courent sous une vingtaine de départements.
Les déchets FAVL sont de deux types, radifères ou "graphite". Les premiers contiennent des isotopes du radium. Ils sont issus d'activités nucléaires (mines d'uranium) ou de l'extraction de terres rares. Les radifères, qui représenteront 70 000 m3 de colis à stocker, sont actuellement entreposés sur les sites du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et chez des producteurs industriels comme Rhodia et Cézus Chimie.
Les déchets de graphite proviennent, eux, des neuf réacteurs nucléaires de la filière dite uranium naturel-graphite-gaz (UNGG) qui ont fonctionné entre les années 1960 et 1990. Ces rebuts contiennent notamment du carbone 14, qui perd la moitié de sa radioactivité en 5 730 ans, et du chlore 26, dont la demi-vie est de 302 000 ans. Le volume des déchets graphite, une fois conditionnés, représentera 100 000 m3. Pourraient y être adjoints 50 000 m3 de déchets divers classés en FAVL.
Si l'échéance de 2019 paraît lointaine, le calendrier sera néanmoins serré : les collectivités locales intéressées ont jusqu'au 31 octobre pour se porter candidates. L'Andra espère procéder à une présélection des sites volontaires avant fin 2008, afin de mener des investigations complémentaires et de conduire des consultations publiques avant fin 2010. Les études et l'instruction du dossier se poursuivraient jusqu'en 2015, date à laquelle les travaux commenceraient. L'Andra est cependant bien placée pour savoir que ces dates butoirs peuvent glisser considérablement, en raison d'aléas techniques. Mais aussi sous la pression des opposants au nucléaire, qui sont parvenus par le passé à stopper des prospections et à ralentir des projets.
Dans l'éditorial du dossier adressé aux élus, le député UMP François-Michel Gonnot (Oise) et Marie-Claude Dupuis, respectivement président et directrice générale de l'Andra, soulignent que "ce projet constitue une véritable opportunité de développement économique". Au chapitre 1, intitulé "une opportunité à saisir pour dynamiser votre territoire", le dossier détaille l'ampleur du projet : 200 à 350 millions d'euros de coût de construction ; 10 à 30 millions d'euros annuels d'exploitation pendant vingt ans ; 100 emplois en phase de construction, 50 en phase d'exploitation (jusque vers 2040), 5 en phase de surveillance. Dans sa lettre de mission, Jean-Louis Borloo souhaitait que l'Andra veille à ce que le stockage "se traduise par un développement harmonieux du territoire d'accueil".
Pour le réseau Sortir du nucléaire, le projet de développement proposé aux collectivités territoriales s'apparente à de la "corruption légale". "Nous refusons tout projet, a fortiori d'enfouissement, car c'est un cadeau empoisonné pour les générations futures, estime son porte-parole, Fabrice Lhomme, avant d'ajouter : nous discuterons des options une fois qu'on aura décidé de la sortie du nucléaire."
Au contraire, dans un témoignage figurant dans le dossier de l'Andra, Jacky Bonnemains, président de l'association écologiste Robin des bois recommande "sous réserve de conformité géologique" le stockage ultime des déchets FAVL. "Il s'agit d'une question vitale, note-t-il, en attente d'une réponse depuis cent ans" pour les plus anciens de ces déchets.
Hervé Morin
Posté le 16.06.2008 par ecoville
AHMAD AL-RUBAYE AFP/Archives ¦ Un enfant utilisant un téléphone portable
Une vingtaine de scientifiques, essentiellement des cancérologues, ont lancé un appel à la prudence dans l'utilisation des téléphones portables en l'absence de conclusions scientifiques définitives sur leur éventuelle dangerosité pour la santé.
Les signataires du texte, publié dans «le Journal du Dimanche», dressent une liste de mesures de précaution simples qui peuvent être prises dans l'attente de données plus complètes.
Et vous, qu'en pensez-vous? Dites-le nous en commentaires ci-dessous...
Selon le ministère de la Santé, aucune preuve scientifique ne permet aujourd’hui de démontrer que l’utilisation des téléphones mobiles présente «un risque notable» pour la santé, que ce soit pour les adultes ou les enfants.
Cependant, plusieurs études récentes, qui doivent encore être approfondies, mettent en évidence la possibilité d'un risque «faible» d'effet sanitaire lié à une utilisation intense et de longue durée (plus de dix ans) d'un mobile. Une étude internationale de grande ampleur, menée dans 13 pays sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est actuellement en cours.
Polémiques
Si de nombreuses études sont menées à travers le monde, la question de leur financement et de l'indépendance des experts qui ont en la charge suscite régulièrement de vives polémiques.
Pour les scientifiques à l'origine de cet appel, parmi lesquels figurent, outre des médecins français, un Italien, un Néerlandais et un Américain, le mode d'utilisation des portables doit s'articuler autour de dix règles. Parmi elles:
* Ne pas autoriser les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d’urgence
* Maintenir le téléphone à plus d'un mètre du corps lors des communications en utilisant le mode haut-parleur ou un kit mains libres ou une oreillette
* Eviter le plus possible de porter un téléphone mobile sur soi, même en veille.
* Communiquer plutôt par SMS
* Eviter d'utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides en voiture ou en train.
* Si on porte le téléphone, s'assurer que la «clavier» est dirigée vers le corps et la face «antenne» vers l'extérieur.
* Utiliser son portable pour «établir le contac». Rappeler d'un poste fixe à fil.
* En utilisation, changer régulièrement le portable d'oreille, attendre que l'interlocuteur ait décroché.
* Choisir un téléphone avec un DAS, débit d'absorption spécifique, le plus bas possible.
Faisceau d'arguments
«Nous sommes aujourd’hui dans la même situation qu’il y a cinquante ans pour l’amiante et le tabac. Soit on ne fait rien, et on accepte un risque, soit on admet qu’il y a un faisceau d’arguments scientifiques inquiétants», explique Thierry Bouillet, cancérologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny et signataire de l’appel.
Pour le professeur de psychiatrie David Servan-Schreiber, à l'origine de ce texte, il faut «absolument» prendre des précautions du fait de l'absence de recul suffisant dans le temps. «Même sans preuve définitive, il faut expliquer aux gens que l'usage des portables n'est sans doute pas anodin», explique dans le JDD l'auteur de plusieurs best-seller sur la santé.
Anodin
Depuis plusieurs années, nombre d'experts à travers le monde mettent en garde contre un usage immodéré par les enfants: leur système nerveux, en cours de développement, pourrait être plus sensible aux rayonnements.
Début janvier, deux associations de défense de l'environnement, Agir pour l'environnement et Priartem, avaient réclamé au ministère de la Santé l'interdiction à la vente d'un téléphone portable destiné spécifiquement aux enfants.
Le ministère n'avait pas donné suite à cette demande. Dimanche, à la suite de l'appel des scientifiques, les deux associations ont renouvelé leur demande pour une «campagne officielle», similaire à celle sur les dangers du tabac.
AHMAD AL-RUBAYE AFP/Archives ¦ Un enfant utilisant un téléphone portable
Johana Sabroux
20Minutes.fr, éditions du 15/06/2008 - 11h02
dernière mise à jour : 15/06/2008 - 19h54