CLIMAT
Posté le 31.03.2008 par ecoville
Menace de sécheresse en Paca
A quelques mois de l’été, le niveau des nappes phréatiques et des cours d’eau est très bas en raison des faibles précipitations depuis septembre.
Le comité régional de vigilance a annoncé vendredi que le niveau des précipitations en Provence-Alpes-Côte d’Azur était toujours déficitaire, à 75% de la normale depuis le 1er septembre 2007, et a appelé à la prudence dans l’usage de l’eau. “Cette année encore, vigilance”, réclame dans un communiqué le comité, qui s’est réuni la semaine dernière à la préfecture de Région. Le comité a constaté un “déficit particulièrement marqué” dans l’est des Bouches-du-Rhône et l’ouest du Var, dans l’est des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence.
Un mois de février trop sec
Alors que janvier a été normalement arrosé, le mois de février a été déficitaire dans l’ensemble de la Région : 21% de la normale à Toulon, et 88% à Marignane. Les débits des cours d’eau “sont un peu meilleurs qu’au début 2007” mais “restent néanmoins à des niveaux faibles, que l’on ne voit que tous les dix ans”, toujours selon le comité. Quant aux nappes alluviales, “elles sont en dessous, voire très en dessous pour certaines, des niveaux saisonniers attendus, à l’exception de la zone de Saint-Martin-de-Crau”, en Camargue.
Metrofrance.com
Metrofrance.com
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Posté le 29.03.2008 par ecoville
Rhône/gel: "une catastrophe" (Barnier)
Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a déclaré aujourd'hui à Valence que l'épisode de gel qui a frappé les arboriculteurs de la vallée du Rhône durant le week-end de Pâques, était "une catastrophe équivalente à celle de 1975" de par son ampleur géographique.
"Cette catastrophe a un caractère exceptionnel du fait de son étendue qui va de Lyon à Nîmes et touche trois régions, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte-d'azur et Languedoc-Roussillon", a souligné le ministre après avoir visité une exploitation sinistrée à Chateauneuf-sur-Isère (Drôme).
Il a annoncé qu'une cellule de crise allait être mise en place dans chacun des huit départements concernés : Rhône, Loire, Isère, Drôme, Ardèche, Vaucluse, Gard et Bouches-du-Rhône.
Source: AFP
Posté le 28.03.2008 par ecoville
À peine créé, déjà marginalisé ? Le Fonds d'adaptation au changement climatique, lancé à l'occasion de la conférence des Nations unies sur le climat de Bali, en décembre 2007, a de bonnes raisons de se poser la question, alors qu'il est réuni pour la première fois, du mercredi 26 au vendredi 28 mars, à Bonn (Allemagne). La Banque mondiale vient en effet d'annoncer son intention de créer sa propre enveloppe de financement pour traiter de l'adaptation au réchauffement.
CHIFFRES
86 MILLIARDS DE DOLLARS
(55 milliards d'euros) par an, c'est le montant qu'il faudrait mobiliser, selon l'ONU, pour parer aux effets du réchauffement climatique.
280 MILLIONS DE DOLLARS
(178 millions d'euros) ont été engagés depuis 2001 dans les pays en développement, afin de financer des projets d'adaptation, par le Fonds pour l'environnement mondial, rattaché aux Nations unies.
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L'Afrique du Sud, se faisant l'écho de nombreux pays en développement, a dénoncé ce qui est perçu comme une tentative de contournement du dispositif onusien. Aux yeux de ces derniers, l'initiative de la Banque mondiale pose problème à deux titres.
Financier d'abord : l'institution dirigée par l'Américain Robert Zoellick va se tourner vers les mêmes pays donateurs que le Fonds d'adaptation pour lever des capitaux. Le mécanisme de financement approuvé à Bali doit recevoir l'équivalent de 2 % des investissements générés par les Mécanismes de développement propre (MDP), ces projets qui permettent aux entreprises d'obtenir des quotas d'émission de gaz carbonique en utilisant des technologies moins polluantes dans les pays en développement.
Or, explique Monique Barbut, du Fonds mondial pour l'environnement, qui assure le secrétariat du Fonds d'adaptation, "avant que les MDP ne montent en puissance, ces 2 % ne nous procureront pas plus de 70 millions de dollars (44,5 millions d'euros), quand nous estimons qu'il en faudrait entre 200 et 500 millions d'ici à fin 2009 pour entreprendre un travail sérieux."
Mais l'essentiel n'est pas là. Les pays les plus pauvres redoutent surtout de voir la lutte contre le changement climatique s'inscrire dans le schéma traditionnel de l'aide au développement, où quelques pays donateurs décident des politiques à mener par les récipiendaires de l'aide. Or le Fonds d'adaptation a brisé cette règle en donnant aux pays du Sud davantage de voix au sein de son conseil d'administration. Les pays les plus exposés aux effets du réchauffement revendiquent la maîtrise des projets qui seront engagés pour remédier à une situation dont ils ne sont pas responsables.
"PROJET TRÈS DIFFÉRENT"
Pour sa part, la Banque mondiale se défend de vouloir affaiblir le processus engagé à Bali. "Notre projet est très différent, explique Warren Evans, directeur environnement de l'institution. Il est ciblé sur moins d'une dizaine de pays où nous voulons mettre en oeuvre des programmes pilotes qui nous permettront d'affiner les meilleures réponses au changement climatique." Cela pour répondre au manque de connaissances auquel sont confrontés les experts pour pouvoir agir. "Le réchauffement est un problème central pour le développement, nous devons le prendre en compte maintenant", insiste-t-il.
Le fonds de la Banque mondiale, baptisé "Programme pilote pour faire face aux changements climatiques", ambitionne de lever entre 300 et 500 millions de dollars (190 à 320 millions d'euros). Le Royaume-Uni aurait déjà répondu à l'appel. Son architecture sera débattue au lendemain de l'assemblée de printemps de la Banque mondiale, mi-avril à Washington.
Un autre Fonds pour les technologies propres, doté de 5 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros), est aussi sur les rails. Les Etats-Unis y contribueraient à hauteur de 2 milliards de dollars, le Royaume-Uni pour 1,6 milliard. Le Japon, qui n'a pas encore précisé le montant de sa participation, figurerait parmi les principaux bailleurs.
Cette polémique intervient alors que la Banque mondiale cherche à se positionner comme un acteur incontournable de la question du climat. M. Evans a entrepris une tournée des grands pays en développement pour apaiser leurs inquiétudes.
Laurence Caramel
Posté le 26.03.2008 par ecoville
Reuters/HO
Les images satellite rassemblées par le Centre national de la neige et de la glace de l'Université du Colorado montrent que l'effondrement a commencé le 28 février quand un gros iceberg mesurant 41 km par 2,4 km s'est détaché d'un bord sud-ouest du plateau, entraînant d'autres morceaux.
Un énorme pan de la banquise antarctique, équivalent à peu près de quatre fois la superficie de la ville de Paris, a commencé à s'effondrer sous l'effet de la rapidité du réchauffement climatique, a indiqué, mardi 25 mars, le Centre national de la neige et de la glace de l'Université du Colorado (NSIDC – National Snow and Ice Data Center).
Selon des images satellite, cette désintégration porte déjà sur un pan de glace de 415 km2 faisant partie du plateau Wilkins et a commencé le 28 février par le soudain décrochage d'un iceberg de 25,5 km de long sur 2,4 km de large sur le flanc sud-ouest. Ce mouvement a déclenché la désintégration d'un bloc de 569 km2 du plateau Wilkins, dont 415 km2 ont déjà disparu.
Le plateau Wilkins est une vaste banquise qui s'étend sur 13 000 km2 au sud-ouest de la péninsule antarctique, région la plus au nord du continent, à environ 1 600 km de la pointe sud de l'Amérique du Sud.
"Bloc par bloc, la glace dégringole et s'émiette dans l'océan, a indiqué Ted Scambos, responsable scientifique du NSIDC. Le plateau n'est pas seulement en train de se fissurer avec quelques morceaux qui se détachent, mais il se disloque complètement. On ne voit pas très souvent ce genre de phénomène."
CONSÉQUENCE DU RÉCHAUFFEMENT
Selon M. Scambos, une grande partie de la banquise n'est plus soutenue que par une fine couche de glace, qui pourrait, en cas d'effondrement, conduire à la disparition de près de la moitié du plateau Wilkins dans les prochaines années. "Si les glaces continuent à reculer, cette bande de glace pourrait se désintégrer, et nous perdrions alors probablement la moitié de la banquise de cette région au cours des prochaines années", estime-t-il.
Au cours des cinquante dernières années, la partie occidentale de la péninsule antarctique a enregistré la plus forte augmentation de température sur le globe, avec une hausse de 0,5 °C tous les dix ans.
"Nous pensons que le plateau Wilkins existe depuis quelques centaines d'années mais l'air chaud et les vagues de l'océan provoquent sa dislocation", a expliqué Ted Scambos, qui a constaté pour la première fois cette désintégration en mars.
L'été touchant à sa fin dans l'Antarctique, les scientifiques ne prévoient pas davantage de désintégration du plateau Wilkins dans les prochains mois. "Le spectacle est terminé pour cette saison, mais en janvier prochain nous allons observer attentivement pour voir si le Wilkins va continuer à se disloquer", a ajouté ce scientifique.
Ces dernières années, la banquise bordant la péninsule antarctique a connu une dislocation rapide. En 1995, le plateau Larsen A, long de 75 km et large de 37 km, s'est décroché puis fragmenté en icebergs dans la mer de Weddell. Le 19 mars 2002, un satellite de la NASA observait l'effondrement de Larsen B, d'une surface de 3 850 km2 et 200 mètres de haut, qui contenait 720 milliards de tonnes de glace.
La fonte accélérée des glaces de l'Antarctique – plus de 13 000 km2 de banquise ont disparu en cinquante ans – pourrait contribuer de façon importante à la montée du niveau des océans. Selon certaines projections au rythme actuel (+ 3 mm par an de 1996 à 2006), les océans pourraient avoir gagné 1,40 mètre d'ici à la fin du siècle.
Posté le 25.03.2008 par ecoville
Des habitants se rafraichissent sous une chute d'eau au barrage de Wawa près de la ville de Montalban, en raison des fortes chaleurs qui sévissent aux Philippines, le 22 mars 2008.
Source : REUTERS/Romeo Ranoco
Posté le 21.03.2008 par ecoville
La Franche-Comté, le département des Vosges et une partie du Haut-Rhin ont été placés jeudi sous vigilance orange neige et verglas par Météo-France, a-t-on appris au Centre d'information routière Est (CRIRC Est).
Les chutes de neige, qui se sont intensifiées dans la nuit de jeudi à vendredi, rendent les routes glissantes, principalement en Haute-Saône, dans le Doubs, le Territoire de Belfort et dans une moindre mesure dans le département des Vosges. Météo France met également en garde contre un risque de tempête de neige en altitude et la formation de plaques de verglas.
Sa. C.
20Minutes.fr, éditions du 21/03/2008 - 08h23
dernière mise à jour : 21/03/2008 - 08h23
Posté le 20.03.2008 par ecoville
Le contrat entre la Société des eaux de Marseille (SEM) et Aquas de Barcelona, qui ravitaille la capitale catalane en eau potable, n'est pas encore signé mais les termes en sont connus : Marseille pourrait très bientôt livrer de l'eau potable à Barcelone, les réserves catalanes étant dramatiquement basses. La livraison quotidienne de 25 000 m3 serait exécutée par des navires-citernes qui viendraient accoster au poste 144 du Port autonome de Marseille, spécialement équipé pour ce trafic. Il est, en effet, relié par une canalisation de 500 mm de diamètre à la réserve de Sainte-Marthe, une des trois grandes réserves d'eau de la ville, qui sont gérées par la SEM et contiennent au total 6 millions de mètres cubes d'or bleu.
Selon des informations publiées dans le quotidien catalan La Vanguardia, cette livraison d'eau serait complétée par d'autres rotations depuis Fos et Tarragone (Espagne) au moyen de plusieurs navires-citernes. Les opérations pourraient débuter en mai.
La ville de Marseille est probablement la seule métropole méditerranéenne pouvant offrir un tel service, car elle dispose à la fois d'un port et d'importantes réserves d'eau. Depuis le milieu du XIXe siècle en effet, elle est alimentée par l'eau de la Durance, qui descend des Hautes-Alpes, et, depuis la fin du XXe siècle, par le Verdon, qui draine les Alpes du Sud. Cela lui permet de disposer des 300 000 m3 d'eau potable qu'elle consomme chaque jour, ce même durant les lourdes périodes de sécheresse qu'elle connaît depuis une décennie. En 1983, Marseille avait effectué une première livraison d'eau en direction de Tarragone. Entre 1989 et 1990, 226 rotations de navires avaient aussi permis d'apporter 1,5 million de mètres cubes à la Sardaigne asséchée.
Aquas de Barcelona avait envoyé une mission à l'automne 2007 pour mettre au point le dispositif avec la SEM. Alain Meyssonnier, en charge du dossier à la SEM, assure que si les contrats sont prêts et validés par toutes les parties concernées, la société "n'a reçu aucune commande ferme" à ce jour. Il précise que ce ravitaillement en provenance de Marseille et de Tarragone "ne représente que 7 % à 8 % des besoins de Barcelone, mais lui permettra d'éviter les coupures".
La capitale catalane consomme 650 000 m3 d'eau par jour mais, à cause de la sécheresse qui sévit dans sa région depuis plusieurs mois, les réserves d'eau sont actuellement à un niveau inférieur de 22 % à la normale. La solution du ravitaillement permettra à Barcelone de tenir en attendant l'achèvement, prévu pour fin 2009, d'une usine de dessalement de l'eau d'une capacité de 200 000 m3.
Michel Samson
Posté le 18.03.2008 par ecoville
D.R.
Une équipe candienne prévoit une extension des zones où sévissent des maladies infectieuses via le réchauffement climatique.
Du fait du réchauffement climatique, l'Amérique du Nord devrait connaître à l'avenir une extension des zones touchées par les maladies infectieuses transmises par des insectes, l'eau ou l'alimentation. Trois chercheurs de l'Institut de recherche de l'hôpital des enfants malades de Toronto (Canada), Amy Greer, Victoria Ng et David Fisman, décrivent les conséquences de l'augmentation prévisible de la température et des précipitations dans un article publié par le Canadian Medical Association Journal. Maladie de Lyme, fièvre à virus West Nile, chikungunya, mais aussi choléra, diarrhées et infections respiratoires pourraient apparaître ou s'étendre dans une zone allant des Etats-Unis à l'Arctique.
Les relations étroites entre le climat, l'environnement et les maladies infectieuses dans les pays en développement, comme l'Inde ou certains Etats d'Afrique subsaharienne, sont bien décrites. Dans les pays développés, où les conditions socio-économiques et l'exposition à des insectes vecteurs diffèrent nettement, les conséquences sanitaires du changement climatique seront vraisemblablement moindres mais bien réelles.
"Les maladies transmises par l'eau surviennent malgré les technologies de traitement des eaux sophistiquées", soulignent Amy Greer et ses collègues, rappelant plusieurs épidémies américaines. "Les épidémies de maladies transmises par l'eau ont pu être reliées à des épisodes de précipitations extrêmes, qui devraient s'intensifier au cours des décennies à venir, écrivent-ils. De plus, la plupart des gastro-entérites, en particulier celles dues aux bactéries campylobacter et salmonelle, suivent nettement un modèle de survenue estivale." L'élévation des températures rendrait probable un accroissement des maladies transmises par l'eau et l'alimentation, estiment les chercheurs.
L'incidence des infections pulmonaires dues à des agents transmis par l'eau sera vraisemblablement amplifiée par les modifications du climat. C'est le cas de la légionellose dont l'"incidence culmine durant les mois plus chauds et le risque (de survenue) s'accroît par temps pluvieux et humide", rapportent Amy Greer et ses collègues. A leurs yeux, "la maladie digestive transmise par l'eau la plus susceptible de s'intensifier en réponse au changement climatique mondial est le choléra", dont la présence "pourrait fortement s'accroître".
L'article évoque également les bouleversements de l'écologie de certaines mycoses dont la présence endémique pourrait s'étendre. "Les étés secs et les précipitations hivernales importantes prévues pour l'Amérique du Nord remplissent les conditions optimales pour la dissémination de Blastomyces dermatitidis, un champignon responsable de maladies des os, des poumons et de la peau", indiquent, par exemple, les auteurs.
L'article décrit aussi les modifications concernant les maladies transmises par des insectes. Ils prévoient ainsi l'extension aux provinces canadiennes de l'Alberta et du Saskatchewan de l'aire où sévissent les tiques, vecteurs entre autres de la maladie de Lyme. Une survenue plus précoce du printemps aurait pour effet une augmentation des cas humains d'infection par le virus West Nile. En revanche, les chercheurs envisagent une atténuation de l'impact des épidémies de grippe saisonnière et estiment "imprécis" les risques de réinstallation du paludisme aux Etats-Unis et au Canada.
Les auteurs insistent sur la charge que ferait peser cette évolution péjorative sur les populations vivant dans les régions arctiques, qui sont déjà défavorisées. Dans leur conclusion, ils invitent à renforcer le dispositif de surveillance des maladies susceptibles de s'intensifier à l'avenir.
Paul Benkimoun
Posté le 16.03.2008 par ecoville
crédit : © C. Magdelaine - notre-planete.info
Aujourd’hui, le consensus est international sur le changement climatique : le réchauffement de la planète, réel, est imputable en grande partie aux activités humaines. Il conduit à une dégradation rapide de l’environnement et accroît la menace sur la biodiversité. Cependant, ses mécanismes d’influence restent encore mal connus, en particulier dans le milieu aquatique. Au Cemagref, deux chercheurs, qui ont analysé la structure des communautés de poissons de rivières sur les deux dernières décennies, attestent de profonds changements, plus intenses et durables que prévu.
Le réchauffement climatique, dont on perçoit les effets depuis les années 1980-1990, influe sur le fonctionnement des écosystèmes, la structure et la diversité des communautés animales et végétales. Or, d’après le dernier rapport du GIEC (groupement international d’experts sur le changement climatique) de septembre 2007, la température globale devrait augmenter de 1,4 à 5,8°C à l’horizon 2100. Ce phénomène constitue de fait une contrainte sur l’environnement dont l’intensité s’accroît avec le temps et qui doit être prise en compte pour envisager une gestion durable des ressources et des écosystèmes. Cependant, ses impacts et l’influence possible des effets d’autres facteurs, non climatiques, restent encore difficiles à déterminer.
Vers une baisse de la biodiversité des rivières ?
Au Cemagref, deux chercheurs, Martin Daufresne et Philippe Boët, ont étudié les effets de ce phénomène sur les milieux aquatiques et en particulier les communautés de poissons qui peuplent les rivières françaises. Depuis une vingtaine d’années, en effet, des modifications dans le nombre, la taille et la représentativité des espèces pêchées sont observées. De l’avis même des pêcheurs, les poissons capturés ne seraient plus les mêmes qu’avant, de nouvelles espèces d’eaux chaudes ou méridionales, comme les spirlins et les bouvières, ayant peu à peu pris le pas sur les espèces pêchées traditionnellement.
Grâce à une analyse à grande échelle, combinant les données mesurées sur plusieurs rivières et plusieurs sites depuis 15 à 25 ans, les chercheurs ont pu mettre en évidence d’importants effets globaux du réchauffement climatique sur la structure des communautés de poissons. Il apparaît ainsi que la proportion de poissons méridionaux et d’eaux chaudes dans les rivières françaises s’est accrue, passant respectivement d’environ 20 et 40% à 50% entre 1979 et 2004. Alors que ces poissons de petite taille, nombreux, tendent à devenir prédominants au sein des communautés, on assiste peu à peu à la disparition des poissons de grandes tailles, plus sensibles à l’augmentation de la température. Cette évolution s’accompagne cependant d’une baisse globale de la biodiversité, l’abondance observée étant répartie sur un nombre de plus en plus restreint d’espèces.
Distinguer les effets du réchauffement de ceux d’autres facteurs
Dans les grands fleuves, les poissons peuvent également être soumis aux effets de facteurs non-climatiques, à l’exemple des aménagements hydrauliques, barrages ou centrales nucléaires, susceptibles d’influer sur les grands changements identifiés au sein des communautés. D’après les données obtenues à cette échelle d’étude, l’impact de ces aménagements apparaît relativement faible sur les tendances observées. Cependant, les barrages, en jouant le rôle de barrière naturelle, entravent la migration des espèces méridionales vers le nord. Dans un contexte de réchauffement climatique croissant, l’absence de flux des poissons méridionaux, tel qu’il s’observe dans ces sites, pourrait nuire au processus en cours de renouvellement des espèces et, de là, intensifier la menace qui pèse sur la biodiversité des grands fleuves.
Actuellement, les recherches à une échelle plus fine, individuelle, se poursuivent en partenariat avec EDF afin de mieux évaluer les impacts réels de ces aménagements sur les poissons et leur physiologie notamment. L’ensemble de ces travaux à long terme se
révèlent indispensables pour avoir le recul nécessaire à l’appréhension des phénomènes à évolution lente.
En savoir plus
Références
Climate change impacts on structure and diversity of fish communities in rivers, Martin Daufresne, Philippe Boët - Global Change Biology, 13, 2467–2478 (format PDF en anglais)
Liens
Notre dossier sur le changement climatique
En discuter sur notre forum dédié au changement climatique
Auteur
Cemagref
Posté le 16.03.2008 par ecoville
Le glacier d' Aletsch, le plus grand des Alpes, fond de manière accélérée, en août 2007 Photo: Fabrice Coffrini/AFP
Victimes du réchauffement climatique, les glaciers continuent de fondre à un rythme accéléré dans le monde entier, selon les dernières mesures publiées dimanche par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).
"Le taux moyen de fonte a fait plus que doubler entre les années 2004-2005 et 2005-2006", selon des données recueillies sur 30 glaciers de référence dans neuf chaînes de montagnes par le Service mondial de suivi des glaciers (SMSG) dont le siège se trouve à Zurich (Suisse).
Cet organisme, soutenu par le PNUE, surveille des glaciers depuis plus d'un siècle et dispose d'informations précises sur 30 glaciers de référence depuis 1980. Le SMSG a calculé que les glaciers ont perdu en moyenne 11,5 mètres d'épaisseur depuis 1980. Sur les 30 glaciers de référence, seulement 4% ont vu leur épaisseur augmenter, tous les autres ont fondu.
La fonte la plus élevée a été subie par le glacier norvégien du Breidalblikkbrea, qui a perdu près de 3,1 mètres d'épaisseur durant la seule année 2006, alors que la perte n'avait été que de 30 centimètres l'année précédente.
Les autres pertes d'épaisseur les plus importantes ont été relevées sur le glacier autrichien du Grosser Goldbergkees (1,6 mètre en 2006, contre 30 centimètres en 2005), en France sur le glacier d'Ossoue (près de 3 mètres, contre 2,7 mètres l'année précédente), en Italie sur le glacier du Malavalle (1,4 mètre, contre 90 centimètres), sur le glacier espagnol de Maladeta (près de 2 mètres, contre 1,6 mètre), en Suède sur le Storglaciaeren (1,8 mètre, contre 8 centimètres) et sur le glacier suisse du Findelen (1,3 mètre, contre 22 centimètres).
"Il semble qu'il y a une tendance à l'accélération (de la fonte des glaciers) sans qu'on puisse en voir la fin", a commenté le professeur Wilfried Haeberli, directeur du SMSG.
"Des millions, si ce ne sont pas des milliards de personnes dépendent directement ou indirectement de ces réserves naturelles d'eau pour l'eau potable, l'agriculture, l'industrie et la production d'énergie électrique durant des périodes clés de l'année", a averti Achim Steiner, secrétaire général adjoint de l'ONU et directeur du PNUE.
Les glaciers de montagne ne représentent que 0,24% de la cryosphère. Leur fonte totale ne ferait remonter le niveau marin que de 24 cm. Mais, situés sur l'ensemble de la planète, ils constituent des indicateurs précieux pour l'étude des changements climatiques.
ZURICH (AFP)
© 2008 AFP