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COTES ESPAGNOLES !!!

COTES ESPAGNOLES !!!

Posté le 10.05.2008 par ecoville
L'Espagne veut protéger
ses 10 000 km de côtes
De notre envoyée spéciale à Valence, Diane Cambon
09/05/2008 | Mise à jour : 20:54 | Commentaires 2
.
Le gouvernement ressort une loi de protection du littoral de 1988 qui provoque l'ire des propriétaires.

La plage du Saler, à une dizaine de kilomètres au sud de Valence, est quasiment vierge. Déclarée parc naturel en 1980, cette zone de l'Albufera est l'un des rares tronçons de la côte espagnole à avoir échappé à l'urbanisation sauvage. Et pourtant, entre les dunes et les marais salants, quatre tours d'immeuble, une résidence avec des villas et un hôtel cinq étoiles s'imposent dans le paysage. Ces édifices, construits dans le pur style architectural des années 1970, ont été érigés avec la bénédiction de la mairie de Valence, qui voulait faire de cette côte une station balnéaire du tourisme de masse.

Mais, près de trois décennies plus tard, ces édifices aux couleurs pastel dérangent le coup l'œil. Ils font tache avec le projet de récupération du littoral lancé par le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero, lequel veut procéder à un grand nettoyage de ses côtes abîmées par le béton. Construits et achetés légalement par de nombreux étrangers désirant se faire une place au doux soleil ibérique, ces logements ont aujourd'hui leurs jours comptés.

En vertu d'une loi du littoral datant de 1988 et jusqu'alors ou­bliée dans les cartons du ministère de l'Environnement, l'exécutif so­cialiste veut redéfinir l'ensemble des zones côtières appartenant au domaine public.

Si le gouvernement souhaite éviter de nouveaux massacres à la bétonneuse le long de ses dix mille kilomètres de côtes, il veut aussi ­faire le ménage avec les constructions anarchiques déjà existantes. Pour y parvenir, l'État entend récupérer tous les terrains urbanisés de la zone protégée. À savoir : tous les édifices construits à moins de 100 mètres de la zone sableuse (dune) ou rocheuse (falaise).

Selon José Ortega, porte-parole du collectif de défense des résidents du littoral, près de 500 000 personnes, de la Galice (Nord) aux îles Canaries en passant par la Costa del Sol ou du Levant, seraient propriétaires d'une maison, d'un commerce ou d'un hôtel édifiés dans la dite zone des 100 mètres protégés. Pour ces propriétaires, l'initiative du gouvernement est un véritable coup de massue. «La plus grande offensive contre la propriété privée de l'histoire démocratique espagnole, s'insurge Martine La­vergne, professeur de français à Valence et propriétaire d'une villa sur la plage El Saler depuis près de 30 ans. «Après trois décennies d'in­vestissements, on vous assure que votre patrimoine ne vaut rien et qu'il appartient au final à l'État.»

Dédommagement symbolique

Les pouvoirs publics offrent aux propriétaires dont les villas sont du mauvais côté de la ligne de protection du littoral un dédommagement symbolique. L'État propose de racheter leur bien au prix du sol de l'époque où ils l'ont acheté. Une proposition jugée scandaleuse par la majorité des propriétaires alors que les prix du logement ont augmenté de 150 % en une décennie. L'autre option envisagée est d'offrir une concession de ­trente ans. Pendant cette période, les particuliers pourront profiter de leurs biens jusqu'à ce que l'État en devienne le propriétaire et décide de sa démolition.

«Cette solution est injuste car, durant cette période, je ne peux ni revendre mon bien ni demander des crédits pour faire des travaux et encore moins le céder à mes en­fants», s'indigne Roger Zimmermann, directeur général de l'hôtel 5 étoiles Sidi. Mais, pour ce Suisse allemand, le pire de cette loi est son effet rétroactif. «Mon hôtel a été construit en 1974 et aujourd'hui il est victime d'une lo, qui date de 1988 et qui entre en vigueur 20 ans après !», fulmine-t-il. Au sein du ministère de l'Environnement et de l'Agriculture, on tente de rassurer les résidents affectés en promettant qu'il n'y aura aucune destruction massive ni d'expropriations immédiates.

Toutefois, José Fernandez, di­recteur du Département du littoral, assure que le nettoyage des côtes est l'une des priorités du nouveau gouvernement. L'État disposerait d'un budget de cinq milliards d'eu­ros pour rendre vierge quelque 220 millions de mètres carrés de côte. Pour l'instant, seule une cen­taine d'édifices ont été démolis par les pelleteuses publiques. La plupart de ces logements avaient été bâtis sans permis de construire.

De leurs côtés, les résidents affectés par la loi ont pris les de­vants pour ne pas voir «spolier» leurs biens. Le collectif a déposé une plainte au Parlement européen pour atteinte à la propriété privée et dénoncer l'effet rétroactif de la loi. Leur re­quête est pour l'instant restée ­lettre morte.



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