Photo : Frederick Florin/AFP
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Les publicitaires ont signé vendredi avec le gouvernement une charte prônant une publicité "éco-responsable", mais les associations de consommateurs et de défense de l'environnement semblent dubitatives face à cette démarche.
Un véhicule tout-terrain dévalant une plage, une publicité qui suggère de prendre sa voiture pour une courte distance ou qui vante les vertus écologiques d'un produit qui ne l'est pas: ces messages doivent disparaître des médias français, selon cette charte qui découle du Grenelle de l'environnement.
"Nous fixons deux règles fondamentales", explique à l'AFP Jean-Pierre Teyssier, président du Bureau de vérification de la publicité (BVP), organisme d'autorégulation de la profession: "les annonceurs ne peuvent pas dire des choses fausses au consommateur, par exemple que leur produit est éco-compatible s'il ne l'est pas, et les représentations publicitaires ne doivent pas inciter à des comportements incivils ou contraires à la protection de l'environnement".
Désormais, le BVP devra être consulté avant toute campagne utilisant des arguments écologiques.
Parmi les autres signataires, l'Union des annonceurs (UDA), le Syndicat national de la publicité télévisée (SNPTV) et la Fédération nationale de la presse française (FNPF).
Côté gouvernement, la menace est à peine voilée: "réussissons cette mutation à défaut de quoi nous serions obligés d'aller vers une Haute autorité" de la publicité, a prévenu le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo en signant le texte.
"S'il s'avérait lors du bilan qui sera établi à l'issue de la première année de fonctionnement (...) que la nouvelle régulation professionnelle de la publicité n'a pas produit les effets escomptés, le gouvernement proposerait au Parlement de légiférer sur le sujet", précise la charte.
L'accord fait passer le BVP d'un système d'autorégulation par les seuls professionnels à une corégulation avec les associations de consommateurs et environnementales.
Il se dote d'un jury de déontologie publicitaire, organisme de sanction composé de membres indépendants, et d'un conseil paritaire de la publicité, lieu de dialogue composé pour moitié de représentants d'associations et même présidé par l'un d'eux, un point qui a suscité des réticences chez les publicitaires.
Mais les associations ne semblent pas convaincues: "les chartes, nous n'y croyons pas trop car il n'y a pas de caractère obligatoire", commente Reine-Claude Mader, présidente de Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), qui a plaidé, en vain, pour une "autorité de sanction législative".
Dans un communiqué, l'Alliance pour la planète (80 associations dont Greenpeace et le WWF) estime que "l'essentiel de la profession semble plus tentée de surfer sur la vague que de participer à cette nécessaire révolution des modes de vie et de comportement".
Soulignant l'insuffisance, selon elle, de la réforme du BVP, elle précise qu'"aucune des ONG de l'Alliance n'a souhaité siéger dans le dispositif".
"Les associations sont un peu partagées sur la main tendue par le BVP, qui nous semble un peu molle", renchérit Julien Allaire, responsable des questions de transports et de mobilité du Réseau Action Climat: "nous attendons de voir".
"Ce n'est pas exactement ce que nous voulions mais il y a de réelles avancées", reconnaît Bruno Genty, responsable déchets à France Nature Environnement, qui aurait aimé "qu'en cas de manquement, le responsable soit contraint de mobiliser un budget équivalent (à la publicité en cause, ndlr) pour faire connaître les raisons de son retrait".
PARIS (AFP)
© 2008 AFP