Photo : nicolas richoffer/metro
Nathalie Kosciusko-Morizet, hier matin au ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durable.
Nous voulons laisser la porte la plus ouverte possible.
Biographie
• Nathalie Kosciusko-Morizet est née le 14 mai 1973 à Paris.
De 1999 à 2001, elle est responsable de la cellule environnement à la direction des relations économiques extérieures (Dree) à Bercy.
• A partir de mai 2002, elle entre au cabinet de Jean-Pierre Raffarin comme conseillère technique pour l’écologie.
• En juillet 2002, elle devient la benjamine de l’Assemblée nationale étant élue députée de l’Essonne.
La semaine de la mobilité
Du 16 au 22 septembre, comme chaque année, le ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durable, réitère la Semaine européenne de la mobilité. Natalie Kosciusko-Morizet s’est félicitée de 422 événements et animations qui ont déjà été enregistrés, soit un tiers de plus qu’en 2006.
A quelques semaines du Grenelle de l’environnement, les crispations se font jour. Dans la dernière ligne droite des négociations, les organisations écologistes s’inquiétent notamment
du flou du processus de décision censé permettre d’accoucher des “mesures concrètes” prévues. L’Alliance, la Fondation Nicolas Hulot et France nature environnement ont adressé une lettre ouverte au ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo, pour lui demander des explications. Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, livre à Metro sa version du processus en cours, ainsi que sa vision de la défense de l’environnement.
On sent la grogne monter à propos du Grenelle de l’environnement…
C’est normal, car on est dans une étape intermédiaire. Nous arrivons à la fin du premier cycle, celui des groupes de travail. Nous allons bientôt entrer dans la phase de consultation publique et il est tout à fait compréhensible qu’il y ait des inquiétudes à mesure que l’on s’approche du moment des décisions. Mais nous allons organiser, avec Jean-Louis Borloo, un rendez-vous pour mettre en place une méthodologie qui soit acceptable par tout le monde.
Le Grenelle peut-il échouer?
La partie n’est pas gagnée, c’est un vrai pari. Je vous rappelle qu’il s’agit de faire évoluer un projet de civilisation et de modifier en profondeur nos modes de production et de consommation. On a une fenêtre de tir, mais cela n’ira pas très loin si l’on ne peut pas compter sur la mobilisation de tous les acteurs : l’Etat, les industriels et les consommateurs. D’où la nécessité de la consultation publique, qu’elle se fasse via Internet ou des forums régionaux. Nous la voulons la plus ouverte possible — y compris aux sites antigouvernementaux.
Vous dites que le consommateur a évolué, mais pas vraiment quand on touche à sa voiture…
Il existe aujourd’hui une certaine mobilisation chez les constructeurs, mais je pense que l’on n’est pas encore assez créatif. Ainsi, quand on achète une voiture hybride, c’est la batterie qui coûte cher. Et nombre de particuliers renoncent à l’achat d’un véhicule propre parce qu’ils n’ont pas la trésorerie. Pourquoi ne pas imaginer un système de leasing, dans lequel la voiture serait achetée au prix d’un véhicule classique, et où la batterie serait remboursée chaque mois, grâce aux économies réalisées sur l’essence ? Autre piste pour la voiture : l’éco-partage. A-t-on vraiment besoin, quand on habite une grande agglomération, d’être propriétaire de son véhicule ou a-t-on seulement besoin de pouvoir utiliser une voiture le week-end ?
Ne vaut-il pas mieux développer les transports en commun?
Je suis pour tout ce qui est incitatif à partir du moment où on propose une alternative. C’est en ce sens, et en tant qu’élue de la grande banlieue parisienne, que je suis très critique avec la politique de la ville de Paris. Je trouve Vélib’ formidable… pour les Parisiens intra-muros. Le tramway, c’est très sympa pour les gens qui habitent autour. Mais il est financé par l’argent du conseil régional, donc de tous les Franciliens. Et je ne vois pas pourquoi le contribuable de ma commune, qui n’a qu’une ligne de RER, et qui subit des retards, devrait payer pour un tramway qu’il n’utilisera jamais. Il y a quelque chose de profondément antisocial dans cette politique.
Il faut donc étendre Vélib’ en banlieue…
Oui, mais le problème, c’est que Vélib’ a été financé avec des marchés de pub qui ne s’intéressent guère à la banlieue. Il aurait fallu négocier l’extension vers la périphérie dès le début de l’opération
Le voyage de Jean-Louis Borloo au pôle Nord provoque des remous. Etait-il vraiment opportun?
Moi, j’étais à Berlin, pendant ce temps-là... (Rires) Plus sérieusement, on fait la même critique à Nicolas Hulot ou à Yann Arthus-Bertrand, avec leurs émissions de CO2 pour réaliser leurs reportages. Mais ils ont eu un impact immense sur la sensibilisation des gens aux questions environnementales. En allant au Groenland, Jean-Louis Borloo a voulu alerter sur l’urgence de la situation et souligner combien il était important d’agir dès aujourd’hui. C’est une interpellation utile.
Les difficultés économiques et budgétaires du moment n’auront-elles pas raison des bonnes intentions environnementales?
La préoccupation environnementale, l’écologie, ce n’est pas un luxe ni la charité faite à la planète. C’est fondamental. Il faut y penser même quand cela va mal, et surtout si cela va mal, parce que c’est la source de notre future compétitivité.
Vidéo
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Caroline Brun
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Nadia Loddo
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Alexandre Zalewski
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