Tony Blair lors d'une réunion du G20 des pays les plus polluants le 15 mars 2008 à Makuhari (Japon) Photo: Kazuhiro Nogi/AFP
Tony Blair a appelé samedi les 20 pays les plus polluants de la planète, réunis pour un week-end au Japon, à s'entendre sur des réductions d'émissions de gaz à effet de serre, estimant "irresponsable" un éventuel statu quo face au réchauffement climatique.
La veille à Bruxelles, les dirigeants européens ont affirmé leur détermination à trouver un accord d'ici la fin de l'année sur un plan d'action contre le réchauffement climatique, mais ils ont insisté pour limiter ses coûts et atténuer ses conséquences pour l'industrie.
Les dirigeants de l'UE ont ainsi réaffirmé leur détermination à "jouer un rôle moteur" dans la lutte contre le réchauffement climatique, en vue des négociations internationales de Copenhague fin 2009.
"Nous nous sommes engagés à terminer les négociations sur ce paquet (de mesures) d'ici la fin de l'année", a confirmé le Premier ministre slovène Janez Jansa, dont le pays préside l'UE jusqu'au 1er juillet.
Tony Blair, l'ancien Premier ministre britannique, avait lancé en 2005 le premier forum "G20" afin d'associer, au-delà des pays les plus industrialisés, les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, etc.) aux discussions sur la réduction des émissions polluantes.
Il dirige aujourd'hui un "groupe d'experts internationaux", soutenus par les Etats-Unis et l'Union européenne, pour contribuer à l'élaboration d'un compromis. Un accord doit être trouvé d'ici fin 2009, sous l'égide de l'ONU, pour prendre le relais du protocole de Kyoto.
Ce protocole a imposé aux pays industrialisés des réductions d'émissions de gaz à effets de serre entre 1990 et la période 2008-2012, mais sa portée a été réduite par le refus des Etats-Unis de le ratifier.
"Nous avons atteint un moment critique pour une décision sur le changement climatique", a déclaré samedi M. Blair devant les responsables des pays du G20 réunis à Makuhari (région de Tokyo).
Selon lui, "ne pas réussir à agir contre le changement climatique maintenant serait profondément inexcusable et irresponsable".
Le gouvernement japonais a fait de la lutte contre le changement climatique la priorité du G8, qu'il préside cette année, et espère que ce forum du G20 permettra de préparer au mieux le sommet des huit pays les plus industrialisés, prévu en juillet.
"Au sommet du G8 cette année à Hokkaido (nord), c'est notre destin qui sera en jeu", a prévenu M. Blair.
Pour lui, "la question, c'est pouvons-nous aller plus loin ? Pouvons-nous nous mettre d'accord sur un objectif mondial contraignant de 50% de réduction d'émissions ?".
En 2007, les membres du G8 - Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada et Russie - se sont mis d'accord pour étudier sérieusement l'objectif d'une réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Mais aucun texte contraignant n'a été mis au point.
Selon M. Blair, les pays développés comme les pays en développement devront faire des efforts contre le réchauffement climatique.
Pour sabrer nettement dans les émissions de gaz à effet de serre, "les émissions des pays riches devront s'approcher de zéro et celles des pays pauvres devront, à terme, baisser au fur et à mesure de leur industrialisation", a jugé l'ancien dirigeant travailliste.
"L'Inde et la Chine reconnaissent l'importance du défi. Elles veulent toute deux contribuer à une solution mais ont aussi besoin de croissance" économique, a-t-il ajouté.
Côté pays riches, "en Europe, en Amérique et au Japon, nous savons que nous devons changer. Mais nous nous inquiétons du coût que cela représenterait et de la perte de compétitivité", a poursuivi M. Blair.
"L'efficacité énergétique - souvent considéré comme moins +sexy+ pour réduire les émissions - devra être mise à sa juste place, au centre de toute stratégie globale", selon lui.
MAKUHARI (AFP)
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