Posté le 10.07.2008 par ecoville
REUTERS ¦ La Californie dévastée par les incendies
La situation s’aggrave en Californie. Alors que l’Etat est en proie aux incendies depuis le 20 juin, plus de 14.000 personnes ont été évacuées près de la ville de Paradise, soit plus de la moitié de la population. Les flammes, portées par le vent, ont atteint une communauté rurale proche de cette ville à environ 145 kilomètres au nord de Sacramento et détruit près de 40 maisons en quelques heures mardi, ont indiqué les services d'urgence.
Chuck Rough, directeur du centre des opérations d'urgence à Paradise, a indiqué à la chaîne américaine CNN, que même si les conditions s'étaient améliorées dans la nuit, les pompiers, luttant contre l'incendie étendu sur 19.800 hectares à Butte County, étaient dans l'expectative avant une vague de chaleur.
273.000 hectares brûlés
Le feu qui sévit à Paradise est l'un des 323 incendies qui ravagent actuellement la Californie, confrontée à une deuxième année consécutive de sécheresse. Jusqu'à 1.800 foyers ont été dénombrés dans l'Etat depuis le 20 juin. Jusqu'à présent, environ 273.000 hectares ont brûlé, ce qui fait de cette série d'incendies, l'une des plus dévastatrices en Californie.
En octobre 2007, quelque 210.000 hectares avaient brûlé dans le sud de l'Etat (voir photo). Huit personnes avaient été tuées, 2.000 maisons détruites et quelque 640.000 personnes évacuées.
REUTERS ¦ La Californie dévastée par les incendies
Avec agence
20Minutes.fr, éditions du 10/07/2008 - 07h32
dernière mise à jour : 10/07/2008 - 07h35
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Posté le 10.07.2008 par ecoville
20 minutes ¦ Des bouchons dans la région de Toulouse
Week-end prolongé du 14 juillet et premiers grands départs en vacances, il faudra être patients et prudents sur les routes, dès vendredi soir. La journée sera classée orange sur le plan national dans le sens des départs et rouge en Ile-de-France ainsi que dans la vallée du Rhône, selon Bison Futé qui met en garde contre des «bouchons récurrents» au voisinage de toutes les grandes métropoles. La soirée est en revanche classée rouge au départ de l’Ile-de-France.
Samedi est classé rouge sur le plan national dans le sens des départs et noir en vallée du Rhône. Aussi, Bison futé «conseille fortement de différer son départ». Les premières difficultés de circulation de la journée pourraient apparaître dès 3h, au péage de Villefranche-sur-Saône (A6, nord de Lyon), et dès 6h, au péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines (A10, sud de Paris).
Fêtes maritimes en Bretagne
Bison futé attire également l'attention sur la «forte fréquentation touristique» attendue pour les fêtes maritimes: en Bretagne, «Brest 2008» où l’on attend plusieurs milliers de visiteurs du 11 au 17 juillet; en Normandie, l’«Armada 2008» à Rouen où l’on attend 7 millions de visiteurs.
Dimanche est classé vert sur le plan national dans le sens des départs et orange en vallée du Rhône. Lundi 14 juillet est classé orange dans le sens des retours sur le plan national et rouge en Ile-de-France, en Normandie et dans l’Ouest.
Plus d’informations sur le site de Bison Futé et au numéro vert 0 800 100 200.
20 minutes ¦ Des bouchons dans la région de Toulouse
Avec agence
20Minutes.fr, éditions du 10/07/2008 - 07h56
dernière mise à jour : 10/07/2008 - 07h58
Posté le 09.07.2008 par ecoville
DR ¦ Bollène, la commune qui abrite le site nucléaire du Tricastin dans le Vaucluse
Une fuite d'uranium s'est produite ce mardi matin pendant une opération de nettoyage d'une cuve dans l'usine Socatri, sur le site nucléaire du Tricastin à Bollène (Vaucluse), a-t-on appris auprès de la préfecture du département. Les mesures de précaution «restent en vigueur jusqu'à plus amples analyses», ont annoncé en soirée les préfets du Vaucluse et de la Drôme.
Le liquide, contenant 12 gr d'uranium par litre, s'est répandu sur le sol, où une partie a été récupérée, ainsi que dans le canal adjacent, polluant ensuite les rivières La Gaffière et L'Auzon. La solution n'a pas atteint la nappe phréatique, a déclaré à l'AFP le directeur de la sûreté des usines à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Thierry Charles.
«A l'instant T, il n'y pas de problème car les gens ne peuvent plus pomper les eaux de cette nappe, et on fait des prélèvements pour vérifier que localement il n'y a pas d'uranium», a-t-il ajouté en assurant qu'une surveillance stricte sera observée.
«Impact sanitaire très limité»
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a affirmé de son côté que la concentration en uranium mesurée dans une des rivières polluées, la Gaffière, «a été de l'ordre de mille fois (ce qui est) habituellement relevé, et est actuellement en rapide diminution». «En cas de consommation éventuelle de poisson, l'impact sanitaire est très limité», a-t-elle ajouté.
Malgré tout, la préfecture a pris des mesures de précaution, interdisant la consommation d'eau potable issue de captages privés sur les communes de Bollène, Lapalud, Lamotte-du-Rhône. Sont également interdites l'irrigation agricole issue de La Gaffière et de l'Auzon, les activités nautiques et la baignade sur les plans d'eau du Trop-Long, du Baltraces (Bollène) et des Girardes (Lapalud), ainsi que la pêche et la consommation de poissons de La Gaffière (y compris partie amont située dans la Drôme), l'Auzon, la Mayre Girarde et le Lac du Trop-Long.
DR ¦ Bollène, la commune qui abrite le site nucléaire du Tricastin dans le Vaucluse
Avec agence
20Minutes.fr, éditions du 08/07/2008 - 20h02
dernière mise à jour : 09/07/2008 - 07h22
Posté le 09.07.2008 par ecoville
AFP PHOTO FRED DUFOUR ¦ Des voitures circulent sur l'autoroute A7, le 4 juillet 2008 en périphérie de Lyon.
Le système D érigé en mode de conso balnéaire. Flambée du pétrole oblige, la saison touristique pourrait être plus chaotique que prévu. Divers indices laissent déjà entrevoir un changement d'habitude des estivants. Samedi, premier grand jour des départs, a connu moitié moins de bouchons sur les routes qu'à la même période l'an passé: 197 km de blocages contre 466 km en 2007. Une preuve que les Français hésitent à prendre le volant.
L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie a déjà prévenu que les restaurants et les cafés devraient faire les frais de la baisse du pouvoir d'achat des vacanciers. Si pour l'instant, la Côté d'Azur ne semble pas touchée - les touristes américains et russes étant toujours nombreux - la saison commence mollement en Aquitaine et en Bretagne, de nombreux commerçants craignant même une mini-saison réduite au mois d'août.
Selon une étude d'un cabinet de tourisme, plus de la moitié des Français envisage de partir cet été, mais un quart n'a toujours rien réservé. Beaucoup attendent des promos de dernière minute sur Internet, ou n'hésitent pas à négocier le prix des chambres dans les hôtels. Autre tendance : les opérations locales. L'office de tourisme des Sables-d'Olonne (Vendée) offrait jusqu'à hier un plein d'essence aux clients qui réservaient un séjour sur le Web (lire ci-dessous). En Alsace, le comité régional de tourisme propose, lui, des «packs hôtel + voyage» pour profiter cet été encore de l'effet TGV-Est, lancé en juin 2007.
AFP PHOTO FRED DUFOUR ¦ Des voitures circulent sur l'autoroute A7, le 4 juillet 2008 en périphérie de Lyon.
Bastien Bonnefous - ©2008 20 minutes
20 Minutes, éditions du 09/07/2008 - 07h17
dernière mise à jour : 09/07/2008 - 07h42
Posté le 08.07.2008 par ecoville
Jean Ayissi AFP ¦ Station Vélib à Paris, le 14 novembre 2007
Le 15 juillet, Vélib’ fêtera son premier anniversaire. Les stations gris et mauve ont pris racine dans le paysage parisien, les 20600 vélos promis sont en train de terminer d’être livrés et les pistes cyclables regorgent de biclous. Nous vous avons demandé comment vous utilisiez ces vélos et vous avez répondu. Feufolet lance par exemple ceci: «En Velib' je suis à 10 minutes du boulot, alors qu'en métro je mettais 30 minutes. Fini le métro bondé et puis fini de regarder la montre en milieu de soirée pour pouvoir rentrer chez soi.»
Copycat, elle, raconte cette histoire: «Femme, 31 ans, adepte du vélo pour la plupart des déplacements urbains en complément des transports en commun, j'ai pris un abonnement longue durée qui ne vaut rien (29 euros) après que mon vélo ait été dégradé. C'est bête et méchant mais quitte à ce qu'un vélo soit dégradé, autant que ce soit un Vélb' plutôt que mon vélo adoré.»
TakumiLittlesurfer, de son côté, dit que le Vélib' lui a «sauvé le coup lors des grèves» et clubberstef raconte ainsi son expérience: «C'est génial, plus d'odeurs de sueurs dans les transports le soir, je rentre aussi la nuit quand je veux sans dépendre d'une voiture.» Micheline aussi délaisse les transports en commun: «Je ne prends pratiquement plus le métro depuis que je suis abonnée. Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit! Même les trajets longue durée ne me font pas peur (du nord au sud de Paris)! Surtout que je vais souvent en proche banlieue, très pratique les bornes en périphérie.»
Aucune statistique n’est encore disponible sur le profil exact des utilisateurs. Tout ce qu’on sait nous a été livré par l’enquête Sofres: l’usager-type est un Parisien de 35 ans. Selon le type d’abonnement, nous observons des profils différents avec plus d’hommes (58%) chez les abonnés longue durée et plus de femmes chez les abonnés courte durée (65%).
Posté le 08.07.2008 par ecoville
IDE ¦ Infographie : les sites de construction à l'étude
Les rêves de grandeur de Delanoë deviendront-ils réalité? Le Conseil de Paris a entériné ce mardi matin une délibération qui vise à lancer des études pour la construction de tours dans la capitale.
La droite divisée
Le maire (PS) de Paris souhaite des immeubles de 50m qui lui permettraient d'atteindre l'objectif de création de 6.000 logements sociaux par an pendant sa mandature. Il désire aussi des immeubles plus hauts mêlant activités économiques, bureaux, hôtels et habitations (voir carte) sur d'autres sites.
Un projet revendiqué par Delanoë depuis des années mais retoqué lors de la précédente mandature car les Verts avaient fait barrage. Aujour-d'hui affaiblis, ceux-ci n'ont plus le pouvoir de s'y opposer, et se contenteront de petites phrases bien senties. «Les gratte-ciel sont à l'architecture ce que les 4 x 4 sont à l'automobile: de jolis jouets tape-à-l'oeil, symboles de domination et de puissance», aime à affirmer Denis Baupin, l'actuel adjoint chargé du Développement durable.
L'opposition quant à elle est divisée sur le dossier. Les «jeunes» UMP comptaient s'abstenir, même s'ils sont pour les gratte-ciel, afin de ne pas montrer une divergence trop marquée avec la droite plus traditionnelle, qui est contre. «On sent comme une gêne par rapport à la position qu'ils avaient adoptée lors de la mandature précédente», a déclaré Delanoë à leur intention lundi. Car depuis, Nicolas Sarkozy a lancé ses propres concours d'architectes pour imaginer des tours aux portes de Paris.
Posté le 08.07.2008 par ecoville
Nathalie Kosciusko-Morizet : «L'argument qui consiste à dire que les OGM peuvent faire reculer la faim dans le monde reste virtuel» ; Luc Ferry : «Je ne crois pas que le point de vue d'Allègre soit par définition absurde. Je ne connais pas de sujet scientifique sur lequel il n'y a pas de discussion» (photo Richard Vialeron / Le Figaro)
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État chargée de l'Écologie, a donné, aux côtés de Jean-Louis Borloo, l'impulsion au «Grenelle de l'environnement». Luc Ferry a réfléchi, en tant que philosophe, aux questions liées à l'écologie. Tous deux débattent des peurs associées au climat ou aux OGM, du principe de précaution et des moyens d'une croissance durable.
LE FIGARO. - Que pensez-vous des déclarations du climatologue de la Nasa, James Hansen, qui accuse les pétroliers américains pratiquant la désinformation sur le réchauffement de «crime contre l'humanité et la nature» ?
Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Ce genre de discours est l'expression d'un souci moral. Il est vrai qu'il y a des pétroliers, en particulier américains, qui réinvestissent une part de leur rente de manière douteuse et se comportent mal sur les questions environnementales. Mais, au-delà de cette question éthique, il s'agit de savoir comment faire aujourd'hui pour investir toutes nos forces dans la lutte contre le changement climatique ou pour gérer de façon intelligente les ressources en pétrole et l'utilisation de la rente pétrolière. Je ne crois pas qu'il faille accorder à cette déclaration plus d'importance qu'elle n'en a.
Luc FERRY. - Le ton monte mais le niveau baisse ! Ce genre de déclaration évoque l'héritage du gauchisme américain et allemand. Ces courants ont disparu avec les années 1970 et le débat s'est déplacé. Tout le monde est d'accord sur le fait qu'il faut de l'écologie, mais laquelle ? Il reste deux grands courants en lice. Celui qui a tendance à prôner un esprit de contrainte à travers des restrictions et un autre courant qui parie plutôt sur l'innovation. À mes yeux, l'avenir n'est pas dans la limitation des libertés, mais dans l'imagination scientifique et technique.
N. K.-M. - Pour moi, le clivage est plutôt entre ceux qui conçoivent l'écologie comme un principe de prudence et ceux qui utilisent l'écologie à d'autres fins. L'écologie a été récupérée dans les années 1970 et 1980 par des gauchistes qui ont trouvé à se recycler. Il y a aussi, depuis quelques années, une récupération à des fins de marketing. On le voit dans les entreprises avec ce qu'on appelle le greenwashing on se repeint en vert pour vendre plus et l'argument écologique devient du business. Je ne crois pas aux thèses de la décroissance, elles sont contre-productives, mais je pense que le clivage existe entre ceux qui cherchent des solutions et ceux qui prennent des postures.
L. F. - Les thèses de la croissance zéro restent sous-jacentes à l'écologie de gauche. On les trouve même dans la Fondation Hulot. L'idée part d'un constat : le système de compétition mondialisée rend la régulation impossible. Antoine Waechter disait : «Quand la baignoire déborde, il y a des imbéciles qui mettent la serpillière autour et les gens intelligents qui ferment le robinet.» Fermer le robinet : c'est la croissance zéro. Je ne pense pas que la solution soit là. Il faut intégrer l'écologie à l'économie.
Cela recoupe le clivage libéral-antilibéral ?
L. F. - La passion antilibérale reste puissante. On la retrouve dans l'obsession des limitations de vitesse ou les écotaxes. Face à cette tendance, on a une pseudo-écologie libérale qui consiste à supposer qu'en laissant le marché s'autoréguler et en faisant confiance à la science, on va trouver des solutions ! Ce n'est pas vrai non plus ! Il va falloir plus de technologie et de science pour résoudre les problèmes de l'humanité. Il faut être à la fois volontariste et créatif. Ce n'est ni le schéma de gauche, on limite et on instaure la frugalité, ni le schéma du laisser-faire, qui nous sortira d'affaire.
N. K.-M. - Ce qui est sûr, c'est que les anciennes catégories qui considèrent l'économie uniquement à partir du PIB ne sont plus adaptées. On a vécu dans une société qui s'est construite à partir de schémas quantitatifs. Comme l'a montré Edgar Morin, la demande se porte d'abord sur la qualité, et les outils de mesure, développés dans la seconde moitié du XXe siècle, ne rendent pas compte de cette évolution. Prenons l'exemple de l'alimentaire : il y a un débat sur la nourriture bio à la cantine. Les gens ne savent pas forcément ce que c'est, mais ils demandent de la qualité.
Dans son discours d'introduction au «Grenelle de l'environnement», Nicolas Sarkozy avait affirmé que notre modèle de croissance était condamné. Que reste-t-il de ce discours de rupture ?
N. K.-M. - Le «Grenelle» est une dynamique qui ne peut fonctionner que sur la durée. On va avoir la loi d'orientation Grenelle, puis la loi d'application. Chacun des outils nous démontre que l'on doit aller plus loin. Prenons l'exemple du bonus-malus. On a dit qu'il allait coûter 200 millions d'euros, alors qu'il était conçu pour être équilibré. Les achats de voitures ont glissé plus rapidement que prévu : moins 40 % sur les véhicules les plus polluants et plus 40 % sur les plus propres en l'espace de six mois. Le bonus-malus est devenu un argument, il a marqué un basculement pour des constructeurs d'automobiles.
Luc Ferry, est-ce que cette forme d'encadrement vous inquiète ?
L. F. - Il faudra bien choisir entre l'écologie de contrainte et l'écologie d'innovation. J'aurais aimé que le «Grenelle» s'engage plus clairement sur ce point. Les constructeurs n'ont pas encore inventé la voiture du XXIe siècle, mais entre la logique médiatique de la peur et celle républicaine de la science, il faudra choisir. Et puis on a bien le droit d'aimer les voitures sans être considéré comme un «beauf» débile. L'histoire de l'automobile a été une aventure grandiose. Les plus belles œuvres d'art du XXe siècle, ce sont les Bugatti, les Maserati loin devant les Pollock ou les Rothko. Derrière l'épopée de l'automobile comme derrière celle de l'aviation, vous avez eu une aventure scientifique, technologique et esthétique immense.
N. K.-M. - On ne peut en rester à ce constat. Nous sommes confrontés à une crise écologique. Crise des ressources, pollution dans certains lieux du globe, changement climatique, explosion des prix du pétrole et des prix des matières alimentaires… On voit bien que notre système de production et de consommation est dans des impasses. Avec dix milliards d'habitants, le système qui fonctionnait du temps où l'on était un milliard n'est plus adapté. À la fin du XVIIIe, on pouvait construire la Déclaration des droits de l'homme autour de l'idée : «ma liberté s'arrête là où celle de l'autre commence». Aujourd'hui, on est bien obligé de prendre en compte l'idée selon laquelle le climat ou la Terre appartiennent à tout le monde.
Luc Ferry, votre écologie de la créativité, c'est quand même très abstrait…
L. F. - Avec Hulot, nous avions proposé à Juppé en 1997 la mise en place d'un comité d'éthique consacré à l'environnement qui puisse enfin dire ce qui est vrai, faux, de l'ordre de la rumeur et ce qui est encore discutable ! Je suis pour qu'on prenne des précautions, mais les OGM me paraissent le modèle de ce que l'on doit faire aujourd'hui en matière d'écologie. Si on peut fabriquer des grains de maïs ou de blé qui poussent sans eau, sachant que l'eau est une ressource qui se raréfie, ce serait fabuleux. C'est cela qui sauvera l'humanité et pas de limiter la vitesse à 110 km/h. Évidemment, si on saccage la recherche avec la bénédiction de l'État, on n'y arrivera jamais !
N. K.-M. - Pas d'accord. Il y a une confusion entre les recherches en matière d'OGM et les OGM existants actuellement. Ceux qui veulent soit sanctuariser, soit dénoncer une technologie, ont intérêt à cette confusion. Il n'y a pas lieu d'avoir un point de vue idéologique sur une technologie comme les OGM, parce que ce n'est qu'une technologie qui, peut-être un jour, sera porteuse d'innovations intéressantes. Mais pour le moment, ce qui est en catalogue ne présente pas d'intérêt. Par exemple, l'argument qui consiste à dire que les OGM peuvent faire reculer la faim dans le monde reste virtuel. Les semenciers mettent en avant des perspectives qui seront peut-être réelles un jour, ou peut-être imaginaires. On voit bien l'immense tromperie qu'il y a à faire croire que les OGM résistants aux herbicides vont permettre de diminuer l'utilisation des herbicides !
L. F. - Les OGM sont un cas particulier du génie génétique qui s'inscrit dans l'évolution scientifique la plus importante du XXe siècle. On n'a aucune idée de ce que va produire cette révolution. Deuxièmement, les écolos comme Bové s'en sont pris à la recherche sur les OGM, pas aux OGM eux-mêmes. Ils ont saccagé le travail de chercheurs. Il y a des enjeux symboliques derrière tout cela. On retrouve le mythe de Frankenstein. Frankenstein fait un monstre qui lui échappe. Certains écolos ne font rien d'autre que d'appliquer ce fantasme au grain de maïs. On ne dit même pas que le grain de maïs transgénique est dangereux, puisqu'on n'en sait rien. Tout cela témoigne d'une haine de la modernité.
Madame le ministre, lorsqu'il y eut cette polémique vous concernant, l'opinion a semblé vous soutenir. Était-elle habitée par cette angoisse dont parle Luc Ferry ?
N. K.-M. - Non. J'ai reçu beaucoup de courrier sur ma liberté de parole et c'est cela qui m'a valu un tel soutien. Mais pour en revenir à ce que dit Luc Ferry, actuellement 90 % de la recherche sur les OGM a partie liée avec les semenciers qui ont intérêt à la vente des OGM déjà en catalogue et porte sur des développements qui ne sont pas forcément intéressants pour l'intérêt général. Le problème, c'est qu'il manque de la recherche en amont, sur les risques.
Quelles sont les peurs qui vous semblent légitimes et celles qui sont abusives ?
N. K.-M. - En matière de téléphonie, par exemple, il y a plus d'inquiétude à avoir avec l'appareil du téléphone qu'avec l'antenne de téléphone mobile. Or, la plupart des associations qui se constituent se focalisent sur les antennes. Pourquoi ? Parce que le téléphone est un objet de désir. Il y a beaucoup de sujets sur lesquels on n'a pas assez de données précises et qui génèrent des inquiétudes réelles ou fantasmées.
Que pensez-vous des affirmations de Claude Allègre qui, dans La Science et la vie (1), prend à partie les climatologues «alarmistes» et affirme qu'on ne peut prouver la détérioration du climat ?
N. K.-M. - Tous les climatologues disent qu'il y a une dérive grave du climat et, que je sache, Claude Allègre n'est pas climatologue. Ce n'est pas sur une année que cela se perçoit, mais sur une tendance que l'on doit évaluer dans la durée.
L. F. - Je ne crois pas que le point de vue d'Allègre soit par définition absurde. Il soutient qu'il y a des quantités de climatologues qui disent l'inverse et que l'on a affaire à des lobbys. Je ne connais pas de sujet scientifique sur lequel il n'y a pas de discussion. Pour mieux appréhender ces questions en France, il faudrait qu'il existe un lieu de débat où les scientifiques spécialisés puissent travailler et échanger leurs compétences.
N. K.-M. - Il y a quand même le Giec (2).
L. F. - Le Giec, c'est un groupement où sont cooptés des patrons d'associations qui sont souvent des idéologues écologistes.
N. K.-M. - Ce sont des scientifiques, des climatologues et des glaciologues. Vous ne pouvez pas dire ça : le Giec a été un vrai lieu de débat. Ils ont construit ensemble des éléments de référence convaincants.
L. F. - Allègre donne le nom de climatologues qui ne sont pas d'accord avec les résultats du Giec, notamment sur les origines du changement climatique. Aujourd'hui, on a l'impression que c'est devenu une espèce de mérite d'avoir peur de tout. Peur du climat qui change, peur de la mondialisation, peur de la science qui s'emballe, etc. Je trouve préoccupante cette inflation de la peur dans notre société. Le principe de précaution est devenu l'alibi d'une forme de crainte généralisée.
N. K.-M. - Le «Grenelle» est tout le contraire de cet esprit-là, puisqu'il s'agit de savoir comment mobiliser les énergies de chacun. Il s'est passé quelque chose de formidable lors de ces rencontres : les partenaires, qui étaient arrivés sans vouloir se parler, se sont mis d'accord sur des objectifs conjoints, et depuis, bon an mal an, ça continue.
(1) Chez Fayard.
(2) Giec (Groupe international d'experts sur l'évolution des climats) : instance créée au sein de l'ONU en 1988 qui rédige, tous les cinq ans, un rapport faisant la synthèse de la littérature scientifique sur le climat. Ses membres sont des experts proposés par 140 États qui y sont représentés.
Posté le 08.07.2008 par ecoville
Dix millions de véhicules circulent sur le réseau autoroutier pendant les congés estivaux. Sur les aires de services comme aux péages, les sociétés d'autoroutes doublent leurs effectifs. (photo Aubert / Le Figaro)
Les vacances représentent 25% du trafic annuel.
Les vacances d'été, c'est le grand oral des sociétés d'autoroutes. Cette période cruciale représente 25 % de leur trafic annuel. Dans les stations-service Total, la fréquentation est quatre fois supérieure. Pour les 24 stations à l'enseigne Carrefour, juillet-août génère un tiers de l'activité annuelle, un quart dans celles de Leclerc. Dans les restaurants d'Autogrill (Ciao, Côté Café, Pains à la ligne, Chips & Snacks, etc.), c'est 50 % d'activité en plus que la normale.
Leur priorité a été de boucler les travaux d'entretien à temps. Sur l'A13 (Paris-Normandie), où 5 millions d'euros ont été investis pour refaire en trois mois le viaduc de La Mauldre, la SAPN (filiale de Sanef) s'était fixé le 30 juin comme date butoir. D'autant que, du 5 au 14 juillet, l'Armada débarque à Rouen : 10 millions de visiteurs, dont la plupart empruntent l'autoroute, sont attendus. Deux fois plus nombreuses pour l'occasion, les équipes de la SAPN sont prêtes à adapter les barrières de péage de l'A13 selon l'affluence.
10000 gilets jaunes gratuits
Autre défi des concessionnaires, garantir la sécurité des 10 000 kilomètres d'autoroutes. Cela passe tout d'abord par les 1 300 panneaux à message variable du réseau. Chez APRR (Autoroutes Paris-Rhin-Rhône), un planning est distribué dès la mi-juin aux personnels de surveillance, aux receveurs des péages et dans les centres d'appels. Dans les 15 PC d'exploitation du réseau Cofiroute, qui sont en liaison permanente avec les préfectures, le centre d'information de Rosny-sous-Bois et les pompiers, « il y a une vraie effervescence avant les grands départs », reconnaît Nathalie Martin, directrice du marketing. Il n'est pas question de laisser un automobiliste en panne plus de trente minutes sur la bande d'arrêt d'urgence. Entre le recensement d'un accident ou d'un bouchon et la diffusion de l'information sur les ondes de 107.7 FM, il ne s'écoule pas plus de 4 minutes. Sanef, pour sa part, a distribué gratuitement, à la fin de juin, 10 000 gilets jaunes, désormais obligatoires.
Les 4 500 gendarmes du réseau autoroutier sont également à cran pendant l'été. Des réservistes sont appelés en renfort. « C'est une période de recrudescence de la délinquance sur les aires », constate le colonel Fontenaille. Outre les excès de vitesse et l'alcoolémie, la surcharge des véhicules est traquée. Avec une contravention de 135 euros à la clé. Si les accidents (293 en 2007) ont baissé de 13 % l'an passé, ils ont causé la mort de 48 personnes pendant l'été et l'hospitalisation de 304.
Aux gares de péage, sur les aires d'autoroutes et dans les centres d'appels, les effectifs sont multipliés. Mille personnes sont recrutées par Sanef, qui fait même suivre à son personnel des cours de langue. Chez Autogrill, 1 500 saisonniers sont embauchés, soit 50 % d'effectifs supplémentaires. Et pour cause : l'été, 200 000 repas par jour sont distribués. Partout, le débit s'accélère et la logistique doit suivre. Le 16 août 2007, sur l'aire de la Venise verte, à hauteur de Niort, 3 000 clients ont défilé dans la station-service Total. Ils ont avalé 7 000 cafés, 200 boissons et 2 000 sandwichs… Dans les points de vente Relay, c'est la razzia sur la presse enfantine et étrangère.
Cette année, prix de l'essence oblige, les promotions seront renforcées. Le panier famille est à 8 euros chez Carrefour. Le menu Croq'malin est à 9 euros chez Autogrill, le café premium à 1,10 euro chez Leclerc. Dans les enseignes Carrefour, des bons d'achat de 3 euros sont distribués le week-end. « Depuis la mi-juin, nous observons une légère baisse de consommation sur nos aires, directement liée à la diminution du trafic », reconnaît Alain Clevy, directeur des activités autoroutes d'Elior (L'Arche, Le Bœuf jardinier, etc.), leader de la restauration sur autoroute. « Il est difficile de prévoir sur quoi rogneront nos clients cet été », ajoute François Martin, directeur du réseau Total France.
Trivial Pursuit et Monopoly
Fidéliser les clients est donc d'autant plus crucial. Après les BD l'an passé, la compagnie pétrolière offre cet été en prime des minijeux de société, Trivial Pursuit, Monopoly ou Taboo. Sur le réseau Cofiroute, les frais d'abonnement du badge LiberT sont offerts jusqu'au 30 août. Sur l'A85, le concessionnaire propose même certains jours un nettoyage des voitures gratuit et écolo, sans eau. Sans oublier de bichonner les familles qui voyagent avec bébé. Depuis quatorze ans, Total, en association avec Bledina et Huggy, distribue son kit bébé avec maillot de bain jetable, couches, lingettes et compote. Aux plus grands, Elior propose de gagner des consoles PlayStation de Sony.
Priorité enfin à la détente des automobilistes. Seule une personne sur trois s'arrête pour faire le plein. APRR a mis en place des brumisateurs sur ses aires. Carrefour initie les volontaires à la plongée sous-marine. Pour les moins téméraires, restent les haltes massage ou les chaises longues…
Posté le 08.07.2008 par ecoville
Les huits dirigeants réunis au Japon, ainsi que le président de la Commission européenne, participent à la plantation d'arbres en marge du sommet du G8. Crédits photo : AFP
Si l'échéance n'est fixée qu'à 2050, c'est la première fois que les États-Unis donnent leur accord à un objectif chiffré.
Les dirigeants des huit pays les plus industrialisés (G8) se sont accordés mardi au Japon sur la nécessité de réduire «d'au moins 50 %» d'ici 2050 les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le G8 envisage pour cela de s'associer aux négociations en cours sous l'égide de l'ONU au sein de la Convention sur les changements climatiques (UNFCCC). Il s'agit là du premier objectif chiffré agréé par les États-Unis sur le dossier du changement climatique. Washington a toutefois obtenu qu'une date précise ne soit pas mentionnée pour les objectifs à réaliser à moyen terme. L'an passé dans la ville allemande de Heiligendamm, le G8 s'était simplement accordé pour «envisager sérieusement» une réduction de moitié des émissions polluantes d'ici le milieu du siècle.
Dans le texte signé mardi à Toyako, les Huit évoquent aussi l'importance d'arrêter des «objectifs à moyen terme et des plans nationaux» de réduction des émissions, définis pays par pays, sans cependant spécifier la date retenue pour ce «moyen terme», ou la valeur numérique des réductions à atteindre.
L'Union européenne vise une diminution de ses émissions de 20 % au moins d'ici 2020, date que l'UNFCCC aurait également souhaité voir figurer dans la déclaration du G8. Le texte insiste sur la nécessaire «contribution de toutes les principales économies», notamment les pays émergents tels la Chine ou l'Inde, ce qui a toujours constitué une revendication de l'administration américaine. Dans le même temps, le G8 reconnaît qu'il revient aux économies développées de jouer un «rôle moteur» dans la lutte contre le réchauffement.
20 projets de capture et stockage de carbone
Dans une première réaction, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a fait valoir que l'accord de mardi «gardait le monde sur les rails pour un accord mondial en 2009», lors de la conférence climat de l'ONU à Copenhague. «Les critères de réussite de l'UE pour ce sommet ont été remplis», s'est-il félicité. Le Japon avait de son côté fait d'un accord sur ce sujet la priorité essentielle et le critère de succès de sa présidence du G8.
Ce dossier reviendra sur la table mercredi, dernier jour du sommet, avec une réunion du G8 avec huit autres grands États (Australie, Corée du Sud, Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Mexique, Indonésie).
Le G8 a également annoncé mardi qu'il «soutiendrait» le lancement de 20 projets expérimentaux de capture et stockage de carbone (CCS) d'ici 2010 en apportant notamment 10 milliards de dollars par an au cours des prochaines années. Par ailleurs, le G8 «soutient» la création par la Banque mondiale de deux fonds pour lutter contre le réchauffement climatique, auxquels ils apporteront 6 milliards de dollars.
Posté le 08.07.2008 par ecoville
Photo : Daniel Garcia/AFP
Touristes gravissant le glacier argentin Perito Moreno le 28 février 2008.
Une arche de glace de 60 mètres de hauteur et de plusieurs milliers de tonnes s'est détachée dimanche du gigantesque glacier argentin Perito Moreno, un phénomène unique en plein hiver austral, lié sans doute au changement climatique, estiment scientifiques et écologistes.
Le cycle de détachement de la digue de glace qui cerne le lac Argentino, dans les Andes australes, doit se produire en été et s'est pourtant rompu subitement hors saison.
"C'est la première fois que le glacier rompt en hiver. Cela peut être lié au réchauffement global, l'augmentation de la température affecte la résistance de la glace", a estimé Carlos Corvalan, directeur du Parc national Les Glaciers, dans la province argentine de Santa Cruz (sud).
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* G8: accord sur la réduction des émissions de GES
La rupture du glacier est un des spectacles naturels les plus impressionnants au monde auquel des dizaines de milliers de touristes viennent assister chaque été.
"La glace ne doit pas avoir la même dureté qu'à l'accoutumée. Le glacier rompt en été quand la glace est plus fragile", souligne M. Corvalan.
Le glacier de Perito Moreno est situé à quelque 2.800 km au sud-ouest de Buenos Aires, s'étend sur 275 km2, sur un front de quatre à cinq km.
La masse de glace doit son nom à l'un des pionniers argentins de l'exploration de cette région de la Patagonie argentine (sud) et fait partie du groupe des Hielos Continentales (Glaces continentales).
La taille des glaciers de la Patagonie se réduit en raison du changement climatique, selon une étude du Centre austral d'enquête scientifique (Cadic), dont le siège se trouve à Ushuaïa, la ville la plus australe du pays.
En revanche, le glacier Perito Moreno a mordu sur le lac Argentino, par la contingence de phénomènes sismiques et de changements qui se sont opérés dans les conditions de drainage, a estimé un responsable de l'Institut de l'Antarctique argentin.
"Les facteurs de cette rupture en hiver peuvent être multiples, à commencer par le fait que le glacier a quelque 400 ans, ce qui implique qu'il peut être fragile", a pour sa part souligné une autre source des Parcs nationaux interrogée lundi.
Les scientifiques ont relevé, depuis 1917, diverses avancées et réductions du colosse de glace dont les cycles de croissance et de rupture se sont révélés irréguliers à cause du réchauffement planétaire, selon des études officielles. La rupture du glacier Moreno en hiver est un indicateur du phénomène de réchauffement de la planète, que certains analystes lient aux émissions de gaz quand d'autres affirment que ces changements sont périodiques, a rappelé Norberto Ovando, expert de la Commission mondial des zones protégées, sur le portail internet du quotidien local Rio Negro.
Le détachement de l'arche de glace s'est produite à intervalles plus ou moins réguliers de quatre à six ans, mais avait tardé à se répéter quelque 16 années jusqu'à l'aube du 14 mars 2006, sous les yeux de quelque 10.000 visiteurs et de millions de téléspectateurs.
"Ces 20 dernières années les glaciers au large de la Patagonie ont diminué leur extension de 10% à 20%", selon l'Institut argentin des Neiges, glaciers et sciences environnementales de Mendoza (ouest).
Ce phénomène avait en outre été signalé par le Laboratoire de Propulsion de l'Institut Technologique de Californie (Etats-Unis).
Une centaine de glaciers situés en Argentine, au Chili, en Bolivie, au Pérou, en Autriche, en Norvège, en Suède, en Italie, en Espagne et en Suisse connaissent une diminution de leur masse, selon des études sur le changement climatique.
© 2008 AFP